Hongro-Canadiens

Avant 1914, les Hongrois arrivent au Canada en provenance de l'Empire austro-hongrois, en même temps que de nombreux SLOVAQUES, CROATES, ALLEMANDS et représentants d'autres nationalités.

Des réfugiés hongrois
Réfugiés hongrois arrivant en 1957 apr\u00e8s l'échec du soul\u00e8vement démocratique contre les Soviétiques en Hongrie (Archives de l'Ontario 476).

Hongrois

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, très peu de Hongrois viennent au Canada et la plupart n'y font qu'un bref séjour. Dans les années 1880, les immigrants hongrois venus aux États-Unis commencent à émigrer au Canada et, grâce aux efforts de l'agent d'immigration Paul Oscar Esterhazy (voir ESTERHAZY, Saskatchewan), ils fondent des colonies dans les « anciens » Territoires du Nord-Ouest et sont rejoints plus tard par environ 100 000 autres compatriotes. Le recensement de 2006 indique qu'il y a 315 510 Canadiens d'origine hongroise (réponses uniques et multiples). Plus que 90 p. 100 Canadiens d'origine hongroise habitent en Ontario et dans les provinces des Prairies: Ontario (151 750 ou 48 p. 100), Colombie-Britannique (49 875 ou 16 p. 100), Alberta (48 665 ou 15 p. 100), Saskatchewan (27 395 ou 9 p. 100) et Manitoba (9900 ou 3 p. 100). Ils constituent un groupe culturel et social diversifié, dont les membres sont dispersés dans presque tout le pays et sont présents dans toutes les sphères de la société.

Origines

Avant 1914, les Hongrois arrivent au Canada en provenance de l'Empire austro-hongrois, en même temps que de nombreux SLOVAQUES, CROATES, ALLEMANDS et représentants d'autres nationalités. Depuis la Première Guerre mondiale, les Hongrois émigrent de Hongrie, de Tchécoslovaquie, de Roumanie ou de Yougoslavie, autant de pays qui comptent des minorités hongroises assez importantes. Pendant la majeure partie des onze derniers siècles, la Hongrie occupe tout le bassin moyen du Danube. Ce territoire est la patrie des Hongrois ainsi que de quelques autres nationalités.

Avant la Première Guerre mondiale, l'irrégularité du développement économique, l'absence de réforme agraire, le problème de la nationalité et d'autres facteurs entraînent l'émigration de centaines de milliers de Hongrois. Après la défaite de l'Empire austro-hongrois, la Hongrie est démembrée et les malaises économiques et sociaux qui s'ensuivent forcent un plus grand nombre encore de Hongrois à émigrer. Quant aux Hongrois transférés dans des pays voisins, la plupart préfèrent émigrer au Canada plutôt que de vivre dans un environnement politique hostile. La Deuxième Guerre mondiale et l'avènement de la dictature communiste obligent encore plus de Hongrois à s'exiler.

Migration et peuplement

Les Hongrois arrivent au Canada en quatre vagues principales : environ 8 000 immigrent avant 1914, 26 000 de 1925 à 1930, puis quelque 12 000 personnes déplacées après la guerre arrivent de 1948 à 1952, suivies d'environ 37 000 RÉFUGIÉS hongrois en 1956 et 1957, après l'échec du soulèvement de 1956 contre l'autorité soviétique. Depuis, plusieurs centaines de Hongrois immigrent au Canada chaque année.

La plupart des colons venus avant 1914 sont des paysans, souvent déçus de leur premier séjour dans les bas quartiers industriels des États-Unis. Le groupe arrivé entre les deux conflits mondiaux présente une diversité sociale un peu plus grande, tandis que de nombreux immigrants venus après la dernière guerre proviennent des classes moyenne et supérieure de Hongrie, dépossédées de leurs biens. Toutes les vagues d'immigration, sauf la dernière, amènent surtout de jeunes hommes adultes.

Les premiers groupes d'immigrants hongrois s'installent surtout dans les fermes des Prairies, ce qui vaut parfois le surnom de « Petite Hongrie » à la Saskatchewan d'avant 1914. Plus tard, les immigrants s'établissent dans les villes, mais à la ville comme à la campagne, ils cherchent à se regrouper pour habiter ensemble.

À partir de 1920, un nombre grandissant de Hongrois s'installent dans les villes, en particulier dans celles du centre du Canada. La Crise des années 30 interrompt cette tendance qui reprend pourtant après la Deuxième Guerre mondiale, dans le Sud de l'Ontario notamment. Aujourd'hui, un Canadien d'origine hongroise sur deux vit en Ontario et quatre sur cinq habitent la ville, même si la concentration dans les mêmes quartiers a pour ainsi dire disparue.

Vie économique

À l'origine, la plupart des Hongrois arrivés ici sont fermiers, mineurs, terrassiers ou bûcherons, tandis que les Hongrois venus après 1945 sont en général plus qualifiés et plus instruits. À l'aise en période de prospérité, les Hongrois subissent fortement les effets des périodes de récession. Pendant la Crise des années 30, la plupart perdent leur emploi, leur ferme ou leur entreprise. Aujourd'hui, la majorité vit bien et quelques-uns se sont même enrichis.

Vie sociale et culturelle

Les Hongrois sont pour la plupart catholiques romains, encore que certains appartiennent à diverses confessions protestantes et d'autres à la religion juive ou catholique de rite byzantin. De nombreuses églises sont à la fois des centres sociaux et culturels où sont offerts des cours de langue hongroise aux enfants. Selon le recensement de 2006, 75 595 Canadiens sont de langue maternelle hongroise.

À Toronto, la Hungarian Helikon Society s'occupe d'activités sociales et culturelles depuis les années 50, et la commission scolaire hongroise coordonne plusieurs programmes d'enseignement en langue hongroise aux niveaux primaire et secondaire. En outre, le Centre culturel hongrois de Toronto est l'un des plus grands centres du genre à l'extérieur de la Hongrie. Au cours des dernières années, les réfugiés hongrois des districts transylvaniens de Roumanie ont joué un rôle de plus en plus important dans la vie communautaire des principaux centres hongrois du pays, comme Toronto.

Avant 1914, les Hongrois ont commencé à publier des journaux dans leur langue et c'est aujourd'hui à Toronto que sont éditées des publications comme Kanadai Magyarsàg (« Hongrois du Canada »), Magyar Élet (« vie hongroise ») et bien d'autres revues spécialisées. Le Menorah Egyenlöség est le plus important journal juif de langue hongroise en Amérique du Nord.

Maintien du groupe

L'adaptation à la vie canadienne s'est d'abord faite au travail, puis à la maison. L'influence des femmes hongroises a progressé à mesure qu'elles ont acquis davantage de pouvoir économique. On a peu à peu abandonné les rites et coutumes d'origine et l'assimilation a souvent succédé à l'adaptation. L'existence de couches sociales et économiques chez les immigrants a souvent nuit à l'unité du groupe et à la communication pour ainsi accélérer la perte du patrimoine culturel.

Les familles et les établissements communautaires hongrois ont bien tenté d'encourager leurs membres à conserver leur culture, mais l'adaptation à la vie canadienne a été favorisée par l'inscription des enfants dans les écoles de langue française ou anglaise. C'est dans les arts, les sciences et la musique, domaines où leur patrimoine est compatible avec le milieu canadien, que l'on trouve la contribution la plus remarquable des Hongrois à la culture canadienne.


Lecture supplémentaire

  • G. Bisztray, Hungarian-Canadian Literature (1987); J. Kosa, Land of Choice: Hungarians in Canada (1957); N.F. Dreisziger et al, Struggle and Hope: The Hungarian-Canadian Experience (1982).

Liens externes