Canadiens indonésiens

L’immigration indonésienne au Canada débute après la Deuxième Guerre mondiale. Dans la foulée du processus de décolonisation, 300 000 « Indos » (Indische Nederlander), des métis d’ascendance néerlandaise et asiatique, sont rapatriés aux Pays-Bas. Certains d’entre eux décident de poursuivre leur route et de s’établir en Australie, aux États-Unis et au Canada. Au cours des années 1960 et au début des années 1970, une instabilité politique pousse également beaucoup d’Indonésiens à immigrer au Canada. En 2016, lors du recensement, 21 395 personnes ont déclaré avoir des origines indonésiennes. Parmi ces Canadiens d’origine indonésienne, on peut mentionner le luthier Piet Molenaar et le cinéaste torontois Mike Hoolboom.

Présentation

La République d’Indonésie, située en Asie du Sud-Est, est un grand pays populeux qui présente une importante diversité ethnique et compte plus de 13 000 îles. Les grandes îles de Sumatra, Java et Bali en font partie. Cette ancienne colonie des Pays-Bas proclame son indépendance en 1945. Il s’en suit une révolution sociale et un conflit armé. En décembre 1949, au terme de quatre ans d’affrontements, les Pays-Bas reconnaissent l’Indonésie comme État indépendant.

Histoire migratoire et données socioéconomiques

C’est donc récemment que les Indonésiens ont commencé à immigrer au Canada. Ils y constituent l'un des plus petits groupes ethniques (le recensement canadien de 2016 indique 21 395 personnes d’origine indonésienne). Presque tous ont immigré à partir des années 1960, au moment où l'instabilité politique en Indonésie menaçait certains groupes ethniques et politiques. Environ 90 % des Indonésiens établis au Canada sont d'origine chinoise, mais ils sont généralement peu liés à cette communauté en raison de leur différence linguistique.

Bien que la plupart des Indonésiens soient arrivés au Canada directement de l'Indonésie, certains y parviennent en passant d’abord par les Pays-Bas, Hong Kong, la Chine ou, plus récemment, le Viêt Nam. En 2016, les Canadiens d’origine indonésienne résident en majorité en Ontario (43,5 %), en Colombie-Britannique (31 %) et en Alberta (14 %). Il s'agit d'une population plutôt urbaine, qui habite surtout à Toronto (29 %), à Vancouver (23 %) et, à un degré moindre, à Calgary, à Edmonton, à Kitchener et à Hamilton. Ces nouveaux arrivants parlent l’indonésien, l’anglais et le néerlandais. Les immigrants indonésiens sont en général très instruits et travaillent comme scientifiques, gestionnaires ou employés de bureau.

Vie sociale et culturelle

La communauté indonésienne a fondé plusieurs organismes culturels, notamment des regroupements de femmes. Les deux premières associations indonésiennes au Canada ont été créées à Toronto (Indonesian-Canadian Association) et à Vancouver (Canadian-Indonesian Society) en 1969. Les églises, tant catholiques que protestantes, demeurent importantes dans la vie communautaire. Les Indonésiens de confession musulmane sont aussi regroupés au sein d’associations communautaires telles que MIIT-Toronto (Indonesian Muslim Community Association of Toronto, GTA and The Vicinity).

La danse et la musique indonésiennes, y compris les gamelans, sont une partie florissante de la vie culturelle des Canadiens d’origine indonésienne. Les Canadiens connaissent les Indonésiens notamment pour leurs spécialités culinaires et leurs célèbres batiks (des tissus imprimés grâce à une technique utilisant de la cire et de la teinture).

Les relations entre le Canada et l’Indonésie

Le Canada et l’Indonésie entretiennent des relations diplomatiques depuis 1952; leurs relations bilatérales sont solides et cordiales. Les deux pays collaborent au sein d’organisations comme l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), une organisation politique, économique et culturelle. Ils coopèrent également à différentes initiatives visant à protéger les droits de la personne et la liberté de religion, et à promouvoir la démocratie, la gouvernance et le pluralisme. Le développement des capacités et la lutte au terrorisme sont d’autres éléments fondamentaux de ces relations. Les deux pays sont également membres du G-20 et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ambassade de l

L’Indonésie représente aussi un marché en pleine croissance pour les produits, les services et les investissements canadiens. Le Canada travaille étroitement avec le gouvernement indonésien afin de promouvoir la croissance économique et de réduire la vulnérabilité des pauvres. Les Canadiens ont aussi apporté une aide considérable à l’Indonésie lorsque le pays a été frappé par un tsunami dévastateur en 2004.


Lecture supplémentaire

  • Judith Nagata, « Religion, Ethnicity and Language: Indonesian Chinese Immigrants in Toronto », Southeast Asian Journal of Social Science, vol. 16, n° 1 (1988): 116-131.

    Frans J. Schryer, « Dutch Indonesians in Ontario », dans The Netherlandic Presence in Ontario: Pillars, Class and Dutch Ethnicity (1998), 154-162.

    David Webster, Fire and the Full Moon: Canada and Indonesia in a Decolonizing World (2009).