J.A. Martin, photographe

L’un des meilleurs longs métrages jamais produits par l’Office national du film (ONF), J.A. Martin, photographe (1977) est un film très étudié, à la photographie splendide. Il raconte l’histoire d’une femme de caractère (Monique Mercure) qui accompagne son mari (Marcel Sabourin), photographe, lors d’un périple au cœur du Québec rural à la fin du XIXe siècle. Le film a remporté sept prix au Palmarès du film canadien, dont celui du long métrage de l’année, et a valu à Monique Mercure le prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes.Il est classé parmi les 10 meilleurs films canadiens de tous les temps par le Festival international du film de Toronto (TIFF) en 1984, et comme l’une de 150 œuvres essentielles de l’histoire du cinéma canadien dans le cadre d’un sondage similaire mené en 2016.

Beaudin, Jean
Jean Beaudin (avec la permission de Téléfilm Canada).

Résumé

J.A. Martin (Marcel Sabourin) photographie les événements charnières de la vie familiale, soit des naissances, des mariages et des portraits de groupe qu’il immortalise sur de petites pièces de verre argenté. Une fois par année, il charge un wagon mal en point de tout son matériel et emprunte les chemins étroits des campagnes pour aller photographier ses clients des régions éloignées. Malgré les difficultés qu’il occasionne, ce voyage annuel lui accorde un répit de sa femme et de sa grande famille. Toutefois, cette année, sa femme Rose-Aimée (Monique Mercure), fort déterminée, décide courageusement de laisser ses cinq enfants à la maison afin de l’accompagner. Un geste pareil fait scandale dans le Québec rural du XIXe siècle. Leur périple, à la fois pittoresque et émouvant, rapproche le couple et ravive leur flamme après quinze années de mariage.

Analyse

Selon Jean Beaudin, J.A. Martin, photographe « est un hommage à nos grands-mères, à nos mères et à toutes les femmes du Québec ». Ce film travaillé, à la photographie splendide, donne dans la lenteur et la subilité. Sans intrigue à proprement parler, il fait vivre de nombreux interludes envoûtants grâce aux performances des deux comédiens, en particulier celle de Monique Mercure qui est vive, fougueuse et sympathique.

Accueil de la critique

Dans une entrevue accordée en 2008 au journal Le Soleil, Jean Beaudin mentionne que les critiques de grands journaux comme Le Devoir et La Presse se sont montrés très sévères envers le film, lors de son lancement au Québec en février 1977. Cependant, son passage remarqué au Festival de Cannes a une incidence positive sur l’opinion de la critique montréalaise.

Distinctions et importance

J.A. Martin, photographe a représenté le Canada au Festival de Cannes de 1977. Monique Mercure y a co-remporté le prix d’interprétation féminine, devenant ainsi la première Canadienne à se voir décerner l’honneur. Le film a aussi remporté sept prix du Palmarès du film canadien, dont ceux du long métrage, du réalisateur, de l’interprète féminine et de la cinématographie de l’année. Le réalisateur américain Robert Altman, dont le film Trois femmes (1977) a été projeté la même année au Festival de Cannes (Shelley Duvall, vedette du film, y a remporté le prix d’interprétation féminine à égalité avec Monique Mercure) a à ce point aimé J.A. Martin, photographe qu’il a embauché le directeur photo Pierre Mignot pour tourner neuf de ses films ultérieurs, notamment Reviens Jimmy Dean, reviens (1982), Secret Honor (1984) et Prêt-à-porter (1994).

En 1984, J.A. Martin, photographe s’est classé au septième rang des dix meilleurs films canadiens de tous les temps compilés par le Festival international du film de Toronto. En 2011, il occupe le premier rang du palmarès des 35 films incontournables du cinéma québécois, établi par le magazine d’affaires publiques L’actualité. En 2016, il est classé parmi 150 œuvres essentielles de l’histoire du cinéma canadien dans le cadre d’un sondage auprès de 200 professionnels des médias mené par le TIFF, Bibliothèque et Archives Canada, la Cinémathèque québécoise et la Cinematheque de Vancouver en prévision des célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada en 2017.

En 2007, l’ONF fait paraître J.A. Martin, photographe en format DVD. De plus, d’octobre à décembre 2008, le film a été projeté au Musée national des beaux-arts du Québec, à Québec, dans le cadre d’une exposition sur la photographie du Québec des années 1850 à 1908.

Voir aussi : Longs métrages canadiens; Cinéma québécois.

Prix

Prix d’interprétation féminine (Monique Mercure), Festival de Cannes (1977)

Prix du Jury œcuménique, Festival de Cannes (1977)

Long métrage de l’année, Palmarès du film canadien (1977)

Interprétation féminine dans un premier rôle – Long métrage (Monique Mercure), Palmarès du film canadien (1977)

Réalisation – Long métrage (Jean Beaudin), Palmarès du film canadien (1977)

Montage – Long métrage (Jean Beaudin, Hélène Girard), Palmarès du film canadien (1977)

Son – Long métrage (Jean-Pierre Joutel), Palmarès du film canadien (1977)

Direction artistique – Long métrage (Vianney Gauthier), Palmarès du film canadien (1977)

Cinématographie – Long métrage (Pierre Mignot), Palmarès du film canadien (1977)


J.A. Martin, photographe

Pays

Canada

Année

1977

Durée

101 min

Langue

Français

Réalisateur

Producteur

Jean-Marc Garand

Scénaristes

Jean Beaudin, Marcel Sabourin

Directeurs photo

Pierre Letarte, Pierre Mignot

Monteurs

Jean Beaudin, Hélène Girard

Son

Jacques Blain, Jean-Pierre Joutel, Roger Lamoureux

Musique

Interprètes

Marcel Sabourin,

Marthe Thierry,

Catherine Tremblay,

Denis Hamel,

Stéphane L'Écuyer Jacques Bilodeau,

Colette Courtois,

Guy L'Écuyer,

Maison de production

Lecture supplémentaire

  • Léo Bonneville, Le cinéma québécois par ceux qui le font (Éditions Paulines, 1979).

    Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois (Boréal, 1988).

    Wyndham Wise, dir., Take One’s Essential Guide to Canadian Film (University of Toronto Press, 2001).

Liens externes