Jim Pattison

James Allen Pattison, O.C., O.B.C., entrepreneur, dirigeant d’entreprise (né le 1er octobre 1928 à Saskatoon, en Saskatchewan). Jim Pattison est surtout célèbre en tant que fondateur, président et chef de la direction du groupe Jim Pattison, la deuxième plus grande entreprise fermée au Canada, avec un chiffre d’affaires de 9,6 milliards de dollars en 2016; un groupe doté de divisions spécialisées dans les médias radiotélévisés, la signalisation, les supermarchés, la pêche, la foresterie, l’agriculture, les équipements, la fabrication, les loisirs, le marketing et le divertissement. Avec des avoirs nets estimés à 5,6 milliards de dollars en 2016, Jim Pattison est l’une des personnes les plus riches au Canada. C’est également un philanthrope; il a, par exemple, fait un don mémorable de 75 millions de dollars, en 2017, pour la création du Centre médical Jim Pattison de Vancouver.

Jeunesse et formation

Jim Pattison naît en Saskatchewan en 1928, l’année précédant la Grande Dépression. Dans un contexte où le taux de chômage au Canada dépasse les 32 %, les Pattison déménagent dans l’est de Vancouver en 1931. Là, le jeune garçon grandit dans le grenier d’une maison de chambres étriquée et apprend dès son plus jeune âge à trouver des moyens d’aller de l’avant.

Jim Pattison commence à travailler à l’âge de 9 ans en faisant du porte‑à‑porte pour vendre des abonnements au Ladies’ Home Journal. À 13 ans, trompettiste accompli, il gagne sa vie pendant l’été en parcourant les campagnes de la Saskatchewan, jouant en vedette lors de rassemblements s’inscrivant dans le mouvement de renouveau de la musique gospel où l’on parle de lui comme du « jeune prodige de Vancouver » (voir aussi Musique gospel). C’est également l’année de ses 13 ans qu’il rencontre sa future femme, Mary Hudson, elle aussi âgée de 13 ans, à l’occasion d’un camp de vacances religieux à la campagne. Les deux amoureux, qui se connaissent depuis l’enfance, sont toujours mariés après plus de 70 ans.

À l’école secondaire John Oliver de Vancouver, Jim Pattison poursuit ses tentatives d’entrepreneuriat. Il occupe de nombreux emplois, notamment garçon d’hôtel, camelot, cueilleur de fruits, ouvrier non qualifié et conserveur. Après l’obtention de son diplôme, il s’inscrit à l’Université de la Colombie‑Britannique (UBC) où il étudie le commerce. C’est au cours de ses études universitaires qu’il se lance dans le commerce des voitures d’occasion sur le campus de l’UBC.

Location de voitures

Jim Pattison quitte l’UBC avant d’obtenir son diplôme afin de travailler chez le concessionnaire automobile Bowell McLean. En 1961, à l’âge de 33 ans, il démissionne et se porte acquéreur d’un concessionnaire GM vendant des véhicules de marque Pontiac et Buick. Grâce à un prêt accordé localement par la Banque Royale d’un montant huit fois plus élevé que la limite théorique autorisée pour cette succursale, il va contribuer à lancer l’activité, alors très peu répandue au Canada, de crédit‑bail automobile. Le contrat de crédit‑bail qu’il propose à ses clients dans le cadre de sa succursale permet à ces derniers de payer leur véhicule par versements échelonnés plutôt qu’en une seule fois au moment de l’achat. En dépit du prêt important contracté, il réalise un chiffre d’affaires de 29 000 $ lors de sa première année d’activité. Sept ans plus tard, alors qu’il est âgé de 40 ans, sa concession réalise un chiffre d’affaires de plus d’un million de dollars, notamment grâce à cette activité de location‑vente.

Le groupe Jim Pattison

En 1967, Jim Pattison lance une diversification de ses activités en achetant 20 % des actions de Neon Products, un chef de file de la publicité en extérieur. Sur la base de ces 20 %, il réussit à mener à bien une opération hostile de prise de contrôle de l’entreprise. Sous sa houlette, la société va alors connaître un essor considérable en acquérant et en exploitant des compagnies aériennes, des franchises de hockey, des grands magasins et des produits de consommation comme le soda Orange Crush.

Plusieurs des entreprises du groupe Jim Pattison occupent une position dominante sur leurs marchés respectifs. En 2004, par exemple, l’activité de publicité extérieure du groupe produit 42 % des panneaux d’affichage, des panobus et des modules d’affichage dans des centres commerciaux au Canada. Dans le même ordre d’idées, la division de distribution de magazines et de livres représente 50 % du marché canadien. Quant à la location automobile, l’activité de départ sur laquelle le groupe s’est construit, elle a connu un essor considérable avec une flotte de plus de 10 000 véhicules détenus et gérés par l’entreprise, d’un océan à l’autre.

Avec plus de 200 acquisitions depuis l’ouverture de son concessionnaire GM en 1961, Jim Pattison a fait de son groupe la deuxième entreprise fermée la plus importante au Canada et occupe, grâce à ces succès, avec des actifs nets estimés à 5,6 milliards de dollars, le 10e rang des plus grandes fortunes canadiennes. L’entreprise exploite de nombreuses sociétés partout au pays et, avec ses 24 divisions, dont Just Energy et Canfor, elle emploie plus de 42 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 9,6 milliards de dollars en 2016.

Ripley Entertainment Inc.

C’est en 1985 que le groupe Jim Pattison réalise son acquisition la plus remarquable, en achetant la franchise Ripley’s Believe It or Not! également exploitée sous le nom de « croyez‑le ou non » dans le monde francophone. Désormais gérée par le groupe Pattison, Ripley Entertainment connaît une forte croissance avec l’intégration de Guinness World Records (Livre Guinness des records), de la chaîne de parcs aquatiques Great Wolf Lodge et de multiples aquariums, formant désormais la division « loisirs » du groupe qui, en 2016, a plus de 132 millions de livres vendus dans le monde entier à son actif. Le fils de Jim Pattison, Jim Pattison Jr, occupe le poste de président de Ripley Entertainment depuis décembre 2007.

Expo 86 et Jeux olympiques de Vancouver de 2010

Jim Pattison est président et président du conseil d’administration de l’Expo 86 qui se tient à Vancouver en 1986. Pendant plus de cinq ans et demi, il travaille à temps plein, sans rémunération, à la réussite de ce projet. En reconnaissance de ses efforts, il est nommé officier de l’Ordre du Canada le 29 décembre 1986. En 1990, il est également nommé dans l’Ordre de la Colombie‑Britannique. Il joue un rôle éminent dans l’obtention par Vancouver des Jeux olympiques d’hiver 2010 et contribue au Comité olympique des Jeux de Vancouver en mettant à disposition ses talents d’organisateur.

Philanthropie

Jim Pattison est connu pour faire don de 10 % de ses revenus à des œuvres caritatives chaque année et s’est notamment rendu célèbre pour avoir déposé un chèque d’un million de dollars dans une église sur le plateau servant à la quête. En 2017, il effectue le don le plus important émanant d’un citoyen privé à un établissement médical dans toute l’histoire canadienne, ces 75 millions de dollars servant à la création du Centre médical Jim Pattison de Vancouver. Auparavant, il avait déjà fait des dons de 5 millions de dollars à un hôpital accueillant des patients en soins ambulatoires à Surrey, en Colombie‑Britannique, et de 20 millions de dollars au Vancouver General Hospital. En 2016, la Fondation Jim Pattison verse également 12,5 millions de dollars d’autres dons, contribuant à conforter, au‑delà de ses talents d’entrepreneur, la marque que laissera l’homme d’affaires britanno‑colombien comme étant celle de l’un des plus grands philanthropes canadiens.

Jim Pattison Outpatient Centre, Surrey, Colombie-Britannique


Vie personnelle

Jim Pattison est marié à sa petite amie d’enfance, Mary Hudson. Le couple a trois enfants, deux filles et un fils. Les Pattison possèdent une résidence à Palm Springs en Californie ayant autrefois appartenu à Frank Sinatra à qui ils l’ont achetée en 1984.

En 1990, leur fille de 30 ans, Cynthia Kilburn, est enlevée, les ravisseurs demandant une rançon de 200 000 $ versée par Jim Pattison. Les sept auteurs de cet enlèvement seront ultérieurement arrêtés et condamnés et une grande partie de l’argent sera récupérée.

En 2016, à 88 ans, Jim Pattison affirme continuer de se réveiller à 6 h tous les matins et d’abattre ses 12 heures quotidiennes de travail, 7 jours sur 7.