Jan Rubeš

Établi au Canada en 1948, il s'y produit pour la première fois la même année dans le rôle de Betto dans Gianni Schicchi, avec le Royal Conservatory Opera (University of Toronto Opera Division).


Jan Rubeš

 Jan (Ladislav) Rubeš. Basse, comédien, metteur en scène (6 juin 1920, Volyn, sud de la Bohème, Tchécoslovaquie). D. ès L. h.c. (Guelph) 1983. Il étudie avec Hilbert Vavra à Prague (où il est diplômé du Conservatoire de Prague en 1945), Hermann Gurtler à Genève et Herbert Janssen à New York. Il fait ses débuts à l'opéra à Prague dans le rôle de Basilio dans Le Barbier de Séville (1940) et devient l'un des premiers chanteurs de l'Opéra de Prague. En 1948, il représente la Tchécoslovaquie au Festival international de musique à Genève et gagne un premier prix.

Établi au Canada en 1948, il s'y produit pour la première fois la même année dans le rôle de Betto dans Gianni Schicchi, avec le Royal Conservatory Opera (University of Toronto Opera Division). Il est soliste avec la CBC Opera Company (1949-1958) et devient en 1950 l'un des membres de l'Opera Festival de Toronto (plus tard, la Canadian Opera Company). De 1949 à 1989, il se produit un millier de fois, participant à plus de 50 productions d'une trentaine d'opéras de la COC et à environ 20 tournées nationales. Il dirige également la compagnie de tournée de la COC de 1974 à 1976). Rubeš est l'invité de compagnies d'opéra à Francfort, Mexico, New York, Detroit, Seattle, la Nouvelle-Orléans et en Amérique centrale.

Son répertoire comprend des rôles en six langues, notamment le majordome dans Ariadne auf Naxos, Méphisto dans Faust, Barbe-bleue dans Le Château de Barbe-bleue, Boris dans Boris Godounov, Daland dans Le Vaisseau fantôme, le roi et Ramfis dans Aïda, Figaro et Bartolo dans Les Noces de Figaro, Collatinus dans Le Viol de Lucrèce, Kecal dans La Fiancée vendue, Pluton dans Orphée aux Enfers et Il Maestro dans l'intermezzo comique Le Maître de chapelle de Cimarosa. Il chante dans l'opéra de chambre de Tibor Polgar, A European Lover (1965) présenté en divers endroits au Canada. Il participe en 1982 à la création du drame musical Barnardo Boy de Clifford Crawley et interprète Sancho Panza dans Don Quichotte de Massenet en 1986 avec Opera in Concert. Il chante aussi fréquemment dans des oratorios (par exemple, le Salvator Mundi de John Reeves à sa création à la cathédrale Saint James en 1983) et tient des rôles importants dans des comédies musicales telles que South Pacific, Man of La Mancha et The King and I. Il se produit à des festivals à Guelph, Montréal, Stratford et au Festival international de Vancouver, ainsi qu'avec l'Orchestre symphonique de Montréal, l'Orchestre symphonique de Toronto et d'autres orchestres symphoniques du Canada, des États-Unis et du Mexique.

Il se fait entendre à la radio (notamment comme chanteur et animateur à l'émission de la SRC « Songs of My People », 1953-1963) et à la télévision (« Parade », « L'Heure du concert », « Guess What? », comme animateur à « Thursday Night » et « Sunday Afternoon at the Opera ») et dans plusieurs productions d'opéra télévisées. Il met en scène des productions de la COC (La Bohème, en tournée en 1974-1975 et 1975-1976), du Festival de Stratford (The Fool, Ariane à Naxos, 1975) et du Vancouver Opera (La Bohème, 1976; La Chauve-souris, 1977).

Enregistrements
En 1954, Rubeš enregistre deux 78t. avec l'orchestre d'Ivan Romanoff pour l'étiquette Songs of My People (SP1-2109, SP2-2109) et, en 1974, le micr. Jan Rubeš Sings Guess What? (RCA KCL1-5006) composé de chansons folkloriques et de chansons pour enfants.

Critiques

À la suite de son interprétation du rôle de Leporello aux côtés de George London, en Don Giovanni, au Festival international de Vancouver en 1958, John Beckwith écrit dans le numéro d'automne du Canadian Music Journal : « ... au deuxième acte, au cours duquel il leur est demandé de se personnifier l'un l'autre, M. Rubeš a même réussi à imiter quelque peu le timbre ricaneur de London... [il] a joué l'effronterie de manière à... susciter l'admiration... pour son talent de comique. »

Dans un compte rendu de la première canadienne, montée par la COC, de Lulu d'Alban Berg dans sa version complète en trois actes, William Littler loue son « Schigolch merveilleusement miteux, rôle de composition qui a été l'occasion d'un retour triomphal de ce vétéran avec la compagnie à laquelle il a été associé pendant un quart de siècle » (Opera Canada, hiver 1980).

Carrière dramatique

Rubeš joue au théâtre et, dans les années 1980, dans plus d'une centaine de rôles de nombreuses séries télévisées canadiennes et américaines ainsi que dans des longs métrages, notamment The Day Grandad Died (1982), Witness, One Magic Christmas et Charlie Grant's War (1985), Blood Relations (1987; v.f. Liens sanglants), The Outside Chance of Maximilian Glick (v.f. La fugue de Maximilien) et Something About Love (1988; v.f. Les liens du cœur), The Two Men (1989), Class Action (1990; v.f. Confrontation à la barre), Deceived (1991; v.f. Trompée) et The Christmas Secret (2000). En 1995, Rubeš joue dans Twelve Dreams au Lincoln Theatre Centre. Il tient aussi des rôles à la télévision canadienne et américaine dans des émissions telles que The Forest Rangers (v.f. Les Cadets de la forêt) King of Kensington, et Due South (v.f. Direction sud).

Jan Rubeš remporte un Prix Gémeaux pour son rôle dans Two Men (1989), la Médaille du jubilé de la reine Élisabeth, la Médaille du centenaire du Canada et le prix Earl Grey pour l'ensemble de ses réalisations à la télévision (1990).

Enseignement et autres activités

Il est artiste résident à l'Université Wilfrid Laurier (1981) et enseigne à l'Université de Windsor (1985). Outre ses activités professionnelles, il est champion canadien de tennis chez les vétérans.

Écrits

Jan Rubes, « To translate or not to translate? », OpCan, 14 (mai 1963).

« An actor is on his own », ibid., 39 (sept. 1969).

Bibliographie

Section de référence, Bibliothèque McPherson, Université de Victoria, C.-B. Creative Canada: A Biographical Dictionary of Twentieth-Century Creative and Performing Artists, compilation, I (Toronto 1971).

Blaik KIRBY, « Jan Rubes : 821 and counting », Globe and Mail (Toronto, 20 mars 1973).

Michael SCHULMAN, « Jan Rubes in 2,000 beds! », PfAC, X (aut. 1973).

Ruby MERCER, « Guess what next », OpCan, XVI (avril-mai 1975).

Michael SCHULMAN, « Interview : Jan Rubes », CompCan, 141 (mai 1979).

Arthur KAPTAINIS, « Rubes thrives on versatility », Globe and Mail (Toronto, 5 févr. 1985).

Craig MacINNIS, « Tennis anyone? Or opera, or acting, or writing? », Toronto Star (10 janv. 1986).

Creative Canada I.


Lecture supplémentaire

  • Reference Division, McPherson Library, University of Victoria, B.C. Creative Canada: A Biographical Dictionary of Twentieth-Century Creative and Performing Artists, compiled. Vol 1. (Toronto 1971)

    Kirby, Blaik. "Jan Rubeš: 821 and counting," Toronto Globe and Mail, 20 Mar 1973

    Schulman, Michael. "Jan Rubeš in 2,000 beds!" Performing Arts in Canada, vol 10, Fall 1973

    Mercer, Ruby. "Guess what next," Opera Canada, vol 16, Apr-May 1975

    Schulman, Michael. "Interview: Jan Rubeš," Canadian Composer, 141, May 1979

    Kaptainis, Arthur. "Rubeš thrives on versatility," Toronto Globe and Mail, 5 Feb 1985

    MacInnis, Craig. "Tennis anyone? Or opera, or acting, or writing?" Toronto Star, 10 Jan 1986

    Creative Canada, vol 1