Johann Olav Koss

​Johann Olav Koss, C.M., patineur de vitesse, fondateur de Right To Play International (né le 29 octobre 1968 à Drammen, en Norvège).

Johann Koss
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Johann Olav Koss, C.M., patineur de vitesse, fondateur de Right To Play International (né le 29 octobre 1968 à Drammen, en Norvège). Johann Koss a remporté au total quatre médailles d’or et une médaille d’argent pour son pays natal, la Norvège, en patinage de vitesse sur longue piste lors des Jeux olympiques d’hiver de 1992 et de 1994. Après s’être retiré du patinage de vitesse en 1994, Johann Koss déménage en Australie, où il obtient un M.B.B.S. (baccalauréat en médecine et chirurgie) à l’Université de Queensland en 1999. Peu après, il vient s’établir au Canada, à Toronto, où il fonde Right To Play et en devient le président-directeur général.

Enfance

Johann Koss est l’aîné d’une fratrie de trois garçons élevés par Arne Koss, un cardiologue, et Karen Sofia Koss, une obstétricienne-gynécologue.

Enfant, Johann Koss visite plusieurs pays, dont l’Inde, l’Égypte et le Népal avec ses parents et ses frères, Hans Christian et Haakon. Ses parents tiennent à montrer à leurs enfants les conditions de vie des gens moins privilégiés.

Carrière dans le patinage de vitesse

Johann Koss commence le patinage de vitesse à l’âge de sept ans. Dans un article de Sports Illustrated en 1994, son premier entraîneur, Svein Hàvard Sletten, se souvient que Johann n’avait pas « de talent particulier pour le patinage », mais qu’il s’entraînait avec assiduité. Il pratiquait notamment à l’entraînement croisé : à 12 ans, Johann Koss fait de longs parcours en bicyclette avec son père pour améliorer son endurance. L’été suivant, il s’inscrit à plusieurs courses de vélo sur 140 km.

Adolescent, Johann Koss se consacre assidûment à son entraînement et à ses études. Il s’inscrit dans une école nationale des sports en Norvège et étudie régulièrement entre les courses de patinage de vitesse.

« J’ai toujours eu besoin de quelque chose d’autre sur quoi concentrer mon esprit, à côté du sport. S’investir dans un seul domaine, c’est comme se tenir debout sur une seule jambe. Si vous cassez cette jambe, vous tombez. Mais si vous avez deux jambes, vous avez quelque chose sur quoi vous appuyer », explique Johann Koss à E.M. Swift, de Sports Illustrated en 1994.

Johann Koss gagne les championnats nationaux de patinage de vitesse juniors de 1987 en Norvège. Trois ans plus tard, en 1990, il remporte les championnats du monde toutes épreuves de patinage de vitesse à Innsbruck, en Autriche. Il défend avec succès son titre en 1991 à Heerenveen, aux Pays-Bas.

À la fin de la saison 1991 de patinage de vitesse, Johann Koss a déjà établi plusieurs nouveaux records du monde dans les épreuves masculines – sur 3 000 m, 5 000 m, 10 000 m – et lors des grandes combinaisons (séries de quatre courses – le 500 m, le 1 500 m, le 5 000 m et le 10 000 m).

Lors des Jeux olympiques d’hiver de 1992 à Albertville, Johann Koss remporte la médaille d’or sur le 1 500 m hommes et l’argent sur le 10 000 m hommes. Deux ans plus tard, lors des Jeux olympiques d’hiver de 1994 à Lillehammer, il devient l’étoile de l’équipe olympique norvégienne. À domicile, il remporte en effet trois médailles d’or et établit du même coup trois nouveaux records du monde, sur le 1 500 m, le 5 000 m et le 10 000 m hommes.

Athlète-ambassadeur d’Olympic Aid

En 1992, le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Lillehammer lance « Olympic Aid », une initiative humanitaire visant à aider les victimes de la guerre à Sarajevo, la ville qui avait organisé les Jeux olympiques d’hiver de 1984. Olympic Aid s’étend en 1993 pour inclure plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et de l’Amérique latine. Les athlètes-ambassadeurs se voient assigner un pays particulier pour lequel il aide à lever des fonds destinés au programme d’aide.

En 1993, Johann Koss devient ainsi l’ambassadeur de l’Érythrée, en Afrique du Nord, qui est devenue indépendante de l’Éthiopie en 1991, après une guerre de 30 ans. Avant d’être nommé à ce poste, Johann Koss a donné 14 dollars par mois à l’organisme de bienfaisance « Save the Children », qui a coordonné le programme Olympic Aid en Érythrée et aidé à la reconstruction des écoles dans ce pays.

Johann Koss se rend en Érythrée en tant qu’ambassadeur pour Olympic Aid en septembre 1993, avant le début de sa saison de patinage de vitesse. Son entraînement ne se passait pas bien et Hans-Trygve Kristiansen, l’entraîneur de l’équipe norvégienne de patinage de vitesse, pense alors qu’une pause ferait du bien à l’athlète.

À peine quelques mois plus tard, Johann Koss domine les Jeux olympiques d’hiver de 1994 à Lillehammer. Inspiré par ce qu’il a vu en Érythrée, il fait don de 30 000 dollars à Olympic Aid. Lors d’une conférence de presse chargée d’émotion, il demande à ses coéquipiers olympiques norvégiens de faire eux aussi un don. En tout et pour tout, il recueille 18 millions de dollars de la part des Norvégiens au cours des 10 jours qui suivent.

Après les Jeux olympiques d’hiver de 1994 à Lillehammer, le gouvernement norvégien émet l’idée de fabriquer une statue à l’effigie de Johann Koss. Celui-ci convainc cependant le gouvernement norvégien que l’argent pour un tel projet serait plus judicieusement dépensé au financement des initiatives engagées dans le cadre d’Olympic Aid. Il obtient gain de cause et l’organisme recevra 1 million de dollars. Johann Koss a également vendu ses patins de vitesse aux enchères et fait le don de 100 000 dollars supplémentaires.

Il retourne en Érythrée en 1994, avec une cargaison complète d’équipements sportifs (plus de dix tonnes). Bien que la presse norvégienne le critique dans un premier temps pour avoir distribué des ballons de soccer dans un pays qui cherche à subvenir à ses besoins de base, le président érythréen, Isaias Afwerki, le remercie publiquement : « C’est le plus beau cadeau que nous ayons jamais reçu. Pour la première fois, nous sommes traités comme des êtres humains et non pas juste comme des objets à garder en vie. Pour la première fois, mes enfants peuvent jouer comme n’importe quels autres enfants. »

Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF

Johann Koss se retire du patinage de vitesse juste après la clôture des Jeux olympiques d’hiver de 1994 à Lillehammer. Le 19 décembre 1994, il est nommé ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF, le « représentant spécial de l’organisation pour les sports ».

En tant qu’ambassadeur de l’UNICEF, Johann Koss devient un avocat de la cause des enfants handicapés et des enfants touchés par la guerre. En 1995, il se rend en Éthiopie et au Vietnam et visite le Rwanda l’année suivante. En Éthiopie, il rend visite aux enfants qui travaillent dans la rue et qui ont bénéficié du programme de sensibilisation de l’UNICEF en matière de prévention du VIH/sida. Au Rwanda, Johann Koss aide à la mise en place d’activités sportives et de loisirs pour les enfants traumatisés par la guerre.

Right To Play

Entre 1996 et 1999, Johann Koss vit en Australie où il suit des cours de médecine à l’Université de Queensland. Il y obtient un baccalauréat en médecine et chirurgie (M.B.B.S.). En 1999, il épouse Belinda Stronach, une femme d’affaires canadienne (et future politicienne) avant de s’installer à Toronto. L’année suivante, il prend la tête d’Olympic Aid, jusqu’alors dirigé par le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Lillehammer, et déménage le siège social de l’organisation à Toronto. Johann Koss transforme alors Olympic Aid, qui n’est encore qu’un « outil de collecte de fonds », en organisation non gouvernementale (ONG) internationale et le rebaptise Right To Play.

Il sera président-directeur général (PDG) de l’organisation de 2000 à 2015. Tout en assumant ces fonctions, il obtient une maîtrise en administration des affaires pour cadres (2004) à l’École d’études commerciales Rotman de l’Université de Toronto. Lorsqu’il quitte ses fonctions de PDG, l’organisation gère des programmes dans 19 pays, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. Forte de l’appui de plus de 300 athlètes-ambassadeurs bénévoles issus de plus de 40 pays ainsi que d’un personnel composé de coaches spécialement formés, l’organisation utilise des activités ludiques et sportives en salle de classe, mais aussi à l’extérieur, pour éduquer et rendre autonomes plus d’un million d’enfants. Right To Play met l’accent sur une éducation de qualité, les aptitudes à la vie quotidienne, la santé, l’égalité entre les sexes, la protection de l’enfance et la mise en place de communautés pacifiques. En plus de travailler avec les enfants, Right To Play collabore avec les parents, les collectivités locales et les gouvernements pour promulguer les droits fondamentaux de tous les enfants.

En 2015, Kevin Frey prend le relais au poste de PDG. Johann Koss reste néanmoins très engagé au sein de Right To Play, en tant que fondateur de l’organisation et membre du conseil d’administration international. Il continue à recueillir des fonds pour l’organisation et travaille aux côtés de Kevin Frey.

Participation à la lutte contre le dopage

Johann Koss a également été une voix forte contre l’usage de drogues par les sportifs. En 1997, il devient président du Forum du gouvernement norvégien contre les drogues et le dopage. Un an plus tard, il rejoint la Commission des athlètes du Comité international olympique (1998-2002) et siège au comité directeur de l’Agence mondiale antidopage (2000-2002), basée à Montréal.

Vie personnelle

Johann Koss vit à Toronto avec sa femme Jennifer, qu’il a épousée en 2009 (il a divorcé de Belinda Stronach en 2003). Ils ont trois enfants – Aksel, Annabelle et Andreas.

Prix et distinctions

En plus de son remarquable parcours sportif, Johann Koss s’est vu attribuer plusieurs prix pour ses activités humanitaires. On peut citer le prix de l’action humanitaire Jackie Robinson (1994), le prix pour la survie des enfants du Carter Center (1996), le prix spécial de l’UNICEF pour un soutien extraordinaire en faveur des enfants (1996) et le prix Newman’s Own (2011), attribué aux personnes qui ont mis à profit leur réussite professionnelle pour subventionner ou diriger des services philanthropiques. Il a également reçu le prix St. Moritz (2011), attribué aux personnes qui méritent d’être récompensées pour leur engagement en faveur de la société civile et de l’amélioration de conditions sociales, et le prix LEGO (2013), qui récompense toute personne qui a contribué de manière exceptionnelle à l’amélioration des conditions de vie des jeunes gens et des enfants.

Le 13 mai 2016, Johann Koss devient le premier Norvégien à être admis à l’Ordre du Canada.

Il a également reçu des grades honoris causa de l’Université de Calgary, de l’Université Brock, du Vrije Universiteit à Bruxelles, en Belqique, et de l’Université d’Aust Agder, en Norvège.