Beckwith, John

Une des voix canadiennes anglaises les plus remarquables parmi les compositeurs canadiens, Beckwith crée une œuvre abondante qui prend sa source dans son expérience sensible de l'environnement canadien.

John Beckwith
Beckwith est un important cr\u00e9ateur de musique qui tirait son inspiration de ses connaissances de l'environnement canadien (photo de Walter Curtin/avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada).

Beckwith, John

John Beckwith, compositeur et professeur (Victoria, C.-B., 9 mars 1927). En 1945, il étudie à Toronto et obtient un baccalauréat en musique. En 1950, un prix de l'Association canadienne de hockey amateur lui permet de se rendre à Paris où il fait son apprentissage de la composition auprès de Nadia Boulanger. Il retourne ensuite à Toronto où il s'inscrit à d'autres cours et devient très actif en tant que musicien interprète, acteur, critique, commentateur à la radio et écrivain. À partir de 1955, il enseigne à temps plein à l'UNIVERSITÉ DE TORONTO et de 1970 à 1977, il est doyen de la faculté de musique.

Une des voix canadiennes anglaises les plus remarquables parmi les compositeurs canadiens, Beckwith crée une œuvre abondante qui prend sa source dans son expérience sensible de l'environnement canadien. Bien qu'il ait composé bon nombre de musiques instrumentales, la plupart de ses œuvres importantes sont vocales; ce sont souvent des mises en musique de textes d'écrivains canadiens. Beckwith a composé plusieurs de ses œuvres les plus éloquentes au cours de sa longue collaboration avec le poète-dramaturge James REANEY, dont, parmi elles, les opéras Night Blooming Cereus (1953-1958), The Shivaree (1965-1978), Crazy to Kill (1988-1989) et Taptoo! (1994). Cette dernière œuvre dramatique s'inspire du signal (plus tard connu sous le nom de tattoo) donné par les fifres et les tambours pour annoncer la fin du jour. Sharon Fragments (1966) pour chorale sans accompagnement, commémorant les Children of Peace, une secte religieuse de mélomanes de l'Ontario du XIXe siècle, est l'une de ses œuvres à thème historique les plus souvent exécutées. En 1990, il termine la cantate documentaire intitulée The Hector qui offre une perspective de l'aventure du XXe siècle qui a mené 200 immigrants à Pictou en Nouvelle-Écosse en 1773.

Champion de la musique canadienne pendant 50 ans, Beckwith est parmi ceux qui ont le plus marqué la vie musicale au pays. Très lu et très à l'aise dans les deux langues officielles, Beckwith est bien connu comme écrivain, conférencier et commentateur à la radio et à la télévision. Il écrit des critiques musicales pour des journaux torontois et signe des articles sur divers aspects de la vie musicale canadienne pour des revues et des livres de référence. Il planifie et écrit plusieurs séries d'émissions et de documentaires sur la musique pour la radio anglaise de Radio-Canada.

Directeur de la Société pour le patrimoine musical canadien depuis sa création en 1982, Beckwith a préparé deux ouvrages, extrêmement bien documentés, qui font partie de la série de 25 volumes traitant des musiques composées par des Canadiens avant les années 50. La recherche et le contenu de ses Hymn Tunes (1986) et de son Oratorio and Cantata Excerpts (1995) lui serviront plus tard d'inspiration pour quelques-unes de ses propres compositions. Beckwith organise des concerts à Sharon et à d'autres endroits au cours desquels sont présentées des pièces du patrimoine musical canadien. C'est dans ce cadre qu'il reconstitue l'opéra Lucas et Cécile (vers 1808) de Joseph QUESNEL. Interprété par l'ORCHESTRE BAROQUE TAFELMUSIK de Toronto en 1994 et l'Ensemble acadien en 2001, l'opéra remportera un vif succès. En 1996, il incorpore des portions de l'ouverture The Veteran (1934) de Thiele dans son Echoes of Thiele, en hommage à C. F. Thiele, fondateur du Waterloo Musical Society Band et de la Waterloo Music Company. Comme il l'a lui-même dit, il compose des musiques comme on fabrique une courtepointe. Son Quatuor à cordes (1977) dans lequel les instruments imitent et reproduisent le son du banjo, de la mandoline et, bien sûr, du violon populaire tel qu'on l'entendait dans le Canada du XIXe siècle en est un exemple fascinant.

En raison de sa grande connaissance des différents types de musique canadienne, Beckwith est nommé premier professeur Jean A. Chalmers de musique canadienne et premier directeur de l'Institute for Canadian Music de l'Université de Toronto. Après sa retraite de l'enseignement en tant que professeur émérite à l'Université de Toronto, il mène plusieurs projets à terme et explore de nouvelles avenues. Il reçoit des critiques élogieuses lors de la première de Fractions en avril 2007, une composition pour piano en seizième de ton et quatuor à cordes. Chercheur accompli sachant communiquer ses réflexions de façon claire et auteur prolifique, il publie In Search of Alberto Guerrero (2006). À l'occasion de son 80e anniversaire, des concerts présentant les œuvres de Beckwith sont présentés, et l'Institute for Canadian Music organise le symposium Four Perspectives on John Beckwith (John Beckwith : quatre thèmes) mettant en valeur sa contribution à la musique canadienne.

Nommé membre de l'ORDRE DU CANADA en 1987, il a également reçu des doctorats honorifiques des universités McGill, Mount Allison, Queen's, Victoria et Guelph. En 1996, la Conférence canadienne des arts lui remet un Diplôme d'honneur. Il reçoit, en 1999, le titre de membre honorifique de la Canadian University Music Society. Une compilation de cinq albums de ses œuvres musicales est présentée dans Anthology of Canadian Music (1986), et un coffret disque compact double est offert dans Canadian Composers Portraits sous l'étiquette Centrediscs en1997. Le CD de Centrediscs Avowals lancé en 2007 présente des performances vocales interprétées en solo.


Lecture supplémentaire

  • J. McGee, ed., Essays in Honour of John Beckwith (1995); J. Beckwith, Music Papers: Articles and Talks by a Canadian Composer 1961-1994 (1997).