Prix Juno

Prix Juno. Prix de l'industrie canadienne du disque, créés en 1964 par le magazine RPM, première publication hebdomadaire sur le commerce musical de l'industrie du disque canadienne établie par Walt Grealis.

Prix Juno

Prix Juno. Prix de l'industrie canadienne du disque, créés en 1964 par le magazine RPM, première publication hebdomadaire sur le commerce musical de l'industrie du disque canadienne établie par Walt Grealis. Ils sont connus à l'origine sous le nom de RPM Gold Leaf Awards (tenus au Saint Lawrence Hall à Toronto) mais, en 1965, le lecteur Hal Philips suggère que le magasine renomme les prix en l'honneur de Pierre Juneau, alors président du CRTC. En 1970, on découvre que Junon (« Juno » en anglais) est la déesse la plus importante du panthéon romain et on adopte donc définitivement l'orthographe de « Juno ». On décrit souvent ces prix comme l'équivalent canadien des prix Grammy aux États-Unis. Ils s'adressent au secteur canadien-anglais de l'industrie du disque et reçoivent leur pendant québécois en 1979 sous la forme des trophées Félix.

Les prix Juno sont institués par l'éditeur et rédacteur en chef de RPM, Walt Grealis, dans le but de créer un « star system » au Canada. Au début, leur remise est organisée au nom du magazine par Stan Klees. Les lecteurs de RPM choisissent les lauréats jusqu'en 1975. Après cette date, la CARAS, fondée expressément à cette fin, administre les prix; seuls les membres de la CARAS prennent part au vote. En 1975, la SRC diffuse pour la première fois le gala des prix Juno à la télévision anglophone, ce qui permet à l'événement de prendre de l'importance. Le réseau CTV diffuse la cérémonie depuis 2002.

Les catégories et leur description varient d'une année à l'autre. Il y a 16 catégories en 1964. En 2010, il y en a 39, dont album international de l'année, album francophone de l'année, album simple de l'année, album de l'année, artiste de l'année, groupe de l'année, album instrumental de l'année, nouvel artiste de l'année, nouveau groupe de l'année, auteur-compositeur de l'année, enregistrement country de l'année, enregistrement rap de l'année, album pop de l'année, album rock de l'année, album de jazz vocal de l'année, vidéo de l'année, album de jazz contemporain de l'année, album de jazz traditionnel de l'année, album pour enfants de l'année, album classique de l'année : soliste ou orchestre de chambre, album classique de l'année : grands orchestres ou soliste(s) accompagné(s) d'un grand orchestre, album classique de l'année, chanteur solo ou chorale, composition classique de l'année, album alternatif de l'année, album alternatif adulte de l'année, enregistrement dance de l'année, enregistrement R&B/soul de l'année, enregistrement reggae de l'année, enregistrement autochtone de l'année, album de musique roots ou traditionnelle de l'année : groupe, album de musique roots ou traditionnelle de l'année : solo, album de blues de l'année, album de musique chrétienne contemporaine/gospel de l'année, album de musique du monde de l'année, prix Jack Richardson du réalisateur de l'année, ingénieur du son de l'année, design de CD ou de DVD de l'année, prix choix du public Juno et DVD de musique de l'année.

Le processus de sélection varie lui aussi. Chaque année, en octobre, des groupes d'experts choisissent les artistes en nomination par deux séries de votes. Ensuite, en février, on annonce aux médias les cinq nominations pour chaque catégorie. Selon les catégories, les gagnants sont choisis par un groupe d'experts, par vote des membres de la CARAS ou, parfois, d'après les ventes.

La remise des prix Juno se fait généralement en deux soirées. Le dîner de gala Juno et la cérémonie protocolaire sont des événements non télévisés qui ont lieu pendant la soirée précédant le gala des Juno. Le gala inclut l'intronisation d'un artiste au Panthéon de la musique canadienne (établi en 1978) et la présentation de la récompense pour contribution exceptionnelle Walt Grealis (établie en 1984). Les gagnants de neuf autres catégories sont annoncés le lendemain soir lors de la cérémonie télévisée.

Traditionnellement, les prix Juno sont présentés dans la province de l'Ontario. Toutefois, en 2002, ils sont remis à Terre-Neuve-et-Labrador. C'est la première fois qu'une industrie du disque provinciale s'associe à la CARAS pour parrainer le gala. Les cérémonies suivantes sont diffusées d'Ottawa (2003), d'Edmonton (2004), de Winnipeg (2005), d'Halifax (2006), de Saskatoon (2007), de Calgary (2008) et de Vancouver (2009). Pour 2010, l'événement se tient de nouveau à St. John's (T.-N.-L.).

Depuis 2002, des événements spéciaux de divertissement public accompagnent habituellement la fin de semaine annuelle des Juno, dont le Junofest, la FanFare et le Songwriters' Circle. Le JunoFest, dont l'entrée est payante, dure deux jours et présente des concerts dans les salles de la ville-hôte. En 2004, le JunoFest présente plus de 100 représentations données par des artistes en nomination et des talents locaux dans 14 endroits d'Edmonton. La FanFare, qui attire plus de 10 000 personnes en 2003, est un événement interactif public gratuit qui permet aux fans de rencontrer leurs artistes et leurs groupes préférés. Le Songwriter's Circle (inspiré de l'évènement annuel de l'ECMA du même nom) est fondé en 2001 et coparrainé par la CMPA, la SAC et la SOCAN. Il rassemble les artistes pour un concert informel intime présentant des chansons et des histoires, et les profits vont généralement à Band Aid - un programme parrainé par la CARAS qui vise à améliorer l'éducation musicale au Canada en donnant des bourses individuelles à des écoles sélectionnées dans tout le pays.

Le 25e anniversaire des prix Juno est célébré en 1996 par le lancement d'un livre et d'un coffret de disques intitulé Oh What a Feeling. Le coffret est le premier de l'histoire canadienne à être certifié diamant pour des ventes totales d'un million de disques. Des ensembles de disques du même genre suivent en 2001 et 2006 pour souligner respectivement le 30e et le 35e anniversaire des prix Juno.

Le prix humanitaire Allan Waters est remis à partir de 2006 et compte parmi ses lauréats Bruce Cockburn, Tom Jackson, Paul Brandt, Sarah McLachlan et Bryan Adams.

Les provinces de l'est présentent leurs propres East Coast Music Awards (connus jusqu'en 1991 sous le nom des Maritime Music Awards) tous les ans depuis 1989. En 2002, la Prairie Music Alliance s'agrandit pour intégrer les provinces et les territoires de l'ouest du Canada (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut). Ensemble, elles sont connues sous le nom de Western Canadian Music Alliance (WCMA) et elles présentent annuellement les Western Canadian Music Awards depuis 2003.

Bibliographie

Alan GUETTEL, « The Story of the Juno Awards », RPM (13 mars 1976).

The Juno Awards: Tenth Anniversary Special Issue (Toronto 1980).

Richard PERRY, « Confessions of a Juno juror », Queen's Quarterly, XCVIII (été 1991).