Keith Spicer

Keith Spicer, O.C., universitaire, journaliste, fonctionnaire et écrivain (né le 6 mars 1934 à Toronto, Ontario). Ce grand communicateur et premier commissaire aux langues officielles du Canada a joué un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles (1969) et l’établissement de programmes d’immersion française au Canada. Dans les années 1990, il a été président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et du Forum des citoyens sur l’avenir du Canada. Il est renommé pour son franc-parler et son sens de l’humour.

Formation et début de carrière

Après des études à l’Université de Toronto et à l’Institut d’études politiques de Paris (B.A., 1956; Ph.D., 1962), Keith Spicer enseigne à l’Université d'’Ottawa de 1961 à 1966, à l’Université de Toronto de 1966 à 1969 et dans plusieurs autres établissements universitaires au Canada et aux États-Unis. Il effectue également des travaux de recherche pour la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1964).

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La Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme, 1963-1971, est créée alors que Lester Pearson est premier ministre pour étudier la dualité culturelle du Canada.
Dunton, Davidson
Dunton a été en grande partie à l'origine de l'expansion de la Société Radio-Canada. Il a aussi été co-président de l'importante Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-157772).

De 1964 à 1965, il est adjoint spécial du ministre de la Justice. Il agit aussi comme commentateur, animateur ou intervieweur dans le cadre de nombreuses émissions d’affaires publiques et de documentaires présentés à la radio et à la télévision des réseaux anglais et français. Sa maîtrise de la langue française en fait d’ailleurs un commentateur recherché par les médias. On le retrouve comme éditorialiste au Globe and Mail, chroniqueur au Vancouver Sun (1977-1984) et rédacteur en chef du Ottawa Citizen (1985-1989).

Premier commissaire aux langues officielles

En 1969, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau adopte la Loi sur les langues officielles et nomme Keith Spicer comme premier commissaire aux langues officielles. Il est chargé de mettre en œuvre la nouvelle loi, de l’expliquer aux Canadiens et de la défendre. Il occupe cette fonction de 1970 à 1977. Au cours de son mandat, il insiste sur l’importance du français dans l’appareil gouvernemental, fait la promotion de programmes d’immersion française dans les écoles anglophones du Canada et contribue à la création de l’association Canadian Parents for French (voir aussi Enseignement des langues secondes).

En 1976, il doit faire face à la « crise des gens de l’air ». Mise sur pied en 1975, l’Association des gens de l’air du Québec mène une campagne visant à faire appliquer la Loi sur les langues officielles dans l’espace aérien du Québec, c’est-à-dire obtenir l’autorisation d’utiliser le français dans les communications aéronautiques. Lorsque le gouvernement fédéral propose un projet pilote visant à établir des communications bilingues dans certaines régions du Québec, l’Association canadienne des pilotes de ligne (CALPA) déclenche une grève nationale. À quelques semaines des Jeux olympiques d’été de Montréal, le gouvernement fédéral fait marche arrière, reporte la mise en œuvre du projet pilote et crée la Commission d’enquête sur le bilinguisme dans les services de contrôle de la circulation aérienne au Québec, chargée d’examiner la question..

Président du CRTC et du Forum des citoyens

En 1989, Keith Spicer est nommé président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Son mandat de sept ans à la direction du CRTC est interrompu de novembre 1990 à juin 1991, car le premier ministre Brian Mulroney lui demande de présider le Forum des citoyens sur l’avenir du Canada (aussi appelé Commission Spicer). Brian Mulroney voit en effet dans cette commission le moyen de répondre aux critiques alléguant que l’avenir constitutionnel du pays se décide derrière des portes closes à l’insu des citoyens. La commission provoque la controverse lorsqu’elle dépasse son budget, mais elle suscite une participation publique sans précédent et aboutit à la formulation de nombreuses recommandations.

Mulroney, Brian
Martin Brian Mulroney (\u00a9 Yousuf Karsh/Comstock Images & Agency/\r\nArchives nationale du Canada/PA-164231).

Plus tard, Keith Spicer travaille pour la société Ernst & Young Canada à Paris et enseigne à la Sorbonne (1996-2000). À partir de 2000, il fonde et dirige l’Institut pour les médias, la paix et la sécurité de l’Université pour la paix (University for Peace ou UPEACE), une institution créée par l’Organisation des Nations Unies en 1980 ayant son siège social à San José, au Costa Rica.

Publications

Keith Spicer est l’auteur de plusieurs essais, rapports gouvernementaux et romans publiés en anglais et en français. Ses mémoires, intitulées Life Sentences: Memoirs of an Incorrigible Canadian, ont été publiées en 2004.

  • A Samaritan State? External Aid in Canada’s Foreign Policy (1966)
  • Cher Péquiste… et néanmoins ami : propos pré-référendaires dans un esprit post-référendaire (1980)
  • Winging It Logic System: How to Think and Make Sense (1982)
  • Winging it Logic System: How to Think on your Feet and Speak Confidently without Notes (1984)
  • Think on Your Feet. How to Organize Ideas to Persuade any Audience (1985)
  • Le Forum des citoyens sur l’avenir du Canada : rapport à la population et au gouvernement du Canada ⁄ Citizen’s Forum on Canada’s Future : Report to the People and Government of Canada (1991)
  • Competition and Culture on Canada’s Information Highway: Managing the Realities of Transition (1995)
  • Life Sentences: Memoirs of an Incorrigible Canadian (2004)Paris Passions: Watching the French Being Brilliant and Bizarre (2008)
  • Sitting on Bayonets: America’s Endless War on Terror and The Paths to Peace (2011)
  • Murder by Champagne. A Denise Caron Mystery (2013)
  • Mouffetarderies (2016)

Prix et distinctions

Doctorat honorifique (droit), Université Laurentienne (1973)

Doctorat honorifique (droit), Université York (1974)

Doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa (1977)

Officier de l’Ordre du Canada (1978)

Médaille du jubilé d’or de la reine Elizabeth II (2002)

Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II (2012)