Ken Babstock

Ken Babstock, poète, éditeur et professeur, est né le 19 janvier 1970 à Burin, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.

Babstock, Ken

Ken Babstock, poète, éditeur et professeur, est né le 19 janvier 1970 à Burin, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Gagnant du prix Griffin de poésie et le premier lauréat du prix Latner de poésie (Latner Writers’ Trust Poetry Prize), Ken Babstock est l’un des poètes les plus influents au Canada actuellement.

Jeunesse et carrière

Ken Babstock grandit dans diverses petites villes de l’Ontario, notamment à Pembroke où sa famille finit par s’installer. Puis, il fréquente l’Université Concordia, à Montréal, mais il quitte celle‑ci et se consacre au travail manuel pendant 12 ans en Irlande et au Canada.

Le premier recueil de Ken Babstock, Mean (1999), lui vaut le Milton Acorn People’s Poetry Prize ainsi que le Atlantic Poetry Prize. Mean s’interroge sur le prosaïsme de la vie quotidienne, qui nous emprisonne, menace de nous détruire, ainsi que sur les moyens que nous utilisons, parfois avec succès, pour nous libérer de cet emprisonnement volontaire. Dans « Sawteeth », par exemple, une gerbille s’épuise dans sa roue sous le regard médusé d’un jeune garçon dont la chambre en désordre évoque avec force la cage jonchée de déchets de son animal de compagnie. Les poèmes « Finishing » et « Deck. It's a Deck » sont une réflexion sur ce qui nous pousse, nous, êtres humains, à constamment avoir recours à nos scies et au tout‑puissant enduit de rebouchage pour rendre nos maisons, ces prisons volontaires fades et informes, plus agréables à l’œil. Déshumanisant au plus haut point, ce processus nous enchaîne au quotidien et nous ramène à la vile banalité de la roue de la gerbille :

A plot of middle ground, our own paddock with
centre-post to circle around. We
work and drink and
sweat through unbridled dreams of the mean.

(Une parcelle de terrain moyen, notre propre enclos avec
un poteau central autour duquel circuler. Nous
travaillons et buvons et
transpirons au fil de nos rêves débridés de médiocrité.

[Traduction libre])

Le deuxième recueil de Ken Babstock, Days into Flatspin (2001), remporte le Prix K. M. Hunter. Dans ces poèmes, les expériences et les événements de la vie quotidienne ne sont pas toujours synonymes d’emprisonnement. Parfois même, ils peuvent déboucher sur une existence meilleure. Dans « Carrying someone else's infant past a cow in a field near Marmora, Ont », le poète transforme l’événement quotidien en une méditation profonde sur la relation des êtres humains avec les espaces naturels. Parallèlement, dans « The 7-Eleven Formerly Known as Rx », le discours d’un dépanneur rénové est l’occasion d’un ressassement complexe sur l’aptitude au changement et le mouvement propres à la vie. Les poèmes de Ken Babstock sont denses et caractérisés par une observation minutieuse d’infimes détails. Variés sur le plan technique, ils ont autant recours aux vers libres qu’à des formes plus traditionnelles. « Fire Watch », dans lequel le poète parodie les aléas de la communication par téléphone de terrain en répétant le mot « over » (terminé) et en ajoutant des parties de discours inaudibles, fait l’objet en 2002 d’un court‑métrage de cinq minutes réalisé par Anthony Wong.

Grande renommée

Le recueil Airstream Land Yacht (2006) de Ken Babstock remporte le Prix de poésie Trillium et se classe parmi les finalistes pour le Prix littéraire du Gouverneur général et pour le prix Griffin pour la poésie. Dans ce recueil, le poète s’intéresse toujours autant aux expériences quotidiennes, mais les personnages de ses poèmes y participent de façon plus active et les intellectualisent davantage. Dans « Airstream Land Yacht », le yacht devient une sorte de cerveau qui règne sur le paysage, un peu comme le cerveau humain règne sur les idées et le vécu. Même la structure du recueil, divisé en quatre parties, imite cette capacité d’expansion. Chaque partie contient plusieurs poèmes qui explorent l’une des quatre syllabes du titre du recueil : « Air », « Stream », « Land » et « Yacht ».

Methodist Hatchet (2012), le quatrième recueil de Ken Babstock, gagne le prix Griffin pour la poésie et confirme la place du poète dans la poésie canadienne. Ce recueil, portant bien son nom de hache à deux tranchants, est la suite de l’exploration de Ken Babstock des liens déroutants et kaléidoscopiques du monde contemporaine, étudiant la culture populaire et les paysages médiatiques. La voix caractéristique du poète, avec sa concision et ses tournures rapides, y est imprégnée d’une subtilité satirique. Au contraire, son travail avec la forme et son souci de la musicalité des vers sont particulièrement évidents. Ken Babstock affirme qu’il fait partie de ceux qui se dévouent à la sonorité, mais qui sont hantés par le sens. En 2014, le poète remporte le premier prix Latner de poésie (Latner Writers’ Trust Poetry Prize).

Les poèmes de Ken Babstock ont été traduits en plusieurs langues, dont le français, l’allemand, le hollandais et le tchèque. Leur auteur a participé à de nombreux festivals de poésie dans le monde entier, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne et en République tchèque. Il est considéré comme l’un des poètes canadiens les plus importants de sa génération.

Professeur, éditeur et critique

Au cours de sa carrière, il enseigne à la faculté de poésie du Centre d’arts de Banff et il occupe le poste de directeur de collection de poésie pour la maison d’édition House of Anansi à Toronto. Il enseigne aussi dans différents pavillons de l’Université de Toronto et de l’Université de Guelph, à Humber. Depuis 2004, il écrit pour le Globe and Mail des critiques de romans, d’essais et de recueils de poésie du Canada et d’ailleurs.


En savoir plus // Ken Babstock