Lepage, Robert

D'autres spectacles reçoivent les critiques les plus élogieuses au Canada et à l'étranger, parmi lesquels Les Plaques tectoniques (1990), Les Aiguilles et l'opium (1991) et Le Polygraphe (1992). Sa prestation de sept heures sur scène dans The Seven Streams of the River Ota (1995) (v.f.

Lepage, Robert
Consid\u00e9r\u00e9 par de nombreuses personnes comme le plus brillant metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre de sa g\u00e9n\u00e9ration, Robert Lepage a aussi dirig\u00e9 un op\u00e9ra et r\u00e9alis\u00e9 des films (photo de Graham Law).

Lepage, Robert

Robert Lepage, metteur en scène, comédien, scénographe et dramaturge (Québec, Qc, 12 déc. 1957). Après des études au Conservatoire d'art dramatique, où il est très influencé par Jacques Lessard, directeur associé du Théâtre Repère, Robert Lepage se joint à la troupe de Lessard dont il devient vite le comédien principal et le metteur en scène. Sa première oeuvre, Circulations (1985), démontre clairement l'approche intelligente, expérimentale, multilinguiste et multimédia qui ont depuis bâti sa réputation internationale. En 1986, son spectacle solo Vinci atteste de son remarquable talent de comédien. En 1987, La Trilogie des dragons, le premier de ses spectacles dramatiques de grande envergure, brillamment conçu, séduit Montréal, Toronto et Ottawa, pour ensuite conquérir Londres et Paris.

D'autres spectacles reçoivent les critiques les plus élogieuses au Canada et à l'étranger, parmi lesquels Les Plaques tectoniques (1990), Les Aiguilles et l'opium (1991) et Le Polygraphe (1992). Sa prestation de sept heures sur scène dans The Seven Streams of the River Ota (1995) (v.f. les Sept branches de la rivière Ota) est sans doute son oeuvre la plus ambitieuse jusqu'à maintenant parmi ses nombreuses productions au Canada et à l'étranger, bien que Lepage la décrive toujours comme une oeuvre « non complétée ». Un film, , adapté de l'un de ses segments et traitant de la CRISE D'OCTOBRE de 1970 est chaudement acclamé aux Festivals du film de Montréal et de Toronto. Ce film lui a valu le prix du meilleur long métrage au Festival du film de Toronto. Un autre film important, Le Confessionnal, a inauguré le Festival du film de Toronto en 1995. La pièce La Face cachée de la lune, écrite en collaboration avec Adam Nashman, est présentée à Québec en mars 2000 et à Toronto le mois suivant. La pièce est étonnamment personnelle, car elle traite du décès de sa mère en 1999 et, sur un autre plan, aborde le thème de la course vers la lune que les Américains et les Soviétiques se sont livrée il y a quarante ans. Dans Zulu Time, présentée à Québec en mai 2000, après une tournée à Zurich et à Paris, l'interprétation domine et relègue le dialogue au second plan, une tendance de son récent travail. Zulu Time est accompagné d'une exposition multimédia époustouflante, présentée tout l'été au Musée de la civilisation de Québec, conçue par Lepage et intitulée Métissages/Crossings.

Les Aiguilles et l'opium est un exemple de la technique de Lepage. Il s'agit d'un mélange étudié de sa propre expérience de vie (dans ce cas-ci un échec amoureux) avec les amours tumultueux et la toxicomanie de l'auteur surréaliste français Jean Cocteau et du trompettiste de jazz américain Miles Davis. Dans ce spectacle solo, où se succèdent extraits de films, jeux d'ombres, musique et effets sonores afin de créer l'ambiance sinistre voulue, Robert Lepage interprète les trois rôles, juché avec aisance dans les airs entre deux hélices simulant un vol entre Paris et New York. On retrouve une scène de vol semblable à la fin de La Face cachée de la lune.

De 1989 à 1993, Lepage est le directeur de langue française du Centre national des arts à Ottawa. Il ne cesse d'être sollicité par des institutions importantes, notamment le Tokyo's Globe Theatre (où il met en scène cinq pièces de Shakespeare en français et en japonais en 1994), le National Theatre, à Munich, le Royal National Theatre, à Londres, et le Royal Dramatic Theatre, à Stockholm, où son interprétation magistrale du Songe de Strindberg (1994-1995) est chaudement accueillie, même par les critiques conservateurs. En 1993, il met en scène des opéras de grande envergure, notamment Bluebeard's Castle (v.f. Le château de Barbe-Bleue), de Bartok, et Erwartung, de Schoenburg, pour la Compagnie d'opéra canadienne. Grand maître de l'illusion dramatique, il manipule avec habileté la lumière, l'espace et la perspective, les acrobaties, les musiques troublantes et les effets sonores spéciaux afin de créer une expérience théâtrale qui exerce déjà à l'échelle mondiale une influence sur le langage théâtral.