L'époque où les nouvelles voyagent par bateau à vapeur

« Le travail n’est pas dur; n’importe quel homme ordinaire peut le faire. On travaille en général pendant 10 heures. Les hommes travaillent plus ou moins fort, selon leur bon vouloir. Cette indépendance est l’un des charmes principaux de la vie de mineur. L’indépendance et l’espoir font leur bonheur. »

« Le travail n’est pas dur; n’importe quel homme ordinaire peut le faire. On travaille en général pendant 10 heures. Les hommes travaillent plus ou moins fort, selon leur bon vouloir. Cette indépendance est l’un des charmes principaux de la vie de mineur. L’indépendance et l’espoir font leur bonheur. »


Donald Fraser, un reporteur de journal britannique expérimenté dans la fin de la quarantaine, travaille fort et c'est grâce à lui que la ruée vers l'or du fleuve Fraser de 1858 attire des personnes de tant de pays différents. Fraser a énormément écrit pour le journal le plus célèbre du monde, The Times of London.

Une fois le niveau de l'eau du fleuve assez bas pour que la saison minière puisse commencer, Fraser accompagne James Douglas (qui n'est pas encore sir James), de la Compagnie de la Baie d'Hudson, lors de son inspection des « creusages » - les bancs de graviers dans le fleuve où l'or a été découvert - et des petites villes minières qui surgissent souvent dans les alentours.

Comme l'explique Fraser, « les rumeurs qui circulent au sujet d'un conflit alarmant entre les mineurs et les Indiens ont décidé le gouverneur Douglas à visiter lui-même la région. Le compte rendu extrêmement précis d'une délégation de mineurs de Fort Yale et de Fort Hope comprenait tant de détails sur le massacre de 45 hommes blancs et d'autres atrocités, et la demande d'aide semblait si urgente que le gouverneur demanda aux officiers de marine et aux officiers militaires de Sa Majesté de l'accompagner afin d'aider les autorités civiles, au besoin. Je me suis joint à cette délégation. » [traduction libre]

Bien évidemment, le récit du massacre est une invention.

Fraser n'est pas un observateur objectif comme les reporteurs d'aujourd'hui. Il amplifie les faits. Il ne dédramatise pas la difficulté du trajet sur le fleuve. Par contre, ses écrits font parfois l'éloge des collectivités de mineurs. Il les considère comme une partie de la société libertarienne que beaucoup de ses lecteurs ont dû assimiler à la croissance personnelle (et matérielle).

« Le travail n'est pas dur; n'importe quel homme ordinaire peut le faire. On travaille en général pendant 10 heures. Les hommes travaillent plus ou moins fort, selon leur bon vouloir. Cette indépendance est l'un des charmes principaux de la vie de mineur. L'indépendance et l'espoir font leur bonheur. Le coût de la vie est de 1 $ par jour. Une petite journée de travail consiste à passer 250 godets de terre. Le godet est un seau à eau en bois courant et relativement petit. J'ai questionné deux hommes seuls qui terminaient leur journée de travail. Ils estimaient leur amalgame à 21 ou 22 $. De là, 16 hommes sont rentrés chez eux. Partis l'autre jour. À la question "as-tu récolté quelque chose?", on répond : "je suppose". Beaucoup rentrent en Californie après avoir fait un peu d'argent. Ils ont des familles, sans aucun doute. » [traduction libre]

Malgré son ton positif, ses renseignements ne sont pas toujours pertinents, notamment parce ses histoires sont acheminées par navire à vapeur le long de la côte du Pacifique jusqu'à Panama, d'où ils sont transportés jusqu'à la côte Atlantique (le canal de Panama n'étant construit que deux générations plus tard). Les textes se rendent alors à New York en navire à vapeur, d'où ils embarquent dans un autre navire à destination de Londres. Les mots cités ci-dessus, par exemple, sont écrits au début du mois d'octobre 1858, mais ils ne sont publiés qu'à la mi-décembre.