Les voyageurs du Suian Maru

Les voyageurs du Suian Maru sont un groupe composé de 80 hommes et trois femmes, qui ont navigué jusqu'au Canada, à l'été de 1906, à bord du Suian Maru, après avoir mis les voiles à la préfecture de Miyagi, au Japon.

Les voyageurs du Suian Maru sont un groupe composé de 80 hommes et trois femmes, qui ont navigué jusqu'au Canada, à l'été de 1906, à bord du Suian Maru, après avoir mis les voiles à la préfecture de Miyagi, au Japon. Leur destination était les îles Don et Lion dans le fleuve Fraser, près de Richmond, en Colombie-Britannique, connues de la communauté japonaise sous les noms de Oikawa-jima et Sato-jima, respectivement (jima, ou shima, signifiant île).

Un seul des passagers s'était déjà rendu au Canada auparavant : Jinzaburo Oikawa, dont le nom a été donné à une des îles. Oikawa, entrepreneur venu au Canada dix ans plus tôt, avait en peu de temps appris les rudiments de la pêche au saumon et s'était familiarisé avec l'industrie de la transformation et il voulait aider les gens de son village natal à fuir la pauvreté qui avait frappé après la guerre russo-japonaise. Son plan était de faire entrer les voyageurs au Canada en tant que pêcheurs naufragés en haute mer.

Le Suian Maru ne s'est jamais rendu jusqu'au fleuve Fraser. En octobre 1906, la goélette touche terre à Beecher Bay, sur l'île de Vancouver, où le groupe est mis en état d'arrestation. Comme le groupe s'était dispersé en groupuscules avant d'atteindre la terre ferme, même les articles des journaux reflétaient la confusion concernant le nombre exact de citoyens japonais entrés au pays illégalement.

Bien que certains rapportent que les émigrants ont pu rester parce que le Canada avait besoin de main-d'œuvre bon marché pour la construction du chemin de fer, le chercheur David Sulz soulève le doute au sujet de cette théorie, rapportant que Yoshie Saburo, une connaissance de Oikawa et commis au consulat japonais, a pu négocier l'entrée des passagers en raison de circonstances variées telles que l'absence de législation pertinente concernant l'immigration, le manque d'indignation du public ainsi que l'attitude du Japon face à l'émigration.

Les voyageurs du Suian Maru s'installent finalement dans les îles Oikawa et Sato, où ils travaillent à l'industrie de la pêche. Bien que Jinzaburo Oikawa retourne au Japon en 1917, plusieurs des voyageurs du Suian Maru et leurs enfants continuent de vivre dans les îles jusqu'en 1942; cette année-là, ils sont amenés de force dans des camps d'internement. Aujourd'hui, une plaque commémorative rappelle le centenaire du voyage sur la côte de Richmond, en Colombie-Britannique, qui surplombe les îles.


Lecture supplémentaire

  • Jiro Nitta, Mikkôsen Suian Maru (1979), English translation: David Sulz, Phantom Immigrants (1998); Gordon G. Nakayama, Issei: Stories of Japanese Canadian Pioneers (1984).