David Lewis, né Losz, politicien social-démocrate, avocat spécialisé en droit du travail, professeur d’université (né le 23 juin 1909 à Svisloch en Russie [maintenant Svislatch en Biélorussie]; décédé le 23 mai 1981 à Ottawa en Ontario). David Lewis était une figure influente de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC), dont il a été secrétaire national (1936-1950) et membre de la direction (1950-1961). Il a été l’un des principaux architectes de son successeur, le Nouveau Parti démocratique (NPD), et il a été chef du parti fédéral de 1971 à 1974. Tout au long de sa carrière, David Lewis s’est efforcé d’éliminer l’influence communiste du mouvement syndical et de bâtir des liens entre le mouvement syndical et le mouvement socialiste.

Jeunesse et éducation
David Lewis naît sous le nom de David Losz en 1909, et ses parents sont Rose (née Lazarovitz) et Moishe Losz. Il grandit à Svislatch, une ville marchande juive, ou shtetl, dans ce qui à l’époque fait partie de l’Empire russe, mais est maintenant connu comme étant la Biélorussie. Lorsqu’il est enfant, il vit l’invasion allemande de la Russie au cours de la Première Guerre mondiale ainsi que la révolution russe. (Voir aussi Intervention du Canada dans la guerre civile russe.) Son père est membre de l’Union générale des travailleurs juifs, un parti socialiste fondé à la fin du 19e siècle qui revendique les droits nationaux pour la communauté juive. Moishe Losz est emprisonné pour avoir exprimé son opposition aux bolcheviks et en 1921, sa famille anglicise son nom pour « Lewis » et s’installe à Montréal.
Après avoir obtenu son diplôme dans une école secondaire de Montréal, David Lewis s’inscrit à l’Université McGill, où il étudie les arts et le droit (1927-1931). Il obtient ensuite une bourse Rhodes pour étudier à Oxford (1932-1935), où il noue de nombreux contacts avec des socialistes du Parti travailliste britannique.
Fédération du Commonwealth coopératif
De retour au Canada, David Lewis exerce le droit à Ottawa, mais en 1936, il commence à travailler comme secrétaire national pour la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC). Durant ces années, il devient un théoricien clé de la FCC et un membre et la League for Social Reconstruction. En 1943, il rédige, en collaboration avec F.R. Scott, le livre Make This Your Canada. David Lewis se présente aux élections fédérales en 1940, en 1943 (lors d’élections partielles), en 1945 et en 1949, mais sans succès. De 1943 à 1945, il est la principale cible d’une virulente campagne antisocialiste.

En 1950, David Lewis démissionne de son poste de secrétaire national de la FCC et il se consacre au droit du travail, bien qu’il continue à être impliqué avec la FCC. Il occupe divers postes de direction, soit vice-président (1950-1954), président (1954-1958) et président-directeur général (1959-1961), et il contribue à la rédaction de la Winnipeg Declaration of Principles de 1956. David Lewis s’efforce constamment de débarrasser le mouvement syndical de l’infiltration communiste et de forger des liens entre les mouvements socialiste et syndical canadiens.
Nouveau Parti démocratique
David Lewis est l’architecte clé de la formation du Nouveau Parti démocratique (NPD) en 1961. Grâce à ses efforts, la FCC, qui est principalement basée dans les régions agricoles de l’Ouest, se transforme en un NPD couronné de succès, qui est plus urbain et axé sur les travailleurs.
David Lewis se présente aux élections fédérales dans York-Sud en 1962, en 1963, en 1965, en 1968, en 1972 et en 1974, échouant seulement en 1963 et en 1974. Il devient rapidement un des débatteurs les plus redoutables du Parlement. Il continue à occuper divers postes de direction au NPD, jusqu’à son élection comme chef du parti lors d’un congrès long polarisé en 1971, au cours duquel il défait Jim Laxer, qui représente le Waffle, une faction de gauche du NPD. David Lewis, qui fait campagne sur le thème des « sociétés parasites du régime fiscal », atteint son apogée politique en 1972 lorsqu’il détient la balance du pouvoir dans le gouvernement minoritaire libéral de 1972-1974. Le Parlement adopte une nouvelle loi sur les dépenses électorales, l’indexation des pensions, Petro-Canada, et l’Agence d’examen de l’investissement étranger.

Carrière ultérieure
Après sa défaite aux élections fédérales de 1974, David Lewis démissionne de son poste de chef du NPD en 1975 et il termine sa carrière en tant que professeur à l’Université Carleton. Le premier volume de ses mémoires, The Good Fight, est publié à titre posthume en 1981.
Legs
David Lewis est parfois un personnage controversé, mais rares sont ceux qui nient sa grande intelligence, son énergie et ses sacrifices au nom du socialisme canadien. Le legs de David Lewis se perpétue à travers sa famille; son fils Stephen Lewis est chef du NPD de l’Ontario, son fils Michael Lewis est secrétaire du NPD de l’Ontario, et sa fille Janet Solberg est présidente du NPD dans les années 1980. Un de ses petits-fils, Avi Lewis, est un commentateur politique de premier plan à la télévision.