Bobsleigh, luge et skeleton

Le toboggan s'est développé de façon indépendante dans l'est du Canada, chez les Autochtones, qui se servaient de leurs traîneaux à des fins récréatives.

Lueders, Pierre et Dave MacEachern
Pierre Lueders (à gauche) et Dave MacEachern avec leur médaille d'or en bobsleigh (avec la permission de l'Association olympique canadienne/photo de Mike Ridewood).
Bobsleigh
Un bobsleigh sur sa course, Jeux olympiques de Calgary, 1988 (avec la permission de Take Stock Photography Inc).
Les premiers bobeurs canadiens
L'équipe de quatre hommes, les frères Victor et John Emery, Douglas Anakin et Peter Kirby remporta la médaille d'or olympique aux Jeux d'Innsbruck. C'était la première fois que le Canada participait à une épreuve de bobsleigh aux Jeux olympiques. N'ayant eu que peu d'occasions de s'entraîner sur une vraie piste, l'équipe composée d'une ancienne vedette de l'athlétisme, de deux skieurs et d'un alpiniste, battit le record olympique lors de sa première descente, devançant les Autrichiens par moins d'une seconde.
Gibson, Duff
Bobsleigh, médaille d
(avec la permission de CBC.)
Montgomery, Jon

Bobsleigh, luge et skeleton

C'est au 16e siècle que l'on a commencé à décrire la glissade en luge. Les courses que l'on connaît aujourd'hui ont débuté en Suisse, au milieu du 19e siècle. Trois formes de ce sport se sont développées : le bobsleigh, ou traîneau, est équipé de deux essieux et de deux paires de patins, il est dirigé à l'aide d'un volant de direction ou d'une corde par des équipes de 2 à 4 bobeurs; la luge est équipée d'un seul traîneau (à une ou deux places) et son conducteur est allongé sur le dos; le toboggan que l'on pratiquait à Cresta est dirigé par un conducteur couché sur le ventre. Vers la fin du 19e siècle, on a introduit le skeleton, où un seul athlète glisse sur un traîneau extrêmement mince en position couchée, sur le ventre et tête première.

Le toboggan s'est développé de façon indépendante dans l'est du Canada, chez les Autochtones, qui se servaient de leurs traîneaux à des fins récréatives. Sa conception s'est raffinée, grâce à l'apport de groupes comme le Montreal Tobogganing Club, le premier club de ce genre au Canada, formé en 1881.

La plupart des traîneaux pouvaient accueillir jusqu'à 4 équipiers, et certains jusqu'à 12. Au 19e siècle, la glissade en luge était un des principaux sports d'hiver au Canada. Le pain de sucre des chutes Montmorency, à l'extérieur de la ville de Québec, était un site bien connu pour s'adonner à la luge récréative. Après les années 1880, le sport a perdu en popularité au Canada et les pistes originales ont été abandonnées. Les athlètes canadiens devaient s'entraîner en Europe ou à Lake Placid, dans l'État de NY, jusqu'en 1985, année où l'on a ouvert de façon permanente la piste de bobsleigh et de luge, construite à Calgary pour les Jeux olympiques d'hiver de 1988. Une piste a également été construite à Salt Lake City, en Utah, pour les Jeux olympiques de 2002; elle est fonctionnelle depuis 1997. Le skeleton a également été réintroduit pour les Jeux de 2002.

BARBARA SCHRODT

Bobsleigh

Les courses de bobsleigh débutent en 1881. Aujourd'hui, 31 pays prennent part à ces courses. Il s'agit d'un sport très technique et exigeant sur le plan physique. Pour pousser le traîneau d'acier et de fibre de verre (le bob à deux places pèse 210 kg et celui à quatre places, 390 kg, et ce, sans équipage), qui est immobile au départ, requiert une force, une vitesse et une synchronisation exceptionnelles. L'habileté du pilote à négocier les16 virages que contient le parcours de 1500 m tout en empruntant la « voie la plus rapide » peut faire la différence entre gagner et perdre. La vitesse peut atteindre près de 150 km/h et l'équipage est soumis à une force gravitationnelle de 5 G. En 1957, l'Association canadienne de bobsleigh et luge amateur est créée et, en 1959, la première équipe canadienne fait son entrée dans la compétition internationale.

En 1962, une équipe de quatre hommes, dirigée par Lamont Gordon, gagne le championnat de bobsleigh du Commonwealth. En 1957, les frères EMERY, Victor et John, forment la Laurentian Bobsledding Association et, en 1959, ils commencent à participer à des compétitions mondiales. En 1964, avec Douglas Anakin et Peter Kirby, ils ont acquis l'expérience nécessaire pour se mesurer aux meilleurs bobeurs au cours des Jeux olympiques d'Innsbruck, en Autriche. Bien qu'ils aient eu peu d'occasions de s'entraîner, ils réalisent un temps record à leur première course et remportent la médaille d'or.

L'équipe canadienne, toujours dirigée par Vic Emery, conserve son titre aux championnats du monde de 1965. Les bobeurs canadiens, avec à leur tête Greg Haydenluck et Chris Lori, recommencent à participer aux compétitions internationales à la fin des années 1980. Les deux pilotes (aujourd'hui retraités) remportent des courses de la Coupe du monde et se classent de façon constante dans les trois premiers, autant dans les compétitions à deux bobeurs qu'à quatre. En 1998, l'équipe de bobsleigh à deux, formée de Pierre Lueders, d'Edmonton, et de David MacEachern, de Charlottetown, remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques d'hiver de Nagano (Japon) finissant avec le même temps au classement général que l'équipe italienne.

Pierre Lueders réussit à décrocher une place dans l'équipe olympique des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. Il se classe au 5e rang de l'épreuve de bobsleigh à deux et 9e dans l'épreuve à quatre. Les années suivantes, Pierre Lueders continue sur sa lancée et se place parmi les premiers bobeurs au classement mondial. En 2006, aux Jeux olympiques de Turin, Pierre Lueders et Lascelles Brown, bobeur né en Jamaïque, bravent des conditions climatiques difficiles et remportent la médaille d'argent. Pierre Lueders est le bobeur le plus connu du Canada, avec à son actif huit médailles aux Championnats du monde de bobsleigh et 88 médailles en Coupes du monde, sans oublier les médailles d'or et d'argent décrochées aux Jeux olympiques.

Les bobeurs canadiens ont connu leur meilleure saison olympique en 2010, lors des Jeux de Vancouver. Les bobeuses Kaillie Humphries et Heather Moyse, de même que leurs coéquipières Helen Upperton et Shelley-Ann Brown, ont remporté respectivement l'or et l'argent. L'équipe du bob à 4 composée de Lyndon Rush, Chris LeBihan, David Bissett et Lascelles Brown, remporte la médaille de bronze. Pierre Lueders et ses coéquipiers se classent cinquièmes dans les épreuves de bob à deux et à quatre hommes.

BARBARA SCHRODT

Luge

Les compétitions de luge font leur apparition en 1879. Aujourd'hui, 33 pays participent à trois types d'épreuves : luge simple hommes, luge simple femmes et luge double hommes. L'athlète de luge doit rester en position couchée tout en manoeuvrant la luge dans des virages en épingle à cheveux, le long d'un parcours de 1000 m (chez les hommes) ou de 750 m (chez les femmes) et ce, à des vitesses pouvant atteindre près de 135 km/h. Bien que Douglas Conner ait établi un record mondial dans la course Cresta à St Moritz (Suisse), en 1954, ce n'est qu'en 1967 que la première équipe canadienne de luge est formée, lors des premiers championnats canadiens.

En 1968, une équipe de luge participe aux Jeux olympiques et Linda Crutchfield remporte le championnat nord-américain de luge pour femmes. En 1976, le Canada se dote finalement d'installations modernes avec la construction d'une piste de luge de 213 m à Etobicoke (Ontario). En 1977, Carole Keyes et Bjorn Iverson remportent les championnats de luge simple femmes et hommes. En 1978, Larry Arbuthnot gagne le championnat masculin. Miroslav Zajone, né en Tchécoslovaquie, mais courant pour le Canada, remporte le championnat mondial de luge en 1983. C'est la seule médaille remportée en luge par le Canada sur la scène internationale jusqu'à présent. Marie-Claude Doyon termine sixième au classement général de la Coupe du monde en 1986.

BARBARA SCHRODT

Luge sur piste naturelle

Ce sport, également connu sous le nom de « Naturbahn », a récemment gagné en popularité au Canada. Quelque 3000 personnes le pratiquent et il existe huit pistes, y compris des installations de niveau international au Parc Olympique Canada, à Calgary. Les pistes, dont la longueur varie entre 50 et 1000 m, peuvent être aménagées sur toutes les pentes enneigées ou recouvertes de glace. De plus, elles ne comportent aucune courbe. Le participant est étendu sur le dos, les pieds en avant, et il dirige la luge en tirant sur une courroie. Dans les compétitions non officielles, la vitesse est d'au moins 30 km/h et elle peut atteindre 80 km/h.

La luge sur piste naturelle a fait ses débuts au Canada en 1984 et les glisseurs canadiens ont participé à leurs premiers Championnats du monde en 1986. Jusqu'à présent, le meilleur résultat du Canada est une 6e place, remportée par Sonja Dobson en 1998.

Calgary possède l'une des premières pistes combinées de bobsleigh et de luge au monde, elle est ouverte depuis mars 1985.

Le skeleton

La course de skeleton, une forme de luge à une place, est considérée comme le premier sport de glissade au monde. Il est né dans un centre de villégiature suisse, à Saint-Moritz, à la fin des années 1800. La première compétition a eu lieu en 1884, mais ce n'est qu'en 1887 que les coureurs ont commencé à glisser en position couchée, comme aujourd'hui. Ils dévalaient la route, à l'est de Saint-Moritz, jusqu'à Celerina, où le gagnant recevait une bouteille de champagne. La route suit le même tracé que celui de la fameuse piste de luge de Cresta, qui est demeurée un attrait unique des sports d'hiver à Saint-Moritz pendant des décennies. Le sport a été baptisé en 1892, année où a vu le jour un nouveau traîneau, composé principalement de métal et ressemblant à un squelette humain. La Fédération internationale de bobsleigh et de tobogganing (FIBT) a été fondée en 1923 et, trois ans plus tard, le bobsleigh et le skeleton ont été déclarés sports olympiques. Le skeleton pour homme a fait ses débuts olympiques en 1928 à Saint-Moritz. Les frères Jennison et John Heaton des États-Unis ont gagné les médailles d'or et d'argent, respectivement. En 1948, toujours à Saint-Moritz, Nino Bibbia de l'Italie a gagné l'or et John Heaton a répété son premier exploit en remportant l'argent. Après les Jeux de 1948, le skeleton a été retiré du programme olympique.

Aujourd'hui, il existe des compétitions pour les hommes et les femmes. La discipline diffère des autres sports de glisse, puisque l'athlète est couché sur le ventre, sur son traîneau, tête devant, pendant toute la course. Une fois le signal du départ donné, l'athlète a 30 secondes pour commencer sa course. Le seul moyen d'accélération repose sur la poussée de l'athlète au début de la course. L'athlète peut quitter le traîneau afin de le pousser, mais il doit être en position couchée, sur son traîneau, au moment où il traverse la ligne d'arrivée. La compétition olympique de skeleton comprend deux courses mesurées électroniquement, au 100e de seconde près. Les dispositifs de direction ou de freinage sont interdits. Les hommes et les femmes utilisent le même type de traîneau, qui mesure de 80 à 120 cm. de longueur, et de 8 à 20 cm. de hauteur, mais le skeleton pour femme est moins lourd que celui réservé aux hommes (92 kg et 115 kg, respectivement).

L'intérêt des Canadiens pour la course de skeleton a repris de la vigueur en 1986, avec l'ouverture de la piste du parc olympique de Calgary. Les Autrichiens et les Suisses ont dominé le sport jusqu'à la moitié des années 1990, mais leur domination a pris fin avec l'arrivée de Ryan Davenport, de Calgary, et ses traîneaux fabriqués sur mesure. Ryan Davenport est encore le seul à avoir gagné deux fois le championnat mondial (en 1995-1996 et 1996-1997). Il a également décroché le titre de la Coupe du monde en 1996. Le skeleton est de retour en compétition aux Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City en 2002. Au début des années 2000, on a observé l'émergence de plusieurs jeunes athlètes qui ont gravi les échelons jusqu'aux podiums internationaux. Michelle Kelly a gagné la médaille d'argent de la Coupe du monde en 1999 et 2000.

L'épreuve de skeleton pour femme fait son entrée officielle aux Jeux olympiques en 2002 au cours desquels la bobeuse canadienne Mellisa Hollingsworth, médaillée d'argent aux Championnats du monde de 2000, remportera la médaille olympique de bronze. En 2010, aux Jeux olympiques de Vancouver, elle se classe cinquième. Les athlètes masculins du Canada continuent, eux aussi, de dominer les épreuves internationales, tant aux Olympiques qu'aux Championnats. Jeff Pain est le coureur de skeleton le plus décoré du Canada, ayant remporté plusieurs médailles d'or en Coupes du monde de 2000 à 2006 et ayant décroché le titre de champion du monde en 2005. Le coureur Duff GIBSON remporte l'or aux Jeux olympiques de 2006 alors que Jeff Pain partait grand favori. Gibson, 39 ans en 2006, détient le record du médaillé d'or le plus âgé de l'histoire des Jeux olympiques. En 2003-2004, il s'était classé deuxième lors de la Coupe du monde de skeleton, avait remporté le titre de champion du monde en 2004 et s'était classé troisième à la Coupe du monde de 2004-2005. Il a pris sa retraite peu de temps après les Jeux de 2006.

En outre, les bobeurs canadiens se distinguent aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Jon MONTGOMERY remporte la deuxième médaille d'or après avoir terminé ses quatre essais avec une vitesse supérieure à 145 km/h, en un temps combiné de 3:29:73, devançant de peu les 3:29:80 de Martin Dukurs de Lettonie et les 3:30:74 du médaillé de bronze, Alexander Tretyakov, de Russie. Chez les femmes, Mellisa Hollingsworth se classe cinquième.


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