Lutherie

Lutherie. Par tradition, ce mot, utilisé à la fois en français et en anglais, désigne l'art de fabriquer des instruments à cordes frottées : violons, altos, violoncelles et contrebasses ainsi que des archets.

Lutherie

Lutherie. Par tradition, ce mot, utilisé à la fois en français et en anglais, désigne l'art de fabriquer des instruments à cordes frottées : violons, altos, violoncelles et contrebasses ainsi que des archets. Par extension, il comprend aussi la fabrication d'autres instruments de la famille de la viole et des instruments à cordes pincées comme la guitare, le luth, la mandoline. On appelle aussi luthier celui qui se consacre exclusivement à la fabrication, à l'entretien et à la réparation de ces instruments. Cet article traite seulement des instruments de la famille du violon; les articles de l'EMC sur la guitare, les instruments - Moyen Âge, Renaissance et Baroque- et le luth donnent des renseignements sur les principaux fabricants de ces autres instruments à cordes au Canada.

La lutherie est à la fois un art et une science dont les principes et les lois ont été définis au cours des siècles pour culminer avec l'âge d'or de la lutherie au XVIIIe siècle en Italie, principalement à Crémone avec trois noms célèbres : Amati, Guarneri, Stradivari. Outre Crémone, d'autres villes ont par la suite acquis une renommée comme centres de lutherie, notamment Naples, Venise et Milan en Italie, Paris et Mirecourt en France ainsi que Mittenwald en Allemagne. En plus des luthiers professionnels formés par un apprentissage chez des maîtres ou, plus récemment, dans des écoles de lutherie, il s'est toujours trouvé de nombreux autodidactes et amateurs qui ont parfois acquis une étonnante maîtrise de leur art.

Luthiers canadiens

Au Canada, un très grand nombre de luthiers appartiennent à cette dernière catégorie; la plupart demeurent inconnus faute d'un recensement adéquat. À cet égard, il est intéressant de noter que la firme R.S. Williams & Sons de Toronto avait songé dès 1930 à établir un dictionnaire des luthiers canadiens et avait recueilli des renseignements sur plusieurs centaines de luthiers amateurs, quelques-uns remontant jusqu'en 1750 (voir « R.S. Williams & Sons » dans Universal Dictionary of Violin and Bow Makers).

Premiers luthiers à Québec

La présence d'un violon à Québec est documentée dès 1645 alors que quelqu'un, probablement Martin Boutet, en joua lors d'une noce. Une vingtaine de violons et autant de violes ont été relevés dans les inventaires après décès du Régime français. Même si les bois nécessaires à leur fabrication, notamment le sapin, l'épinette et l'érable, se trouvaient en abondance au Canada, une seule trace nous est parvenue de la fabrication sur place d'un tel instrument. En 1705, le marchand bourgeois de Québec, Dominique Bergeron, commanda une basse de viole à Noël Levasseur, sculpteur et ornemaniste. (La Vie musicale, p. 353-356). L'on peut supposer que des amateurs arrivèrent à construire beaucoup des instruments utilisés dans les bals populaires et autres soirées. En 1788, F.-H. Glackemeyer annonçait à Québec qu'il réparait les guitares et vendait des cordes et des chevalets. Vers 1820, Pierre-Olivier Lyonnais apprit à faire des violons du chef de musique Adam Schott et fut le premier d'une succession de luthiers de ce nom, dont le dernier mourut en 1921. L'histoire a retenu peu de noms de luthiers de cette époque. À L'Assomption, près de Montréal, Pierre Martel, grand-père d'Oscar Martel, fabriquait des violons dont deux auraient été présentés à Paris en 1877, lui attirant des éloges (Coup d'œil sur les arts en Nouvelle-France, 1941). Le père d'Oscar était également luthier. Augustin Lavallée et son fils Charles auraient construit quelque 150 violons dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1879, Lavallée père remit en bonne condition un Guarnerius de grande valeur appartenant à Frantz Jehin-Prume, à la suite d'un accident qui l'avait grandement endommagé. Trefflé R. Gervais, né au Québec en 1863, se rendit à Boston en 1877 comme employé de Gould and Sons et signa par la suite de nombreux instruments très appréciés. Gould initia aussi T.-O. Dionne qui ouvrit son propre atelier à Montréal en 1890 où il forma son successeur, Rosario Forget.

Ce sont toutefois les frères Bayeur, Rosario et Albert, qui furent les premiers à attirer l'attention internationale sur la lutherie canadienne quand un de leurs violons, appartenant à Claude Champagne, se classa sixième lors d'un concours de sonorité à Paris en 1921. Camille Couture remporta aussi des médailles de bronze à Wembley, en Angleterre, en 1924 et en 1925. À Montréal, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Adolphe Blanchette fut particulièrement réputé pour ses archets; D.-H. Dansereau, J.-H. Davignon, Ovide Richer et Hormisdas Saint-Cyr étaient aussi productifs. Après 1930, on remarque les noms de Pierre Dalphin, Claude Fougerolle, Jean Gobeil, Cyrice Martin (père du violoniste Lucien Martin), Napoléon Rhéaume, Antoine Robichaud, Edward Rusnack, et la maison Anton Wilfer.

Dernier luthiers à Québec

À Québec, Charles-Lévis Laterreur (Saint-Isidore, Dorchester, près de Québec, 23 mai 1904) a signé quelque 70 violons et 200 guitares. En 1968, il se perfectionna en Europe auprès de maîtres luthiers grâce à une bourse du ministère des Affaires culturelles du Québec (MACQ). D'origine italienne, Sylvio de Lellis vint au Canada en 1964 et résida à Québec de 1971 à 1980; en 1979, le MACQ lui accordait une subvention pour ouvrir une école de lutherie, la première au Canada : l'École de lutherie artistique du Noroît (ÉLAN), fondée à Québec en 1983, est issue de ce projet. Léonard Otis de Chicoutimi fut aussi boursier du MACQ à la fin des années 1970. Maurice Prince de Saint-Boniface, au Manitoba, a fabriqué des violons qui ont suscité des éloges de Menuhin, Szeryng et Francescatti. À Moncton, Joseph LeBlanc fabriqua vers 1920 deux violons pour son fils Arthur LeBlanc, lesquels sont conservés au musée de l'Université de Moncton.

Luthiers en Ontario

À Toronto, la firme R.S. Williams engagea George Heinl en 1912. Ce dernier se fixa ensuite à Ottawa (1920-1926) puis travailla de nouveau à son compte à Toronto où son fils et ses deux petits-fils lui succédèrent. Le Parisien August(e) Delivet signa aussi plusieurs instruments pour le compte de R.S. Williams (1920-1927). Un autre employé de Williams, George Kindness, ouvrit à Toronto son propre atelier en 1921. William Knaggs aurait remporté un prix à une exposition à Paris dès 1900, mais la documentation est introuvable à son sujet. Se sont également distingués James Dyer, employé de Heinl durant un an, et Piet Molenaar qui ouvrit un atelier en 1951. Établi à Toronto en 1975, Otto Erdész est particulièrement renommé pour ses altos; plus tard, il posséda un atelier à Niagara Falls, dans l'État de New York.

Luthiers dans l'Ouest canadien

À Winnipeg, James Croft commença à fabriquer des violons en 1915. Son fils Henry James Croft lui succéda. Un autre luthier du Manitoba, Sid Engen, s'établit à Dauphin en 1919. Ses copies d'instruments de Stradivarius et de Guarnerius remportèrent des prix lors d'expositions aux États-Unis. Né à Owen Sound, en Ontario, en 1879, Peter Murray Bell se fixa à Calgary au début du XXe siècle et ses instruments jouirent d'un certain renom. À Vancouver, « Doc » (Warren Fulton) Porter commença à fabriquer des instruments vers 1920. En 1980, il avait signé plus de 100 violons.

Autres luthiers au Canada

La liste qui suit donne de brefs renseignements sur la carrière de quelques luthiers actifs au Canada.

Louis Bégin, archetier (Montréal, 27 avril 1947), étudia la guitare et la viole de gambe avant de s'intéresser aux archets. Il étudia avec Jean-Yves Matter (Québec), Gilles Duhaut (France), William Salchow (New York) et Rodney Mohr (Lexington). Il s'est spécialisé dans les archets d'époque.

Clayton S. Boudreau, luthier (Rockland, Ontario, 11 avril 1931), est un autodidacte. Il ouvrit un atelier à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, en 1983.

Peter Chandler, confectionneur d'instruments (1er nov. 1968-26 janv. 2007) est un autodidacte. Né en Angleterre, Chandler s'établit à Ilderton en Ontario comme fermier et entreprit une carrière dans la lutherie et la réparation d'instruments à la retraite. Il fabriqua des contrebasses (y compris un modèle pliable), des altos verticaux, des harpes et d'autres instruments.

Hubert Chanon, fabricant de violons et d'archets (Mâcon, France, 6 octobre 1957), étudia la fabrication de violons et d'archets ainsi que la restauration à Lyon et New York. Il ouvrit en 1985 l'Atelier de lutherie à Sherbrooke, au Québec, où il fabriqua des violons et des archets pour les violons, les altos et les violoncelles.

Pierre Charette, fabricant de violons (Sudbury, Ontario, 16 juillet 1956), étudia à la Scuola Internazionale di Liuteria à Crémone, en Italie (1976-1980). Il a aussi étudié la restauration avec divers experts d'Europe et des États-Unis. En 1981, il ouvrit à Montréal un atelier où il a effectué des réparations sur des violons, altos et violoncelles.

Jean-Pierre Demontigny, fabricant de violons (Saint-Louis-de-France, Québec, 3 juin 1948). Autodidacte, il a ouvert un atelier à Trois-Rivières en 1984.

J.C. André Gadoury, luthier (Montréal, 14 décembre 1940), ouvrit un atelier à Ste-Foy, à Québec, en 1983. Neveu de Louis- Raymond Tétreault, de Longueuil, son grand-père était le violoniste et luthier Louis Tétreault de Montréal. Les violons et altos sont parmi ses spécialités. En 1987, il travailla sous la direction de Jean-Jacques Rampal à l'École de lutherie artistique du Noroît.

Mario Gendron, archetier (Amqui, Québec, 11 septembre 1958), étudia avec Antoine Robichaud et Peter Mach. Son atelier était situé à Montréal.

Brian Hoover, fabricant de violons (Victoria, Colombie-Britannique, 1949), joua professionnellement de la contrebasse dans des orchestres et des ensembles de jazz durant 15 ans, avant d'étudier la lutherie. Diplômé de la Chicago School of Violinmaking, il fut l'élève de Gerald Stanick durant quatre ans au Vancouver Violin Shop. En 1991, il ouvrit son propre atelier à Vancouver, où il a fabriqua et fit la réparation de tous les instruments de la famille du violon.

Reid Hudson, archetier (Toronto, 21 septembre 1952), fut l'apprenti de Joseph Kun au milieu des années 1970 et effectua un voyage d'études à Crémone en 1976. Il eut son atelier à Eganville, en Ontario (1977-1980), avant de déménager sur l'île de Vancouver.

Leif Karlsson, luthier (Stockholm, 28 juillet 1943), apprenti de Bengt Lindholm à Stockholm (1959-1967), étudia à Mittenwald, en Allemagne (1967), et travailla avec Arnold Dolmetsch Ltd., dans le Surrey, en Angleterre (1969-1972), chez qui il fabriqua des luths et des violes. Il entra chez Ealing Strings à Londres en 1972 et vint s'établir au Canada en 1974. En 1980, il travailla à l'atelier de Roland Wiklund en Suède. Il ouvrit son propre atelier à Calgary en 1983 et s'est spécialisé dans la fabrication de violons.

Joseph Kun, fabricant de violons et d'archets (Košice, Tchécoslovaquie, 13 avril 1930 - Ottawa, 8 avril 1996), fut apprenti sous Vladimir Pribyl à Košice (1948-1953). Il s'occupa de fabriquer des violons et des archets à temps partiel (1953-1968) tout en enseignant le violon au Conservatoire d'État de Tchécoslovaquie (dont il reçut un diplôme pour le violon en 1956.). Il émigra au Canada en 1968 et ouvrit à Ottawa un atelier. Kun a reçu de nombreux prix internationaux pour ses instruments et ses archets.

Mario Lamarre, luthier (Notre-Dame-des-Laurentides, Québec, 21 février 1956), étudia la sculpture sur bois et hérita de la propriété de l'Atelier-école de lutherie artistique où il enseigna de 1980 à 1986. Il étudia la restauration des violons avec Jean-Jacques Rampal (Paris) et Cristina Bishof, et la technique de réparation des guitares avec Thomas Knatt. Il a fait une étude spécialisée des propriétés acoustiques des bois du Québec. Son atelier était situé à Montréal.

Ivo Loerakker, luthier (Haarlem, Hollande, 6 mai 1951), obtint son diplôme de l'école de lutherie de Mittenwald en 1973. Il vint au Canada en 1974 pour travailler avec Claude Fougerolle à Montréal. Il ouvrit son propre atelier dans cette ville en 1977, puis s'établit à Saint-Barthélemy, au Québec, en 1982. Il a participé à des expositions et concours au Canada et à l'étranger.

Peter Jaroslav Mach, fabricant de violons (Breczce, Tchécoslovaquie, 8 juin 1945), fut d'abord concepteur de plans pour une firme d'ingénierie et étudia la lutherie à temps partiel en Tchécoslovaquie avant de venir au Canada pour travailler avec Joseph Kun (1975-1976). Des bourses du CAC lui permirent de fréquenter la Scuola Internazionale di Liuteria à Crémone (1976-1980). Une fois diplômé, il revint au Canada en 1980 et ouvrit un atelier à Aylmer, au Québec. Il a fabriqué et réparé tous les instruments et les archets de la famille du violon.

Rino Righele, luthier ([Santa Caterina] Schio, Italie, 8 août 1952), reçut d'abord une formation de machiniste et de dessinateur industriel en Italie avant de devenir luthier autodidacte. En 1978, il ouvrit un atelier à Vancouver où il a produit des violons, des altos et des violoncelles ainsi que des archets.

Jules Saint-Michel (Gyula Szentmihaly), luthier (Budapest, 14 juin 1933), étudia d'abord la médecine et vint au Canada après la révolution hongroise de 1956. Il étudia avec Antoine Robichaud et fit l'étude des vernis des anciens instruments italiens. Dans son atelier de Montréal, ouvert en 1972, il fabriqua des instruments modernes de la famille du violon.

Jean-Benoît Stensland et Thérèse Girard ont dirigé ensemble un atelier à Montréal. Stensland, luthier (1er janvier 1960), suivit des cours particuliers de Jules Saint-Michel et d'Antoine Robichaud. Girard, fabricante de violons et d'archets (28 juillet 1958), étudia aussi avec Saint-Michel. Elle étudia la fabrication des archets à Crémone et elle a fabriqué des archets d'époque. Tous deux reçurent leur diplôme de la Scuola Internazionale di Liuteria de Crémone en 1984.

Michael Vann, archetier (Lisse, Hollande, 28 juin 1940), s'établit au Canada en 1953 et étudia à New York avec William Salchow. Il signa un quatuor d'archets offert au Colorado Quartet lorsque celui-ci remporta la Banff International String Quartet Competition en 1983. Il fît quelque temps carrière à Edmonton, mais par la suite, établit son atelier, Vann Bowed Instruments, sur l'île Gabriola, en Colombie-Britannique.

Bernard (Phillip) Walke, archetier (Toronto, 2 août 1952), étudia la biologie à l'Université de Guelph (B.Sc. 1976). Il fut apprenti chez Peter Mach (1980-1981) et ouvrit en 1982 à Toronto un atelier où il réalisa des copies d'archets célèbres postérieurs à ceux de Tourte. En 1984, il se fixa à Ottawa où il entreprit des recherches à titre privé sur les archets historiques pour le violon et la viole de gambe. Son frère, Gregory Walke, un fabricant de violons, vit à Paisley, en Ontario.

Wilder & Davis Luthiers, fabricant de violons et d'archets, ouvrit un atelier à Montréal en 1991. Richard Davis (Seattle, Washington, 15 avril 1954), formé à la Chicago School of Violinmaking (1982-1986), fut apprenti sous Roland Feller à San Francisco pendant cinq ans. Tom Wilder (Toronto, 9 janvier 1958) étudia aussi à l'école de Chicago et fut apprenti chez Hans Weisshaar à Los Angeles. Il travailla dans des ateliers à Paris, à Séoul et à Toronto et se spécialisa dans la restauration.

Voir aussi Violinmakers Association of British Columbia.

Bibliographie

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Lecture supplémentaire

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    Massicotte, É.-Z. 'Violons et luthiers,' Le bulletin de recherches historiques, vol 41, Apr 1935

    Royer, Henri. 'Lutherie à Québec,' R Saint-Grégoire (Mar 1951)

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    Huot, Cécile. Si mon violon m'était conté (Montreal 1988)

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    Picard, Isabelle. "L'école nationale de la lutherie," La Scena Musicale vol 10, 2 Nov 2004

    Taglabue, John. "Etienne Vatelot: taking life by the strings," New York Times, 2 Dec 2005

    My Space - a peak into lutherie workshops around the world.. Interview with Mario Lamarre, The Strad, March 2011

Liens externes