Mario et le magicien

Mario et le magicien. Opéra en trois actes, d'une durée de trois heures, composé par Harry Somers en 1988 à la demande du COC. Les paroles sont de Rod Anderson. C'est le premier opéra que le COC monte en première dans son intégralité depuis 1973.

Mario et le magicien

Mario et le magicien. Opéra en trois actes, d'une durée de trois heures, composé par Harry Somers en 1988 à la demande du COC. Les paroles sont de Rod Anderson. C'est le premier opéra que le COC monte en première dans son intégralité depuis 1973. Sa première mondiale se déroule le 19 mai 1992 à l'Elgin Theatre de Toronto où il est le premier opéra présenté dans toute sa longueur. Six représentations ont lieu jusqu'au 30 mai dans lesquelles le ténor américain David Rampy joue le rôle de Cipolla, le magicien. Theodore Baerg est Stefan, Benoit Boutet, Mario et Marcia Swanston, Martha. L'opéra comprend 36 rôles individuels, incluant des enfants. Certains acteurs jouent donc plus d'un rôle tout en faisant partie du chœur. C'est Richard Bradshaw qui dirige et la mise en scène est de Robert Carsen. Les décors sont de Michael Levine.

Mario et le magicienest une adaptation du roman Mario und der Zauberer, de Thomas Mann, publié en 1929. C'est une légende allégorique dont l'action se déroule à Munich et dans un hôtel du bord de la mer en Italie, à l'époque de Mussolini, et qui est librement inspirée d'un incident dont Mann a été témoin pendant ses vacances. L'opéra s'ouvre sur le narrateur, Stefan - porte-parole de Mann - qui donne en 1929 une conférence à Munich sur la menace du fascisme. Le personnage autoritaire et méprisant de Cipolla symbolise le pouvoir de Mussolini sur le peuple italien, et la manière dont il hypnotise son auditoire pour le convaincre de passer à l'acte amène le spectateur à se questionner sur les règles de conduite convenables et la nature du libre-arbitre. Le serveur, Mario, tue l'hypnotiseur dans l'angoisse des actes embarrassants que celui-ci l'a poussé à commettre sous hypnose. Au sujet de ce personnage sinistre, Somers dit : « Je reconnais un Cipolla en chacun de nous » (FinancialPost).

L'opéra présente des changements fréquents de mesure et des rythmes complexes. La partition présente aussi des notes soutenues, traitées de différentes manières, des motifs récurrents qui sont étroitement associés aux événements qui se déroulent sur scène, des styles musicaux et vocaux contrastants et de l'ironie à la Stravinsky. L'utilisation de l'accordéon rappelle le décor italien. L'opéra est chanté principalement en anglais, avec un peu d'italien.

La SRC enregistre l'opéra pour le rediffuser en octobre 1992. Même si, en 2001, l'opéra n'a toujours pas été remonté en totalité, le New Music Festival de 1997 à Winnipeg en présente une partie de la musique en concert. C'est le dernier opéra de Harry Somers.


Lecture supplémentaire

  • Morey, Carl. "Harry and the magician," Opera Canada, spring 1992

    Everett-Green, Robert. "A magical effort falls short," Globe and Mail, 21 May 1992