Marion Alice Orr

Marion Alice Orr (née Powell), pilote pionnière (Toronto, (Ont), 25 juin 1916(?) - Peterborough, (Ont), 4 avril 1995).

Marion Alice Orr (née Powell), pilote pionnière (Toronto, (Ont), 25 juin 1916(?) - Peterborough, (Ont), 4 avril 1995). Un doute plane sur l'année exacte de sa naissance (1916, 1918 ou 1920?), car elle rend parfois délibérément obscures les données de documents ayant trait au vol par crainte qu'on lui interdise de voler à cause de son âge. Sa passion d'enfant pour les avions et le vol ne l'a jamais quittée.

Marion est la plus jeune de quatre filles. Elle a quatre ans quand son père meurt, et sa mère se débat pour faire vivre sa famille. Marion Orr et sa soeur Marge quittent ensemble la maison à l'adolescence. Elle a l'habitude de faire six milles à pied pour aller observer les avions au terrain d'aviation de Barker. Inspirée par le succès d'Amelia Earhart, elle décide de faire carrière dans ce bastion d'hommes qu'est l'aviation. Tout est prétexte à faire des économies pour arriver à payer ses leçons de pilotage. À Fliers Limited, elle rencontre Violet Milstead, une autre aviatrice canadienne, avec laquelle elle volera pendant plusieurs années.

M.Orr obtient sa licence de pilote privé le 5 janvier 1940, dans un vol d'essai plutôt mouvementé. Durant l'épreuve, son moteur tombe en panne; selon les procédures normalisées, il lui faut alors maintenir une croisière en palier jusqu'à ce que le prochain terrain plat puisse lui servir de piste d'atterrissage. Déterminée à ne pas échouer à son vol d'épreuve sauf en cas d'absolue nécessité, elle fait retourner son avion vers la piste d'atterrissage et atterrit, moteur coupé, à quelques pieds de la cible.

Elle travaille comme inspectrice d'aéronefs à la compagnie De Havilland aviation du Canada et elle est la deuxième femme au Canada à obtenir un diplôme d'assistante au contrôle de la circulation aérienne. Marion Orr obtient sa licence de pilote professionnel en 1942. Entre-temps, elle fait la connaissance de Deke Orr, un instructeur de vol qui devient son mari. Leur mariage sera de courte durée.

La Deuxième Guerre mondiale éclate et Deke entre dans l'Armée de l'air. La guerre soumet l'aviation privée et les petites entreprises d'aviation commerciale à des mesures restrictives, mais Marion réussit à être embauchée comme contrôleuse aérienne dans la tour de la base de Goderich de l'ARC. Elle et son amie Violet Milstead sont acceptées comme pilotes à la Air Transport Auxiliary (ATA), créée par la British Overseas Airways Corporation pour effectuer le transport des avions des usines vers les bases. Elles partent pour l'Angleterre à l'été de 1942. M. Orr pilote son premier vol de l'ATA le 2 juin 1943.

Vers la fin de la guerre, Deke entre de nouveau dans sa vie et ils se réconcilient. Elle est remerciée de l'ATA en 1944 alors que ses accomplissements sont reconnus : elle reçoit le rang de second officier et la reconnaissance de 700 heures de vol. Son mariage échoue une nouvelle fois et elle retourne seule au terrain d'aviation de Barker où elle travaillera comme instructeur de vol pour Aero Activities.

M. Orr a l'occasion d'acheter Aero en 1949; elle fait des économies et emprunte pour maintenir son entreprise à flot. Elle suit aussi un cours de mécanique afin de pouvoir assurer elle-même l'entretien des avions. L'étalement urbain de Toronto vers le nord l'oblige à fermer son entreprise. Elle acquiert un terrain à Maple, encore plus au nord, où elle établit un champ d'aviation et sa propre école de pilotage. Les citoyens de Maple organisent une pétition qui entraîne l'adoption d'un règlement municipal empêchant l'ouverture de l'aéroport. N'ayant pas l'habitude de reculer devant un défi, Marion décide d'obtenir un soutien de haut niveau; elle emprunte une voiture et se rend à Ottawa où elle va directement au bureau du premier ministre Louis St-Laurent. Elle réussit à le rencontrer et à faire révoquer le règlement.

Après tout ce qu'elle a accompli, M. Orr se lasse de fournir tous ces efforts et décide de prendre sa retraite. Elle vend l'entreprise de Maple et rejoint sa soeur en Floride où elle visite parfois l'aéroport local d'Opalaka. En 1961, elle trouve un nouveau défi après avoir parlé à un pilote d'hélicoptère. Elle apprend rapidement à piloter des hélicoptères et, en un temps remarquablement court, elle acquiert une maîtrise suffisante de ce type d'appareil pour obtenir une licence d'instructeur. Un jour, pendant une leçon, alors que l'élève est aux commandes, le moteur tombe en panne et l'appareil s'écrase. Marion Orr s'en tire avec une fracture de la colonne vertébrale.

Après son rétablissement, elle décroche un emploi de commis-comptable à l'aéroport d'Opalaka. Ce travail ne lui convenant pas, elle retourne au Canada, à Buttonville, en Ontario, où elle reprend le poste d'instructeur de vol. Mais le poids des ans commence à se faire sentir, sa mémoire commence à flancher et elle semble souvent distraite. Malgré son intention de continuer à voler jusqu'à l'âge de 90 ans, un jour arrive où sa licence de pilote n'est pas renouvelée. Marion Orr aura alors enregistré 21 000 heures de temps de vol, dont 17 000 comme instructeur. En 1982, elle est intronisée au Temple de la renommée de l'aviation canadienne et, en 1993, elle est reçue membre de l' Ordre du Canada.

Le 4 avril 1995, en route vers Peterborough au volant de sa voiture, et possiblement en état de confusion, elle meurt dans un accident après avoir omis de s'arrêter à une intersection.


Lecture supplémentaire

  • Patrick Watson, The Canadians: Biographies of a Nation, Vol III (2002).

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