Mary Morrison

Mary (Louise) Morrison. Soprano (Winnipeg, 9 novembre 1926). Artist Diploma chant (RCMT) 1948. Elle étudia à Winnipeg avec Doris Mills Lewis (chant, 1942-44) et Mary Bornoff (piano), et à Vancouver avec John Goss (chant, été 1942).

Mary Morrison

Mary (Louise) Morrison. Soprano (Winnipeg, 9 novembre 1926). Artist Diploma chant (RCMT) 1948. Elle étudia à Winnipeg avec Doris Mills Lewis (chant, 1942-44) et Mary Bornoff (piano), et à Vancouver avec John Goss (chant, été 1942). Pendant son adolescence, elle se fit connaître dans sa ville natale par sa participation aux émissions de la SRC « Sweethearts » et « Prairie Schooner » (débuts à la radio en 1944) et à celle de CKY « Music for You »; au Manitoba Music Competition Festival (Winnipeg Music Competition) où, en 1944, elle fut la seule candidate qui eût jamais remporté la même année le Tudor Bowl et le Rose Bowl (les prix les plus importants décernés aux chanteurs des catégories A et B); et dans les productions d'opérettes très applaudies de Gladys Anderson Brown à la Kelvin High School. Ce fut lors d'une de ces productions (pour laquelle elle était venue de Toronto où elle poursuivait des études supérieures au RCMT) qu'elle rencontra un jeune ténor, Jon Vickers, qu'elle réussit à convaincre de venir s'établir dans l'est du pays pour étudier le chant et l'opéra au RCMT. Elle-même y étudia (1945-48) avec Myrtle Rose Guerrero (piano), Ernesto Vinci (chant) et Emmy Heim (interprétation du lied), et eut Greta Kraus et Weldon Kilburn comme répétiteurs en 1948.

Elle s'imposa très tôt à Toronto grâce à des débuts précoces avec orchestre (TSO, 1947), à l'opéra à la radio (SRC, 1948, rôle d'Eurydice dans Orfeo de Gluck) et à la scène (Royal Cons. Opera School en 1949 et Opera Festival en 1950, rôle de Mimi dans La Bohème). Le succès qu'elle remporta dans ces rôles et le prestige que lui valut, en 1951, son accession à l'étape finale des concours « Singing Stars of Tomorrow » et « Nos futures étoiles » à la SRC présageaient une carrière longue et active à Toronto comme artiste à cachet. Avec le CBC Opera, elle chanta Micaëla dans Carmen (1949), Liù dans Turandot (1950), Mimi dans La Bohème (1948, 1951), Lucie dans A Tale of Two Cities (1954) d'Arthur Benjamin, la Comtesse dans Les Noces de Figaro (radio et télévision, 1956) et Fiordiligi dans Così fan tutte (1958). Elle se fit aussi entendre en solo aux émissions « Northern Electric Hour », « Startime », « Sunday Strings », la série « The Stage », et « Showtime » à la SRC. Avec la COC, elle interpréta Marguerite dans Faust (1951), Pamina dans La Flûte enchantée (1952), Marie dans La Fiancée vendue (1952), Fiordiligi dans Così fan tutte (1953), Felice dans School for Fathers de Wolf-Ferrari (1954), la Comtesse dans Les Noces de Figaro (1955, 1960) et Sara Riel dans Louis Riel (1967).

Durant ces mêmes années, elle fut soliste d'innombrables concerts symphoniques et oratorios, notamment au festival Bach présenté par le TSO et le Choeur Mendelssohn de Toronto en 1950 ; à la SRC, aux manifestations marquant les 80e et 85e anniversaires de naissance de Stravinsky (1962 et 1967), sous la direction du compositeur, avec les Festival Singers (dont elle fut membre au début et souvent la soliste); dans l'exécution par le TSO et le Choeur Mendelssohn de Toronto de la Cantata academica et de la Spring Symphony de Britten (1967). À Winnipeg, elle chanta dans le Requiem de Verdi (1951) avec le Choeur philharmonique de Winnipeg et l'Orchestre symphonique de Winnipeg, à New York dans Jeanne d'Arc au bûcher (1968) avec l'Orchestre philharmonique de New York, et à San Francisco dans le Magnificat de Bach (1973).

Cependant, la contribution distincte de Morrison à la vie musicale canadienne a été l'appui qu'elle accorda à la musique du XXe siècle. Avec un aplomb remarquable et une générosité communicative et en y prenant elle-même un plaisir manifeste, elle réussit à faire disparaître les soupçons à son endroit et à révéler des attributs qui ne sont pas toujours immédiatement perceptibles. Les compositeurs ne tardèrent pas à se féliciter de son attitude et à concevoir des oeuvres nouvelles, et confièrent à cette voix pure et souple le soin de les défendre. La liste ci-après mentionne les créations auxquelles elle a participé.

La presque totalité de son activité dans la musique contemporaine a été comme membre du Lyric Arts Trio, avec Robert Aitken et Marion Ross. Elle fit avec cet ensemble des tournées en Amérique du Nord, en Scandinavie, au Japon, en Islande, en France, en Pologne et en Angleterre. Comme soliste ou membre du trio, elle s'est produite fréquemment à Montréal, aux concerts de la SMCQ et à Toronto aux Ten Centuries Concerts et aux NMC, le plus souvent dans des oeuvres canadiennes ou lors de créations canadiennes d'oeuvres américaines ou européennes (Berio, Birtwistle, Cage, Crumb, Peter Maxwell Davies, Globokar, Ligeti, Pousseur, Takemitsu, Xenakis, etc.).

Parmi les moments les plus marquants de sa carrière, elle cite un concert de la LCComp en 1953 (oeuvres de Papineau-Couture et de Morawetz), la création de l'opéra TheFool de Somers (1956), la création aux Ten Centuries Concerts de Geography of Eros de Schafer (1964), le concert canadien au Sigmund Samuels Canadiana Building du Royal Ontario Museum (1968), et les concerts qu'elle donna comme membre du Lyric Arts Trio à l'Expo 70 à Osaka, au festival de la SIMC à Reykjavik et au Musée d'art moderne de Paris (tous deux en 1973), à l'Automne de Varsovie (1978), à Soundstage Canada 81 à la biennale de Zagreb et Pierrot Lunaire à l'Université de Toronto (tous deux en 1981). Elle donna son dernier spectacle en public à l'Université de Toronto en 1985. Elle épousa le compositeur Harry Freedman en 1951, et prêta sa voix à l'exécution des musiques qu'il écrivit pour les films The 700 Million, The Roots of Madness et The Pyx, ainsi que pour les ballets The Shining People of Leonard Cohen et Roméo et Juliette.

Elle a été membre de la Commission consultative des arts du CAC (1972-75 et 1982-85) et artiste en résidence à l'Université Simon Fraser (1976). Elle enseigna l'art vocal à l'Université de Western Ontario (1976-84) et à l'Université McMaster (1976-79); en 1979, elle commença à donner un cours de cinq semaines à l'académie de chant de l'ÉBA Banff (CA Banff) et continuait d'y enseigner en 1990. En 1979 également, elle commença à enseigner à la faculté de musique de l'Université de Toronto. De 1987 à 1989, elle a enseigné de façon occasionnelle à l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal. Elle est constamment sollicitée comme juge de concours et de festivals et comme examinatrice. Elle a fait partie de nombreux jurys dont ceux du NMC, de la Sir Ernest MacMillan Memorial Foundation, du Toronto Arts Council et des Toronto Arts Awards. Elle a reçu la Canada Music Citation de la Ligue canadienne des compositeurs en 1968, a été nommée officier de l'Ordre du canada en 1983 et a reçu une médaille de service de la ville de Toronto en 1985. En reconnaissance de son extraordinaire contribution à la nouvelle scène musicale du Canada, Mary Morrison a été nommée ambassadrice du Centre de musique canadienne en 2009.

Sa sœur, la soprano Kathleen Morrison Brown (née le 5 septembre 1928 à Winnipeg, au Manitoba; décédée le 31 mars 2014 à Winnipeg), a poursuit à Winnipeg une carrière de soliste à l'oratorio, à l'opérette et au concert. Elle a aussi chanté fréquemment sur les ondes de la SRC.

CRÉATIONS D'OEUVRES CANADIENNES

Anhalt, LaTourangelle, 1975

Applebaum, Algoma Central, 1976

Barnes, Nocturne pour flûte et voix, 1963

Beckwith, The Trumpets of Summer, 1964; Canada Dash - Canada Dot, 1967

Beecroft, From Dreams of Brass, 1966; Rasas III, 1974

Buczynski, How Some Things Look, 1967

William Buxton Tribsanden, 1972

Gordon Callon, Three Songs, 1975

Cherney, Mobile IV, 1972

Davies, Musical Circus, 1981

Dolin, Drakkar, 1973; The Golden Section, 1981

Fisher, Behind the Ranges, 1976

Freedman, Two Vocalises, 1954; Toccate, 1968; Fragments of Alice, 1976

David Grimes, Sotto Voce, 1975

Heard, Three Comings, 1971

Naylor, On Mrs. Arabella Hunt Singing, 1971

Ridout, The Ascension, 1962; In Memoriam Anne Frank, 1965

Schafer, Five Studies on Texts by Prudentius, 1963; Geography of Eros, 1964; The Enchantress, 1972; Arcana, 1974; La Testa d'Adriane, 1978.

Somers, The Fool, 1956; 12 Miniatures, 1964; Louis Riel, 1967; Kuyas, 1967

Donald Steven, The Transient, 1975

Symonds, Autumn Nocturne, 1960; Opera for Six Voices, 1961

Wilson, Angels of the Earth, 1967

Morrison a aussi participé à des créations d'oeuvres de Garant, Mather, Pannell et Tremblay.

Discograph

Beecroft From Dreams of Brass : Morse narr, OS et Ch de la SRC à Tor, Avison c orch; (1967); RCI 214, RCA CCS-1008 et 4-ACM 13.

Garant Anerca : Ens de chamb des Ten Centuries Concerts, Cable c orch; Mather Orphée : Mather p, Wakefield perc; Somers Twelve Miniatures : Fiore fl, Buczynski épinette, Whitton vc; (1967); RCI 217 et RCA CCS-1011, (Garant) 4-ACM 2, (Somers) 10-ACM 7.

Schafer Arcana : ens des NMC, Hodkinson c orch; (1977); RCI 434 et 5-ACM 3.

- La Testa d'Adriane : Macerollo acc; 1978; Mel SMLP-4034.

Voir aussi LaTourangelle et DISCOGRAPHIES de Choeur Mendelssohn de Toronto,Festival Singers, Lyric Arts Trio et SMCQ.


Lecture supplémentaire

  • 'Canada Music Citation 1968,' Mcan, 17, Mar 1969

    Morey, Carl. 'An interview with Mary Morrison,' PfAC, Fall 1972

    Pitman, Walter. Music Makers: The Lives of Harry Freedman and Mary Morrison (Toronto 2006)