Maurice Séguin

Séguin, Maurice, historien (Horse Creek, Sask., 7 déc. 1918-Lorraine, Qc, 28 août 1984). Théoricien du néonationalisme et maître à penser de l'École d'interprétation historique de l'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL, Maurice Séguin débute son enseignement à l'Institut d'histoire de l'U. de Montréal en 1948, c.

Séguin, Maurice

Séguin, Maurice, historien (Horse Creek, Sask., 7 déc. 1918-Lorraine, Qc, 28 août 1984). Théoricien du néonationalisme et maître à penser de l'École d'interprétation historique de l'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL, Maurice Séguin débute son enseignement à l'Institut d'histoire de l'U. de Montréal en 1948, c.-à-d. moins d'un an après la soutenance de sa thèse doctorale La « nation canadienne » et l'agriculture (1760-185). Pendant plus d'une décennie, il y est le seul responsable de l'enseignement de l'histoire du Canada sous régime britannique, alors que le premier directeur de l'Institut, Guy Frégault, se réserve le champ historique de la Nouvelle-France. En 1959, au départ de ce dernier, Séguin hérite de la chaire Lionel-Groulx dont il demeure l'unique titulaire jusqu'au terme de sa carrière universitaire, couronnée par le titre de professeur émérite.

Grâce à la formalisation de son « système de normes », Maurice Séguin contribua de façon significative au renouvellement de l'historiographie en se démarquant radicalement de la tradition historiographique représentée par Lionel Groulx dont l'enseignement était voué à la glorification de « Notre maître le passé ». Le théoricien du néonationalisme opta résolument pour des valeurs nationales conformes aux besoins et aux réalités de la société québécoise de l'après-guerre, qui annonçaient les grands enjeux de la Révolution tranquille.

Son « système de normes » repose sur un modèle « organiciste » de la nation. Voyant le nationalisme comme un phénomène « constant », lié à la nature même de la vie organisée en société, Maurice Séguin en déduit que toute collectivité nationale se doit de rechercher, d'affirmer et de défendre « la maîtrise de sa vie politique, économique et culturelle », qui doit prendre la forme d'un État national indépendant sans lequel la collectivité nationale risque de subir une oppression permanente. Dans cette perspective néonationaliste, il considère que la Conquête de 1760 a mis en « concurrence vitale », sur un même territoire géographique, 2 collectivités nationales distinctes dont l'une, britannique et conquérante, était destinée à assurer sa domination et l'autre, canadienne-française et conquise, condamnée à survivre.