Molinari, Guido



Mutation sérielle verte-rouge
Acrylique sur toile réalisée par Guido Molinari, en 1966, 205,7 cm x 248,9 cm (avec la permission du Musée des beaux-arts de l'Ontario/T-185).

Molinari, Guido

 Guido Molinari, peintre, dessinateur, sculpteur et poète. (Montréal, 12 oct. 1933 - 21 fév. 2004). Il a suivi quelques cours à l'École des beaux-arts de Montréal en 1948 et 1951 et, cette même année, à l'école du Musée des beaux-arts de Montréal. Mais il doit le gros de sa formation à ses lectures (Mondrian, Kandinsky, ainsi que des théoriciens de la Gestalt comme Kohler et Wolfang et des philosophes comme Bachelard, Lupasco, Korzynski) et à ses voyages, en particulier à New York (tous les ans à partir de 1955). En 1954, le restaurant l'Échourie le charge de l'animation artistique et il en fait un lieu d'exposition et de rencontre de l'avant-garde (Robert Blair, Ulysse COMTOIS, Claude TOUSIGNANT). Le 28 mai 1955, Molinari ouvre la galerie L'Actuelle avec l'aide financière de Fernande Saint-Martin avec laquelle il est lié depuis 1953 et qu'il épousera cinq ans plus tard. Même si la galerie ne réussit pas à vivre plus de deux ans, Molinari lui conserve sa vocation de lieu d'exposition de la peinture non figurative, ce qui était une première dans le monde de l'art contemporain canadien. Il favorise même des échanges avec la galerie Parma de New York, donnant la possibilité aux artistes du Québec d'exposer à New York et à des artistes américains d'exposer à Montréal. Il participe à la fondation de l'Association des artistes non-figuratifs de Montréal, le 13 février 1956, dont il est le premier trésorier. Durant cette première période, il radicalise de plus en plus son art et dépasse sur leur gauche les premiers PLASTICIENS. En 1956, il expose, à L'Actuelle, une série de tableaux en noir et blanc qui consistent en des surfaces hard edge équilibrées (comme Angle noir, 1956). Molinari réussit à maintenir durant toute sa carrière une production picturale de qualité ainsi qu'une réflexion critique exprimée dans des essais, des lettres ouvertes aux journaux, voire des télégrammes! Dans ses premiers textes, il marquait clairement ce qui le distinguait de l'AUTOMATISME. Il dénonçait l'attachement de ce mouvement à la structure du paysage comme formule de composition et à une couleur atmosphérique. Il se faisait, au contraire, le défenseur d'un espace bidimensionnel, de la couleur-énergie, et, finalement, à partir des années 60, de la notion de série. Il a parfois pratiqué la sculpture comme p. ex., Hommage à Samuel Beckett, 1967, installé dans le Parc de la Place de la Confédération à Ottawa. Ses dessins et sa poésie reflètent une dimension moins contrôlée de sa personnalité. Molinari a aussi réussi à poursuivre une carrière d'enseignant à l'école du Musée des beaux-arts de Montréal (1963), mais surtout à l'Université Concordia (de 1970 à 1997) où il a laissé le souvenir d'un enseignant remarquable. En 1980, il obtient le prix Borduas et, en 1995, le Musée d'art contemporain de Montréal lui consacre une grande rétrospective, rendant hommage à son engagement indéfectible pour la peinture abstraite et à sa présence stimulante dans le milieu artistique canadien.

Lecture supplémentaire

  • D. Burnett, Quantificateur (1979); P. Théberge, Guido Molinari, (1976).