Musique à Moncton

Moncton. Ville du Nouveau-Brunswick connue à l'origine sous le nom de Le Coude et colonisée d'abord en 1750 par les Acadiens. Ces derniers furent déportés en 1758, mais revinrent en nombre suffisant pour constituer un élément important de la localité de Moncton.

Moncton

Moncton. Ville du Nouveau-Brunswick connue à l'origine sous le nom de Le Coude et colonisée d'abord en 1750 par les Acadiens. Ces derniers furent déportés en 1758, mais revinrent en nombre suffisant pour constituer un élément important de la localité de Moncton. Des gens du Yorkshire, des Loyalistes, des Écossais des Highlands, des Irlandais et des Hollandais de la Pennsylvanie furent aussi parmi les premiers colons. L'établissement fut connu sous le nom de Le Coude (The Bend) jusqu'en 1855, année où il obtint son statut de ville, et fut alors rebaptisé « Monckton ». L'orthographe « Moncton » fut adoptée en 1860. Moncton devint une cité en 1890, alors que sa population s'élevait à 8700 âmes. En 1990, en excluant les populations de Dieppe et de Riverview, elle comptait près de 59 000 habitants dont environ deux tiers d'anglophones et un tiers de francophones.

On sait peu de choses sur les premiers cent ans de la vie musicale de Moncton. Vers la fin de cette période, les fidèles de l'église méthodiste, ouverte en 1848, chantaient leurs hymnes avec accompagnement de violon, flûte et basse de viole. Hors de l'église, les groupes d'interprétation ne semblent s'être constitués que plusieurs années plus tard. Ce fut après 1875, par exemple, que Moses White dirigea la Moncton Citizens' Concert Band. Opérettes, vaudevilles, pièces de théâtre et conférences furent présentés de temps à autre à l'Opera House, auditorium situé à l'étage du Town Hall complété en 1885. Une réclame des frères Miller (1889), propriétaires d'un magasin de musique à l'angle des rues Church et Main indique que la musique commençait à se développer : « Pianos et orgues des facteurs les plus réputés, violons, guitares, piccolos, instruments d'harmonie, accordéons, musique imprimée, revues musicales, ouvrages pédagogiques, en fait, tout ce qui est utile à la profession musicale peut être obtenu grâce à notre firme. »

En 1895, John Philip Sousa et son harmonie donnèrent un concert en matinée au Victoria Rink. La visite de Sousa souleva un grand enthousiasme pour la musique d'harmonie. Quand le gouverneur général lord Aberdeen vint à Moncton en 1897, il fut accueilli par trois harmonies - la Citizens', l'Orange (Loyal Protestant après 1907) et la musique du 74e bataillon. Après la Première Guerre mondiale, Ferdinand Malenfant remit sur pied la musique du 165e bataillon (acadien) pour former l'harmonie de L'Assomption, ensemble qui était encore actif dans les années 1950. Fred Cosman et Arthur Burbank mirent sur pied une Odd Fellows Band, une des nombreuses formations civiques du genre. La musique de Sousa, à nouveau de passage à Moncton en 1926, donna deux concerts à guichets fermés au Sunny Brae Rink. Durant les années 1930, une harmonie de l'Armée du salut fut active sous la direction d'Arthur Deadman.

Les instrumentistes à cordes furent cependant peu nombreux, ce qui retarda la formation d'orchestres. L'OSM de Goulet accompagna le Festival Chorus constitué et préparé par George H. Brown pour le Cycle des festivals de musique de 1903. Durant les années 1920, de petits orchestres accompagnèrent les films muets. Parmi les instrumentistes figuraient Maude et Arthur Burbank, deux artistes amér. de vaudeville qui s'établirent à Moncton en 1920. Lorsque l'avènement des films sonores entraîna la disparition des ensembles d'accompagnement, les Burbank et d'autres musiciens s'occupèrent alors d'harmonies, d'orchestres d'amateurs (notamment le Saint Bernard's Orchestra, dirigé par Mme Burbank) et de la formation de jeunes musiciens. En 1932, avec l'appui du Women's Musical Club, un OS de Moncton fut fondé sous la direction de Percy Belyea, chef du dépt de musique du magasin T. Eaton. Lorsque l'orchestre fut dissous pour des raisons financières, quelques-uns de ses musiciens formèrent un orchestre à l'église unie Central, dirigé par Len Barnes et plus tard par Ernest W. Freeborn. La musique d'orchestre connut une nouvelle impulsion dans les années 1960 avec la formation de l'Orchestre symphonique du Nouveau-Brunswick et la venue de l'Orchestre des jeunes du Nouveau-Brunswick et de l'Orchestre symphonique de l'Atlantique à l'auditorium de la High School de Moncton.

Jusque dans les années 1930, l'activité musicale locale était assurée par le T. Eaton Co. Glee Club, le Moncton Massed Choir, des groupes locaux se consacrant aux opérettes de Gilbert et Sullivan et des artistes se produisant aux concerts du dimanche soir au théâtre Capitol. De 1930 à 1950, le Women's Musical Club présenta des récitals et des causeries donnés par des artistes venus de l'extérieur et, en 1934, il organisa les Community Concerts de Moncton.

En 1949, la section de Moncton du CRCO présenta le premier festival annuel de chants de Noël avec la participation de choeurs d'église locaux. L'o. m. c. Elsie Steeves joua un rôle important dans ce domaine, comme dans plusieurs autres événements musicaux de la ville.

La vitalité du chant choral dans la communauté acadienne est due en partie à Léandre Brault, qui dirigea la Chorale de l'Université Saint-Joseph (Chorale de l'Université de Moncton) et dont les successeurs furent Roland Soucie puis Neil J. Michaud. Ce dernier succéda à Brault au milieu des années 1950 comme dir. du chant choral à l'Université Saint-Joseph (plus tard Université de Moncton) et dirigea les Chanteurs du Mascaret, ainsi que la Chorale mixte de l'Université de Moncton.

Durant les années 1950, la Chorale Notre-Dame d'Acadie, dirigée par soeur Marie-Lucienne, gagna les trophées de la ville de Lincoln et George S. Mathieson décernés par la FCMF. Parmi les autres groupes actifs dans les années 1960 et 1970 figurent la Chorale Beauséjour (qui revit le jour en 1991), l'ancêtre des Jeunes chanteurs d'Acadie; la Chorale Alouette; la Chorale La Mi (qui n'existait plus en 1990); la Chorale Champlain (un groupe d'élèves du secondaire); et Les Alinos. Tous ces ensembles étaient membres de l'Alliance chorale du Nouveau-Brunswick (devenue À Coeur Joie Nouveau-Brunswick au début des années 1980) que dirigeait Aline O'Brien et dont le siège était au Centre culturel de Moncton. Ce centre fut le foyer de l'activité musicale de la région de 1974 à 1983, lorsque les événements culturels passèrent sous l'égide de la Société culturelle régionale de Dieppe-Moncton.

La ville et la région possèdent un riche folklore et le père Arthur Anselme (Anselme Chiasson) a recueilli des chansons acadiennes. Une autre collectrice, Charlotte Cormier, devint ethnomusicologue à l'Université de Moncton où fut fondé le Centre d'études acadiennes en 1968.

L'école Aberdeen, ouverte en 1898, eut son orchestre. Cependant, le premier prof. de musique à travailler régulièrement dans le secteur public au Nouveau-Brunswick fut Mary McCarthy, à l'emploi du conseil scolaire de Moncton de 1905 à 1915. Parmi les professeurs de musique privés de la ville après la Deuxième Guerre mondiale figure Maude Burbank, déjà mentionnée (Island Pond, Vt, 1881 - Moncton, 1967), qui forma plusieurs harmonies avec ses élèves. En 1970, la ville mit sur pied le Maritime Band Festival, un festival d'harmonies annuel, d'abord nommé en son honneur. La longue et importante contribution à la musique de Burbank fut reconnue en 1958 par l'Université Saint-Joseph qui lui conféra un doctorat h.c.

Également récipiendaire d'un diplôme h.c. (Université Mount Allison, 1954), Alice May Harrison (1878-1980) supervisa la musique dans les écoles de Moncton de 1924 à 1946. En 1926, elle présenta une émission de radio à Moncton dans laquelle 600 enfants des écoles locales chantaient en anglais et en français. Elle enseigna également jusqu'en 1936 à la Moncton High School où elle fonda un choeur, collabora avec le Women's Musical Club à l'organisation du Junior Piano Festival (1935-37) et du Moncton Music Festival (qui débuta en 1937) et, en 1950, fut cofondatrice de la New Brunswick Music Teachers' Assn (plus tard NBRMTA). George Ross (Écosse, 9 avril 1875 - États-Unis, 1er octobre 1967), son successeur à la Moncton High School (1936-48), forma un orchestre à l'école et fut o. m. c. à l'église unie Saint John's. Robert C. Bayley succéda à Harrison comme superviseur de la musique à l'école jusqu'en 1963. Le successeur de Ross à la Moncton High School, Ernest W. Freeborn, occupa ce poste de 1946 à 1971. Bannon O'Hearn, un professeur, dirigea les étudiants dans de populaires comédies musicales locales à la Harrison Trimble High School, de 1962 à 1985.

À partir de 1987, Moncton a accueilli un festival d'été, Jazz New Brunswick. Encore Moncton, grand événement de spectacles tenu du 3 au 5 mai 1990 pour célébrer le centenaire de la ville, présenta Roch Voisine, Edith Butler, des animateurs de la télévision locale, des groupes communautaires, des danseurs, des gymnastes et des enfants des écoles locales.

Robert C. Bayley, Félix-R. Bertrand, Jamie Colpitts, Charlotte Cormier, Mme Walter Coulthard, June Eikhard, soeur Lorette Gallant, Boogie (Paul) Gaudet, Arthur LeBlanc, Anna Malenfant, Margaret Osburne (voir Don Messer and His Islanders), Gloria Richard et Nancy et Wayne Vogan sont au nombre des musiciens nés à Moncton ou dans les environs.

Voir aussi Harmonies.


Lecture supplémentaire

  • Robinson, Cyril, and Jaques, Louis. 'Maude makes music wherever she goes,' Weekend Magazine, 28 Nov 1959

    Elliott, Carleton. 'Music in New Brunswick,' The Arts in New Brunswick (Fredericton 1967)

    Ayling, Vera. 'Moncton haven for music-makers,' Atlantic Advocate, vol 64, May 1974

    Vogan, Nancy F. 'Pioneer music educator celebrates hundredth birthday,' CME, vol 20, Winter 1979

    Perry Charles. 'Bannon O'Hearn steps down: musicals won't be the same at Harrison Trimble,' Times-Transcript, 29 Jun 1985

    Dwyer, Erin. 'Encore Moncton... today toujours,' Times Transcript, 28 Apr 1990

    Moncton Museum Archives. T.H. O'Brien papers