Morris Panych

Panych attire d'abord l'attention du public avec sa pièce pour deux acteurs, Last Call: A Post-Nuclear Cabaret (1982), qu'il signe et dans laquelle il joue. L'adaptation de cette pièce pour la télévision, présentée au réseau anglais de Radio-Canada (SRC), fait connaître Panych dans tout le pays.
Panych attire d'abord l'attention du public avec sa pièce pour deux acteurs, Last Call: A Post-Nuclear Cabaret (1982), qu'il signe et dans laquelle il joue. L'adaptation de cette pièce pour la télévision, présentée au réseau anglais de Radio-Canada (SRC), fait connaître Panych dans tout le pays.


Panych, Morris
Morris Panych, comédien, metteur en sc\u00e8ne et dramaturge (avec la permission de l'Arts Club Theatre Company).

Morris Panych

Morris Panych, dramaturge, metteur en scène, comédien (Calgary, Alberta, 30 juin 1952). Récompensé à deux reprises par le PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL pour le théâtre (en 1994 et 2004 pour Girl in the Goldfish Bowl), Morris Panych est considéré comme une des principales personnalités du théâtre canadien. Il représente une véritable « force d'entraînement » pour les communautés théâtrales de Vancouver et de Toronto.

Panych attire d'abord l'attention du public avec sa pièce pour deux acteurs, Last Call: A Post-Nuclear Cabaret (1982), qu'il signe et dans laquelle il joue. L'adaptation de cette pièce pour la télévision, présentée au réseau anglais de Radio-Canada (SRC), fait connaître Panych dans tout le pays. Puis, il atteint une notoriété internationale; sa pièce Vigil (1995, renommée Auntie & Me; v.f. Tantine et moi) est présentée dans le West End de Londres en 2003 et à Paris en 2004, de même qu'aux États-Unis et dans plus d'une trentaine de villes canadiennes. Considérée par beaucoup comme sa première pièce marquante et une de ses plus réussies, 7 Stories (1989) est jouée au Japon en 2003. Après avoir été remontée en 2001 au Vancouver Playhouse, The Overcoat (1997) est présentée en tournée au Canada puis aux États-Unis. Elle est aussi adaptée pour la vidéo par Principia Productions (2001, dans une mise en scène de Panych) et diffusée par la SRC. Ses pièces continuent d'être produites à l'étranger.

Les pièces de Panych constituent un univers où l'humour noir côtoie les allusions absurdes. Même si une de ses premières pièces, The Story of a Sinking Man (1993), semble imiter de façon un peu trop évidente la « manière » de Samuel Beckett (un homme s'enfonce lentement dans le plancher de la scène tout en méditant sur la vie et ses propres psychoses), la plupart de ses textes portent un regard merveilleusement rafraîchissant et original sur un monde de questionnements existentiels et névrosés, et son style ainsi que ses thèmes évoluent vers une maturité intéressante au fil du temps. What Lies Before Us (2006) revisite clairement la pièce existentialiste fondamentale En attendant Godot. Elle place deux pionniers perdus dans les Rocheuses canadiennes et intègre différents rôles secondaires dans le personnage du serviteur chinois, Wing, qui est incapable de comprendre la bisbille continuelle entre ses employeurs. Par inadvertance, il est la cause du dilemme qui isole les trois hommes. C'est lui qui a le mot de la fin dans lequel se côtoient les thèmes de l'absurdité de la vie, du hasard et de l'insignifiance de la langue, le tout nappé d'une critique postcoloniale hilarante, mais dérangeante.

D'après certains critiques, Panych a tendance à remplacer la profondeur de ses personnages par un style laconique, ce qui lui épargne la nécessité de « s'engager ». Plus tard, des pièces telles que Girl in the Goldfish Bowl, tout en étant aussi drôles que ses précédents textes au rythme endiablé, témoignent d'une plus grande maîtrise dans l'élaboration de ses personnages et de l'approfondissement de ses sujets au-delà des bizarreries apparentes. Dans une entrevue qu'il accorde à la SRC en 2004, il mentionne que ce qui le fascine, c'est plus la bataille que livrent chaque jour les gens ordinaires contre les menus désagréments insolites de la vie plutôt que les grandes questions sociales ou politiques de l'heure. Par exemple, dans le monologue Earshot (2001), un homme frôle la folie à cause du bruit du voisinage qui s'infiltre dans sa petite chambre.

Même si Panych s'intéresse aux choses anodines et quotidiennes, cela ne l'empêche pas d'explorer à plusieurs reprises le grand thème de la mort. Dans Vigil, un homme rend visite à sa tante qui semble à l'agonie (la fin de la pièce réservant toutefois une surprise). Dans 7 Stories, un personnage chaplinesque, qui observe la vie urbaine désopilante et superficielle des locataires de son immeuble, veut se jeter du toit de l'édifice. Il évite la mort physique en fuyant vers un univers métathéâtral, dans un mouvement vers l'art lui-même, où il prétend « oublier sa propre histoire ».

Une fin similaire mais moins positive scelle le destin d'un autre personnage sans nom dans The Overcoat, une réinterprétation de deux nouvelles écrites par le dramaturge russe Nikolaï Gogol qui lui vaudra un immense succès. Conçu en collaboration avec Wendy Gorling, ce spectacle muet défie tous les genres, se distinguant nettement de la danse, du théâtre de mouvement, du mime ou du drame, tout en les englobant. À l'aide d'allusions typiquement cinématographiques et de la musique de Chostakovitch, cette pièce conclut une série de spectacles muets montés à la très renommée école de théâtre de Vancouver, le Studio 58. Ces spectacles sont à la fois du théâtre et de la performance à l'état pur. Ils permettent au spectateur d'en reconnaître - ou non - les sources, de comprendre l'histoire toute simple que fait Gogol du désir, sans espoir, que son personnage soit aimé par une société totalitaire qui le rejette - ou d'« écrire » une autre intrigue à partir de l'action visuelle. La pièce semble se dérouler dans une ville d'Europe de l'Est qui n'est jamais nommée, comme c'est le cas du spectacle de mouvement préféré de Panych, The Company, 1995. Les lieux où se déroulent les pièces de Panych sont en général indéfinis, se trouvant quelque part au bout du monde (d'après le titre de la pièce qui lui vaut le premier prix qu'il reçoit du Gouverneur général en 1994, The Ends of the Earth). En fait, elles se situent dans un monde psychologique et toujours extrêmement théâtral qui doit beaucoup aux décors époustouflants de Ken MacDonald.

Panych explore aussi le thème des familles, mais par le biais d'évaluations inattendues, toujours drôles et habituellement sombres de leur effet sur les enfants, les frères et sœurs et les parents. C'est l'objet de ses pièces pour enfants Cost of Living (1990), 2B WUT UR (1992) et Life Science (1993), comme aussi de Vigil, bien sûr. Ses nouvelles œuvres, Gordon (Montréal, 2010) et The Trespassers (Stratford, 2009; Vancouver, 2011) explorent plus à fond les relations familiales. Gordon nous rappelle Last Call par sa représentation de l'abandon urbain et de l'amoralité, mais elle met l'accent sur l'héritage familial, car un criminel évadé, Gordon, y vole son lamentable père « Old Gord ». Dans Trespassers, un garçon qui arrive à la maturité se trouve confronté aux valeurs très différentes de son grand-père anarchiste et de sa mère reconvertie, tous deux résolus à le façonner.

Depuis 2000, Panych travaille beaucoup à la mise en scène : opéra, théâtre contemporain et d'époque, aussi bien que ses propres pièces. Il joue également à la télévision (notamment dans The X-Files) et continue de consacrer du temps à l'écriture, l'activité qui l'intéresse le plus. En fait, son objectif déclaré est encore d'écrire sa meilleure pièce. Son intérêt pour le théâtre et les contextes européens le mène à faire des adaptations de Gogol, de Feydeau, de Desvallières et de Schnitzler, publiées dans un recueil de 2009 intitulé Still Laughing. Doué, déterminé et très autocritique, Panych poursuit une carrière prolifique dans le théâtre canadien. Il a déjà reçu douze JESSIE AWARDS à Vancouver, un DORA AWARD à Toronto et le prix CHALMERS.