Mouvement pentecôtiste

Le mouvement pentecôtiste repose sur une foi charismatique caractérisée par l'expression du Saint-Esprit par l'intermédiaire de ses membres.

Aimee Semple McPherson
Les techniques th\u00e9\u00e2trales utilis\u00e9es en chaire par A. S. McPherson l'ont rendue la revivaliste la plus m\u00e9diatis\u00e9e dans le monde (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-52134).

Mouvement pentecôtiste

 Le mouvement pentecôtiste au Canada suit le même parcours que d'autres mouvements religieux, c'est-à-dire une période de croissance initiale rapide, une tendance nette vers un mode d'organisation particulier, une évolution lente vers un plafonnement suivie d'une fragmentation du mouvement en diverses organisations et tendances religieuses.

Le mouvement pentecôtiste repose sur une foi charismatique caractérisée par l'expression du Saint-Esprit par l'intermédiaire de ses membres. Au Canada, le mouvement est lancé par des chrétiens évangélistes (voir MOUVEMENTS ÉVANGÉLIQUES ET FONDAMENTALISTES ) qui croient que le monde est prêt à un renouveau spirituel et organisent des assemblées de prière dans ce but. Bon nombre des premiers pentecôtistes viennent des ÉGLISES DE LA SANCTIFICATION et soutiennent que les fidèles doivent être sanctifiés par le Saint-Esprit après avoir été sauvés. Quand ils apprennent qu'un renouveau débute sous la direction de W.J. Seymour à Los Angeles, quelques évangélistes canadiens s'y rendent pour y participer. Le premier rapport, le 9 avril 1906, fait état des signes de renouveau, surtout du premier signe, qui consiste à parler d'autres langues lorsque le croyant est rempli du Saint-Esprit.

« Parler en langues »

Parler en langues, phénomène qui consiste à émettre des sons que certains considèrent comme une langue sacrée, se produit souvent pendant une cérémonie ou un service religieux. C'est considéré comme un don du Saint-Esprit. Les croyants pratiquent aussi le baptême des adultes. Cette immersion dans l'eau est administrée aux fidèles qui ont accepté la foi et ont établi un lien personnel avec Dieu (Voir BAPTISTES.)

Ce message du « baptême du Saint-Esprit » est d'abord accueilli à la mission Hebden, rue Queen, à Toronto. Peu après, des ANGLICANS, des MENNONITES, des catholiques romains et des MÉTHODISTES se joignent aux confessions évangéliques et aux Églises de la sanctification en affirmant qu'eux aussi, comme les apôtres du Christ le jour de la première Pentecôte des chrétiens (Actes 2), ont parlé en des langues qu'ils n'avaient jamais apprises, ce qui est la preuve d'une « deuxième bénédiction ». Par la suite, il est admis que le fait de « parler en langues » est le signe par excellence du baptême du Saint-Esprit.

L'hostilité de leurs Églises respectives et le besoin de partager leurs expériences amènent ceux qui adhèrent au renouveau à créer le mouvement pentecôtiste, une structure dirigée par une organisation-cadre englobant un éventail de perspectives théologiques et organisationnelles. L'Union pentecôtiste missionnaire est formée en 1909; au début, ses fins sont missionnaires. Certains dirigeants ne sont pas en faveur de la création d'une organisation officielle, soit parce qu'ils considèrent le gouvernement ecclésiastique comme l'œuvre des hommes, soit parce qu'ils craignent l'intransigeance de la hiérarchie de leurs vieilles Églises.

En 1917, les pentecôtistes en viennent à constater qu'ils doivent être constitués en société enregistrée pour obtenir des permis de construction d'églises, d'orphelinats et d'écoles. Ce fait, ajouté à l'existence de règlements gouvernementaux régissant les missionnaires envoyés à l'étranger et au besoin d'une structure doctrinale et disciplinaire au sein du mouvement, amène la formation de plusieurs associations. Celles-ci se structurent en fonction de questions doctrinales (p. ex. l'Église apostolique de la Pentecôte, qui rejette le dogme de la Trinité), de l'identité ethnique (p. ex. l'Église pentecôtiste allemande) ou de régions géographiques (p. ex. les Assemblées pentecôtistes de Terre-Neuve).

Plus grande Église pentecôtiste

La plus grande Église pentecôtiste, qui compte aujourd'hui plus de 240 000 membres inscrits au Canada, reçoit sa charte en 1919 au nom d'Assemblées pentecôtistes du Canada (APC); pendant un certain temps, toutefois, elle est rattachée aux Assemblées de Dieu, la plus grande organisation des États-Unis. Tous les groupes pentecôtistes trinitaires sont actuellement reliés entre eux par l'organisation-cadre de la Communauté pentecôtiste d'Amérique du Nord. À mesure qu'ils se répandent, les pentecôtistes forment d'autres alliances; par exemple, des hommes d'affaires du Canada deviennent membres de l'Association d'hommes d'affaires du Plein Évangile, organisme nord-américain regroupant les hommes d'affaires pentecôtistes, mais aussi attachés à des confessions diverses. Les Églises demeurent quand même la base de la croissance du mouvement.

En 1920, il y a 27 Églises pentecôtistes; de nos jours, plus de 1100 Églises du Canada sont affiliées. Le nombre de membres fluctue au fil des années comme dans toutes les confessions religieuses du Canada. De 1981 à 1991, selon Statistique Canada, tandis que le nombre global de membres des confessions protestantes décline, celui des pentecôtistes augmente. De 1981 à 1995, des représentants pentecôtistes estiment que les participants actifs dans des Églises pentecôtistes du Canada sont passés du nombre de 300 000 à 500 000. Au XXIe siècle, on observe un déclin.

Politique sociale

Les pentecôtistes demeurent fermes et s'en tiennent aux limites évangéliques en ce qui concerne les questions de politique sociale. Par exemple, la tradition ne permet pas aux ministres pentecôtistes de remarier une personne divorcée parce que le divorce est considéré comme un signe de péché; en 1993, cependant, la politique des Assemblées de la Pentecôte du Canada (APDC) est modifiée pour permettre le remariage. En se propageant dans la classe moyenne, le mouvement s'adapte aux formes courantes de la culture canadienne, intègre la musique populaire à sa liturgie et utilise la radio et la télévision pour toucher le public. Entre autres, les pentecôtistes s'installent dans les banlieues et élaborent des programmes très bien organisés et variés qui se déroulent dans de grands auditoriums. Pendant ce temps, les plus petites églises des zones rurales ou des quartiers moins « fréquentables » sont fusionnées ou fermées.

Les pentecôtistes connaissent les mêmes difficultés que les autres groupes religieux pour attirer et retenir les pasteurs dans les petites congrégations rurales. Dans certains cas, des groupes autonomes se forment là où de grandes organisations ne veulent plus apporter un soutien financier. Ainsi, des groupes autonomes mettent sur pied des initiatives importantes dans la population autochtone de sorte qu'on peut maintenant voir des églises pentecôtistes dans de petites réserves, souvent rassemblées autour d'un prédicateur du coin qui vit parmi ses paroissiens, mais sans dépendre des grandes organisations pentecôtistes. La diversification du mouvement est bien installée quoique l'enthousiasme initial semble s'être estompé.

Un bon exemple de cette tendance à la diversification, la plus récente « effusion de l'Esprit », a lieu en 1994 à la Toronto Airport Christian Fellowship. Des manifestations charismatiques spectaculaires, notamment la sainte « ivresse » et le rire, attirent des gens du monde entier et sont à l'origine du renouveau surnommé « bénédiction de Toronto ». Les retombées de cette manifestation pentecôtiste se font maintenant sentir dans la plupart des grands pays du monde malgré le déclin du groupe de Toronto, entraîné par des tensions et des problèmes internes.

Les pentecôtistes canadiens utilisent la télévision de façon plus discrète que leurs confrères américains. Aux États-Unis, des prédicateurs comme Oral Roberts recrutent de nombreux adeptes grâce à la télévision; au Canada, le CRTC impose des restrictions à l'usage de la télévision à des fins confessionnelles. Le télé-évangéliste pentecôtiste qui obtient le plus de succès est David Mainse, dont l'émission 100 Huntley Street est écoutée dans l'ensemble du pays, mais il est tenu de présenter un message qui, en grande partie, ne doit se rattacher à aucune confession. La pentecôtiste la plus connue au Canada semble toujours être l'évangéliste ontarienne Aimee Semple MCPHERSON, qui déménage à Los Angeles et fonde l'International Church of the Foursquare Gospel, organisation américaine qui possède des filiales au Canada.