Anthony Russell (source primaire)

« J’ai pris mon propre chemin, je n’ai pas suivi la horde. Et puis je suis rentré dans les américains. Je suis resté avec les américains jusqu’à la fin de la guerre. »

Pour le témoignage complet de M. Russell, veuillez consulter en bas.


Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

« J’ai pris mon propre chemin, je n’ai pas suivi la horde. Et puis je suis rentré dans les américains. Je suis resté avec les américains jusqu’à la fin de la guerre. » Pour le témoignage complet de M. Russell, veuillez consulter en bas. Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

Transcription

Quand ils ont débarqué à Anzio, on était en fait à une vingtaine de kilomètres de Rome. Et ce cinglé de général, Mark Clark (Commandant des alliés en Italie en 1944), il les a rappelés. On était un régiment de soutien alloué à laGuards Brigadeet quand ils se sont formés, ils sont repartis à 7 kilomètres de la plage, ils ont formé une tête de pont, mais lesGuardsétaient allés plus loin. Alors comme je l’ai dit, leur tête de pont c’était plutôt comme le goulot d’une bouteille. Et ça a donné le temps aux allemands de se renforcer et ils ont juste continué à se rentrer dedans dans leur goulot. Nous ont envoyés à Rome. On a passé une semaine environ à Rome et puis je me suis fait prendre, logé dans un camp de prisonnier près de Florence et ensuite on est partis en train. Trois jours dans le train, traversé le col du Brenner pour entrer en Allemagne. Stalag IVB et puis j’ai été envoyé dans le Stalag XIA deux ou trois jours plus tard. Et puis j’ai été envoyé, j’ai été envoyé dans ce que les allemands appellent «Komando» (groupe de travail). Mais avant que vous partiez, ils venaient et peignaient les lettres KJ sur le dos de votre veste, sur votre uniforme. KG, KG en fait. C’était de l’allemand :Kriegesgefangener, prisonnier de guerre. Vous n’aviez pas le droit de marcher sur le bord des trottoirs, vous deviez marcher sur la route, tout droit à l’usine, et puis voilà et ils ont fermé les portes, je n’en suis pas ressorti avant quinze mois (plus tard). Ils l’ont fait sauter ; l’usine a sauté en avril 1945. Après ça, l’usine a été rayée de la carte – la ville en fait, la ville a subi des bombardements très violents, détruite. Et après que l’usine ait disparu, la police d’état nous a pris. La police d’état est venue et nous a réquisitionnés et ils nous ont emmené construire, comment vous appelez ça, ils étaient en fait enlevés, ils fabriquaient les barrages routiers juste comme des rondins, ils les empilaient pour protéger le village, vous savez. Il y avait 240 prisonniers qui travaillaient là-bas et ils ont pris 34 d’entre nous, pour aller travailler dehors. Vous savez. C’était, et puis le gars de la police d’état venait et se tenait là, chaque nuit, étrange. Au loin, vous pouviez voir un faisceau lumineux blanc, chaque nuit. Et puis on a découvert après coup, c’était la 7èmedivision blindée américaine qui fonçait sur Berlin et ils mettaient cette lumière pour que les avions sachent qu’il ne fallait pas bombarder derrière cette lumière, aller au delà. Mais 134 personnes, et ils avaient une centaine de russes qui travaillaient. Or, ils ne portaient pas d’uniformes. C’était juste des travailleurs russes. Alors ils les avaient derrière nous à quatre pâtés de maisons à peu près, cinq pâtés de maisons. Aux abords des pâturages du village, il y avait des troupes retranchées, vous pouviez les voir allongés. Et ils parlaient parfaitement anglais. Disaient, l’Allemagne vous libère ; si vous rentrez chez vous, vous serez abattu. Mais voyez tout à coup, ils ont dit aux russes. Quoi qu’il ce soit passé ce ne sont que des conjectures de ma part. La panique et ils se sont tous mis à traverser ce champ en courant. Alors les gars, maintenant quand j’y repense, qui diable a dit à ces troupes qui étaient retranchées là dedans, alors ils commencent tout simplement à tirer sans discernement ? Alors c’est là que je suis sorti. Je n’ai pas couru ; je suis resté là où j’étais. J’ai pris mon propre chemin, je n’ai pas suivi la horde. Et puis je suis rentré dans les américains. Je suis resté avec les américains jusqu’à la fin de la guerre. Je suis resté avec le 7èmeblindé américain c’était. Et quand ils sont arrivés à Nordhausen, à ce moment-là, il n’y avait que 6 autres gars qui avaient été dans l’usine qui s’en soient sortis. Mais l’américain, il a dit qu’ils sont tous morts. Alors quand ils, et ils ont continué à avancé, ils sont arrivés à Nordhausen, c’est là que se trouvait le camp de l’horreur, un des camps. Et puis, quand ils ont atteint le camp de Nordhausen, ils ont commencé à amener des avions pour prendre les gens qui étaient sérieusement malades, vous savez, vraiment. Et puis les américains ont mesuré la situation et ont dit, bon les gars, il a dit, vous partirez le jour suivant… vous allez rentrer chez vous. Alors ils nous ont ramenés en avion en Belgique, à Bruxelles. Et puis bien sûr, une escorte de la police militaire s’est occupée de nous et le lendemain j’ai eu droit à un lit confortable, ils nous ont envoyés à Oslo, nous ont mis sur un bateau pour Glasgow, avec d’autre prisonniers de guerre à ce moment-là, vous savez.