Harold Harden (Source primaire)

« Vous voyez tous ces bateaux qui explosaient sous le feu de l’artillerie, c’était une expérience pour sûr. »

Pour le témoignage complet de M. Harden, veuillez consulter en bas.


Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

« Vous voyez tous ces bateaux qui explosaient sous le feu de l’artillerie, c’était une expérience pour sûr. » Pour le témoignage complet de M. Harden, veuillez consulter en bas. Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.
Black and white photograph of Harold Harden on leave in Montreal in June 1943.
Certificate awarded to Harold Harden for crossing the Arctic Circle while sailing aboard HMS Kent in 1944.
Black and white photograph of HMCS Trail, 1944.

Transcription

Je m’appelle Harold Harden. Je suis né dans une ferme à Knowlton au Québec, ça se trouve dans les Cantons de l’est. De là j’ai été appelé sous les drapeaux et envoyer servir à bord d’une corvette, la NCMS Trail (short forecastle corvette), et on a poursuivi notre entraînement en mer, dans l’Atlantique nord autour d’Halifax. De là en 1942 on a été envoyé sur des navires d’escorte dans le golfe du saint Laurent. A ce moment là ils avaient pas mal de problèmes avec les navires qui se faisaient attaquer par les sous-marins allemands.

On était les premiers à être mis au courant quand un bateau s’était fait attaquer ou couler je dirais. Et là-bas on a eu pas mal de nos convois qui se sont fait attaquer. On n’a perdu pas mal de navires là-bas. Mais dans le même temps on a repêché pas mal de rescapés de ces bateaux qui étaient attaqués ou coulés. De là, notre bateau a été renvoyé dans l’Atlantique nord et on a continué nos patrouilles auprès des convois, on suivait une route qui faisait un triangle, les bateaux qui faisaient partie des convois, on les prenaient à Halifax, et puis on les escortaient jusqu’au milieu de l’océan et ensuite on faisait demi-tour pour rentrer à St. John's, Terre-Neuve.

De là, après notre période d’entrainement, et je parle d’un groupe de canadiens, on nous a envoyés à bord d’autres croiseurs britanniques. Le bateau sur lequel on m’avait envoyé était le NCMS Kent. C’était l’amiral de la flotte toute entière. On avait un amiral. C’était l’amiral de la flotte entière, basé à Scapa Flow.

Là-bas, notre marche à suivre était d’escorter les navires de transport qui naviguaient en Russie sur la route de Mursmank. Et aussi on recherchait les convois allemands qui venaient de Norvège, escortés par des bateaux de guerre allemands, et on en a fait quelques rencontres là-bas. Couronnées de succès à différents moments et le Kent, notre bateau, s’est vu attribuer la destruction de 11 navires marchands sous le feu de son artillerie.

On a eu une expérience une fois sur la route norvégienne, là où on attaquait ces convois allemands. Pour être une expérience on peut dire que c’en était une parce que tout autour ce n’était plus que bombardement et pilonnage d’artillerie. Vous voyez tous ces bateaux qui explosaient sous le feu de l’artillerie, c’était une expérience pour sûr. A chaque fois qu’il vous arrivait de voir ou de faire partie de ces convois attaqués par les sous-marins et avec les explosions qui s’ensuivaient, et de voir tous ces marins à la mer, et essayer de leur porter secours, de les repêcher, c’était quelque chose. Ils étaient tout enduits de pétrole et complètement gelés, à moitié morts. Mais heureusement, d’après mon expérience, on n’était jamais, notre bateau n’a jamais été tellement attaqué. J’étais un privilégié je suppose. Je suis passé au travers sans une égratignure, alors j’étais très heureux.