Lawrence Vicaire (Source primaire)

« C’est difficile d’oublier, car tout revient en rêve. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’en rêver la nuit. La guerre est pourtant finie depuis longtemps, mais j’en rêve encore de temps à autre. »

Pour le témoignage complet de M. Vicaire, veuillez consulter en bas.


Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

« C’est difficile d’oublier, car tout revient en rêve. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’en rêver la nuit. La guerre est pourtant finie depuis longtemps, mais j’en rêve encore de temps à autre. » Pour le témoignage complet de M. Vicaire, veuillez consulter en bas. Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.
Contemporary photograph of Peter Vicaire, taken in july 2010 at Listuguj cultural center.
Mr Vicaire's war time service medals, from left to right; the 1939-1945 War Medal, the France and Germany Star, and the Defence Medal.

Transcription

Quand j’ai été assez vieux, je me suis engagé dans l’armée. Ma mère a reçu quelques dollars. Ce n’était pas beaucoup mais ça aidait quand même. Je ne suis pas allé en France mais je suis allé en Hollande, en Belgique, Hollande, Allemagne. En Belgique c’était très dur parce qu’ils parlent une langue différente. Mais en Hollande, c’est bien de parler anglais, plus amical. (Il parle dans sa langue d’origine, le Mi’kmaq) Se comporter différemment, se montrer chaleureux, essayent d’être gentils et essayent d’être coopératifs avec nous, quoi qu’on fasse.

Un endroit où c’était vraiment dur c’était l’endroit qu’ils appellaient Zutphen (Pays Bas), c’était très dur parce que le sol est tout plat dans la ville et on doit y entrer, les allemands sont là et on doit entrer, pas de protection alentour – tout plat. Le sol est tellement plat, c’est marécageux et on devait y aller et bon, on y est allés, ça a été dur de commencer mais on a capturé 300 allemands en une heure, une heure et demie. Ouais. C’était un dur labeur.

Et vous devez courir, aussi vite que vous pouvez, y aller. Joe Vicaire (un copain soldat de Listuguj dans le Nouveau Brunswick)… il était derrière, il nous aidait avec l’artillerie, des gros canons. Et moi dans l’infanterie, je devais aller à l’avant. Ils nous donnaient seulement des saucisses à manger, deux fois par jour. Bon, ils disent on a de la viande de cheval, de jeunes chevaux. C’est bon. Oh oui. Bon, il faut que ça soit bon parce que vous devez, vous savez, nous faire manger.

Je buvais beaucoup, du vin en Hollande. Il y avait toutes sortes de vin en Hollande. Il y a beaucoup de caves à vin, alors on allait dans les caves à vin… on mettait ça dans nos gourdes pour l’eau, en remplissant nos gourdes en premier. Mon Dieu, un jour la police militaire l’a appris, on s’est fait tués. Parfois vous dormez bien et parfois non. J’ai attendu 24 heures un jour pour pouvoir dormir. C’est juste comme… Vous titubez, tellement endormi.

J’étais en Allemagne quand la guerre s’est terminée, j’étais sur la ligne de front. J’y pense beaucoup de toute façon, j’y pense beaucoup mais je n’aime pas en parler. Non. C’est difficile à oublier. Dans les rêves ça continue à me revenir. Certaines nuits, encore aujourd’hui, je rêve la nuit. Je veux dire, ça fait longtemps que la guerre est terminée. Mais j’en rêve encore quelquefois.