Sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SP) est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central du corps. En septembre 2020, il a été estimé que près de 2,8 millions de personnes vivaient avec la sclérose en plaques à travers le monde. Le Canada a l’un des taux de SP les plus élevés au monde, comptant plus de 90 000 Canadiens vivant avec cette maladie. Il n’existe pas de remèdes connus contre la sclérose en plaques, mais des traitements peuvent aider à soulager les symptômes et à ralentir la progression de la maladie.

La sclérose en plaques (SP) est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central du corps. En septembre 2020, il a été estimé que près de 2,8 millions de personnes vivaient avec la sclérose en plaques à travers le monde. Le Canada a l’un des taux de SP les plus élevés au monde, comptant plus de 90 000 Canadiens vivant avec cette maladie. Il n’existe pas de remèdes connus contre la sclérose en plaques, mais des traitements peuvent aider à soulager les symptômes et à ralentir la progression de la maladie.


Sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie potentiellement invalidante parce qu’elle affecte directement le système central de contrôle du corps, le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques, également connus comme le système nerveux central (SNC). Le système immunitaire du corps attaque par erreur la myéline (la gaine d’isolation qui couvre et protège les cellules nerveuses). Ceci endommage la capacité du système nerveux central à communiquer avec le reste du corps. (Voir aussi Neuroscience.)

Le Canada a l’un des taux les plus élevés de SP au monde, avec une prévalence d’environ 290 cas sur 100 000 personnes. N’importe qui peut avoir la SP, incluant les enfants, toutefois la plupart des personnes diagnostiquées sont des adultes qui ont entre 20 et 49 ans. Les femmes sont de deux à trois fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de SP que les hommes.

Causes et symptômes

Bien que la cause exacte de sclérose en plaques soit inconnue et qu’un déclencheur spécifique de la réponse auto-immune qui attaque la gaine de myéline n’ait pas été trouvé, la plupart des spécialistes dans ce domaine croient que la cause pourrait être multifactorielle. Ceci signifie que la SP est possiblement liée à des facteurs génétiques et environnementaux. En d’autres termes, quelque chose dans l’environnement d’un individu déclenche une réponse immunitaire contre la myéline si cette personne est génétiquement prédisposée à développer la maladie.

Lorsque l’enveloppe protectrice (la myéline) du cerveau et de la moelle épinière est attaquée, l’inflammation se produit et endommage fréquemment la myéline sous forme de plaques. Ceci perturbe le flux normal des impulsions le long des fibres nerveuses (les axones) et c’est cette perturbation qui cause les symptômes de la sclérose en plaques. Ces symptômes varient selon la partie du système central nerveux touchée, ainsi qu’en fonction de la gravité de l’affection. Ces symptômes incluent fréquemment une sensation altérée comme de l’engourdissement, des picotements et de la douleur, des problèmes de vision, des problèmes intestinaux et vésicaux, des problèmes d’équilibre et de coordination, des problèmes d’élocution, de la faiblesse, et de la fatigue.

Types

Il existe quatre types de scléroses en plaques : le syndrome clinique isolé, la sclérose en plaques cyclique, la sclérose en plaques progressive secondaire, et la sclérose en plaques progressive primaire. Le syndrome clinique isolé fait référence au premier épisode de symptômes neurologiques causé par des dommages à la myéline. Ce syndrome dure généralement 24 heures. Il est possible que les personnes qui souffrent du syndrome clinique isolé ne développent pas de sclérose en plaques. La SP cyclique est caractérisée par une alternance de poussées et de rémissions. Les poussées sont des crises durant lesquelles de nouveaux symptômes apparaissent ou encore des symptômes déjà présents s’aggravent. Elles sont suivies de périodes de rémission de la maladie. La personne peut récupérer partiellement ou complètement. La sclérose en plaques progressive secondaire commence avec des poussées et des rémissions, suivies d’une période de progression de la maladie. La sclérose en plaques progressive primaire est une forme de la maladie qui affecte environ 15 % des patients atteints de la SP, et elle est caractérisée par une aggravation graduelle des fonctions neurologiques sans rémission.

Diagnostic

Le diagnostic de la maladie se fait par un neurologue (un médecin spécialisé dans les maladies du système nerveux). (Voir aussi Neuroscience.) Un diagnostic requiert une indication claire que la maladie a attaqué plus d’une région du système nerveux central. De plus, il nécessite des signes d’attaques multiples s’étant produites à différents moments. Le processus de diagnostic de la maladie inclut un examen neurologique, l’étude des antécédents médicaux, et des tests comme l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), la stimulation des potentiels évoqués pour mesurer la conduction nerveuse, et une ponction lombaire (vertébrale) pour mesurer les anticorps dans le liquide se trouvant autour du cerveau (liquide céphalorachidien).

Il n’existe pas de traitement curatif contre la maladie. Les traitements pour la sclérose en plaques peuvent spécifiquement traiter les symptômes de la maladie ou altérer l’activité du système immunitaire, ralentissant ainsi la progression de la maladie.

Recherches

Au Canada, un grand nombre des recherches sur la SP ont été facilitées par le Réseau canadien des cliniques de sclérose en plaques, un réseau national établi pour l’avancement des services aux patients, l’éducation et la recherche. Ce modèle de soins multidisciplinaires et complets a été piloté par la Société canadienne de la sclérose en plaques. Le Réseau canadien des cliniques de SP a permis de recruter des patients pour effectuer de multiples études cliniques ainsi que des collaborations nationales en recherche. Cette approche coordonnée a réduit la redondance et a maximisé l’efficacité des recherches dans ce pays. (Voir aussi Recherche médicale.)

L’Étude coopérative canadienne sur la susceptibilité génétique à la SP (ÉCCSGSP) est un exemple de recherche rendue possible par le Réseau canadien des cliniques de SP. À partir de 1993, des patients ayant la sclérose en plaques sont recrutés pour participer à l’ÉCCSGSP. L’identification et la disponibilité de patients canadiens, et les membres de leurs familles, qui sont disposés à participer à des études d’épidémiologie génétique fournissent un nombre croissant de preuves qui démontrent que les facteurs naturels ou génétiques aussi bien que les facteurs environnementaux sont en jeu dans le développement de la sclérose en plaques. De même, des publications concernant les effets environnementaux sur la SP démontrent des influences environnementales qui opèrent au niveau de la population, comme l’exposition au soleil et la vitamine D.

L’un des projets canadiens très importants de recherche à long terme ayant contribué à la planification et à l’interprétation des essais thérapeutiques sur la sclérose en plaques comprend des travaux sur l’histoire naturelle de la SP, qui ont commencé à la MS Clinic à London, en Ontario. Ces études sur la progression et l’accumulation d’incapacités dans une population de patients ayant la SP ont permis de mieux comprendre l’évolution clinique et les résultats possibles pour les patients. (Voir aussi Georges C. Ebers.)


Lecture supplémentaire

  • Heather Gilmour, Pamela Ramage-Moring, Suzy L. Wong, Sclérose en plaques : prévalence et conséquences, Rapports sur la santé de Statistique Canada, no 82-003-X au catalogue, vol. 29, no. 1 (2018).

  • Mark S. Freedman, ed., Multiple Sclerosis and Demyelinating Diseases (2006).

  • Agence de santé publique du Canada, Établir les connexions : mieux comprendre les affections neurologiques au Canada (2014).

  • Fédération internationale de la sclérose en plaques, Atlas de la SP, troisième édition (septembre 2020). 

Liens externes