Musique folk

Musique folk. Le terme « folk » a été appliqué librement, chez les anglophones, à la musique de l'« interprète-auteur-compositeur » qui est apparue dans le sillage du renouveau de la musique folklorique proprement dite des années 1940 et 1950.

Le terme « folk » a été appliqué librement, chez les anglophones, à la musique de l'« interprète-auteur-compositeur » qui est apparue dans le sillage du renouveau de la musique folklorique proprement dite des années 1940 et 1950. Typiquement, les artistes qui recouraient à des formes de chansons et des styles d'exécution traditionnels (accompagnement à la guitare par exemple), mais qui se produisaient professionnellement (dans le cadre commercial des cafés puis des cabarets) en présentant du matériel puisé dans les répertoires originaux (et souvent leurs propres compositions) finirent par être qualifiés de « chanteurs folk ». (Leurs homologues au Québec étaient les chansonniers.) Les Canadiens ainsi dénommés furent notamment, à partir des années 1960 : Bruce Cockburn, Leonard Cohen, Bonnie Dobson, Ian and Sylvia, Gordon Lightfoot, Murray McLauchlan, Joni Mitchell, Buffy Sainte-Marie et David Wiffen. Ils différaient totalement des chanteurs traditionnels comme O.J. Abbott, Tom Brandon, LaRena Clark, Mari Hare, et des interprètes du répertoire traditionnel tels que Tom Kines, Ed McCurdy et Alan Mills. Le Festival de folklore Mariposa reflétait au début cette dualité du fait qu'il présentait des programmes comprenant à la fois des interprètes de folklore et de musique populaire traditionnelle modernisée - par exemple, O.J. Abbott et Ian and Sylvia en 1961, LaRena Clark et Joni Anderson (Mitchell) en 1965. Cet équilibre approximatif se modifia cependant peu à peu, de sorte que, dans les années 1980, les principaux « festivals de folklore » canadiens (notamment ceux de Mariposa, Edmonton, Vancouver et Winnipeg) devinrent des manifestations extrêmement éclectiques dont la programmation, tout en mettant l'accent sur la « musique souche » - c'est-à-dire « à la base » du pop moderne, y compris le blues, le country, le bluegrass, le cajun et le folk - n'était pas loin d'inclure du rock et laissait peu de place aux interprètes folkloriques qui, il faut bien l'avouer, commençaient à prendre de l'âge. Même le Festival de la chanson folklorique de Miramichi, créé en 1958 expressément pour les interprètes traditionnels, avait inclus des concerts des artistes folk John Allan Cameron, Valdy, et autres, dans sa programmation de la fin des années 1980.

Les auteurs-compositeurs-interprètes des années 1960 furent les premiers Canadiens de leur génération à se tailler une place sur la scène internationale dans le domaine pop. Le succès des chansons et des enregistrements de Lightfoot, Mitchell, Cohen et les Tyson précéda de deux ou trois ans celui de Guess Who, par exemple, et nul doute qu'il contribua avec beaucoup d'éloquence à révéler au public les talents canadiens. De tous les interprètes « pop » au pays, les voix qui ont parlé le plus clairement de l'expérience canadienne furent sans contredit celles de Lightfoot et de ses contemporains, et des auteurs-compositeurs-interprètes des années 1970 et 1980 qui vinrent après eux - entre autres, Holly Arntzen, Willie P. Bennett, Heather Bishop, Bob Bossin et Marie-Lynn Hammond de Stringband, David Bradstreet, Rodney Brown, Bob Carpenter, Tom Cochrane, Teresa Doyle, Willie Dunn, David Essig, Stephen Fearing, Ferron, Roy Forbes, Don Freed, Lennie Gallant, Bill Garrett, Norm Hacking, Tim Harrison, Joe Hall, Ron Hynes, Tom Jackson, Connie Kaldor, James Keelaghan, Terry Kelly, Penny Lang, Doug MacArthur, Rita MacNeil, John Mann et Geoffrey Kelly de Spirit of the West, Ray Materick, Kate et Anna McGarrigle, Loreena McKennitt, Scott Merritt, Joe Mock et Rick Scott de Pied Pumpkin, Linda Morrison, Colleen Peterson, Wyckham Porteous, Chris Rawlings, Garnet Rogers, Stan Rogers, Shingoose, Jane Siberry, Bob Snider, Ian Tamblyn, Brent Titcomb, Shari Ulrich, Valdy et Nancy White. Dans les années 1980, le fondement stylistique du travail des auteurs-compositeurs-interprètes est devenu confus, sinon différent : certains ont adopté le style country (dont Bennett, McLauchlan, Ian Tyson et Sylvia Tyson), d'autres ont choisi d'insérer des éléments pop dans leur musique (tels Cockburn, Merritt, Siberry et Ulrich), d'autres ont ajouté la technologie moderne (les synthétiseurs par exemple) aux formes de musique traditionnelle (Garnet Rogers), d'autres encore sont demeurés relativement fidèles aux anciennes traditions, notamment le vétéran Doug MacArthur de London, Ont., et les membres de la nouvelle génération d'auteurs-compositeurs-interprètes des années 1980, tel James Keelaghan de Calgary.

Voir aussi Chansonniers, Musique féministe, Musique folklorique - Renaissance.


Lecture supplémentaire

  • Bartlett, Jon and Ruebsaat, Rika. 'The state of the art: the folk revival in Canada,' Canada Folk Bulletin, vol 3, Sep-Dec-1980

Liens externes