Norvégiens

 Quelque 500 ans avant que Colomb accoste sur une île des Caraïbes, des Vikings forcés à l'exil découvrent les rivages canadiens et tentent de s'y établir (voir EXPÉDITIONS VIKINGS; ISLANDAIS).

Norvégiens, grand rassemblement des
Une partie de la foule au grand rassemblement des Norvégiens, à Camrose, en 1926 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta).
Nansen, Fridtjof
Les Norvégiens sont actifs au Canada à la fin du XIXe siècle. Fridtjof Nansen est le premier à diriger les expéditions norvégiennes de grande envergure (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada).
Amundsen, Roald
Roald Amundsen, un des plus grands explorateurs de l'histoire, est le premier à effectuer la traversée complète du passage du Nord-Ouest (avec la permission de la Bancroft Library, U. de Californie, Berkeley).

Norvégiens

 Quelque 500 ans avant que Colomb accoste sur une île des Caraïbes, des Vikings forcés à l'exil découvrent les rivages canadiens et tentent de s'y établir (voir EXPÉDITIONS VIKINGS; ISLANDAIS). En s'appuyant sur les sagas nordiques, Helge Ingstad, un explorateur et écrivain norvégien, découvre dans les années 60 les vestiges d'un établissement viking à L'ANSE AUX MEADOWS, sur la pointe Nord de Terre-Neuve, le plus ancien établissement européen connu en Amérique.

 Les Norvégiens naviguent de nouveau en eaux canadiennes à la fin du XIXe siècle, sous la conduite de Fridtjof Nansen, pionnier des grandes expéditions norvégiennes. Otto SVERDRUP contribue à la cartographie de l'archipel Arctique et découvre les îles AXEL HEIBERG, AMUND RINGNES et ELLEF RINGNES, qu'il nomme ainsi en l'honneur de ses commanditaires norvégiens. Roald AMUNDSEN franchit la dernière section encore inexplorée du PASSAGE DU NORD-OUEST. Ce n'est qu'en 1930 que la Norvège reconnaît la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Henry A. LARSEN, d'origine norvégienne, est le premier Canadien à franchir le passage du Nord-Ouest.

L'immigration permanente de Norvégiens en Amérique du Nord commence en 1825 avec l'arrivée d'un premier groupe à New York. Au cours des 75 ans qui suivent, environ 500 000 Norvégiens débarquent à Québec, le chemin le plus court pour gagner les États du centre des États-Unis. Malgré les efforts du Canada en ce sens, peu d'entre eux demeurent en territoire canadien à cause des politiques d'immigration, trop restrictives à cette époque. Il faut attendre le tournant du siècle pour que les Norvégiens fassent du Canada leur pays d'adoption. C'est aussi le cas de nombreux Américains d'origine norvégienne qui viennent au Canada en quête de homesteads et d'une meilleure situation économique. En 1921, le tiers des Norvégiens du Canada sont nés aux États-Unis.

Migration et peuplement

Les Norvégiens s'établissent en grand nombre dans l'Ouest canadien entre 1886 et 1929, intervalle que l'on peut diviser en 3 périodes de 15 ans environ. La première, de 1886 jusqu'au tournant du siècle, correspond à la construction du Canadien Pacifique et à l'ouverture des territoires de l'Ouest à la colonisation, qui motivent la venue de colons norvégiens et la fondation à Calgary d'une colonie norvégienne autour de la scierie Eau Claire Lumber Mill. Au cours de la deuxième période (de 1900 à 1914), de nombreux Norvégiens arrivent au Canada en provenance des États-Unis et de Norvège (18 790 de celle-ci). Enfin, de 1914 à 1929, 21 574 Norvégiens quittent leur pays pour le Canada. Le recensement de 1931 fait état de 93 243 Canadiens d'origine norvégienne. De ce nombre, 39 241 sont nés au Canada, 32 551 en Norvège et 21 451 aux États-Unis. De 1930 à 1945, la CRISE DES ANNÉES 30 et la Deuxième Guerre mondiale font chuter le nombre d'immigrants norvégiens à 1376. De 1945 à 1959, 9196 personnes immigrent de Norvège, contre 4615 seulement entre 1960 et 1975. Selon le recensement de 2006, 432 515 citoyens canadiens sont d'origine norvégienne (réponses uniques et multiples).

Vie culturelle et sociale

 Les Norvégiens du Canada forment leurs propres associations ethniques et religieuses. Comme les Norvégiens fondent leurs établissements au Canada dans le prolongement de leurs expériences en Amérique, leurs principales organisations sociales sont généralement d'envergure continentale. C'est encore le cas des loges de la confrérie des Sons of Norway, créée en 1895 à Minneapolis. Le journal Noorrana, lancé en 1910 à Winnipeg, est publié plus tard à Vancouver, où il cesse ses activités en 1984.

En 1941, 84,7 p. 100 des Norvégiens du Canada appartiennent à l'Église luthérienne, 5,4 p. 100 à l'Église unie du Canada, 2,6 p. 100 à l'Église anglicane, 1,5 p. l00 à l'Église presbytérienne et 5,8 p. 100 à divers autres groupes. En 1967, l'Église luthérienne évangélique, d'origine norvégienne, devient un synode canadien indépendant. Les groupes religieux issus de Norvège constituent une minorité en déclin à cause des fusions d'Églises, qui se poursuivent.

Étant donné que la plupart des premiers immigrants norvégiens sont lettrés et luthériens, ils attachent beaucoup d'importance à l'éducation chrétienne de leurs enfants. C'est pourquoi la majorité de leurs communautés encouragent non seulement les écoles paroissiales d'été, mais aussi des classes de confirmation en dehors de l'école régulière du dimanche. Les Norvégiens de confession luthérienne fondent le Camrose Lutheran College en 1911, puis l'Outlook College en 1915. Ensuite, en collaboration avec d'autres synodes luthériens, ils créent le Canadian Lutheran Bible Institute, en 1932, et le Luther Theological Seminary, en 1939.

Maintien de l'identité ethnique

Au fil des ans, plusieurs facteurs favorisent l'assimilation, comme la supériorité numérique des Anglo-Canadiens et la prépondérance de leur culture, l'effet d'homogénéisation du système d'écoles publiques, l'immigration décroissante en provenance de Norvège, la propension des Norvégiens à parler anglais, à épouser des membres d'autres groupes et à adopter la citoyenneté canadienne. Enfin, leur niveau d'éducation supérieur à la moyenne contribue à leur avancement au sein de sociétés urbaines. Quoi qu'il en soit, une identité culturelle distincte se maintient dans plusieurs foyers norvégiens du Canada, et ses traditions se perpétuent surtout au moyen de festivals et d'habitudes culinaires. Divers clubs et sociétés ethniques organisent des vols nolisés pour la Norvège afin de sensibiliser les nouvelles générations à leur patrimoine particulier. Loin de s'éteindre, l'ethnicité norvégienne se réaffirme ces dernières années. Les cours de langue norvégienne jouissent d'une nouvelle popularité, et même les immigrés des troisième et quatrième générations découvrent la spécificité de leurs racines. Le recensement de 2006 enregistré 7 710 personnes qui ont rapporté la langue norvégienne comme étant leur langue maternelle (première langue apprise).

Parmi les Canadiens d'ascendance norvégienne bien connus, citons la skieuse Anne HEGGTVEIT et la patineuse artistique Karen MAGNUSSEN. Celui à qui on attribue la paternité du ski canadien s'appelle Herman-Smith Johannsen, surnommé « Jackrabbitt » par les Cris, et reçoit l'Ordre du Canada en 1972, à l'âge de 97 ans, pour sa contribution au ski canadien.


Lecture supplémentaire

  • Gulbrand Loken, From Fjord to Frontier: A History of the Norwegians in Canada (1980).

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