Ô Canada

Le besoin d'un chant national propre aux Canadiens-Français se faisait sentir depuis longtemps. L'un des premiers essais, « Sol canadien, terre chérie », paroles d'Isidore Bédard écrites en 1829, musique de T.F. Molt, fut sans lendemain.

Ô Canada!
La partition de l'hymne national du Canada, O Canada, avec les paroles en français et en anglais (avec la permission de Patrimoine canadien).

Ô Canada

« Ô Canada ». Hymne national du Canada d'abord appelé « Chant national », paroles françaises d'Adolphe-Basile Routhier, musique de Calixa Lavallée, composé et créé à Québec en 1880 et approuvé par le Parlement du Canada en 1967 (voir Hymnes national et royal). L'hymne ne fut toutefois adopté officiellement et proclamé national que le 1er juillet 1980. Cette sanction officielle ne venait que confirmer comme tel un hymne largement utilisé au Canada français à partir du moment de sa création et qui fut ensuite répandu dans tout le Canada dans plusieurs versions anglaises dont la plus connue est celle de Robert Stanley Weir qui date de 1908.

Le besoin d'un chant national propre aux Canadiens-Français se faisait sentir depuis longtemps. L'un des premiers essais, « Sol canadien, terre chérie », paroles d'Isidore Bédard écrites en 1829, musique de T.F. Molt, fut sans lendemain. À la fondation de l'Association (plus tard Société) Saint-Jean-Baptiste en 1834, George-Étienne Cartier chanta sur un air français « Ô Canada! mon pays! mes amours! » qu'il avait composé. D'autres chants comme « La Huronne » de Célestin Lavigueur, « Le Drapeau de Carillon » d'Octave Crémazie et Charles W. Sabatier et « Ô Canada, mon pays, mes amours » sur la musique de J.-B. Labelle connurent une certaine vogue. Dans Chansons populaires du Canada (Québec 1865), Ernest Gagnon écrivit au sujet de « Vive la Canadienne » que « la mélodie de cette chanson ainsi que celle de la Claire Fontaine (À la claire fontaine), nous tient lieu d'hymne national en attendant mieux ». En 1878, l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal adopta officiellement comme air national « À la claire fontaine ».

Au moment de la Convention nationale des Canadiens français qui allait se tenir à Québec du 23 au 25 juin 1880, coïncidant avec les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste et devant réunir des délégués du Canada et des États-Unis, ce besoin d'un chant de ralliement fut de nouveau à l'ordre du jour. Un comité de musique, nommé le 15 mars 1880, comptait 23 membres parmi lesquels Calixa Lavallée, Arthur Lavigne, Gustave Gagnon, Alfred Paré, Louis-Nazaire LeVasseur et Joseph Vézina, avec Ernest Gagnon comme prés. et Clodomir Delisle comme secr.

Dans un chapitre du « compte-rendu officiel », Fête nationale des Canadiens-français d'Honoré-Julien-Jean-Baptiste Chouinard (Québec 1881), Amédée Robitaille rapporta : « Le comité de musique, non content d'avoir assuré le succès de la partie musicale de la fête, voulut en perpétuer le souvenir par des oeuvres plus durables que l'enthousiasme et les applaudissements d'un jour. Il est une question qui a été bien souvent agitée, dans la presse et dans nos assemblées publiques, et au milieu de nos sociétés populaires : c'est l'adoption d'un hymne ou chant national accepté par tous les Canadiens-Français. Parmi les nombreux projets soumis de tous côtés à nos comités, celui-ci attira d'une manière spéciale l'attention des organisateurs du 24 juin. Il était dû à l'initiative du Révérend M. Napoléon Caron, prêtre du diocèse des Trois-Rivières qui, dans une lettre datée du 24 janvier 1880, nous proposait de mettre au concours la composition d'un hymne ou chant national pour le 24 juin. Les difficultés inséparables des concours, et le peu de temps qui restait avant le 24 juin, empêchèrent le comité de musique, à qui la chose avait été référée, d'exécuter ce projet dans son entier. Mais M. Calixa Lavallée, artiste distingué, dont les oeuvres sont hautement appréciées des connaisseurs, fut invité à composer un hymne national pour le 24 juin. Il se mit à l'oeuvre avec ardeur et, après plusieurs essais, il donna au comité un hymne national qui porte aujourd'hui son nom, et dont la popularité croît de jour en jour. »

Les circonstances entourant la composition et la première exécution de l'« Ô Canada » ont donné lieu à diverses interprétations selon les chroniqueurs. Le 29 juin 1907, Le Soleil de Québec publiait un article de Blanche Gagnon, fille d'Ernest, qui, sous le pseudonyme de Frimaire, affirmait que la musique de l'hymne avait été écrite avant les paroles. Dans La Musique de juin 1920, Blanche Gagnon précisait que son père était « secrétaire du comité d'organisation » et qu'il « invita Calixa Lavallée à composer de la musique pour un hymne national. L'artiste se mit à l'oeuvre et convoqua bientôt chez lui les principaux musiciens de la ville afin de soumettre trois manuscrits à leur appréciation. Le jour, ou l'heure, ne convenant pas à tous, MM. Ernest et Gustave Gagnon furent les seuls à s'y rendre. Leur choix s'accorda avec les préférences de l'auteur lui-même pour celle des trois compositions qui était, de fait, bien supérieure aux deux autres. Monsieur [Ernest] Gagnon demanda à l'honorable juge A.-B. Routhier, le président du Congrès, d'écrire des paroles sur cette musique; et, pour lui en suggérer le rythme, il suggéra comme exemple : Ô Canada, terre de nos aïeux... croyant que M. Routhier n'en retiendrait que la mesure, et ne se doutant pas qu'il venait d'entonner lui-même le premier vers de notre chant national. »

Six mois plus tard, en décembre 1920, sous le titre « La Genèse de l'hymne national Ô Canada! », Nazaire LeVasseur, qui se disait « secrétaire du comité de musique », publia dans La Presse un article contredisant la version de Blanche Gagnon : « ... un jour, le juge A.-B. Routhier prit sa plume et écrivit Ô Canada, qui remporta d'emblée tous les suffrages. À cette époque, le lieutenant-gouverneur, M. Théodore Robitaille, ami intime des littérateurs, les conviait fréquemment à Spencer Wood [sa résidence] : parmi eux Calixa Lavallée, excellent causeur et artiste. Le docteur Robitaille, un soir, tenant d'une main le poème de M. Routhier, le pria de bien vouloir en écrire la musique. Pris à l'improviste, M. Lavallée y consentit. Le lendemain, il se rendit au magasin de musique d'Arthur Lavigne, rue Saint-Jean, et, montrant la poésie, lui dit sa promesse au lieutenant-gouverneur. Le célèbre violoniste Jehin-Prume était présent. Tous trois se donnèrent rendez-vous, le soir, au domicile de M. Lavallée. Ce dernier exhiba une esquisse de sa façon, qui fut aussitôt écartée unanimement. La scène se répéta huit à dix soirées consécutives. Je fus témoin à l'une ou à deux. Quelques essais de composition avaient été mis en réserve pour un futur examen : ce qui vexait notablement l'auteur et amusait beaucoup ses amis qui, dans leur critique, exagéraient la note à dessein. Un soir vint, cependant, où M. Lavallée leur mit négligemment aux mains un manuscrit au crayon, alla au piano et joua par coeur. On le lui fit répéter : il avait inventé l'air de l'hymne national. »

La version de LeVasseur fut par la suite longtemps considérée comme authentique. Elle fut reprise par Louis Le Jeune dans son Dictionnaire général du Canada (Ottawa 1931) et surtout par Eugène Lapierre dans la biographie Calixa Lavallée (Montréal 1936), d'autant plus que LeVasseur concluait péremptoirement : « Telle est la véritable genèse de l'hymne national. Telles ont été les diverses phases de sa création, gestation et naissance. En scène, autour du phénomène, il n'y a pas eu d'autres figurants que ceux que j'ai désignés. Rien à ajouter, rien à retrancher. Qu'on se le dise, et aujourd'hui et demain. » Lapierre écarte « les autres récits », lesquels « visent trop évidemment à capter un peu de gloire au profit d'une famille donnée. Nous les mettons de côté », ajoutant en note infrapaginale : « Nous nous dispensons même de les citer par respect pour le sentiment filial qui les a parfois dictés. »

Une lettre de Routhier à Thomas Bedford Richardson, en date du 12 février 1907 et déposée à la Bibliothèque nationale du Canada par la fille de ce dernier, Mme Florence Hagerman, vient cependant contredire la thèse de LeVasseur et donner raison à Blanche Gagnon. Dans cette lettre en langue anglaise mise à jour vers 1975, Routhier déclare : « M. Ernest Gagnon... était l'un de mes grands amis de même que M. Lavallée et jouait avec moi un grand rôle dans la préparation des fêtes. À sa suggestion, Lavallée et moi acceptâmes d'écrire un chant national. Lavallée insista pour composer d'abord la musique, ce qu'il fit - et je composai ensuite les vers ou les strophes avec la métrique et les rimes qui s'adaptaient à la musique. »

Une autre lettre à Richardson, cette fois de l'avocat et homme politique Armand Lavergne, en date du 8 janvier 1907, rapporte un témoignage de la bouche même d'Ernest Gagnon, lequel s'accorde avec la thèse soutenue plus tard par sa fille Blanche. Gagnon affirme en effet avoir lui-même porté au juge Routhier la musique de Lavallée et lui avoir suggéré du même coup le premier vers de l'hymne.

Cette version de Routhier de la genèse de l'« Ô Canada » est reconfirmée dans les commentaires qu'il transmit verbalement à son petit-fils, Adolphe Routhier, en mai 1920, peu de temps avant sa mort, et dont l'essentiel ne fut dévoilé qu'en juin 1980 lors d'une intervention du sénateur Arthur Tremblay au Parlement. Ces commentaires constituaient un mémoire adressé en 1959 à Eugène Lapierre mais dont ce dernier n'a pas tenu compte dans l'édition de 1966 de sa biographie de Lavallée. Il fut publié intégralement dans Le Droit (Ottawa, 22 juillet 1980). Ces notes révèlent que le juge Routhier entendit Lavallée exécuter le « grand air » ou « marche héroïque » au domicile de ce dernier, rue Couillard, et que les quatre strophes furent écrites durant la nuit qui suivit. Les notes recueillies par le petit-fils précisent qu'à défaut d'une commande du comité de musique (ainsi qu'Amédée Robitaille l'a écrit), Lavallée, Ernest Gagnon et Routhier en avaient pris eux-mêmes l'initiative vu que le temps pressait. Ne voulant pas s'attirer les remontrances des autres membres du comité, ils avaient tous trois imaginé de demander au lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille de faire « officiellement » la commande d'un hymne à Lavallée et à Routhier.

Selon LeVasseur, Lavallée lui-même se serait rendu au magasin de Lavigne avec une copie à l'encre de sa composition, « seulement il avait oublié d'y apposer sa signature, lacune que Lavigne combla lui-même. Arthur Lavigne n'eut rien de plus pressé que d'envoyer par messager le manuscrit de Lavallée au lieutenant-gouverneur. Celui-ci, de son côté, ne fut pas lent à renvoyer le manuscrit par son aide-de-camp à Arthur Lavigne, avec prière de s'en faire l'éditeur; prière à laquelle celui-ci se rendit tout de suite. »

Un autre témoignage digne d'intérêt est celui du juge Joseph Kearney Foran (1857-1931), à cette époque étudiant en droit à l'Université Laval. Dans une conférence en français, « Souvenirs des temps jadis », prononcée à Montréal en février 1918 et plus tard publiée dans A Garland (Montréal 1931), il rapporta : « Un soir nous étions six ou sept dans la salle; c'était vers neuf heures, lorsque nous vîmes entrer l'abbé Pierre Rouselle, secrétaire de l'université, avec Maurice Baillargé et Trudel - le grand ténor - et un petit homme tout nerveux et surexcité. Cet homme, à la tête presque chauve, portait une auréole de cheveux noirs qui tombaient en tire-bouchon par derrière les oreilles. Il était très excité, et disait en frappant ses mains ensemble, je l'ai, je l'ai trouvé enfin, j'ai réussi; venez; écoutez. Ils allèrent vers l'estrade et là ce petit homme prit place au piano. Pour un moment ses doigts semblaient communiquer un courant électrique au clavier; aussitôt, jetant sa tête en arrière il nous joua, pour la première fois, le chef-d'oeuvre de son génie, - c'était Calixa Lavallé [sic]; il jouait Ô Canada. Quelques minutes après Trudel nous chanta les paroles de Routhier, accompagné par l'auteur même de l'hymne par excellence du Canada. Je me croyais transporté à la ville de Strasbourg à la nuit où Rouget deLisle [sic] joua et chanta pour la première fois La Marseillaise au milieu d'un petit groupe d'amis privilégiés. »

Il est certain que la composition de l'« Ô Canada » était achevée dans les premières semaines d'avril 1880 puisque le Journal de Québec pouvait écrire dans son édition du 17 avril : « Enfin, nous avons un véritable Chant national canadien-français! », ajoutant que M. Ernest Gagnon, prés. du comité de musique, avait approuvé le chant de Lavallée et Routhier. L'article précise qu'il sera fait « un tirage de 6,000 exemplaires du Chant national dont 5,000 seront distribués au public » et que les harmonies et fanfares invitées à la Convention nationale « en recevront aussi une partition complète ».

La maison où Lavallée aurait composé l'hymne existe encore au n 22 de la rue Couillard. S'il existe, le manuscrit original n'a pas encore été retracé. La première édition, avec un portrait du lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille en page frontispice, est ornée de feuilles d'érable. Il n'en existe que deux exemplaires connus : l'un déposé aux archives du séminaire de Québec, et l'autre à la faculté de musique de l'Université de Montréal (collection Villeneuve). La version originale, en sol, est pour quatre voix mixtes et piano.

L'oeuvre de Lavallée devait être créée durant une messe solennelle en plein air qui fut célébrée sur les plaines d'Abraham au matin du 24 juin et à laquelle assistèrent 40 000 personnes. Selon Chouinard, cette exécution aurait effectivement eu lieu : « Les parties de la messe chantées furent : le Kyrie, le Gloria, le Sanctus, l'Agnus Dei; les choeurs donnèrent à l'élévation un Tantum Ergo, sur un air russe; après la messe le God Save the Queen; et, après le discours de Mgr Racine, l'hymne national de Calixa Lavallée. » Toutefois, Le Canada musical (1er juillet 1880) affirme le contraire : « Par un malentendu regrettable, le Chant National de M. Lavallée n'a pu être exécuté après la messe, ainsi qu'il était convenu; nous aurions cependant préféré beaucoup ce chant au Tantum Ergo dont nous n'avons pu encore apprécier assez les beautés pour approuver le choix qu'on en a fait dans une telle circonstance. » Les journaux de Québec ne rapportent pas non plus une exécution de l'oeuvre de Lavallée durant la messe.

Ce qui est sûr, c'est que l'« Ô Canada » fut exécuté le soir du 24 juin, au Pavillon des patineurs, devant plus de 500 personnes, lors d'un banquet qui réunissait les plus hautes personnalités dont le marquis de Lorne, gouverneur général du Canada. Le compte-rendu de Robitaille (Chouinard) est catégorique à ce sujet : « Les fanfares de Beauport, du 9me bataillon [Voltigeurs de Québec] et celle de Fall River, Mass. font entendre nos airs nationaux, et ce chant si plein d'ampleur, composé par Lavallée, sur des paroles de l'honorable juge A.B. Routhier. » Il semble donc que l'oeuvre de Lavallée, jouée seulement et non chantée, fut incorporée à une Mosaïque d'airs canadiens écrite pour la circonstance par Joseph Vézina qui était aussi au pupitre.

« Ô Canada », sous le simple titre de « Chant national », fut repris le lendemain lors d'une grande réception qui réunissait 6000 invités dans les jardins de Spencer Wood. Cinq ou six corps de musique étaient présents et leurs effectifs réunis ont joué à deux reprises le chant national. Deux auditions subséquentes sont rapportées dans Le Canadien du mercredi 30 juin : « Hier matin, à la messe à l'église St-Roch, la Société Ste-Cécile a eu la gracieuseté de faire entendre l'hymne national composé par M. C. Lavallée à l'occasion de notre fête nationale. Cet hymne a un caractère magistral et chanté par des masses de voix produit l'effet le plus imposant. Notre artiste canadien a été patriotiquement et religieusement inspiré par une fête aussi grande que celle du 24 juin. Nous nous trompons fort ou cet hymne national s'imposera de lui-même et fera nécessairement partie de nos hymnes nationaux, qui dans toutes les circonstances de la vie s'échappèrent instinctivement du coeur des Canadiens français soit au pays soit à l'étranger. L'hymne national a aussi été chanté avec grand effet par l'église du faubourg St-Jean avec grand orchestre, dimanche dernier à la messe, après l'Agnus Dei. »

À propos de cette exécution du 27 juin, Le Canada musical écrit pour sa part : « Le magnifique Chant national a été donné après le Dona Nobis avec grand effet. Cette composition, dans laquelle on reconnaît l'auteur de la Cantate à la princesse Louise, est un chant large, patriotique et en même temps d'un caractère religieux; elle paraît réunir toutes les beautés que l'on aime à trouver dans l'hymne national d'un peuple et pour peu qu'elle soit répandue dans nos villes canadiennes, elle deviendra sans doute le chant populaire des Canadiens-Français. »

La popularité de l'« Ô Canada » grandit rapidement au Québec. Le Canada anglais n'entendit l'hymne que 20 ans plus tard. Il aurait en effet été joué à Toronto en 1901, lors de la visite du duc de York, futur George V. La traduction anglaise de deux des quatre strophes du poème de Routhier, due à T.B. Richardson et publiée chez Whaley Royce en 1906, fut ensuite chantée à Massey Hall en 1907 par le Choeur Mendelssohn de Toronto. Cette traduction littérale fut fort mal reçue, ce qui incita la revue Collier's Weekly (édition canadienne) à organiser un concours dans le but de trouver une traduction acceptable au Canada anglais. La gagnante, annoncée le 7 août 1909, fut Mme Mercy E. Powell McCulloch, l'une des quelque 350 concurrents. La version anglaise la plus répandue est cependant celle de Weir, publiée en novembre 1908 chez Delmar, arrangement d'Alfred Grant-Schaefer. Le copyright du texte de Weir passa à Leo Feist Ltd. en 1929 puis à Gordon V. Thompson Ltd. en 1932. Ce dernier et les héritiers de Weir cédèrent leurs droits au gouvernement canadien en 1970 pour le montant symbolique d'un dollar.

« Ô Canada » est un chant qui adopte la forme d'une marche solennelle à 4 temps, comprenant 28 mesures et marqué « maestoso è risoluto ». Le ton original de sol convient surtout aux exécutions instrumentales. Lorsque chanté, il est préférable d'adopter une tonalité plus grave : fa, mi ou mi bémol.

L'édition originale en français d'Arthur Lavigne fut suivie de plusieurs autres, notamment chez A.J. Boucher et Edmond Hardy. Le chant est aussi paru dans de nombreux arrangements, versions et transcriptions, notamment de Richardson (Whaley Royce 1906), Jean-Baptiste Denys (Air varié sur Ô Canada pour piano, Boucher 1909), Amédée Tremblay (McKechnie 1909), Edward Broome (Anglo-Canadian 1910), C.O. Sénécal (Le Passe-Temps, n 482, 1913), Ernest MacMillan (Dent 1928, Whaley Royce 1930), Willan (Harris 1940), Ridout (Thompson 1965), Kenneth Bray (Gage 1969) , Rex LeLacheur (Harris 1979) et Stephen Chatman (pour voix et piano, Frederick Harris 2007). Au nombre des traductions anglaises figurent celles d'Augustus Bridle, Ewing et Lawrence Buchan, Wilfred Campbell, etc. La Metropolitan Toronto Library possède un cahier où figurent quelque 25 traductions. Le compositeur amér. Harry A. Overholtzer a écrit en 1975 un Quatuor à cordes en mi bémol« The Canadian », basé sur le thème de l'hymne, enregistré par le Dakota String Quartet sur étiquette Zoe (Z-005). « Ô Canada » apparaît aussi dans la dernière partie de la Sonate n 3« Textures » (1991) de Walter Buczynski.

Dans sa biographie de Calixa Lavallée, Lapierre consacre un chapitre à une analyse esthétique de l'« Ô Canada » et réfute certaines accusations de plagiat qui ont été formulées à l'endroit des premières mesures de l'hymne. Il existe un nombre considérable d'enregistrements de l'hymne dont les premiers, sur 78t., ont été réalisés au début du siècle par des artistes comme Joseph Saucier, Paul Dufault, Edward Johnson, Édouard LeBel et Percival Price. Lors du centenaire de l'hymne en 1980, le gouvernement canadien émit deux timbres-poste (18 juin) et RCI publia un coffret de quatre micr., Calixa Lavallée et son temps, consacré aux oeuvres de Lavallée et à celles de ses contemporains Ernest Lavigne, Alexis Contant, Guillaume Couture et Joseph Vézina (RCI 513); le coffret contient aussi 12 versions chorales et instrumentales de l'« Ô Canada ».

En 1981-82, un important projet de recherche sur l'« Ô Canada » fut réalisé à la Bibliothèque nationale du Canada par Helmut Kallmann et Patricia Wardrop, en vue d'un disque vidéo expérimental. La documentation accumulée inclut une chronologie, une bibliographie sélective, et une nomenclature de quelque 160 éditions et arrangements, 21 documents radiophoniques de la SRC et 3 films. Dix ans plus tard, à l'initiative du radiodiffuseur Ross Carlin d'Orangeville, Ont., une Fondation Ô Canada fut mise sur pied afin de réaliser, enregistrer et distribuer trois arrangements contemporains de l'hymne : l'un en français, un deuxième en anglais et un troisième consistant en une version symphonique signée Eric Robertson. Plus de 240 exécutants reflétant la diversité musicale du Canada ont participé au projet. La fondation a publié l'hymne sur CD, cassette et vidéo, et, en 1992, plus de 14 000 exemplaires avaient été présentés à des écoles d'un océan à l'autre.

TEXTE LYRIQUE ORIGINAL, EN FRANAIS, DE CANADA

Adolphe-Basile Routhier, 1880

Sources: Rseau Patrimoine Canadien; et

Calixa Lavalle: Musicien national du Canada, Eugne Lapierre

(Fides, Montreal, 1966)


O Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix!


Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempe,


Protègera nos foyers et nos droits.
Protègera nos foyers et nos droits.

Couplets Additionnels:


Sous l'oeil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est d'une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrure
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l'honneur de son drapeau,
Il gardera l'honneur de son drapeau.




De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l'auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie Mais plein de loyauté.
Il veut garder dans l'harmonie,
Sa fière liberté;
Et par l'effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité.
Sur notre sol asseoir la vérité.



Amour sacré du trône et de l'autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel!
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères
Le cri vainqueur: Pour le Christ et le roi,
Le cri vainqueur: Pour le Christ et le roi.



TEXTE LYRIQUE ORIGINAL, EN ANGLAIS, DE CANADA

Robert Stanley Weir, 1908

Source: Canadian Heritage website


O Canada! Our home and native land!
True patriot love thou dost in us command.
We see thee rising fair, dear land,
The True North, strong and free;
And stand on guard, O Canada,
We stand on guard for thee.

Refrain


O Canada! O Canada!
O Canada! We stand on guard for thee.
O Canada! We stand on guard for thee.


O Canada! Where pines and maples grow,
Great prairies spread and lordly rivers flow,
How dear to us thy broad domain,
From East to Western Sea;
Thou land of hope for all who toil!
Thou True North, strong and free!(Refrain)


O Canada! Beneath thy shining skies
May stalwart sons and gentle maidens rise,
To keep thee steadfast through the years,
From East to Western Sea.
Our own beloved native land,
Our True North, strong and free!(
Refrain)


Ruler Supreme, Who hearest humble prayer,
Hold our dominion within Thy loving care.
Help us to find, O God, in Thee,
A lasting, rich reward,
As waiting for the Better Day
We ever stand on guard.(Refrain)

Voir aussi l'Encyclopdie Canadienne: O Canada.


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