Lac Okanagan

Le lac Okanagan, situé au centre-sud de la Colombie-Britannique, est le plus grand lac de la vallée de l’Okanagan.

Le lac Okanagan, situé au centre-sud de la Colombie-Britannique, est le plus grand lac de la vallée de l’Okanagan. Le lac draine environ 6 188 km2 de terres, ce qui représente une surface totale de 351 km2. Le lac de forme oblongue mesure 120 km de longueur et a une largeur qui varie entre 3 à 5 km. La profondeur du lac est très variable, soit une profondeur moyenne de 76 m et une profondeur maximale de 230 m. Le lac Okanagan est beaucoup utilisé à des fins récréatives. Certains croient que la mythique créature Ogopogo l’habite.

Écologie

Le lac Okanagan est un lac oligotrophe, ce qui signifie que la croissance des algues et des plantes est limitée. Dans les zones peu profondes à chaque extrémité du lac, on a tendance à retrouver une plus forte croissance végétale, en partie parce que l’eau au fond du lac se mélange mieux avec l’eau en haut, ce qui fait circuler les nutriments. Dans les parties plus profondes du lac, l’eau du fond ne se mélange pas bien avec l’eau de surface.

De grandes quantités de sédiments, qui résultent du retrait de la dernière calotte glaciaire de la région, il y a environ 10 000 ans, sont à l’origine de la profondeur variable du lac. Dans certaines zones, les sédiments peuvent atteindre une profondeur de 800 m. Si les sédiments étaient complètement enlevés jusqu’au socle rocheux, la profondeur de la vallée qui en découlerait, du socle au sommet des plateaux environnants, dépasserait la profondeur du Grand Canyon, en Arizona.

Malgré que l’eau soit profonde, avec un mélange limité entre l’eau du fond et l’eau au sommet, on retrouve dans le lac Okanagan plusieurs espèces de poissons, y compris le kokani, la lotte, la truite arc-en-ciel et le corégone. Toutefois, en raison de l’ensemencement récent de crevettes de type mysis dans la zone, certains stocks de poissons ont diminué. À l’origine, les crevettes ont été introduites en 1966 comme essai d’approvisionnement en nourriture pour le kokani et la truite arc-en-ciel, mais leur population s’est accrue rapidement, et elles supplantaient les poissons pour la nourriture. Les groupes communautaires et le gouvernement ont constaté un certain succès à la suite des efforts récents visant à éliminer la crevette et, plus tard, l’augmentation des populations de poissons.

Vue de Mission Hill Winery sur le lac Okanagan. Photo prise le 28 octobre 2013.\r\n

Autour du lac Okanagan, on retrouve des terrasses extrêmement fertiles, qui, comme les sédiments du lac, résultent du retrait de la dernière calotte glaciaire dans la région. Lorsque le glacier a reculé et que les niveaux d’eau ont chuté, les sédiments du lit du lac se sont déposés, laissant des terres fertiles. Sur ces terrasses, on retrouve aujourd’hui des vergers et des vignobles. La vallée de l’Okanagan est réputée pour ses vignobles et ses arbres fruitiers! Comme la vallée de l’Okanagan est une région semi-aride, une quantité importante d’irrigation est nécessaire dans de nombreuses régions, et puise une grande partie de l’eau des rivières se déversant dans le lac, ainsi que du lac lui-même. En général, le bassin de l’Okanagan manque d’eau pour tout type d’utilisation, puisque la plupart des sources en surface, comme les lacs et les rivières, sont attribuées à des fins industrielles ou municipales. La région affiche la plus faible quantité d’eau par personne au Canada.

Préoccupations environnementales

Vue sur Kelowna, en Colombie-Britannique, et sur lac Okanagan du mont Knox.\r\nPhoto prise le 14 juin 2015.

Trois importantes agglomérations occupent les rives du lac : Vernon à l’extrémité nord, Kelowna au centre et Penticton à l’extrémité sud. Malgré la présence de l’agriculture dans ces régions, qui déversent généralement des polluants comme les pesticides et les déchets animaux dans les plans d’eau, la qualité de l’eau du lac Okanagan demeure relativement bonne. Cela tient en partie à l’importance économique du tourisme dans la région; une bonne qualité de l’eau aide à attirer plus de visiteurs. De même, le lac Okanagan s’avère mieux étudié et surveillé que la plupart des lacs, en partie à cause de l’industrie du tourisme, mais aussi en raison de la rareté de l’eau dans la région.

En raison d’une combinaison de facteurs, les stocks de poissons, spécifiquement le kokani, ont diminué au cours des trois dernières décennies. Les facteurs qui contribuent à leur déclin incluent l’introduction d’espèces envahissantes, la destruction de l’habitat de frai et le retrait de l’eau à des fins d’irrigation. Certaines exploitations minières, en plus des industries liées au bois (transformation primaire et secondaire), sont présentes dans la région et peuvent avoir un impact sur la qualité et la quantité d’eau dans le lac. Les contaminants provenant des municipalités ont diminué en raison de l’installation de stations d’épuration améliorées dans les collectivités de Kelowna, Vernon et Westbank.

Histoire

Le lac Okanagan est situé dans le territoire traditionnel des peuples Okanagan, également connus sous le nom « Syilx », qui ont vécu sur cette terre pendant des milliers d’années avant l’arrivée des Européens. Le lac et les rivières qui s’y rattachent étaient des voies de transport importantes. Les Okanagan étaient également des pêcheurs, utilisant le lac pour la nourriture et le commerce. Selon l’interprétation de la mythique créature ​Ogopogo par les Okanagan, le lac possède un esprit, et ces derniers s’estiment responsables de la protection des eaux sacrées du lac. À cette fin, l’Okanagan Nation Alliance joue un rôle actif dans l’intendance et la gestion du lac.

Aujourd’hui, la nation Okanagan est composée de huit bandes membres, dont sept sont situées au Canada et trois d’entre elles sont situées le long du lac Okanagan.

En 1811, David Stuart, de la Pacific Fur Company, rendait la région accessible au commerce des fourrures. Il a été suivi par des missionnaires, des chercheurs d’or et des éleveurs. La taille et la profondeur du lac permettaient de servir de moyen de transport de marchandises et de passagers vers les communautés parsemées le long de ses rives. À partir des années 1890, des bateaux à vapeur étaient en exploitation sur le lac, y compris le SS Sicamous, autrefois la propriété de la compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique et maintenant devenu un musée situé sur le littoral du centre-ville de Penticton. Les déplacements entre les rives est et ouest du lac ont été facilité en 1958 quand un pont, reliant les communautés de Kelowna et de Westbank, a été érigé. En 2008, la structure originale a été remplacée par le pont William R. Bennett.