Ontario

L’Ontario est une province canadienne délimitée à l’ouest par le Manitoba, au nord par la baie d’Hudson, à l’est par le Québec, et au sud par New York, les Grands Lacs, le Michigan et le Minnesota. La province a été fondée sur certaines parties des territoires traditionnels des Ojibwés, des Odawas, des Potawatomi, des Algonquins, des Mississauga, des Haudenosaunee, des Neutres, des Hurons-Wendats, des Cris, des Oji-Cris et des Métis. Le territoire est aujourd’hui régi par 46 traités, dont les traités Williams et Robinson, le traité du Haut-Canada, ainsi que les traités no 3, 5 et 9. Selon le recensement de 2016, l’Ontario compte 13 448 494 habitants, ce qui en fait la province la plus peuplée du Canada. L’Ontario est une des quatre provinces fondatrices de la Confédération de 1867, avec le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Québec. Sa capitale est Toronto. Son gouvernement actuel, mené par le premier ministre Doug Ford, est majoritaire progressiste-conservateur.

Géographie

Les r\u00e9gions physiographique d

L’Ontario s’étend sur trois des sept régions physiographiques du Canada : les basses terres de la baie d’Hudson, le Bouclier canadien et les basses terres du Saint-Laurent. L’agriculture, tout comme la majorité de la population, se concentre au sud du territoire. À titre comparatif, le nord de l’Ontario, qui représente 90 % du territoire, n’est occupé que par 6 % de la population. Même si l’on a tendance à diviser la province en trois régions physiographiques, la géologie, le climat, le sol et la végétation s’enchevêtrent et créent d’autres zones distinctes au sein de ces classifications générales.

L’Ontario offre le paysage le plus diversifié de toutes les provinces canadiennes. Deux tiers de la province se trouve dans le Bouclier canadien, qui couvre la majorité du nord du pays à l’exception des basses terres de la baie d’Hudson. À l’est s’étendent les plaines de l’Ontario, entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. À l’ouest, à partir de Kingston, une ceinture de collines ondulées et de plaines mène à un plateau, au sud-ouest, tandis que l’escarpement du Niagara se déploie de la ville de Niagara Falls à Tobermory, au nord, jusqu’à l’île Manitoulin, dans la baie Georgienne.

Géologie

Un affleurement rocheux du Bouclier canadien sur les rives de la baie Géorgienne, en Ontario.
Un affleurement de calcaire sur l\u2019escarpement du Niagara Escarpment. Photo prise le 28 septembre 2014.

Le Bouclier canadien fait partie des formations rocheuses les plus anciennes de la planète, remontant aux périodes archéenne et protérozoïque de l’ère précambrienne (il y a de 542 millions à 4 milliards d’années). Ces formations contiennent d’importants gisements de minerais qui font rouler l’économie du nord de l’Ontario.

Les sédiments sous-jacents de calcaire, de grès et de schiste dans le sud de l’Ontario sont quant à eux plus récents et datent de l’ère paléozoïque, en particulier des périodes ordovicienne, silurienne et dévonienne (il y a 359 à 485 millions d’années). À l’exception de l’escarpement du Niagara, les affleurements de ce substrat rocheux sont rares.

Tout le territoire de l’Ontario a été, à une époque ou à une autre, enseveli sous la glace. Il y a 11 000 ans, un moment récent au regard de l’histoire, la dernière couche de glace sur la province fond, ce qui crée de nombreux lacs dans le nord de la province, ainsi que les Grands Lacs le long des frontières sud et ouest de l’Ontario. Ces Grands Lacs primitifs sont considérablement plus imposants que ceux d’aujourd’hui. Au fil du temps, ils laissent un lit de sable sur lequel les premières routes de la province sont construites. Les cours d’eau qui s’y jettent, comme la rivière Grand, coulent désormais dans d’immenses vallées.

Les effets de l’ère glaciaire s’observent encore aujourd’hui en Ontario. En effet, le sud de la province est ponctué de dépôts rocheux laissés là par les glaciers, et on retrouve des formations de tills, qui délimitent les bords des glaciers anciens, de part et d’autre du territoire. Le plus connu est le till d’Oak Ridge, un relief qui sépare le lac Ontario de la baie Georgienne. Les tills de Horseshoe longent la côte est du lac Huron jusqu’à la base de la péninsule Bruce, et se poursuivent au sud-est le long de l’escarpement, puis au sud-ouest vers le lac Érié. D’autres dépôts, appelés drumlins, sont particulièrement fréquents dans la région de Peterborough.

Lacs et rivières

Les rives du lac Huron dans le parc provincial Pinery, en Ontario.

L’Ontario contient plus de 250 000 lacs, soit environ un cinquième des réserves mondiales d’eau douce. À l’exception du lac Michigan, l’Ontario touche à tous les Grands Lacs canadiens (Supérieur, Huron, Érié et Ontario). Parmi les autres bassins d’envergure, on compte le lac Nipigon (4 848 km2), le lac des Bois (qui s’étend sur 3 150 km2 au-delà des frontières du Manitoba et du Minnesota) et le lac Seul (1 657 km2).

L’Ontario compte également un grand nombre de rivières. Les rivières du sud de l’Ontario se jettent dans les Grands Lacs et le système fluvial du Saint-Laurent pour aboutir éventuellement à l’océan Atlantique. C’est le cas notamment de la rivière des Outaouais, qui prend sa source dans l’ouest du Québec et crée une barrière naturelle entre l’Ontario et le Québec. La plupart des rivières du nord de l’Ontario, y compris les rivières Severn et Albany, se déversent quant à elles dans la baie James et la baie d’Hudson.

Climat

On retrouve en Ontario une vaste gamme de climats. Les températures en été peuvent atteindre les 30 degrés Celsius, et chuter sous les 40 en hiver, bien que cela varie de région en région. Dans le nord, c’est le dur climat subarctique qui prévaut, avec des températures moyennes de 16 °C en juillet et de -22 °C en janvier. Les températures hivernales sont plus clémentes aux alentours des Grands Lacs, dans le sud-ouest de l’Ontario et sous l’escarpement du Niagara, avec des températures moyennes quotidiennes entre -3 °C en janvier près de Windsor, et de -3,7 °C à Toronto. En juillet, la zone entre Chatham et Windsor est la plus chaude (22 °C).

Les hivers sont rigoureux et ponctués de tempêtes partout dans la province. Les zones exposées aux vents d’ouest près des Grands Lacs font partie d’une région appelée « snow belt », ou ceinture de neige. Les zones au sud d’Owen Sound, autour de Parry Sound et à l’ouest de Sault Ste. Marie, par exemple, reçoivent en moyenne des précipitations de neige de plus de 250 cm chaque hiver. Par comparaison, les régions de Toronto et de Hamilton, qui se trouvent partiellement à l’ombre pluviométrique de l’escarpement du Niagara, reçoivent annuellement moins de 150 cm de neige.

Sol et végétation

Une for\u00eat dans le nord de l'Ontario en automne.

Le Bouclier canadien, en général, se prête mal à l’agriculture. En effet, ses sols podzoliques sont très minces et peu fertiles, bien qu’ils suffisent aux forêts boréales (voir Classification des sols). En fait, seules les régions argileuses du nord-est de l’Ontario et Rainy River, au nord-ouest, possèdent des sols permettant une activité agricole digne de ce nom.

La couverture forestière du nord de l’Ontario n’est pas uniforme. Dans l’extrême nord, des saules de petite taille et des épinettes noires peinent à pousser dans les tourbières; plus au sud, l’épinette, le tremble et le pin gris dominent le nord du Bouclier canadien. Plus au sud encore, à l’est et à l’ouest du lac Supérieur, le Bouclier est jonché d’une forêt mixte que l’on appelle la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Au début du 19e siècle, dans l’est de l’Ontario, on trouve en plus des érables durs de magnifiques peuplements de pins blancs qui alimentent l’industrie forestière du centre du Canada. À cause des pratiques d’exploitation moins responsables à l’époque, toutefois, le nombre de pins blancs en Ontario a beaucoup diminué.

Les luvisols gris brun du sud de l’Ontario, qui se développent sous la végétation forestière à partir des dépôts de tills et de glaciers, sont plutôt fertiles, tandis que des sédiments deltaïques, créés par le passage des glaciers, forment des plaines sablonneuses, en particulier au nord du lac Érié.

Parcs nationaux et provinciaux

Le parc national de la Péninsule-Bruce, sur la baie Georgienne en Ontario.
L\u2019extrémité de Pointe-Pelée, au Parc national de la Pointe-Pelée, en Ontario. Photo prise en novembre 2008.
Le parc provincial Algonquin en Ontario.

On trouve en Ontario plus de 334 parcs provinciaux et six parcs nationaux (le parc de la Péninsule-Bruce, des Îles-de-la-Baie-Georgienne, de Pointe-Pelée, de la Rivière-des-Mille-Îles et de la Rouge). Le parc national de la Rouge, situé dans la région du Grand Toronto, est le premier parc national urbain du Canada. Le plus vieux parc provincial de la province, le parc Algonquin, est créé en 1893. Les autres parcs provinciaux ponctuent la province, du parc provincial Rondeau au sud, près du lac Érié, au parc provincial Polar Bear, au nord. Ce dernier, avec une superficie de 2,4 millions d’hectares, est le plus grand parc de l’Ontario et n’est accessible que par voie aérienne.

Histoire

Peuples autochtones

Ojibwa, Algonquin, Haudenosaunee, Wendat and Cree traditional territory.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Les premiers occupants de ce que l’on appelle aujourd’hui l’Ontario arrivent au cours de la dernière ère glaciaire, il y a environ 11 000 ans. À mesure que la glace fond, les Paléoaméricains investissent les régions nordiques de la province. Pendant de nombreuses années, les peuples autochtones subsistent probablement de la pêche et de la chasse; le cerf, l’élan, l’ours et le castor en effet pullulent dans le sud, tandis qu’on trouve le caribou dans le nord. À partir de l’an 1000 avant notre ère, la poterie est inventée, et des sites archéologiques montrent qu’un système de commerce décentralisé permet l’importation de biens d’aussi loin que le golfe du Mexique. Vers l’an 800 de notre ère, certaines tribus s’installent au sud du Bouclier canadien, notamment les Hurons-Wendats et les Haudenosaunee, des peuples qui cultivent le maïs, le haricot et la courge.

Lorsque les Européens arrivent au début des années 1600, les Cris habitent ce qui est maintenant le nord de l’Ontario, et les Ojibwés, les Odawas et les Algonquins se trouvent au sud d’eux, le long de la côte nord du lac Supérieur et dans le Québec d’aujourd’hui. Près de la baie Georgienne, plus au sud, se trouvent les Hurons-Wendats, tandis que les Potawatomis et le peuple des Neutres résident à l’extrémité sud de la province. Les nations formant la Confédération des Haudenosaunee (les Mohawks, les Onontagués, les Oneidas, les Cayugas et les Sénécas) vivent au sud du lac Ontario, dans la région des Finger Lakes de ce qui est aujourd’hui l’État de New York.

Exploration et traite des fourrures

Les premiers Européens à franchir les frontières de l’Ontario d’aujourd’hui seraient Henry Hudson, qui explore la côte de la baie James, et Étienne Brûlé et Samuel de Champlain, qui voyagent le long de la rivière des Outaouais en 1613 et qui atteignent le centre de la province en 1615. Étienne Brûlé serait également le premier Européen à voir les lacs Huron et Ontario. Afin d’exploiter les réseaux de commerce déjà en place sur le territoire pour la traite des fourrures, les Français s’allient aux Hurons-Wendats, aux Innus et aux Algonquins. Les Hollandais et les Anglais, pour leur part, adoptent une stratégie semblable en fraternisant avec les Haudenosaunee. Dans les deux camps, on arme les partenaires autochtones de fusils. Étant donné leur emplacement entre le Bouclier canadien riche en fourrures et les marchés du Sud, les Hurons-Wendats font de très bonnes affaires dans les premières décennies du commerce européen des fourrures. Les Haudenosaunee, cherchant à profiter eux aussi de cette lucrative activité commerciale, effectuent une série d’attaques dans les villages hurons-wendats au cours du 17e siècle (voir Guerres iroquoises). De 1642 et 1649, ces raids dispersent les Hurons-Wendats; certains fuient au Québec, tandis que d’autres voyagent vers le sud pour se joindre au peuple des Neutres. Des raids haudenosaunee dans les villages neutres en 1650 et 1651, toutefois, achèvent de fracturer le peuple huron-wendat, qui finit par s’assimiler à d’autres collectivités autochtones au sud et à l’ouest.

Entre-temps, malgré l’hostilité des Haudenosaunee, les Français continuent de coloniser la région des Grands Lacs, utilisant aussi bien la route traversant la rivière des Outaouais, la rivière des Français et le lac Huron vers l’ouest que la voie du Saint-Laurent et des Grands Lacs vers l’est.

L’explorateur français René-Robert Cavelier de La Salle fait construire le Griffon, un navire grâce auquel il explore les Grands Lacs et fait de la région ontarienne un lien vital entre les colonies françaises à Québec et les postes de traite sur la rivière Mississippi. Au cours du 18e siècle, les principaux postes de traite français dans les Grands Lacs sont le fort Frontenac (Kingston), le fort Niagara, le fort Détroit et le fort Michilimackinac.

L’Angleterre, féroce rivale de la France, ne prend possession de la région qu’en 1758-1759, lorsque ses troupes incendient le fort Frontenac et s’emparent du fort Niagara. L’occupation britannique se consolide davantage en 1763-1764, au dénouement d’une violente révolte de la part des alliés autochtones français. La région des Grands Lacs sert aussi de base d’opérations aux forces armées britanniques pendant la Révolution américaine. Une série de raids et de campagnes sanglantes, si elle n’arrive pas à défaire l’emprise que l’Angleterre a sur ses forts, provoque néanmoins l’exode de réfugiés loyalistes et haudenosaunee chassés de la frontière américaine. En 1783, le traité de Paris divise les Grands Lacs en plein centre, créant la frontière sud de l’Ontario d’aujourd’hui.

Colonisation et Révolution américaine

La colonisation moderne de l’Ontario commence par l’arrivée de 6 000 à 10 000 loyalistes pendant et après la Révolution américaine. Arrivent à leur suite d’autres Américains attirés par les terres bon marché; en effet, des terres de la Couronne sont offertes au prix modique de six pennies par acre, sans compter les frais d’arpentage (un serment d’allégeance est également demandé). En vertu de la Loi constitutionnelle de 1791, l’ancienne Province de Québec est divisée et le Haut et le Bas-Canada sont créés.

On instaure également un gouvernement colonial régulier, doté d’un lieutenant-gouverneur, d’une assemblée législative élue et de conseils exécutif et législatif choisis. Le premier lieutenant-gouverneur est John Graves Simcoe, un ancien combattant britannique durant la Révolution américaine qui veut faire du Haut-Canada le bastion de la Couronne britannique en Amérique du Nord.

Guerre de 1812

Le Haut-Canada occupe peut-être la limite nord de la frontière américaine, mais en 1812, environ 80 % des 100 000 colons peuplant le sud de l’Ontario sont d’origine américaine. Lorsqu’éclate la guerre de 1812 aux États-Unis, cette population adopte des positions ambivalentes, et quelques Haut-Canadiens décident même de se battre aux côtés des envahisseurs.

L’armée britannique, aidée de la milice locale et de ses alliés autochtones, réussit à défendre la majeure partie de la province, repoussant les attaquants américains le long de la frontière du Niagara en 1812 (à Queenston Heights) et en 1813 (à Beaver Dams et Stoney Creek) (voir aussi Participation des Premières Nations et des Métis à la guerre de 1812). En 1813, les forces américaines envahissent le sud-ouest de l’Ontario et attaquent la capitale provinciale, York (Toronto), où ils mettent feu aux édifices du gouvernement. Après plusieurs batailles sanglantes en 1814, la guerre tire à sa fin, et le traité de paix qui l’officialise demande aux Américains et aux Britanniques de rendre ce qu’ils ont conquis. La frontière demeure ainsi inchangée.

Traités

Treaties in Ontario.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

À partir du milieu des années 1830, le gouvernement colonial signe des traités portant sur la plupart des terres arables du Haut-Canada (aujourd’hui la région des Grands Lacs de l’Ontario). Pour ce gouvernement, les traités permettent d’obtenir des Premières Nations qu’elles cèdent leurs terres en échange de produits et d’autres promesses. Éventuellement, les traités finissent par inclure la création de réserves, des parcelles de terre où les Premières Nations peuvent s’installer. Cela étant dit, les réserves ne représentent qu’une fraction des territoires traditionnels de ces nations. De 1764 à 1862, le gouvernement signe les « traités du Haut-Canada », une série d’ententes qui prévoient un dédommagement forfaitaire aux Premières Nations sans toutefois créer de réserves. D’autres traités sont également signés dans la province après ces dates, notamment les traités Robinson-Huron et Robinson-Supérieur (1850), les traités Williams (1923), le traité no 3 (1873 à 1875) et le traité no 9, signé par étapes à partir de 1905 (voir aussi Traités autochtones et Traités numérotés).

Immigration

De 1825 à 1842, la population du Haut-Canada triple et passe à 450 000 habitants. En 1851, ce nombre double. La plupart des immigrants viennent des Îles britanniques, dont 60 % d’Irlandais, 20 % d’Écossais et 20 % d’Anglais. À mesure que la population croît et occupe les terres riveraines, les colonies s’étendent du sud vers le nord et s’éloignent de plus en plus des lacs. L’accès à ces terres éloignées dépend des routes, souvent de piètre qualité, que les colons ont bâties eux-mêmes.

Rébellions de 1837

La spéculation foncière effrénée crée beaucoup d’irrégularités dans les modèles de peuplement initiaux. Les terres fertiles du sud de l’Ontario sont en grande partie occupées dès le milieu des années 1850, époque où le gouvernement change à nouveau. Dans la foulée des rébellions de 1837 menées dans le Haut-Canada par le fougueux William Lyon Mackenzie, le gouvernement britannique unit le Haut et le Bas-Canada sous la même bannière, celle de la Province du Canada.

Confédération et gouvernement responsable

Une autre décennie de politique turbulente mène à l’adoption d’un gouvernement responsable en 1848-1849. À l’époque, l’immigration, combinée à un haut taux de natalité, fait considérablement augmenter la population du Haut-Canada, si bien qu’elle surpasse celle du Bas-Canada par environ 60 000 personnes. Dans la foulée de cette augmentation naît un mouvement populaire mené par George Brown qui exige la représentation politique proportionnelle, une mesure qui assurerait plus de sièges au Parlement pour le Haut-Canada, mais qui fait surtout stagner davantage le système politique de la province. La crise se résout finalement en 1864 par la formation d’un régime commun (voir Grande Coalition) visant à unifier toutes les colonies de l’Amérique du Nord britannique. La Confédération est formée en 1867, et l’Ontario devient une province du nouveau Dominion du Canada (voir aussi l’Ontario et la Confédération).

Développement économique

La rue King \u00e0 Toronto, vers 1868.

Dans les années 1850, l’économie de l’Ontario repose principalement sur l’agriculture, en particulier celle du blé. Au fil du temps, l’industrie finit par se concentrer sur l’élevage laitier et la production de fruits et légumes. À cette même époque, on note chez la population un exode des zones rurales vers les villes, les États-Unis et l’Ouest canadien. La croissance urbaine et industrielle augmente ainsi des années 1850 à 1860, notamment en raison du développement des textiles, de la métallurgie et des équipements et machines agricoles. Toronto, en particulier, croît et devient non seulement un important centre ferroviaire et manufacturier, mais également la capitale de la province.

Les gouvernements ontariens qui suivent s’affairent à développer l’exploitation des ressources naturelles de la province, soit le bois et les minerais et, plus tard, l’hydroélectricité. Une série de disputes avec le gouvernement fédéral concernant le patronage, le pouvoir hydroélectrique et les frontières septentrionales de la province se règle en 1889, lorsque l’on déclare, au détriment du Manitoba, que la frontière ouest de l’Ontario se poursuit jusqu’au lac des Bois. Cette frontière est officialisée en 1912.

Démographie

Langues et ethnicité

Selon le recensement de 2011, l’anglais est la langue maternelle de la majorité de la population ontarienne (68 %), suivi loin derrière par le français (4 %) et l’italien (2 %). Toronto possède la plus grande concentration de locuteurs d’origine ni anglophone ni francophone, avec une population composée à 45 % d’allophones (c’est-à-dire n’ayant ni le français ni l’anglais pour langue maternelle). Les centres urbains comptant le plus grand nombre de locuteurs francophones sont Sudbury (25 %) et Ottawa (14 %).

L’Ontario possède une population très diversifiée sur le plan ethnique. Selon l’Enquête des ménages de 2011, environ 65 % de la population provinciale est d’origine européenne. Au sein de ce groupe, les gens venant des Îles britanniques sont les plus nombreux, suivis des Français, des Allemands et des Italiens. Les personnes d’ascendance asiatique (21 %) et sud-asiatique (8 %) composent également une portion importante de la population de l’Ontario, tandis que les citoyens d’origine autochtone (incluant les Premières Nations, les Métis et les Inuits) forment 3 % de la population. La province accueille également 26 % de minorités visibles, dont les communautés noires, de l’Asie du Sud et de Chine sont les plus importantes.

Religion

L’Enquête des ménages de 2011 indique que la majorité de la population de l’Ontario est de confession chrétienne, à 65 %. Après le christianisme, l’islam (5 %), l’hindouisme (3 %) et le judaïsme (2 %) sont les religions les plus pratiquées. Quelque 23 % de la population se déclarent sans appartenance religieuse.

Municipalités, villes et réserves

Liste des plus grandes villes de l’Ontario

Nom

Population

Toronto

2 731 571

Ottawa

934 243

Mississauga

721 599

Brampton

593 638

Hamilton

536 917

London

383 822

Markham

328 966

Vaughan

306 233

Kitchener

233 222

Windsor

217 188

Source : Statistique Canada, recensement de 2016.

En 2011, on estime que 86 % de la population ontarienne réside dans les villes. En 1851, 160 ans plus tôt, c’était tout le contraire : 86 % de la population était rurale. Ces chiffres témoignent bien du fait que l’Ontario est non seulement la province la plus populeuse au pays, mais aussi la plus urbaine.

Un des faits les plus notables de cette tendance citadine se trouve dans le Golden Horseshoe, un réseau de communautés près de l’extrémité ouest du lac Ontario qui s’étend de Peterborough, à l’est, à St. Catharines-Niagara, au sud-ouest. En effet, plus de 64 % de la population ontarienne vit dans cette région. Toronto, quant à elle, est la plus grande ville du Canada et joue un rôle clé dans l’économie de la province.

Les centres urbains du sud-ouest de l’Ontario se concentrent autour de l’axe Kitchener-Waterloo-Cambridge, ainsi qu’à London. Windsor, pôle consacré de l’industrie automobile canadienne, fait partie de l’ensemble urbain de Détroit. À part Kingston, plus grande ville à l’est du lac Ontario, et Ottawa, l’est de l’Ontario ne possède pas de grande concentration urbaine.

Les villes du nord de l’Ontario s’étendent le long du réseau ferroviaire qui justifie leur fondation : North Bay est encore aujourd’hui un noyau du transport, Sudbury est au cœur du plus grand district minier du Canada, Sault Ste. Marie est une importante productrice d’acier et Thunder Bay, un port de transbordement majeur.

Il existe 200 réserves en Ontario et neuf peuplements des Premières Nations. La réserve est un lopin de terre mis de côté en vertu de la Loi sur les Indiens pour une Première Nation ou une bande autochtone, tandis qu’un peuplement désigne une agglomération où la population est principalement autochtone. De toutes les provinces, l’Ontario possède la plus grande population autochtone habitant dans les réserves.

Forte de ses 426 km2, la réserve Wikwemikong, située à l’extrémité est de l’île Manitoulin dans la baie Géorgienne, est la plus grande réserve de l’Ontario et abrite la bande Wikwemikong des Nations odawa, potawatomi et ojibwé. Par comparaison, la ville de London s’étend sur 420 km2. La réserve Fort Albany 67, anciennement un poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson sur la rive sud-ouest de la baie James, est la deuxième réserve en importance, suivie de Webequie, domicile des Ojibwés.

Beaucoup de réserves ontariennes se trouvent dans des régions éloignées; en fait, 25 % d’entre elles ne sont accessibles à longueur d’année que par voie aérienne, ou par chemin de glace en hiver. Ce faisant, de nombreux résidents des Premières Nations doivent vivre dans des conditions de vie déplorables et peu sécuritaires. Des avis concernant la qualité de l’eau, qui indiquent aux résidents quand l’eau n’est plus potable ou ne devrait pas être utilisée à des fins d’hygiène, sont monnaie courante dans les réserves d’Ontario et du Canada. En 2016, Human Rights Watch a même rapporté que deux Premières Nations ontariennes, Neskantaga et Shoal Lake 40, étaient soumises à des avis sur l’eau depuis plus de 20 ans, un record au pays.

D’autres Premières Nations en Ontario font la une des journaux nationaux en démontrant les défis de la vie quotidienne dans les réserves. Le 28 octobre 2011, par exemple, la Première Nation attawapiskat déclare l’état d’urgence en raison d’une grave crise du logement. Le 9 avril 2016, cette collectivité déclare un nouvel état d’urgence, cette fois-ci à cause d’une hausse alarmante du nombre de tentatives de suicide dans la population (voir aussi Suicide chez les Autochtones au Canada).

Les problèmes qui affligent les réserves, à la fois en Ontario et dans le reste du pays, sont le résultat direct des pratiques d’assimilation coloniales mises en place par les gouvernements, notamment les pensionnats indiens et les traités territoriaux, sans parler du racisme systémique et continu auquel les Autochtones sont confrontés.

Économie

L’économie de l’Ontario est d’abord basée sur le piégeage et la chasse. Si elle prend de l’expansion avec l’arrivée des colons, elle demeure largement rurale et agricole jusqu’à la fin du 19e siècle. Au début du 20e siècle, des chemins de fer sont construits de part et d’autre du nord de l’Ontario, libérant ainsi la voie à l’exploitation des ressources minières dans des endroits comme Cobalt et Timmins.

La découverte et l’exploitation de l’énergie hydroélectrique, combinées à une hausse marquée de l’exportation au tournant du 20e siècle, stimulent grandement l’expansion industrielle et la croissance des villes de toute taille. Bien qu’on décrive souvent l’Ontario comme le centre industriel du Canada, le secteur manufacturier dans la province a connu un déclin depuis la dernière décennie. Cela étant dit, l’Ontario demeure l’emplacement principal des usines manufacturières au pays.

Agriculture

Les terres agricoles au nord de London, en Ontario.

L’Ontario possède un peu plus de 50 % des meilleures terres agricoles du Canada, que l’on appelle terres de classe 1. Selon le recensement de l’agriculture de 2016, l’Ontario se positionne au deuxième rang au Canada en termes de recettes monétaires agricoles (c’est-à-dire le revenu brut des agriculteurs), tout juste derrière l’Alberta. La grande majorité des activités d’agriculture ont lieu dans le sud de la province, bien que des regroupements agricoles dans le Bouclier canadien desservent les marchés laitiers locaux.

Les principales cultures de grande production de l’Ontario sont le soja (74 % du soja canadien est cultivé en Ontario), le maïs (pour ses grains) et le blé d’hiver. L’Ontario est également la seule région à produire du tabac au pays. La culture de fruits et de noix, quant à elle, est la troisième plus importante au Canada en matière de nombre de cultures, derrière la Colombie-Britannique et le Québec.

En ce qui a trait à l’élevage, l’Ontario compte le plus grand nombre de fermes avicoles, ovines, caprines et de volailles au Canada, ainsi que le deuxième plus grand nombre de fermes laitières, derrière le Québec. L’Ontario se classe également au troisième rang en ce qui a trait aux fermes bovines, derrière l’Alberta et la Saskatchewan.

Comme dans les autres provinces et territoires, les agriculteurs ontariens sont habitués à vendre leurs produits par l’intermédiaire des offices de commercialisation instaurés depuis les années 1930. Ces offices ne sont pas soutenus de façon universelle, même chez les agriculteurs, mais ils visent à instaurer une certaine régularité et une prévisibilité dans le commerce des produits agricoles. Les offices de commercialisation en Ontario incluent les Producteurs laitiers de l’Ontario, les Chicken Farmers of Ontario, les Grain Farmers of Ontario et les Grape Growers of Ontario.

Exploitation minière

En matière de valeur, l’Ontario produit plus de métaux et d’autres minéraux que n’importe quelle autre province et n’importe quel territoire. La province est la principale productrice de métaux des groupes cobalt, or, argent, nickel, sélénium et platine, ainsi que de matières industrielles comme le ciment, la pierre et la syénite néphélinique (utilisée dans la fabrication du verre et de la céramique). De plus, l’Ontario est la deuxième plus grande productrice de cuivre au Canada, derrière la Colombie-Britannique, et fait partie d’une des deux seules régions productrices de diamants au Canada (la plus importante étant les Territoires du Nord-Ouest). La majorité des mines de métaux et minéraux en Ontario se trouve dans le Bouclier canadien, en particulier près de Timmins et Sudbury. La seule mine de diamant de la province est située à l’ouest de la Première Nation attawapiskat, sur la rive ouest de la baie James. La production de matières industrielles a principalement lieu dans le sud de la province.

Le développement de l’industrie minière ontarienne est fortement associé à la montée de Toronto comme pôle financier dans la province et au Canada. Entamée vers 1900, l’exploitation des minerais dans le nord de l’Ontario met Toronto dans la course minière avec Montréal, et lui permet, au fil du temps, de surpasser la métropole québécoise.

Argent, extraction de l
Coupe de roche \u00e0 la mine Foster, \u00e0 Cobalt, en Ontario, en 1905.

Entre la fin des années 1880 et la moitié du 20e siècle, la découverte de nouveaux gisements est plus que fréquente dans le nord de l’Ontario. Un des plus gros gisements de cuivre et de nickel au monde — qui contient également du plomb, du zinc, de l’argent et du platine — est trouvé dans le bassin de Sudbury en 1883. En 1903, près de la ville de Cobalt, on trouve une source d’argent à teneur élevée. D’importants gisements d’or sont également découverts près de Porcupine et de Kirkland Lake de 1906 à 1912, à Red Lake en 1925 et près de Hemlo en 1981. En 1953, un des plus grands dépôts d’uranium au monde est découvert à Elliot Lake, tandis que l’on trouve près de Timmins, en 1964, un important gisement de cuivre, de zinc et d’argent. Du calcaire, du sable et du gravier se trouvent également en grande quantité dans le sud de l’Ontario grâce aux dépôts de glacier.

Énergie

La plus grande partie de l’électricité en Ontario provient de Hydro One, une société propriétaire de presque toutes les lignes de transport d’énergie de la province. Dans certaines régions, la société alimente les foyers directement, tandis qu’elle approvisionne des entreprises de distribution pour le reste de la province. La distribution d’électricité à Toronto, par exemple, est assurée par Toronto Hydro.

L’électricité ontarienne provient à 58 % de l’énergie nucléaire, à 10 % du gaz naturel et à 23 % de l’hydroélectricité. Le reste est produit par des sources solaires, éoliennes et bioénergétiques. L’Ontario possède trois centrales nucléaires. Bruce Power, située sur les rives du lac Huron au nord de Tiverton, est la plus grande centrale de son genre sur la planète. Les centrales de Pickering et Darlington sont installées à l’est de Toronto, sur les rives du lac Ontario. Les centrales hydroélectriques et au gaz naturel, quant à elles, se trouvent un peu partout dans la province. La plus grosse centrale au gaz naturel de l’Ontario, le St. Clair Energy Centre, se situe près de Sarnia, et le Sir Adam Beck Complex, sur la rivière Niagara, est la plus importante installation hydroélectrique de la province. Des fermes d’éoliennes sont groupées dans le sud-ouest, en particulier près des Grands Lacs, alors que les usines de bioénergie sont plus au nord.

La centrale hydro\u00e9lectrique Sir Adam Beck sur la rivi\u00e8re Niagara, en Ontario.

La société Hydro One, autrefois appelée Hydro-Electric Power Commission of Ontario, est fondée en 1906 par sir Adam Beck. Il s’agit d’une société d’État jusqu’à ce que le gouvernement provincial de Kathleen Wynne prenne la décision controversée de la privatiser. À la fin de novembre 2015, Hydro One achève sa première offre publique à la bourse. Le gouvernement provincial prévoit garder 40 % des parts d’Hydro One, tandis que le reste sera vendu à d’autres investisseurs.

De 2005 à 2015, l’Ontario ferme les portes de toutes ses centrales au charbon et les remplace par des installations utilisant une combinaison de sources renouvelables, de gaz naturel et d’énergie nucléaire. Cette décision permet au secteur de l’énergie de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % au cours de la même période.

Foresterie

On trouve environ 71 millions d’hectares de forêts en Ontario, soit environ deux tiers de son territoire, et quelque 90 % de ces forêts appartiennent à la Couronne. L’Ontario, avec le Québec et les provinces maritimes, approvisionne l’industrie forestière canadienne en bois dur (c’est-à-dire du bois provenant d’arbres feuillus comme le bouleau, l’érable et le chêne). En 2015, l’Ontario génère des profits de 150 millions de dollars grâce à la vente de son bois, soit environ 8 % des revenus totaux du bois pour le Canada. Seuls la Colombie-Britannique et le Québec surpassent ce nombre.

Pêche

C’est en Ontario que la pêche d’eau douce est la plus importante en Amérique du Nord. La pêche commerciale de la perche jaune, du doré jaune, du grand corégone, du bar blanc et de l’éperlan arc-en-ciel se concentre dans les lacs Supérieur, Huron, Ériéet Ontario, ainsi qu’à Nipigon, à Rainy, au Lac des bois et aux abords du fleuve St-Laurent.

Industrie manufacturière

L’Ontario est la province manufacturière du Canada. Ce statut déjà bien établi lors de la Confédération est motivé par le désir de concentrer l’industrie dans une province offrant un accès facilité au transport, des ressources abondantes et la possibilité d’investir les marchés d’exportation américains. Historiquement, la proximité de l’industrie automobile américaine encourage également l’établissement d’usines de fabrication en Ontario. La fondation d’usines pour Ford, General Motors et Chrysler engendre la construction d’une foule d’usines dans le sud de l’Ontario. En 2016, 44 % des emplois du secteur manufacturier se trouvent en Ontario.

Cela étant dit, même si l’Ontario est toujours considéré comme le cœur de cette industrie au Canada, le secteur manufacturier a connu un important déclin au cours de la dernière décennie. En effet, de 2006 à 2016, plus de 245 500 emplois sont supprimés — une baisse de 25 % — à la suite de la fermeture de plusieurs usines d’envergure. L’usine des machines Caterpillar et celle des céréales Kellogg’s, toutes deux basées à London, ferment respectivement en 2012 et 2014, tandis que l’usine de fabrication de ketchup Heinz, à Leamington, clôt en 2014.

Le déclin de l’industrie est imputable en grande partie à la force du dollar canadien au début des années 2000, qui est à son tour lié à une hausse du prix du pétrole. La force du dollar influe sur le coût de la main-d’œuvre, ce qui pousse beaucoup d’entreprises à déménager ou à fermer leurs portes. La crise financière de 2008, quant à elle, ne fait qu’alourdir la situation au sein de l’industrie manufacturière.

Dans la foulée de ces fermetures en série, le sud-ouest de l’Ontario se réinvente en devenant un pôle important des nouvelles technologies en Amérique du Nord, tant et si bien qu’on l’appelle le « Silicon Valley du Nord ». La région entre Waterloo et Toronto, en particulier, devient un des plus importants corridors de la haute technologie au monde. Des entreprises d’envergure comme Google et Research In Motion s’établissent dans la région, en plus de milliers de jeunes entreprises, ce qui provoque une hausse de 13 % dans l’emploi du secteur des services de technologies entre 2011 et 2016.

Finance

Le quartier entourant la rue Bay, à Toronto, est le cœur du système financier canadien. Chacune des banques à charte canadiennes a son siège social à Toronto, tout comme nombre de grandes entreprises et de sociétés de courtage canadiennes. La Bourse de Toronto est la plus importante au pays. Le First Canadian Place, qui contient des firmes d’avocats, des cabinets comptables et d’autres cadres haut placés, est du haut de ses 290 mètres la tour de bureaux la plus élevée au pays. La tour du CN, un autre monument dédié au commerce, détient quant à elle le record de la plus haute tour du monde pendant plus de 30 ans avant d’être détrônée; elle demeure aujourd’hui, grâce à ses 553 mètres, la plus haute tour de l’hémisphère occidental.

Main-d’œuvre

De façon générale, le taux de chômage en Ontario se trouve dans les moyennes des autres provinces et territoires. Par exemple, en 2016, le chômage en Ontario se classe au cinquième rang de taux les plus bas au Canada, à 6,5 %. Les secteurs qui emploient le plus grand nombre d’Ontariens sont le commerce de détail et de gros, suivis par les soins de santé et l’aide sociale, la manufacture, les services professionnels, les finances et l’immobilier.

Structure politique provinciale

Ontario, parlement d
Les \u00e9difices du parlement de l'Ontario, \u00e0 Toronto, illustrent bien le renouveau de l'art roman tardif des ann\u00e9es 1890 (avec la permission d'Environnement Canada, Services des parcs/Relev\u00e9s des richesses du patrimoine).

Le gouvernement politique de l’Ontario compte 124 sièges. Chaque siège est occupé par un membre du Parlement provincial qui est élu par les électeurs inscrits d’une circonscription électorale donnée. Selon la Loi électorale, les élections provinciales doivent avoir lieu le premier jeudi de juin, tous les quatre ans. Un parti au pouvoir peut aussi choisir, en admettant que cela lui soit avantageux, de tenir une élection avant cette date. Enfin, des élections peuvent être déclenchées avant la période de quatre ans si le gouvernement perd la confiance de l’Assemblée législative (voir Gouvernement minoritaire).

À l’instar des autres provinces, l’Ontario utilise un système de scrutin majoritaire à un tour, ce qui signifie que c’est le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voies dans chaque circonscription qui est élu. Le parti avec le plus grand nombre de sièges forme le gouvernement, et le chef de ce parti devient premier ministre. Techniquement, le lieutenant-gouverneur, en tant que représentant de la reine, tient le poste le plus haut placé dans la province; en réalité, toutefois, ce rôle est avant tout symbolique (voir aussi Premiers ministres de l’Ontario et Lieutenants-gouverneurs de l’Ontario).

Le premier ministre nomme habituellement les membres de son Cabinet parmi les membres élus de son parti. Les membres du Cabinet sont appelés ministres et supervisent des dossiers particuliers, comme les finances, la santé et l’éducation.

Histoire du gouvernement provincial

Fin du 19e siècle et début de 20e siècle

La première personne à devenir premier ministre de l’Ontario est John Sandfield Macdonald (1867-1871), suivi d’Edward Blake (1871-1872). De 1872 à 1896, c’est sir Oliver Mowat qui succède à Edward Blake. À la tête de son gouvernement libéral, Oliver Mowat milite pour que les droits provinciaux supplantent ceux du gouvernement fédéral, alors dirigé par sir John A. Macdonald. Le règne libéral finit toutefois par s’essouffler à la fin des années 1890 sous l’autorité d’Arthur Hardy et de George Ross. Aux élections de 1902, le Parti libéral adopte des mesures de favoritisme politique et gagne les élections avec une faible majorité. Peu de temps après, toutefois, les libéraux sont accusés de corruption; même s’ils sont éventuellement déclarés innocents, ils perdent les élections de 1905.

Le gouvernement conservateur de sir James Whitney, de 1905 à 1914, fait sa marque en créant la Hydro-Electric Power Commission of Ontario. Le successeur de Whitney, sir William Hearst, est toutefois défait par une révolution politique menée par les agriculteurs de la province qui, soutenus par la main-d’œuvre, s’emparent du pouvoir en 1919. Le gouvernement des Fermiers unis de l’Ontario (FUO) instaure avec succès plusieurs des mesures prévues par le gouvernement précédent, notamment un salaire minimum pour les femmes, un meilleur financement de l’éducation, et une amélioration des services de santé. Cela étant dit, les FUO ont tendance à multiplier les gaffes politiques, ce qui permet à un Parti conservateur revitalisé et dirigé par Howard Ferguson de prendre le pouvoir de 1923 à 1930. Howard Ferguson est un homme déterminé et un politicien rusé et habile. Il répond au désir des Ontariens d’augmenter les revenus de la province en créant la Régie des alcools de l’Ontario, une société provinciale conçue pour promouvoir la tempérance tout en générant des profits. Il calme également le mécontentement de sa population francophone en rétablissement les cours de français officiels dans les écoles de la province. Howard Ferguson poursuit les politiques de développement des ressources provinciales entamées par ses prédécesseurs, y compris la colonisation des terres du nord de l’Ontario.

Le successeur de Howard Ferguson, George Henry, doit composer avec les ravages du krach boursier de 1929, en plus des attaques répétées du Parti libéral provincial qui trouve un nouveau souffle avec Mitchell Hepburn. En 1934, Mitchell Hepburn s’attire la faveur des électeurs en promettant de réformer et de revitaliser l’économie. S’il n’arrive pas à tenir ses promesses, il réussit néanmoins à légiférer en matière de pasteurisation du lait ontarien, malgré l’opposition véhémente des producteurs laitiers.

Milieu du 20e siècle

Le chef libéral Mitchell Hepburn lutte contre le syndicalisme industriel qui fait son apparition aux États-Unis. En 1937, des débats sur la question lui permettent de remporter les élections provinciales. Ce régime marquera les esprits pour deux raisons : les attaques virulentes que Mitchell Hepburn lance contre son collègue libéral, le premier ministre fédéral Mackenzie King, et l’attitude obstructionniste qu’il adopte envers toute tentative de résoudre les problèmes constitutionnels du Canada. En 1942, Mitchell Hepburn démissionne. Aux élections de 1943, le Parti libéral fait piètre figure; le pouvoir revient donc à George Drew et aux conservateurs-progressistes, tandis que la Fédération du Commonwealth coopératif forme l’opposition officielle.

Le gouvernement de George Drew promeut fortement l’immigration, surtout des Îles britanniques, et instaure une série de réformes. Tout comme Mitchell Hepburn, George Drew s’oppose à Ottawa et à ses politiques « centralisantes » comme le programme d’aide sociale fédérale et les « primes à la naissance », qu’il voit comme des violations des lois provinciales. Ce n’est qu’au départ de George Drew en 1948 que le premier ministre suivant, Leslie Frost, adopte une attitude plus coopérative avec le gouvernement central, transformant ce faisant la politique ontarienne du tout au tout. Leslie Frost a les mêmes objectifs de croissance que les ministres libéraux à Ottawa, notamment C.D. Howe, et c’est ce qui permet aux deux gouvernements de collaborer sur des projets majeurs comme la voie maritime du Saint-Laurent, le pipeline transcanadien et le développement de l’énergie nucléaire.

Fin du 20e siècle

Les premiers ministres John Robarts et William Davis, quant à eux, suivent essentiellement l’exemple pragmatique de leur prédécesseur Leslie Frost; tous deux s’affairent à minimiser les conflits entre l’Ontario conservateur et le gouvernement fédéral (habituellement) libéral. En 1967, par le biais de sa Conférence sur la Confédération de demain, John Robarts cherche à trouver un compromis qui satisfera le Québec et l’incitera à rester dans la Confédération. En 1981-1982, William Davis soutient fortement Pierre Trudeau dans son entreprise pour rapatrier et réformer la Constitution canadienne. Les relations entre l’Ontario et le Canada se corsent toutefois avec David Peterson, dont le Parti libéral a signé une entente avec le Nouveau Parti démocratique (NPD) afin de former un gouvernement minoritaire après les élections de 1985. En effet, David Peterson entretient une relation difficile avec le premier ministre Brian Mulroney. S’il soutient malgré lui l’Accord du lac Meech proposé par Brian Mulroney en 1987, David Peterson s’oppose fortement à l’initiative de libre-échange avec les États-Unis conclue la même année. Aux élections suivantes, David Peterson est défait par Bob Rae, qui forme le tout premier gouvernement NPD de l’histoire de l’Ontario. Après un mandat, Bob Rae cède le pouvoir à Mike Harris, qui mène le Parti conservateur à la victoire en 1995 et en 1999.

Début du 21e siècle

La « Révolution du bon sens » de Mike​ Harris, qui prévoit des réductions budgétaires pour les programmes sociaux, des baisses d’impôts et un gouvernement allégé, perd de la popularité auprès du public, ce qui ne l’empêche pas de reconduire son mandat en 1999. Malgré le fait qu’ils ne récoltent que 45 % du vote populaire, les progressistes-conversateurs (PC) remportent 59 sièges à l’Assemblée nouvellement réduite à 103 sièges. Lorsque Mike Harris démissionne soudainement de son poste de premier ministre en 2002, il est remplacé par l’ancien vice-premier ministre et ministre des Finances Ernie Eves. Bien qu’il soit plus modéré que Mike Harris, Ernie Eves s’attire les critiques pour avoir tenté sans succès de privatiser le réseau électrique de la province et pour avoir tenu la présentation de son budget de 2003 dans une usine de pièces automobiles plutôt qu’à l’Assemblée. Les élections de 2003 donnent raison aux critiques en se soldant par une victoire écrasante du Parti libéral de Dalton McGuinty, qui s’empare de 72 sièges sur 103, et de 47 % du vote populaire.

Dalton McGuinty obtient à nouveau la majorité des sièges en 2007, après que son principal adversaire, le chef conservateur John Tory, ait miné sa campagne en faisant la promesse controversée d’accorder un financement public aux écoles confessionnelles. Au cours de son deuxième mandat, Dalton McGuinty instaure la taxe de vente harmonisée (TVH), une mesure impopulaire qui remplace la taxe de vente provinciale et la taxe fédérale sur les produits et services (TPS). Le soutien accordé au Parti libéral en souffre, si bien qu’en 2011, les électeurs ne lui accordent que 53 sièges, soit un siège de moins que nécessaire pour atteindre la majorité. Il démissionne en octobre 2012, alors que son parti fait l’objet de critiques en ce qui a trait à la gestion du dossier des relations de travail des enseignants dans la province et aux frais encourus par l’annulation de deux centrales au gaz naturel. Ces annulations se transforment en véritable controverse politique lorsque le gouvernement McGuinty refuse de remettre les documents demandés par la commission législative chargée d’enquêter sur le dossier. En janvier 2013, Kathleen Wynne est élue chef du Parti libéral et devient la première femme à devenir première ministre en Ontario et la première première ministre ouvertement homosexuelle au Canada.

Au printemps 2014, le Parti conservateur et le NPD refusent le budget proposé par le gouvernement minoritaire de Kathleen Wynne, ce qui déclenche une élection surprise. Les deux partis espèrent faire des gains importants grâce aux scandales qui accablent les libéraux. Toutefois, la campagne de Kathleen Wynne est fructueuse, et le Parti libéral forme un gouvernement majoritaire avec 59 sièges, contre 27 pour le Parti conservateur et 21 pour le NPD. Les quatre années suivantes sont marquées par un déclin de niveau de confiance de la politicienne, lequel tombe sous les 20 % à la fin 2016 et reste au plus bas jusqu’à l’aboutissement de son mandat. L’impopularité des Libéraux est en partie liée à l’augmentation des coûts d’hydroélectricité et à la privatisation partielle, par le gouvernement, d’Hydre One en 2015.

La participation aux élections générales de 2018 est à son plus haut depuis 1999, avec plus 58 % de l’électorat se présentant au scrutin. Le chef du Parti conservateur ​Doug Ford remporte un gouvernement majoritaire avec 76 sièges sur 124 à l’Assemblée et près de 41 % du vote populaire. Le NPD, mené par Andrea Horwath, forme quant à lui l’opposition officielle grâce à ses 40 sièges (soit le double de ce qu’il avait auparavant). Par leur défaite cuisante, les Libéraux mettent fin à près de 15 années au pouvoir et n’obtiennent que 7 sièges, soit un de moins que les 8 nécessaires pour obtenir le statut de parti officiel. Dans son discours de défaite, Kathleen Wynne démissionne de son poste de chef de parti. Le chef du Part vert, Mike Schreiner, pour sa part, remporte le tout premier siège vert de l’histoire de l’Ontario, en étant élu dans le comté de Guelph.

Santé

La plupart des soins médicaux au Canada sont gratuits. L’argent provenant des impôts est mis en commun afin de financer le système de santé. Si le gouvernement fédéral fixe des lignes directrices, chaque province et territoire est responsable de l’administration de son propre régime d’assurance-maladie; le financement, toutefois, vient des deux instances gouvernementales. Comme dans les autres provinces et territoires, certains services en Ontario ne sont pas couverts par le régime d’assurance-maladie provincial, notamment les soins dentaires, les médicaments sur ordonnance et les examens de la vue de 20 à 64 ans.

En Ontario, l’organe gouvernemental qui gère le système de santé est le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (voir aussi Politique sur la santé).

Éducation

Le système d’éducation ontarien est divisé en deux : les écoles publiques non sectaires, et les écoles publiques séparées ou de confession romaine catholique. Au sein de ces deux systèmes se trouvent des commissions scolaires de langue française et des divisions francophones, et chaque système est dirigé par des commissions scolaires élues par la population. Cette mesure vient d’un compromis fait à l’époque de la Confédération entre l’Ontario et le Québec, en vertu duquel les droits des catholiques en Ontario et ceux des protestants au Québec sont mutuellement respectés.

Depuis 1899, l’Ontario accorde un financement public aux écoles séparées catholiques romaines jusqu’en 10e année. En 1984, le premier ministre Bill Davis surprend les catholiques et les non-catholiques en annonçant que son gouvernement financera également les écoles séparées pour les années d’études restantes. La mesure est adoptée de 1985 à 1987.

En accord avec la Loi sur l’éducation, les écoles privées peuvent offrir leurs services, mais ne reçoivent pas de financement. Les parents peuvent également obtenir de leur commission scolaire le droit d’éduquer leurs enfants d’âge scolaire à domicile. Dans les réserves, les écoles sont dirigées par les Premières Nations de la région et sont soutenues financièrement par le gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral gère également six écoles dans des réserves ontariennes, dont cinq dans la réserve des Six Nations et une sur le territoire de la Nation tyendinaga mohawk (voir aussi Éducation des peuples autochtones).

Bien que les écoles francophones existent dans l’est et le nord de l’Ontario depuis bien longtemps, les commissions scolaires obtiennent officiellement en 1968 le droit d’établir des écoles françaises « là où le nombre le justifie » (voir Écoles séparées). Puis, en 1984, la Cour d’appel de l’Ontario juge que tout élève francophone (et anglophone) dans la province a le droit de recevoir une éducation dans sa langue maternelle. Les minorités linguistiques, stipule la Cour, doivent se voir garantir une représentation au sein des commissions scolaires et avoir un mot à dire dans l’instruction des langues minoritaires. Le gouvernement se soumet immédiatement à cette décision, qui est basée sur la Charte des droits et libertés.

Le système d’éducation est organisé en deux paliers, l’école élémentaire et l’école secondaire. À l’époque, les étudiants au secondaire se destinant à des études universitaires doivent finir la cinquième année de l’école secondaire, appelée 13e année. En 2003, toutefois, la 13e année est éliminée.

De façon générale, les écoles élémentaires ont un programme qui s’étend du jardin d’enfants à la 8e année. Depuis septembre 1994, toutes les commissions scolaires sont tenues d’offrir des programmes de maternelle et de jardin d’enfants. Depuis 2015, des programmes de maternelle et de jardin d’enfants à temps plein sont également offerts en option aux enfants de 4 et 5 ans dans les écoles anglophones; cette option existe depuis une dizaine d’années déjà dans les écoles francophones.

Collèges et universités

L’Ontario compte un grand nombre de collèges et d’universités, y compris les deux plus grandes institutions postsecondaires du Canada en matière de population étudiante (selon des chiffres de 2013), l’Université de Toronto et l’Université York. Les autres campus majeurs en Ontario sont l’Université d’Ottawa, l’Université Western et l’Université de Waterloo. On trouve également dans la province l’Université de Windsor, l’Université Wilfrid Laurier à Waterloo, l’Université de Guelph, l’Université Brock à St. Catharines, l’Université McMaster à Hamilton, l’Université Ryerson et l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario (EADO) à Toronto, l’Université Trent à Peterborough, l’Université Queen’s et le Collège militaire royal à Kingston et, plus au nord, les universités Lakehead, Laurentienne et Nipissing et le Algoma University College, respectivement à Thunder Bay, Sudbury, North Bay et Sault Ste. Marie.

Il existe également 24 collèges communautaires dans la province; les trois plus importants sont Seneca, Humber et George Brown, à Toronto.

Transport

De nombreuses municipalités en Ontario possèdent des services de transport en commun, qui offrent à la population des trajets et des horaires fixes, ainsi que des services de transport spécialisé pour les personnes ayant des déficiences. La Toronto Transit Commission, ou TTC, est le plus grand réseau de transport en Ontario et le troisième en importance en Amérique du Nord (voirMétro de Toronto). Metrolinx, une agence du gouvernement est créée en 2006 afin d’améliorer la coordination du transport dans la région du Grand Toronto et de Hamilton. En 2009, Metrolinx fusionne avec GO transit, un service de transport régional, pour lancer en 2011 le service PRESTO, un système de carte à puce visant à faciliter les correspondances d’un réseau à l’autre.

Dans le nord, où les routes sont rares, les transports aérien et maritime demeurent les façons les plus fiables de se déplacer. Le réseau ferroviaire de VIA Rail dessert également un grand nombre de villes et possède des gares majeures à Toronto, Ottawa, London, Kingston, Niagara Falls, Windsor, Sarnia et Sudbury. La Ontario Northland Transportation Commission, quant à elle, est une agence provinciale qui fournit du transport par train et par autobus aux collectivités du nord de l’Ontario.

L’Ontario dispose également d’eaux navigables, notamment la voie maritime du Saint-Laurent, qui longe sa frontière sud. Le canal Welland, une importante voie de navigation, lie les lacs Ontario et Érié. La construction de la voie maritime du Saint-Laurent et, plus tard, le processus de « conteneurisation » des marchandises dans les ports de l’est du Canada ont un effet négatif sur le transport maritime en Ontario, en particulier le port de Toronto. En effet, le nombre d’employés et de tonnes expédiées a chuté de façon dramatique à Toronto, tandis que les ports de Montréal, Saint John et Halifax, mieux situés, continuent de faire des affaires en or. Les ports de Hamilton et de Thunder Bay, quant à eux, se classent parmi les 10 plus importants au Canada en ce qui a trait à la quantité de marchandises manutentionnées. Thunder Bay manutentionne principalement du charbon, du blé et du canola, tandis que Hamilton s’occupe du minerai de fer, du fer, de l’acier, des alliages et du charbon.

L’aéroport international Lester B. Pearson de Toronto est le plus grand et le plus fréquenté des aéroports canadiens. Parmi les autres aéroports ontariens, on compte l’aéroport Billy Bishop de Toronto, l’aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa et l’aéroport international John C. Munro de Hamilton.

Arts et culture

La culture et les arts en Ontario sont encouragés par les gouvernements provincial et fédéral à l’aide d’une foule de programmes de subventions, notamment le Conseil des arts de l’Ontario (fondé en 1963), une agence gouvernementale indépendante qui octroie du financement aux particuliers et aux organisations.

De plus, on trouve des orchestres symphoniques à Toronto (l’Orchestre symphonique de Toronto), Ottawa, Hamilton et Kitchener-Waterloo. Un festival de théâtre shakespearien, le Festival de Stratford, se tient aussi annuellement à Stratford depuis sa création en 1953. Le Shaw Festival, un événement théâtral annuel à Niagara-on-the-Lake, présente des pièces écrites par Bernard Shaw ou par ses contemporains. Du côté des arts visuels, le Musée des beaux-arts de l’Ontario, à Toronto, et le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa sont dignes de mention. En automne chaque année, la ville de Toronto accueille également le Festival international du film de Toronto, le plus grand festival du genre en Amérique du Nord.

Sports

L’Ontario est le domicile de deux équipes de la Ligue nationale de hockey, les Maple Leafs de Toronto et les Sénateurs d’Ottawa; de la seule équipe de baseball des ligues majeures au Canada, les Blue Jays de Toronto; et de la seule équipe membre de l’Association américaine de basketball (NBA), les Raptors de Toronto. Au sein de la Ligue canadienne de football, on compte trois équipes ontariennes : les Tiger-Cats de Hamilton, les Argonauts de Toronto et le Rouge et Noir d’Ottawa. Le Toronto FC est une des trois équipes des ligues majeures de soccer au Canada, et le Toronto Rock constitue une des quatre équipes membres de la Ligue nationale de crosse.

Musées et sites historiques

Mus\u00e9e canadien de la nature
L\u2019entr\u00e9e du Mus\u00e9e canadien de la nature \u00e0 Ottawa, en Ontario, et sa structure de verre qui abrite une baleine. Photo prise le 22 novembre 2012.

Parmi les grands musées de l’Ontario, on compte le Musée royal de l’Ontario, qui s’intéresse aux cultures du monde entier et à l’histoire naturelle, et le Musée de l’Aga Khan, centré sur les civilisations musulmanes. Tous deux se trouvent à Toronto. Dans la capitale nationale, Ottawa, les musées dignes de mention sont le Musée canadien de la nature, le Musée canadien de la guerre, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Les missions jésuites du milieu du 17e siècle dans le territoire huron-wendat mènent à l’ouverture des premiers sites historiques ouverts au public. À l’aide d’études faites dans la région et remontant jusqu’à 1890, le gouvernement de l’Ontario entreprend de reconstruire Sainte-Marie-des-Hurons, près de Midland, en 1964. Le site est ouvert au public trois ans plus tard.

Une foule de forts pittoresques, hérités de la Révolution américaine, ponctuent les limites sud de la province. Le fort Henry (à Kingston), avec ses murs de pierre construits dans les années 1830, est peut-être le plus connu de la province, mais on a également restauré d’autres sites, comme le fort George et le fort Érié sur la frontière historique du Niagara, le fort Wellington (à Prescott), le fort York (à Toronto) et le fort Malden (à Amhertsburg), afin de leur redonner leur éclat du début de 19e siècle, période où la région est ébranlée par des crises et conflits internationaux.

La vie des pionniers de la province est illustrée dans des reproductions d’anciennes collectivités, notamment le Upper Canada Village près de Morrisburg et le Black Creek Pioneer Village, au nord-ouest de Toronto. En 1973, le gouvernement de l’Ontario commence à reconstruire le fort William de Thunder Bay, un poste de traite de fourrures utilisé par la Compagnie du Nord-Ouest en 1803. Les plaisanciers, quant à eux, peuvent profiter de deux canaux datant du 19e siècle : le canal Rideau, bâti de 1826 à 1832 par les Royal Engineers afin de permettre le transport de troupes et d’équipements militaires, et le canal Trent, construit en 1833.


Emblèmes