Pat Binns

Patrick George Binns, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard de 1996 à 2007, fonctionnaire provincial, député fédéral, agriculteur, diplomate (né le 8 octobre 1948 à Weyburn, en Saskatchewan). Premier ministre de l’Î.-P.-É. pendant onze ans, il s’est attaché au renforcement des collectivités rurales et à la mise en valeur de l’énergie renouvelable.

Binns, Patrick
L'honorable Patrick G. Binns, premier ministre de l'\u00cele-du-Prince-\u00c9douard de 1996 \u00e0 2007 (avec la permission du Bureau du premier ministre de l'\u00cele-du-Prince-\u00c9douard).

Jeunesse, formation et début de carrière

Pat Binns est né le 8 octobre 1948 à Weyburn, en Saskatchewan. Il est l’un des deux enfants de Stanley et Phyllis Binns. Après sa scolarité en Saskatchewan, il étudie à l’Université de l’Alberta où il obtient un baccalauréat ès arts (économie et sciences politiques) en 1969 et une maîtrise ès arts (développement communautaire) en 1971.

Pat Binns travaille brièvement comme agent de développement dans la région du Petit lac des Esclaves dans le nord de l’Alberta. En 1972, il s’établit à l’Île-du-Prince-Édouard pour occuper un emploi au conseil de développement rural de la province. De 1974 à 1978, il est à l’emploi du gouvernement provincial; il a pour tâche de coordonner la création de centres de services régionaux qui offriront des services gouvernementaux aux collectivités rurales. En 1978, il reçoit la Médaille du jubilé d’argent de la reine en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle comme titulaire d’une charge publique.

Pat Binns rencontre sa femme, Carol, à l’Î.-P.-É. Ils ont quatre enfants ­– Rob, Mark, Bradley et Lilly.

Début de carrière politique

Même s’il n’est pas originaire de l’Î.-P.-É., Pat Binns s’entend bien avec les habitants des régions rurales; ces derniers le respectent et voient en lui un bâtisseur communautaire discret et sans prétention, résolu à assurer la réussite et l’essor des petites villes et des villages de l’est de l’île. Il se lance en politique provinciale en 1978 sous la bannière du Parti progressiste-conservateur; il est élu député de la 4e circonscription de Kings à l’Assemblée législative. De 1979 à 1984, il est chargé de divers portefeuilles au Cabinet, notamment les affaires municipales, la main-d’œuvre, l’environnement, l’industrie et les pêches – sous la direction des premiers ministres John Angus MacLean et James Lee.

Pat Binns entre sur la scène politique fédérale en 1984. Il est élu la même année député de la circonscription de Cardigan lors de la victoire écrasante des progressistes-conservateurs de Brian Mulroney. Au cours des quatre années suivantes à Ottawa, il est secrétaire parlementaire du ministre des Pêches et des Océans.

Agriculture et consultation

Défait aux élections de 1988, Pat Binns abandonne la politique fédérale et se consacre à la réalisation de projets dans le secteur privé. Avec sa famille, il se lance dans la culture des haricots à Hopefield, à l’Î.-P.-É.; il est aussi président de la société Island Bean Ltd., laquelle se spécialise dans la transformation et la commercialisation des haricots, des pois et d’autres produits alimentaires. Il fonde la société Pat Binns & Associates qui offre des conseils aux concepteurs de projets et aux petites entreprises dans les secteurs de l’agriculture, des pêches, du tourisme et de la fabrication.

Premier ministre

Pat Binns revient à la politique provinciale en 1996. Il est élu chef du Parti progressiste-conservateur de l’Î.-P.-É. lors du congrès du 5 mai. Aux élections générales du 18 novembre, Pat Binns et son parti remportent une majorité au gouvernement mettant ainsi fin à dix ans de règne libéral. Pat Binns est élu député de la 5e circonscription (Murray River-Gaspereaux), un des 18 sièges progressistes-conservateurs remportés sur les 27 que compte l’Assemblée législative. Pat Binns déclare aux journalistes : « Nous offrions le changement et les habitants de l’Île affirmaient depuis longtemps que la province était mal dirigée. »

Pat Binns est très engagé envers la préservation et l’essor de la vie des collectivités rurales de l’Île. Il décide de maintenir toutes les petites écoles rurales de la province. En plus de consolider les industries primaires de l’agriculture et des pêches, son gouvernement appuie les petites entreprises de même que les nouvelles industries fondées sur le savoir. À cet égard, il rejette une demande d’emprunt que lui soumet l’empire Irving pour agrandir une usine de fabrication de boîtes à Borden-Carleton et démontre ainsi qu’il privilégie les petites entreprises.

Au cours de son mandat, l’Î.-P.-É. entreprend un ambitieux programme de protection de l’environnement qui comprend la mise en place d’un système de recyclage domestique et des investissements dans l’énergie éolienne partout sur l’île.

Aux élections provinciales de 2000, Pat Binns mène les progressistes-conservateurs à une victoire écrasante. Il obtient 26 des 27 sièges et réduit l’opposition libérale à un seul siège à l’Assemblée législative. En 2003, il remporte une troisième majorité avec 23 élus.

En 2003, Pat Binns devient président des premiers ministres provinciaux et territoriaux du Canada et contribue alors à la création du Conseil de la fédération, un organisme interprovincial ayant pour objectif de promouvoir la coopération et la résolution de problèmes entre les provinces et les territoires.

En quête d’une quatrième majorité en 2007, Pat Binns se lance en campagne électorale avec pour cheval de bataille la bonne gouvernance et la création d’emploi. Mais après 11 ans de gouvernement conservateur, les habitants de l’île sont prêts au changement. Le 28 mai, les libéraux de Robert Ghiz défont les progressistes-conservateurs, remportant 23 sièges sur 27 – exactement l’inverse des résultats de 2003. « Ne perdez pas espoir, déclare Pat Binns à ses partisans le soir des élections, nous avons fait de l’Île-du-Prince-Édouard un meilleur endroit. Nos réalisations passeront à l’histoire et notre parti connaîtra bientôt une remontée. »

Diplomate

Pat Binns garde son siège aux élections de 2007, mais le 30 août, il démissionne comme chef des progressistes-conservateurs et chef de l’opposition, après avoir été nommé ambassadeur du Canada en Irlande. On critique cette nomination, faite par le gouvernement conservateur à Ottawa, la qualifiant de favoritisme. Pat Binns réplique que ce prolongement de sa charge publique, ainsi que l’expérience acquise dans le cadre des missions commerciales à l’étranger, lui seront très utiles dans ce poste.

En 2010, Pat Binns est nommé consul général du Canada en Nouvelle-Angleterre. En 2014, après avoir œuvré pendant sept ans comme diplomate canadien, il retourne à son exploitation agricole à Hopefield, dans l’Île-du-Prince-Édouard et déclare qu’il est « pour l’essentiel à la retraite. »