Percussion

Percussion. Ce mot désigne l'ensemble des instruments dont le son est obtenu par un choc, une friction ou une série de coups frappés avec les mains, les doigts ou avec des baguettes ou maillets sur un objet en bois ou en métal, sur une peau tendue ou sur tout autre matériau.

Percussion

Percussion. Ce mot désigne l'ensemble des instruments dont le son est obtenu par un choc, une friction ou une série de coups frappés avec les mains, les doigts ou avec des baguettes ou maillets sur un objet en bois ou en métal, sur une peau tendue ou sur tout autre matériau. Si le rôle des instruments de percussion est avant tout d'ordre rythmique, il sert aussi à créer des effets de coloris et de pittoresque. Berlioz fut l'un des premiers compositeurs à donner un rôle distinctif à la percussion. Au XXe siècle, elle est devenue un élément de tout premier plan dans le répertoire symphonique et elle joue un rôle essentiel dans le jazz. Sa participation est aussi quasi indispensable dans le répertoire contemporain, surtout depuis que de nombreux compositeurs ont contribué et contribuent encore à l'établissement d'un répertoire original et exclusif incluant des pièces pour un ou plusieurs solistes et pour ensembles divers. Le percussionniste d'aujourd'hui dispose d'une panoplie considérable d'instruments de toutes sortes qui lui permettent une variété de timbres et d'effets quasi illimités.

L'origine des instruments de percussion remonte à la plus haute Antiquité et ils furent les premiers éléments de production sonore conçus par l'homme en plus du battement des mains et des pieds. Le nombre considérable et toujours croissant des instruments de cette famille, y compris une foule d'instruments exotiques d'Orient, d'Afrique et d'Amérique du Sud, a rendu difficile leur classification. De nouveaux instruments fabriqués de divers matériaux s'ajoutent constamment, sans compter des façons nouvelles d'utiliser les instruments traditionnels. Berlioz les divise en deux groupes : ceux à son défini dont le rôle peut être mélodique, et ceux à son indéfini utilisés à des fins rythmiques ou simplement pour créer un bruit. Plus pratique sans doute est la division en quatre groupes : les peaux (timbales, tambours, etc.), les métaux (cymbales, cloches, tam-tams, gongs, etc.), les instruments à clavier (xylophone, marimba, vibraphone, etc.) et les accessoires divers (triangle, castagnettes, fouet, claves, wood-blocks, etc.). Outre son rôle de plus en plus important à l'orchestre, la percussion en est arrivée à occuper une place indépendante. Après la Deuxième Guerre mondiale, des ensembles d'instruments de percussion se sont formés et un répertoire à leur intention a été créé.

Au Canada, les instruments de percussion furent les premiers que rencontrèrent les colons européens à leur arrivée car les Amérindiens en possédaient un grand nombre. Les tambours des colons jouèrent un rôle de premier plan jusqu'au XIXe siècle mais leur rôle était lié à l'activité régimentaire. Par la suite, les corps de musique participèrent de plus en plus aux activités musicales civiles.

À son premier concert en 1877, la Montreal Philharmonic Society présenta Le Messie et il est précisé que « le timbalier a été importé de Boston, cet instrument étant inconnu à Montréal » (Musical Red Book). L'OSM de Couture et celui de Goulet comptaient parmi leurs membres les timbaliers Schepens (1894) ainsi que R. McKeown et A. Talbot (1905-06). À cette même époque, Wilfrid Pelletier était tambour dans un corps de musique. Louis Decair fut timbalier dans le Montreal Orchestra (1930) et l'orchestre des CSM (1935). Il enseigna à l'Université McGill et au CMM et compta Michel Perrault et Louis Charbonneau parmi ses élèves. Saul Goodman vint des É.-U. pour enseigner au CMM dans les années 1940 et il enseigna à Charbonneau et à Guy Lachapelle. Charbonneau succéda à Goodman en 1950 et forma une pléiade de jeunes percussionnistes dont Pierre Béluse (fondateur de l'Ensemble de percussion McGill), Ian Bernard (timbalier de l'OCNA) et Vincent Dionne. Lachapelle enseigna à Marie-Josée Simard, première femme à obtenir un premier prix de percussion au CMM. Elle fit ses débuts à la SMCQ en 1980, interprétant Archipel 5E de Boucourechliev. Dans les orchestres montréalais, on relève aussi les noms de Thomas Cavanagh, Vincent Dhavernas, André Gosselin, Julien Grégoire, Jacques Lavallée, Gregory C. Law (d'abord actif à Ottawa), Robert Leroux et Jean-Guy Plante. Leroux s'est particulièrement distingué aux concerts de la SMCQ où il a participé à de nombreuses créations d'oeuvres contemporaines. Mentionnons également l'ensemble Répercussion (1978 -), formé de quatre percussionnistes, qui a joué tant au Canada et aux États-Unis qu'en Europe.

À Québec, les percussionnistes actifs en 1990 étaient Roger Juneau, Serge Laflamme, André Morin et Georges Turgeon.

À Toronto, un certain C. Riddy enseignait la percussion au Toronto College of Music vers 1889. Dans les premiers programmes du New Symphony Orchestra (TS) en 1923, on relève le nom de Harry Nicholson comme timbalier, assisté d'E.C. Whitney et T.J. Burry à la percussion. Quand Stravinsky vint diriger L'Oiseau de feu et Pétrouchka avec le TSO au Massey Hall en 1937, Burry était le timbalier, assisté d'Ernest Ainley, Archie Cooper et Harold Slater à la percussion. En 1966, John Wyre devint le timbalier du TSO et, à partir de ce moment, allait jouer un rôle important comme professeur à l'Université de Toronto, comme participant régulier aux NMC et comme fondateur de Nexus avec Robert Becker, William Cahn, Michael Craden, Robin Engelman et Russell Hartenberger. Wyre fut timbalier du TS jusqu'en 1981, quand David Kent lui succéda, Donald Kuehn demeurant percussionniste principal. Kent et Allen Beard se sont signalés comme membres d'Array. Beverley Johnston, Muriel Kilby et Marie-Josée Simard sont parmi les rares virtuoses de la marimba au Canada. Francine Martel demeure l'une des rares interprètes féminines de percussions africaines; elle a fondé le groupe Takadja.

Harold Hunter était percussionniste à Winnipeg dans les années 1930 et membre de l'Orchestre symphonique de Winnipeg, d'abord comme timbalier à partir de 1949 puis comme membre des percussions jusqu'à la fin des années 1970. Frédérick Liessens occupait ce poste dans les années 1980. Aussi actifs à Winnipeg ont été Al Doe, William Mulhearn, Greg Hodgson (timbalier) et Claude Lemieux. Un nommé Burns figure comme batteur à l'Orchestre symphonique de Vancouver en 1897. Don Adams, William Good, Paul Grand, B.C. Manning et John Rudolph sont parmi ceux qui ont été actifs dans la section percussion de l'OS de Vancouver à l'époque actuelle.

Parmi d'autres percussionnistes actifs depuis les années 1970, on remarque Thomas Miller et Tim Rawlings (Calgary), Brian Jones et Barry Nemish (Edmonton), Max Ball et James Faraday (Halifax), Don Wherry (Terre-Neuve, voir Sound Symposium), Lanny Levine et Lisa Simmermon (Ottawa), Scott Eddlemon et Dale Bassett Price (Victoria).

Parmi les batteurs les plus en vue dans le domaine du jazz, on remarque Archie Alleyne, Terry Clarke, Jerry Fuller, Pete Magadini, Guy Nadon, Claude Ranger, Norman Marshall Villeneuve et Blaine Wikjord. Parmi ceux qui se sont spécialisés dans le rock, on retrouve Matt Frenette, Graham Lear, Duris Maxwell, Jerry Mercer, Neil Peart et Skip Prokop. Jim Blackley est un professeur reconnu; Magadini, Nadon, Ranger, Chris McCann et d'autres ont aussi enseigné en privé ou dans des institutions. Richard Provençal a été très actif dans les studios de Montréal. Dans les années 1980, plusieurs jeunes exécutants ont attiré l'attention, notamment Barry Elmes, Graeme Kirkland, Owen Howard, Michel Lambert, Michel Ratté et Stan Taylor. Certains ont abordé le genre fusion qui combine des éléments du jazz et du rock, tels Paul Bruchu (UZEB), Ian Froman, Kat Hendrikse (Skywalk), Mathieu Léger (Orchestre sympathique) et Vito Rezza. Parmi les vibraphonistes de jazz, on remarque Peter Appleyard, Warren Chiasson, Martin Franklyn, Hagood Hardy, Yvan Landry, Émile Normand, Don (W.) Thompson et Frank Wright. D'autres, comme Memo Acevedo, Michael Craden, Salvador Ferreras, Rick Lazar, Brian Leonard, Jim McGillivray, Assar Santana, Dick « Syncona » Smith et Matt Zimbel, ont maîtrisé divers instruments de percussion (tambours de conga, etc.) utilisés dans des arrangements pop, jazz ou sud-amér.

Plusieurs compositeurs canadiens ont écrit des oeuvres pour percussion, notamment Gilles Bellemare (Stridulation), Walter Boudreau (Les Sept jours), Vincent Dionne (En mouvement), Paul Duplessis (Hip and Straight), John Fodi (Tettares), Serge Garant (Circuits I), Sydney Hodkinson (Imagind Quarter), Talivaldis Kenins (Concerto pour cinq percussionnistes et orchestre), Lothar Klein (Design pour percussion et orchestre), Alfred Kunz (Concerto pour percussion et orchestre), Alcides Lanza (Sensors 1), Bruce Mather (Clos de Vougeot), Roger Matton (Concerto pour deux pianos et percussion), William McCauley (Five Miniatures for Six Percussionists), Pierre Mercure (Structures métalliques I et II), François Morel (Étude en forme de toccate et Rythmologue), Clermont Pépin (Interactions), Allan Rae (Ode to a Pumpkin), Micheline Coulombe Saint-Marcoux (Trakadie, avec bande magnétique), Thomas Schudel (Trio pour percussion), Morris Surdin (Eine Kleine Hammer-Klapper Musik), Gilles Tremblay (...le sifflement des vents porteurs de l'amour..., avec flûte), Barry Truax (Nautilus), Claude Vivier (Pulau Dewata et Cinq Chansons) et John Weinzweig (Around the Stage in 25 Minutes during which a Variety of Instruments are Struck). (Voir aussi Musique de chambre.) Les compositeurs Michael Colgrass et Pierre Trochu, eux-mêmes percussionnistes, ont aussi composé pour divers groupes de percussions. Bells de John Wyre fut commandée à l'occasion du festival de musique contemporaine tenu à Osaka, Japon, lors de l'Expo 70. Une deuxième oeuvre, Utau Kane NoWa, fut commandée à Wyre en 1973 pour les Festival Singers et Nexus, et une troisième, Connexus pour percussion et orchestre, fut créée par le TS et Nexus en 1978. Pour l'Expo 86, Wyre composa World Drums, oeuvre destinée aux 250 percussionnistes réunis pour l'occasion. Rhombus Media en a tiré un film paru en 1987. Mather, Pépin, Schafer et Tremblay sont parmi les compositeurs qui ont particulièrement exploité la percussion à l'intérieur d'oeuvres pour grand orchestre.

Plusieurs compagnies au Canada ont fabriqué des tambours ou cymbales : une subsidiaire de l'Avedis Zildjian Co. (É.-U.), établie à Meductic, N.-B. (1968-82), et remplacée en 1982 par Sabian Ltd.; l'Ayotte Drum Co., fondée par Ray Ayotte à Vancouver en 1972; la Milestone Percussion Ltd. fondée par Michael Clapham à Toronto et active de 1973 jusqu'au milieu des années 1980; et Canwood Percussion, créée par Fred Pepper à Lloydminster, Sask., en 1983.

Voir aussi Autochtones, Cloches, Cymbala, Harmonies, Instruments électroniques, Jazz, Rock.


Lecture supplémentaire

  • 'Voyage au pays des percussions,' Musique périodique, vol 1, Dec 1976

    Emmerson, Frank. 'Drums - making it in Canada,' Music Market Canada, Nov-Dec 1978

    Folster, David. 'The secret of sizzle and splash,' Maclean's, 10 Dec 1979

    Bernier, André. 'La quadrature du triangle,' Magazine de la PDA, vol 1, Mar-Apr 1990