Robin Phillips

Robin Phillips, O.C., metteur en scène, réalisateur, acteur, décorateur, scénariste, enseignant (né le 28 février 1942 à Haslemere, dans le Surrey, en Angleterre; décédé le 25 juillet 2015 à Lakeside, en Ontario).

Robin Phillips, O.C., metteur en scène, réalisateur, acteur, décorateur, scénariste, enseignant (né le 28 février 1942 à Haslemere, dans le Surrey, en Angleterre; décédé le 25 juillet 2015 à Lakeside, en Ontario). Officier de l’Ordre du Canada et lauréat du Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle de la réalisation artistique, Robin Phillips est reconnu pour ses qualités de directeur d'acteurs (en répétition, il avait l'habitude de sonner une « cloche de la perfection » pour marquer un moment de jeu sublime). Ses productions se sont caractérisées par un réalisme filmique subtil, par une attention toute nouvelle portée à une grande variété de textes classiques et par un décor sobre. Robin Phillips restera dans les mémoires pour avoir partagé sa formidable vision d'une manière qui témoigne d'un nouveau niveau de maturité théâtrale au Canada.

Formation et début de carrière

Les carrières d'acteur et de réalisateur de Robin Phillips se développent simultanément. Formé au Bristol Old Vic, Robin Phillips joue de façon professionnelle pour la première fois avec le Theatre Royal à Bristol, interprétant Mr. Puff dans The Critic, Konstantin dans The Seagull et Romeo, tous trois en 1959-1960. Puis il joue quelques saisons au Festival Chichester et ensuite au Oxford Playhouse.

Il partage également la vedette dans des films tels que Decline and Fall... of a Birdwatcher et décroche le rôle-titre dans David Copperfield. De plus, il fait 30 apparitions dans des séries comme The Forsyte Saga (v.f. La dynastie des Forsyte), The Avengers (v.f. Chapeau melon et bottes de cuir) et The Saint (v.f. Le Saint), toutes dans les années 1960.

Dès 1961, Robin Phillips est assistant metteur en scène au Bristol Old Vic et, en 1965, régisseur pour deux productions de la Royal Shakespeare Company. En 1970, il attire l'attention en tant que metteur en scène pour Tiny Alice, dans le West End, et Abelard and Heloise, à London, Los Angeles et New York.

En 1971, Robin Phillips réalise une mémorable version cinématographique de sa production londonienne de Miss Julie de Strindberg, mettant en vedette Helen Mirren. Il travaille ensuite sur d'importants projets en tant que metteur en scène à Chichester et pour la Royal Shakespeare Company, ce qui l'amène à être directeur artistique de la Greenwich's Company Theatre (1973-1975) et du Festival de Stratford (1975-1980), au Canada.

Cette affectation provoque d'abord une opposition nationaliste, mais son ardeur au travail (il réalise 35 productions en sept ans) apporte la stabilité financière au festival. En outre, il recrute de plus en plus de vedettes internationales comme Dame Maggie Smith, Brian Bedford, Jessica Tandy, Hume Cronyn et Peter Ustinov. Épuisé et éprouvant des problèmes de santé, il part en 1980.

Mi-carrière

En 1981, Robin Phillips tourne The Wars, adapté du roman primé de Timothy Findley. Il effectue un retour sur scène en 1982 dans le rôle-titre de The Dresser, au Vancouver Playhouse. Pendant la saison 1983-1984, il dirige le Grand Theatre de London (Ontario), nouvellement incorporé, et y met en scène Timon of Athens, avec William Hutt, et Waiting for the Parade de John Murrell ­– dont il réalisera aussi la version cinématographique – un drame mettant en scène cinq femmes et dont l'action se passe pendant la guerre. S'ensuivent cinq autres productions, toutes choisies avec un flair remarquable, mais qui se révèlent être des échecs financiers. En 1984-1985, il retourne à Chichester pour y monter quatre productions. La même année, il monte également New World de John Murrell, présentée pour la première fois au Theatre Calgary, et est directeur associé du Lincoln Center à New York.

Retour à Stratford et fondation de Soulpepper

Robin Phillips fait un retour triomphal au Festival de Stratford en 1986-1987, où il présente sur la scène principale Cymbeline et The School for Scandal, et s'approprie la scène du théâtre Tom Patterson en y présentant un quatuor d'élégantes productions shakespeariennes et le programme classique double composé d'Oedipus Rex et de The Critic. À Stratford, Robin Phillips se montre un enseignant naturel; en 1987-1988, il recrute une « jeune compagnie » qui remporte le Prix Tyrone Guthrie destiné à les aider à fonder une véritable compagnie. Dix ans plus tard, en effet, le très respecté Soulpepper Theatre, compagnie théâtrale torontoise, voit le jour.

En 1988, Robin Phillips lance la saison du 25e anniversaire du Citadel Theatre d'Edmonton avec The Crucible d'Arthur Miller et Midsummer Night's Dream de Shakespeare, deux productions qu'il organise de façon très innovatrice autour de la thématique de la sorcellerie. En 1990, il est nommé directeur général du Citadel Theatre à Edmonton, où il demeure jusqu'en 1995.

Son intérêt musical est manifeste lors de la représentation inaugurale en 1991 sur la scène d'Edmonton de la comédie musicale Aspects of Love d'Andrew Lloyd Webber. Le spectacle effectue une tournée à Toronto en 1992 et demeure six mois à l'affiche au théâtre Elgin, puis six mois à Chicago, avant de partir pour une tournée américaine qui se prolonge jusqu'en 1993. The Man from La Mancha, avec sa scène de viol célèbre, est présenté à Edmonton ainsi qu'au Royal Alexandra Theatre de Toronto (1992-1993), suivi de The Marriage of Figaro de la Compagnie d'opéra canadienne, plus tard en 1993. Son engagement à Edmonton prend fin avec The Music Man (1994) et The Beggar's Opera (1995), puis il retourne à Toronto. En 1996, il adapte Beatrice and Benedict pour la Compagnie d'opéra canadienne et, en 2000, il met en scène Otello de Verdi, dont il dessine les décors. Robin Phillips est également metteur en scène et décorateur de Jekyll and Hyde (1996) pour un petit théâtre de New York City. La pièce est présentée pendant quatre années et reçoit sept mentions distinctes pour la mise en scène et le décor, dont un Drama Desk et un NY People's Awards en 1997 ainsi que le Critics Circle du meilleur metteur en scène en 2001.

En 1998, Albert Schultz et les membres de la Stratford Young Company le pressent de revenir à Toronto afin d'être leur mentor pour la fondation de la compagnie théâtrale Soulpepper. Il met en scène leurs deux premières productions au Théâtre Du Maurier de Harbourfront, Don Carlos de Schiller et Le Misanthrope de Molière. Il retourne au Soulpepper en 2000 afin de mettre en scène The Mill on the Floss, que la troupe présente lors du Festival international de théâtre.

En 2006, Robin Phillips retourne à Ottawa, au Centre national des Arts, où il met en scène I Am My Own Wife, également présenté à la Canadian Stage Company de Toronto et mettant en vedette Stephen Ouimette. En 2007, il est de retour à Toronto pour présenter la remarquable production de The Elephant Man, mettant en vedette Brent Carver.

Reconnaissance

L'Université de Western Ontario lui décerne un doctorat en droit en 1983. En 2005, il reçoit l'Ordre du Canada pour son travail remarquable pour le théâtre canadien et, en 2010, il reçoit le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle de la réalisation artistique.