Piano - Pratique et enseignement

Le piano a conservé une position dominante dans bon nombre des foyers canadiens depuis la fin du XVIIIe siècle. Les Canadiens se sont démarqués sur cet instrument en produisant certains des meilleurs pianistes, professeurs de piano et méthodes pour piano au cours de la dernière partie du XXe siècle.

Piano - Pratique et enseignement

Le piano a conservé une position dominante dans bon nombre des foyers canadiens depuis la fin du XVIIIe siècle. Les Canadiens se sont démarqués sur cet instrument en produisant certains des meilleurs pianistes, professeurs de piano et méthodes pour piano au cours de la dernière partie du XXe siècle.

Une invention européenne
À la fin du XVIIe siècle, l'Italien Christofori commence à fabriquer des clavecins munis de marteaux qui frappent les cordes en vue d'augmenter la gamme des nuances. Son invention s'étend aux pays de langue allemande où les fabricants créent des pianoforte rectangulaires d'après la forme d'un autre instrument à cordes frappées populaire dans les familles, le clavicorde. Ces pianoforte sont connus comme des « pianos carrés ». Le coût de ces pianos carrés est environ un tiers de celui d'un clavecin, ce qui fait du nouvel instrument un symbole de statut plus populaire parmi les familles riches.

Arrivée du piano au Canada

Au Canada comme en Europe, pendant un certain temps, on joue aussi bien du clavecin que du piano. Selon Frédéric Glackemeyer, il n'y a qu'un seul piano à Québec en 1783. Lui-même et un marchand concurrent, Francis Vogeler, font beaucoup pour changer cet état de choses. En 1784, Glackemeyer annonce : « À VENDRE, CINQ élégants PIANOFORTES! arrivés par les derniers bateaux... à un prix très raisonnable ». Comme la popularité du pianoforte augmente, un plus grand nombre de ces instruments sont importés autant sous la forme du clavecin, maintenant connu comme le piano à queue, que sous la forme carrée peu encombrante, le « piano carré », qui évolue ensuite pour devenir le piano droit.

En 1791, année de la mort de Mozart, une société musicale locale inscrit dans ses dépenses « £ 3 10s 6d pour l'utilisation d'un pianoforte ». De fait, un concerto pour piano de Mozart est joué lors d'un concert à Québec, le 6 décembre 1792. En 1802, James Dunlop, marchand écossais installé à Montréal, écrit à sa sœur : « ... nous avons un très bon maître de musique ici, et j'ai fait venir deux pianoforte de Londres ». Des annonces dans les journaux montrent que vers le milieu du XIXe siècle, l'instrument est répandu dans tous les grands centres.

Difficultés liées au transport des pianos

Le transport de pianos en direction des Prairies soulève des difficultés considérables mais pas insurmontables, du moins pour une minorité de privilégiés. À son départ pour Fort Garry (Winnipeg) avec sa jeune femme en 1830, le gouverneur, sir George Simpson, prend les arrangements nécessaires pour faire expédier son piano. Le transport de pianos vers la côte ouest s'effectue par mer. À son arrivée à Victoria pour le compte de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1850, William John Macdonald est invité chez les Langford où il trouve « une excellente pianiste » en la personne de l'aînée des filles de la maison.

Comme les Européens, les riches Canadiens distingués insistent sur un enseignement musical solide pour la génération montante. L'importance de cet instrument rend insignifiant l'obstacle attribuable au vaste milieu sauvage du Canada. Des documents consignent des exploits presque héroïques tels qu'un homme fort embauché pour transporter un piano sur son dos dans les montagnes Rocheuses ou un Inuit transportant un piano mécanique sur son traîneau pendant plus de 200 milles de glace et de neige traîtresses au comptoir de brousse le plus proche parce qu'il a découvert que le piano ne rentrerait pas dans son igloo (ÀCMJ, 1958, p. 22).

Fabrication des pianos au Canada

Avant 1820, tous les pianos sont importés, mais ils sont chers et non adaptés au climat du Canada. Les Canadiens commencent donc à fabriquer leurs propres pianos. Avec la richesse des arbres robustes provenant des forêts canadiennes, l'industrie de fabrication des pianos au Canada devient rapidement une réussite à l'échelle internationale. Au début du XXe siècle, le Canada est un fabricant important de pianos alors que le piano droit est « un symbole dominant de l'ère victorienne au Canada, un emblème classique de jours plus paisibles, de moments plus simples » (Downright Upright, 1991 :11). Avec plus de 100 entreprises de fabrication de pianos et de fabricants individuels de 1879 à 1925, cette industrie canadienne produit 30 000 pianos par année au début du XXe siècle (VoirPiano - Facture).

Début de l'enseignement du piano au Canada

Au début, la presque totalité de l'enseignement consiste en leçons particulières, même si certains professeurs annoncent leurs studios comme des « académies de musique ». Il va de soi que les premiers professeurs sont des immigrants européens, à qui s'ajoutent par la suite des Canadiens formés à l'étranger. La plupart étendent leur activité à divers autres secteurs de la profession. Originaire d'Allemagne, T.F. Molt (1795-1856) commence à enseigner à Québec en 1823, à la fois en privé et dans des établissements d'enseignement, puis retourne en Europe parfaire sa formation. Molt prétend avoir étudié avec Czerny et Beethoven, bien qu'aucun document appuyant ces affirmations n'existe. Son style d'enseignement reflète néanmoins l'influence de ces compositeurs européens, il explique les possibilités de nuances et des cordes du pianoforte.

Dans L'Album musical (1882), Gustave Smith mentionne les noms de certains professeurs de musique actifs au Québec en 1856. Jean-Chrysostome II Brauneis, le premier d'une longue lignée de musiciens d'origine canadienne qui terminent leurs études à l'étranger, introduit les sonatines de Clementi et les études de Cramer et de Czerny. Dans sa jeunesse, Paul Letondal - immigrant français - étudie dans sa jeunesse avec Kalkbrenner, ou plus vraisemblablement avec un de ses disciples. Venu également de France, Charles Wugk Sabatier est le premier virtuose du piano à résider à Québec et à Montréal.

À Toronto, l'organiste et pianiste écossais James Paton Clarke se fait le défenseur du système Johann Bernhard Logier, centré sur l'entraînement avec un instrument censé renforcer la main (le Chiroplast) et sur l'enseignement collectif. L'œuvre de ces professeurs et de leurs contemporains témoigne de leurs antécédents personnels.

Le piano dans les familles

À partir de 1850, le piano trouve sa place dans la demeure des familles de la classe moyenne et aucune jeune fille n'échappe aux leçons nécessaires pour pouvoir exécuter des morceaux de danse et de salon et accompagner des chansons. La description faite par lady Dufferin d'une classe de piano dans un couvent canadien dans les années 1870 donne un avant-goût de ce que sera l'enseignement dans les écoles de musique 100 ans plus tard, à l'âge des chambres de pratique : « Dans une salle se trouvaient 12 compartiments vitrés renfermant chacun un piano, de sorte que les élèves pouvaient travailler simultanément pendant que dans une autre pièce, également vitrée, se tenait la surveillante qui, heureusement pour elle, n'entendait pas » (My Canadian Journal 1872-78, Toronto 1969, p. 24).

Professeurs de piano au Canada

Parmi les professeurs canadiens restés dans les mémoires, citons Frank Harrison à Fredericton; Harry Dean à Halifax (N.-É.); Anisia Campos, Jean Dansereau, Paul de Marky, Auguste Descarries, Stanley Gardner, Yvonne Hubert, Lubka Kolessa, Alfred La Liberté, Arthur Letondal, Paul Loyonnet, Germaine Malépart, Dorothy Morton, Léo-Pol Morin, Natalie Pépin et Émiliano Renaud à Montréal; Guy Bourassa, Frans Brouw, Constantin Klimoff, Hélène Landry et Berthe Roy à Québec; Ethel Barnes, Annie Jenkins, Harry Puddicombe et Ernest Whyte à Ottawa; J.E.P. Aldous à Hamilton (Ont.); G.D. Atkinson, Mona Bates, Boris Berlin, Margaret Miller Brown, Hayunga Carman, Rachel Cavalho, H.M. Field, Edward Fisher, W.O. Forsyth, Reginald Godden, Alberto Guerrero, Lubka Kolessa, Viggo Kihl, Waugh Lauder, Ernest Seitz, Pierre Souvairan, Richard Tattersall et Frank Welsman à Toronto; Jean Broadfoot, Alma Brock-Smith, Eva Clare, Gwendda Owen Davies, S.C. Eckhardt-Gramatté, Leonard Heaton, Phyllis Holtby, Leonard Isaacs, Roline Mackidd, John Melnyk et Grace Rich à Winnipeg; Peggy Sharpe et Lorne Watson à Brandon (Man.); Lyell Gustin à Saskatoon; Jenny Lerouge Le Saunier, Alexandra (Sandra) Munn et Edward Lincoln à Edmonton; Jessie Ackland, John Duval, Leonard Leacock, Gladys Egbert (née McElvie, la première Canadienne à se rendre à Londres munie d'une bourse des Royal Schools of Music) et Boris Roubakine à Calgary; Gertrude Huntly Green, Stanley Shale, Winifred Scott Wood et Robin Wood à Victoria (C.-B.); Barbara Custance, Jean (Robinson) Coulthard, Kum-Sing Lee, Glenn Nelson, Robert Silverman, Ira Swartz et J.D.A. Tripp à Vancouver.

Certains professeurs importants, tels que Boris Berlin, Gladys Egbert, Alberto Guerrero, Lyell Gustin, Yvonne Hubert, May Kelly Kirby, Lubka Kolessa, Germaine Malépart et J.D.A. Tripp, contribuent également de façon marquante à la pédagogie du piano.

Comme le piano continue à jouer un rôle dominant dans la société canadienne, la demande pour les professeurs de piano qualifiés augmente. Malheureusement, le nombre insuffisant ou l'absence de règlement concernant le choix des enseignants fait en sorte que certains professeurs de piano ayant peu d'expérience commencent à enseigner partout au pays. À compter de 2004, malgré la présence de professeurs de piano bien formés dans toutes les provinces, la demande continue en matière de professeurs perpétue le problème voulant que certains professeurs de piano non qualifiés enseignent aux jeunes.

Les professeurs canadiens s'installent aux États-Unis

Au début, l'encouragement des musiciens accomplis et des professeurs de musique est minimal au Canada. Ce manque d'appui pousse de nombreux musiciens canadiens vers les États-Unis où ils enseignent et jouent du piano. Calixa Lavallée est un musicien et un professeur de piano notable à Québec et plus tard à Montréal. Il quitte le Canada plusieurs fois pour enseigner et étudier aux États-Unis; il revient au pays en 1880 dans une tentative de prouver que le talent existe au Canada. À cette époque, il essaie, sans succès, de fonder un conservatoire au Canada. Augustus Stephen Vogt le décrit comme « un homme d'une compétence extraordinaire - non simplement comme un exécutant adroit du piano et un deviseur adroit de jolies mélodies et d'harmonies sensuelles, mais comme un artiste naturellement créateur, un pur génie de la musique » (Canadian Heritage, 3 déc. 2003).

Enseignants européens en visite

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Montréal est privilégiée d'avoir Isidor Philipp comme enseignant au Conservatoire de musique du Québec à Montréal et d'autres enseignants européens importants (par exemple, Arthur Friedheim, E. Robert Schmitz) qui visitent le Canada en d'autres occasions.

Enseignement du piano dans les écoles publiques

En 1926, Mme Hope Kammerer commence à donner des cours groupés de piano dans les écoles de Toronto. Vers 1928, cette initiative influence la présentation de programmes similaires dans de nombreuses villes : Kitchener, Hamilton, London, Pembroke, Milton, Stratford, Belleville, Milverton, Dundas, Galt, Peterborough, Chatham, Brantford, Ottawa, Paris, Oshawa, Windsor, Sarnia, Winnipeg, Vancouver, Victoria, Calgary, Regina, Saskatoon, Brandon et Edmonton. À cette époque, le Bureau canadien pour l'avancement de la musique publie un guide servant à diriger des cours de piano dans les écoles publiques. Les cours de groupe dans le réseau scolaire public sont offerts par intermittence dans bon nombre de ces centres, y compris Ottawa, qui continue à proposer un programme d'enseignement du piano dans les écoles publiques de l'Ottawa métropolitain en 2009.

Pianistes et concerts

Premiers concerts
Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle que des pianistes se font entendre en récital (voirConcerts : 1800 à 1899), et la tradition des programmes variés (mélodies, airs d'opéra, solos instrumentaux, etc.) se prolonge longtemps. Les pianistes y figurent comme solistes, accompagnateurs et chambristes, et doivent souvent jouer aussi des réductions de l'accompagnement des concertos. Dans les centres qui ne disposent pas d'un orchestre, le piano le remplace très souvent d'office au cours du XIXee siècle, non seulement aux répétitions, mais aussi en concert.

Pianistes étrangers en visite

Si peu d'élèves ont la chance d'aller étudier à l'étranger, ils sont nombreux dans les grandes villes ou leurs environs à entendre des pianistes de passage. Au cours du XIXe siècle, von Bülow, Thalberg et Gottschalk viennent au Canada. Ils sont suivis plus tard par des virtuoses comme d'Albert, Friedheim, Gabrilovitch, Godowsky, Hofmann, Paderewski, de Pachmann, Pugno, Rosenthal, Rubinstein et Sauer. On peut entendre des compositeurs-pianistes tels Dohnányi, Grainger, MacDowell, Medtner, Prokofiev, Rachmaninov et Ravel interpréter leurs propres œuvres. En 1913, Harold Craxton, le meilleur accompagnateur d'Angleterre et par la suite le professeur de nombreux Canadiens à Londres, effectue une tournée en compagnie de Clara Butt (à Londres, il est aussi l'un des accompagnateurs d'Albani). À une époque où de nombreuses villes canadiennes demeurent encore dans l'isolement, ces visites rendent les professeurs et élèves conscients des niveaux de qualité atteints à l'échelle internationale.

Naissance de pianistes canadiens

C'est à partir de la fin du XIXe siècle que le Canada forme quantité d'exécutants de premier plan dont beaucoup, bien sûr, vont parfaire leur formation à l'étranger. Victoria Cartier, Alfred La Liberté, Calixa Lavallée, Salomon Mazurette, Émiliano Renaud et Moïse Saucier figurent au nombre des interprètes de marque de la fin du XIXe siècle, et les premiers prodiges - Berthe Roy et Ellen Ballon - ne tardent pas à paraître. En 1924 à Toronto, A.S. Vogt peut écrire : « Nous avons attiré dans ce pays des pédagogues du piano et du violon qui se comparent avantageusement avec les meilleurs des plus grandes villes des vieux pays. J'estime que dans certaines parties du Canada, les niveaux actuels de l'exécution au piano sont de beaucoup supérieurs à ceux de l'Angleterre, et il est significatif que dans les dernières années le piano et le violon aient presque entièrement monopolisé l'intérêt des jeunes étudiants canadiens » (Musical Life and Arts, 1er décembre 1924). Gertrude Huntley Green, André Mathieu et le duo Bouchard et Morrisset sont d'autres interprètes de marque du début du XIXe siècle.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Glenn Gould et Oscar Peterson (un élève de Paul de Marky) se hissent aux plus hauts sommets de la célébrité internationale dans leurs secteurs respectifs de virtuosité pianistique, non seulement à cause de leur talent, mais aussi pour l'originalité de leurs réalisations au plan musical. De nombreux autres deviennent célèbres à diverses époques de la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. La plupart d'entre eux sont l'objet d'un article dans l'EMC : William Aide, Paul Berkowitz, Louise Bessette, Marie-Claude Bilodeau, Mimi Blais, Lise Boucher, Henri Brassard, Agnes Butcher (Boucher), Angela Cheng, Jane Coop, Jacinthe Couture, Barbara Custance, Jean Dansereau, Raymond Dudley, Marc Durand, Janina Fialkowska, Harry M. Field, Monica Gaylord, Reginald Godden, Richard Gresko, Tiiu Haamer, Marc-André Hamelin, Paul Helmer, Sheila Henig, Angela Hewitt, Gertrude Huntly Green, Margaret Ann Ireland, Diedre Irons, Marek Jablonski, Pierre Jasmin, Muriel Kerr, Ida Krehm, Antonín Kubálek, Anton Kuerti, Claude Labelle, André Laplante, Waugh Lauder, Djane Lavoie-Herz, Alain Lefèvre, Stéphane Lemelin, Louis Lortie, Michelle Mares, André Mathieu, Hélène Mercier, Mari-Elizabeth Morgen, Arthur Ozolins, Jamie Parker, Jon Kimura Parker, Patricia Parr, Louis-Philippe Pelletier, Christina Petrowska, Ross Pratt, Yaron Ross, Jean Saulnier, Claude Savard, Ernest Seitz, Jean-Paul Sévilla, Robert Silverman, Elyakim Taussig, Freda Trepel, Malcolm Troup, William Tritt, Éric Trudel, Andrew Tunis, Ronald Turini, Bruce Vogt et Claude Webster. (Voir aussiPianistes-duettistes, Prodiges.)

En 1993, Janina Fialkowska lance le partenariat musical Piano Sixen coordonnant des tournées dans plus de 200 communautés; ces tournées mettent en vedette six des meilleurs pianistes de concert au Canada : Janina Fialkowska, Jon Kimura Parker, Angela Hewitt, Marc-André Hamelin, Angela Cheng et André Laplante. D'autres pianistes se joignent au groupe, dont Bernadene Blaha en 1999. Au cours des dix premières années, Piano Six effectue plus de 60 tournées et se produit devant plus de 100 000 amateurs de musique classique dans des petites villes et des communautés isolées. Des dizaines de milliers d'écoliers canadiens ont la chance d'entendre et de rencontrer les musiciens de Piano Six de passage dans leurs écoles. Fialkowska développe Piano Six en 2003 en multipliant les partenariats avec des violonistes et des chanteurs canadiens de renommée internationale. Ainsi, le nouveau groupe, Piano Plus, présente une plus grande gamme d'œuvres musicales classiques dans les écoles et les communautés canadiennes. Fialkowska affirme : « Les musiciens de renommée internationale de Piano Plus apportent à un pays vaste et fascinant la musique la plus passionnante du monde. Notre mission consiste à assurer la vitalité de la musique classique et à découvrir les personnes, comme nous, amoureuses de cette musique ».

Les pianistes chambristes

Tout en étant actifs comme solistes, certains se distinguent particulièrement dans la musique de chambre, l'interprétation de sonates ou de lieder ou comme accompagnateurs et répétiteurs : Frances Marr Adaskin, John Avison, Louise-Andrée Baril, Leo Barkin, Dale Bartlett, Mario Bernardi (avant de devenir chef d'orchestre), Françoise Bertrand, Carol Birtch, Bernardene Blaha, Suzanne Blondin, Victor Bouchard, Guy Bourassa, Ada Bronstein, George Brough, Réjean Coallier, John Coveart, Chester Duncan, Mikael Eliasen, Kevin Fitz-Gerald, Bryan Gooch, Alberto Guerrero, Stuart Hamilton, Paul Helmer, Anna Moncrieff Hovey, Weldon Kilburn, Gwendolyn Williams Koldofsky, Greta Kraus, Gordon Kushner, Janine Lachance, Émery Lavigne, Roline Mackidd, Rachel Martel, Diane Mauger, Michael McMahon, Renée Morisset, John Newmark, Arlene Nimmons Pach, Marie-Thérèse Paquin, Marjorie A. Payne, Colombe Pelletier, Charles Reiner, Jacqueline Richard, Berta Rosenohl Grinhauz, Gloria Saarinen, Claude Savard, André-Sébastien Savoie, Paul Stewart, Dorothy Swetnam Hare, Linda Lee Thomas, Edmond Trudel, Valerie Tryon, Bruce Ubukata et bien d'autres.

Les pianistes de jazz

En jazz, c'est Paul Bley qui mène la carrière internationale la plus prestigieuse après Oscar Peterson. D'autres pianistes de jazz font l'objet d'un article dans l'Encyclopédie de la musique au Canada : Norm Amadio, Jon Ballantyne, Tommy Banks, Jean Beaudet, Neil Chotem,Jimmy Dale, Lorraine Desmarais, Gene DiNovi, Wray Downes, Hugh Fraser, Chris Gage, Lou Hooper, Oliver Jones, Maury Kaye, Pierre Leduc, Art Maiste, Al Neil, Paul Plimley, Doug Riley, Renee Rosnes, Joe Sealy, Bernie Senensky, Michael Snow, Don Thompson, Vic Vogel et Steep Wade. Parmi les Canadiens ou résidents du Canada non mentionnés ci-dessus, citons Charlie Austin, Ian Bargh, Stuart Broomer, Brian Browne, Tony Collacott, Bill Emes, Bob Fenton, Linton Garner, Sadik Hakim, Ron Johnston, George McFetridge, Bob Murphy, Stan Patrick, Milt Sealey, Gary Williamson et Reg Wilson. Plusieurs autres apparaissent dans les années 1980 et au début des années 1990 : François Bourassa, Brian Dickinson, Phil Dwyer, Mark Eisenman, Wayne Feschuk, James Gelfand, Steve Holt, D.D. Jackson, Jeff Johnston, Diana Krall, Andy Milne, Glenna Powrie, Dave Restivo et André White. Parmi les autres pianistes de jazz et de musique populaire, citons André Gagnon et Hagood Hardy.

Les conservatoires et les critères liés à l'enseignement du piano

Le Conservatoire royal de musiqueest fondé à Toronto en 1886 dans le but d'encourager le développement de l'ensemble du potentiel humain par le biais de l'enseignement de la musique. Modelant son concept sur ses homologues européens, le RCM établit un programme d'études et de certificat comportant des normes élevées et, au début du XXI<sup>e<sup> siècle, a la réputation d'être un des plus importants établissements d'enseignement de musique dans le monde avec plus de 400 000 Canadiens y participant chaque année. En 2004, son College of Examiners présente plus de 200 examinateurs de piano partout au pays.

Le Western Ontario Conservatory of Music (WOCM) est fondé en 1891 avec des principes semblables à ceux du Conservatoire royal de musique. En 1997, le WOCM fusionne avec le Western Board of Music (WBM, fondé en 1934 et situé à Edmonton). La fusion crée le Conservatory Canada, dont le siège social est situé à London, en Ontario.

Fondée en 2001, l'institution The Northern Lights : Canadian National Conservatory of Music (CNCM) a pour mission de promouvoir la musique canadienne et de la faire connaître dans les régions rurales et les communautés isolées. La CNCM se distingue des autres conservatoires nationaux par son programme unique et l'édition des journaux Northern Lights et Making Tracks en plus de mettre autant l'accent sur le matériel d'apprentissage théorique que sur celui de l'interprétation. On compte parmi ses publications du nouveau matériel de compositeurs connus et de nouveaux noms sur la scène canadienne, dont Nancy Telfer, Frances Balodis et Emily-Jane Orford.

On peut trouver des programmes de certificat dans d'autres conservatoires au pays, tel que le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec. On peut également retrouver le système du conservatoire anglais dans le cadre des examens du Trinity College of Music qui sont disponibles partout au pays. Les universités et les collèges ont aussi élaboré des programmes en musique qui incluent une exigence en piano.

Le Canada n'a pas de critère imposé par la loi et défini pour l'enseignement du piano. La Fédération canadienne des associations des professeurs de musique (FCAPM) est fondée en 1935 pour promouvoir et maintenir une norme élevée dans l'enseignement qualifié de la musique. Cependant, malgré ses efforts continus, il n'y a aucune loi pour protéger les étudiants des enseignants non qualifiés.

Recherche pédagogique

En 2004, Gilles Comeau de l'Université d'Ottawa crée le premier laboratoire de recherche sur la pédagogie du piano en Amérique du Nord. Le groupe de recherche du laboratoire, de concert avec le National Research Council et le Centre de recherche sur les communications, enquête sur l'intégration de nouvelles technologies dans le domaine de l'enseignement et de l'apprentissage du piano. Le groupe privilégie une approche scientifique de la pédagogie du piano qui fait intervenir à la fois la nature, les arts, la musique et la science. Cette approche pédagogique met en commun le savoir de spécialistes de la musique et celui d'informaticiens, d'ingénieurs en biomécanique, de psychologues de la cognition, de scientifiques en santé, de neuroscientifiques, d'audiovisualistes, de développeurs de logiciels afin d'améliorer les techniques d'enseignement du piano et de mieux comprendre l'apprentissage du piano. La Merriam School of Music et l'Université Laval collaborent à ce programme.

VoirCanadian Bureau for the Advancement of Music; Jazz; Pianistes-duettistes; Prodiges; Ragtime.

Ouvrages d'enseignement du piano au Canada

Au début de l'enseignement du piano, on manque de matériel pour les jeunes élèves. Au cours du XIXe siècle, des publications telles que le Ladies Home Journal (et d'autres magazines destinés aux femmes) font paraître souvent de la musique de danse populaire et des chansons d'amour. Malheureusement, au Canada, la musique et les méthodologies publiées restent limitées jusqu'au début du XXe siècle. Bien que les premiers professeurs canadiens élaborent souvent leurs propres méthodes, seules quelques-unes d'entre elles sont publiées.

Molt écrit le premier manuel de piano publié au Canada, y compris le premier ouvrage bilingue, Elementary Treatise on Music/Traité élémentaire de musique (Québec, 1828), puis d'autres manuels publiés aux États-Unis. Cet ouvrage est suivi par son New and Original Method for the Pianoforte en 1835, Remarks on Piano Forte Instruction en 1836, The Elements of Piano Forte Playing en 1854 et Elementary Method for the Piano Forte en 1855.

Autres méthodes de piano

En 1930, l'enseignement du piano est de plus en plus populaire. La demande de matériel pédagogique canadien pour l'enseignement privé augmente. May et John Kirby élaborent la Kelly Kirby Kindergarten Method (connue également sous la Kelly Kirby Piano Method) dans les années 1930. La méthode Kirby utilise des illustrations, des histoires, des jeux et le mouvement pour aider à apprécier la musique. En 1980, Frances Balodis se sert des idées de May Kelly Kirby et les pousse plus loin avec son Music for Young Children (MYC). Elle s'inspire de plusieurs sources, y compris des méthodes Kirby et Kodaly, pour créer une méthode composée d'histoires et de jeux, de mouvement musical et d'amusement au piano.

D'autres méthodes sont favorisées et élaborées au milieu du XXe siècle. Boris Berlin élabore son ABC of Piano Playing qui est d'abord publié comme un ensemble de deux volumes en 1941, puis dans un ensemble de trois volumes.

Manuels de piano canadiens publiés avant 1968

La liste ci-après donne les titres de manuels publiés par des Canadiens et consacrés à l'enseignement du piano aux débutants. Dans la plupart des cas, les ouvrages sont basés sur des approches systématiques et conçus par des enseignants plutôt que par des compositeurs.

1854
T.F. Molt, The Pupil's Guide and Young Teacher's Manual (Jameson).

1890
Thomas Charles Jeffers, The Art of Pianoforte Teaching (Toronto); Gustave Smith, Le Claviste (J.L. Orme & Son).

1900
A.S. Vogt, Modern Pianoforte Technique, 2 parties (Whaley Royce).

1918
Émiliano Renaud, Renaud-Phone Piano Method, incluant des enregistrements.

1920
Albertine Morin-Labrecque, Méthode de piano, 2 vol. (Montréal).

1922
Albertine Morin-Labrecque, L'Art d'étudier le piano (Montréal).

1929
Hope Kammerer, The First Period at the Piano (Waterloo).

1930
Boris Berlin et Ernest MacMillan, The Modern Piano Student (F. Harris).

1932
Boris Berlin et Ernest MacMillan, Our Piano Class (F. Harris).

1934
Hope Kammerer, The Second Period at the Piano (Waterloo).

1936
Kelly Kirby Kindergarten Method: Kelly Kirby Sightreading et Kelly Kirby Workbooks (F. Harris).

1937
Cora B. Ahrens, Daily Sight Playing Exercises for Piano, 4 vol. (Waterloo).

1939
Boris Berlin et Edward Magee, Four Star Sight Reading, 8 vol. (London, Oakville, Ont.).

1940
Boris Berlin, Muriel Boyle et Norman Wilks, The Boris Berlin Musical Kindergarten Piano Method (Heintzman).

1941
Boris Berlin, The ABC of Piano Playing, 2 vol. (F. Harris).

1945
Jessie Blake et Hilda Capp, Making Music: A Piano Book for Beginners (Boosey and Hawkes).

1950
Myrtle Rose et Albert Guerrero, The New Approach to the Piano, 2 vol. (F. Harris).

Fletcher, Leila (1911 -- Toronto 1988). The Leila Fletcher Piano Course (l'année est approximative).

1951
Edith Williams, Playtime Piano Method (Waterloo).

1955
Cora B. Ahrens et G.D. Atkinson, For All Piano Teachers (F. Harris).

1965-66
Oscar Peterson, Jazz Exercises and Pieces for the Young (Ray Brown Publications).

1968
Irene Bubniuk, Preliminary Piano Work for the Student of Music (Bubniuk Music Ltd.).

Œuvres de compositeurs canadiens

À partir de 1950, de plus en plus d'œuvres sont écrites au Canada par des compositeurs s'inspirant de la tradition de pièces originales pour piano, faciles d'exécution, comme les Petits préludes de Bach, l'Album pour la jeunesse de Schumann et les Mikrokosmos 1-4 de Bartók. En voici des exemples :

Beckwith, Six Mobiles

Cherney, Intervals, Patterns and Shapes; Six Miniatures

Fiala, Ten Postludes

Joachim, Twelve Twelve-Tone Pieces

Kasemets, 1 + 1: Twenty Piano Studies for Beginners

Kenins, Twelve Diversities

Pentland, Music of Now(livres I, II, III); Space Studies; Three Pairs

Wuensch, Mini-Suite; Six Little Etudes, Twelve Glimpses

Manuels de piano et documentation sur la musique au Canada publiés après 1968

1969
Ann Southam, 3 in blue: jazz preludes (Clark & Cruickshank).

1979
Carol L. Bigler et Valery Lloyd-Watts, Studying Suzuki Piano: More than Music. A Handbook for Teachers, Parents, and Students (Ability Development Associates).

Andre Previn, Matthew's Piano Book: Ten Piano Pieces for advances students (Whilhelm Hansen/ Chester Music).

Gerhard Wuensch, Mini-Suite N<sup>o<sup> 2 (Leeds Music Canada).

1980
Frances Balodis, Moonbeams I; Sunbeams I; Sunshine I (MYC).

Jean Coulthard, David Duke et Joan Hansen, Music of our Time, 8 volumes (Waterloo Music Company Limited).

1984
Grace Vandendool, Keyboard Theory, 5 volumes (Cormel Pub.)

1988
Susan Hammond, Mr. Bach Comes to Call, audiocassette (Classical Kids).

1989
Susan Hammond, Beethoven Lives Upstairs, audiocassette (Classical Kids).

1990
Mary Lindsay, Marching Through the Basics (Ellis, Ivison et Lindsay Music).

1992
Frances Balodis, My You Communicate (MYC).

2004
Elaine Keillor, Performing Our Musical Heritage, Piano I and Piano II (Clifford Ford Publications).

2006
Canadian National Conservatory of Music, Making Tracks (Mayfair Publishing).

Canadian National Conservatory of Music, Northern Lights (Mayfair Publishing).

2009
Conservatory Canada, Contemporary Idioms - Jazz (Mayfair Music).

Compilation d'albums

Les albums pédagogiques où figurent les œuvres de divers compositeurs incluent Fourteen Piano Pieces by Canadian Composers (F. Harris), Horizons, tomes I et II (Waterloo) ainsi que le répertoire et les albums d'études du Conservatoire royal de musique et de Conservatory Canada. De plus, on utilise des méthodes et des albums de répertoire internationaux, y compris ceux de Trinity College (Angleterre), les méthodes de piano Yamaha et Suzuki et la méthode Lo Kno Pla Music (LKP ou Lo(ve) Kno(w) Pla(y)) sous la direction de Paulette Breault de Sherwood Park en Alberta.

Bibliographie

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Liens externes