Pierre Bourgault

Pierre Bourgault, journaliste, homme politique, auteur et professeur (né le 23 janvier 1934 à East Angus, Québec; décédé le 16 juin 2003 à Montréal, Québec). Cet orateur de talent et grand défenseur de la langue française est l’un des pionniers du mouvement indépendantiste québécois.

Pierre Bourgault
\u00a9 Marie-Josée Hudon. Toutes les \u0153uvres reproduites sont la propriété de l'artiste. Reproduite avec la permission du Musée des Grands Québécois.

Pierre Bourgault, journaliste, homme politique, auteur et professeur (né le 23 janvier 1934 à East Angus, Québec; décédé le 16 juin 2003 à Montréal, Québec). Après des études au Séminaire de Sherbrooke, puis au Collège Jean-de-Brébeuf, il décide de joindre l’artillerie. Envoyé au Manitoba, il découvre avec déception l’unilinguisme de l’armée canadienne et l’absence de francophones chez les officiers supérieurs. De retour à Québec, il amorce une carrière à la radio et à la télévision comme présentateur et comédien. Au début des années 1960, Bourgault joint les rangs du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et en devient le président en 1964.

Du RIN au Parti québécois

Brillant orateur, il met tout en oeuvre afin de pour promouvoir et populariser l'idée de l'indépendance politique du Québec. Aux élections de 1966, le RIN recueille 5,6 % des votes. En 1968, les négociations en vue de la fusion du parti avec le Mouvement souveraineté-association (MSA) dirigé par René Lévesque échouent. Bourgault n’adhère pas à l’idée de la souveraineté-association, ou autrement dit, d’une indépendance politique assortie d’une association économique avec le reste du Canada. Pour Bourgault, la seule option acceptable est l'indépendance unilatérale du Québec. Malgré tout, quelques jours après la fondation du Parti québécois (PQ) en octobre 1968, le RIN se dissout et son chef invite les militants à joindre les rangs du nouveau parti afin d’unir les forces indépendantistes sous une seule et unique bannière.

Aux élections provinciales de 1970, Bourgault représente le Parti québécois dans la circonscription de Mercier. Il est battu par Robert Bourassa, chef du Parti libéral et futur Premier ministre du Québec. De 1971 à 1973, Bourgault est membre du comité exécutif du PQ et ce, malgré ses relations difficiles avec Lévesque. Il décide ensuite de se retirer de la vie politique active. En 1994–1995, il fait néanmoins un bref retour, mais cette fois-ci en tant que conseiller aux communications du Premier ministre Jacques Parizeau lors de la campagne référendaire (voir Référendum du Québec).

Un communicateur hors pair

De 1976 à 2000, Pierre Bourgault est professeur au Département de communication à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Il est fréquemment invité à donner son opinion à la télévision et dans les journaux. Il écrit pour Le Journal de Montréal, La Presse et Le Devoir. Au début des années 1980, il est même chroniqueur pour le quotidien anglophone montréalais The Gazette et au début des années 1990, on trouve ses textes dans le Globe and Mail de Toronto.

Bourgault publie également de nombreux livres, dont Moi, je m’en souviens (1989), une réplique à la biographie de l’ex-premier ministre René Lévesque Attendez que je me rappelle et Maintenant ou jamais (1990). Il est un collaborateur régulier à plusieurs émissions de radio diffusée par la Société Radio-Canada.

En 1997, Pierre Bourgault reçoit le prix George-Émile Lapalme du gouvernement québécois pour sa contribution à la défense de la langue française. Au cours de sa carrière, il aurait prononcé plus de 4 000 discours. Si quelques-uns ont été enregistrés, la grande majorité de ces discours sont aujourd’hui perdus, car ils n’ont jamais été mis par écrit par Bourgault. Après son décès en 2003, un prix a été créé en son honneur par le Mouvement souverainiste du Québec (MSQ), le Prix Pierre-Bourgault pour la défense du peuple québécois.

Publications

Québec quitte ou double (1970)

Oui à l’indépendance du Québec (1977)

La politique : écrits polémiques. Tome 1 (1982)

La culture : écrits polémiques. Tome 2 (1983)

Le plaisir de la liberté (1987)

Moi, je m’en souviens (1989)

Maintenant ou jamais, entretiens (1990)

Bourgault doux-amer (1992)

La colère : écrits polémiques. Tome 3 (1996)

La résistance : écrits polémiques. Tome 4 (1999)

Prix et distinctions

Prix George-Émile-Lapalme, Les Prix du Québec (1997)

Prix Jules-Fournier, Conseil supérieur de la langue française (2000)

Prix Condorcet-Dessaulles, Mouvement laïque québécois (2001)


Autres Québécois remarquables

Lecture supplémentaire

Liens externes