Tragédie de Polytechnique

Le 6 décembre 1989, un jeune homme, Marc Lépine, fait irruption dans une classe de Polytechnique à Montréal, muni d'une arme automatique. Il sépare les étudiants des étudiantes et tire à bout portant sur ces dernières en leur criant « Vous êtes toutes des féministes ».

Commémoration des 14 victimes (toutes féminines) de la tuerie de l'\u00c9cole Polytechnique de Montréal.

Le 6 décembre 1989, un jeune homme, Marc Lépine, fait irruption dans une classe de Polytechnique à Montréal, muni d'une arme automatique. Il sépare les étudiants des étudiantes et tire à bout portant sur ces dernières en leur criant « Vous êtes toutes des féministes ». Quatorze jeunes femmes sont assassinées et 13 autres personnes blessées. Lépine retourne alors son arme contre lui et se suicide. On retrouvera par la suite une liste de personnalités féminines identifiées par lui comme étant des « féministes à abattre ».

Cet événement provoque, au Québec et au-delà, une violente onde de choc aux répercussions multiples. Dès les premiers jours qui suivent le massacre, et longtemps après encore, les médias se font l'écho des profondes divergences quant à l'explication et à la signification de l'événement. Pour certains, le geste de Marc Lépine a des causes strictement psychologiques: il s'agissait d'un acte isolé sans signification sociale. Pour d'autres, au contraire, l'acte de Lépine révèle, de manière tragique, un profond malaise quant à la place des femmes dans la société québécoise. Pour plusieurs, et pour les féministes elles-mêmes, cette tragédie est la manifestation aussi bien de la violence faite aux femmes tout autant que d'un sentiment anti-féministe tenace et répandu. La couverture de presse en particulier est critiquée, le mouvement féministe n'hésitant pas à parler d'une véritable campagne de « dénigrement du féminisme » et reprochant aux médias d'avoir ignoré l'expertise féministe en matière de violence masculine.

L'événement tragique a également des répercussions du côté de la lutte pour le contrôle des armes à feu. Suite aux événements du 6 décembre, Heidi Rathjen et Wendy Cukier fondent la Coalition pour le contrôle des armes. Leur travail a contribué à l'adoption, en novembre 1995, de la Loi fédérale sur le contrôle des armes à feu.