Luso-Canadiens (Canadiens d'origine portugaise)

Les explorateurs portugais sont parmi les premiers Européens à poser les yeux sur ce qui est maintenant le sol canadien. Lorsdu recensement canadien de 2016, 482610 personnes ont déclaré être d’origine portugaise, et 221540personnes ont déclaré avoir le portugais comme langue maternelle.



Drapeau combiné canadien et portugais à Toronto

Avec la permission de Will (Flickr)

Historique

Entre le milieu et la fin du 15e siècle, on croit que Diogo de Teive (1452), Joao Vaz Corte-Real (1470), Joao Fernandes et Pedro de Barcelos (1493) ont débarqué sur la côte est du Canada : il existe de plus des preuves indiscutables des explorations de Miguel et de Gaspar Corte-Real, qui se sont perdues dans les eaux de Terre-Neuve, respectivement en 1501 et en 1502. De nombreux toponymes d’endroits confirment que les Portugais pêchent par la suite la morue dans les Grands Bancs de Terre-Neuve. Le nom de Labrador, probablement dérivé du portugais lavrador (« petit propriétaire terrien » ou « fermier »), montre que les Portugais connaissaient ce territoire. Toutefois, en cinq siècles de contacts épisodiques, un petit groupe seulement de pêcheurs portugais s’est établi sur la côte de l’Atlantique. Les Portugais de Nouvelle-France descendent de quelques familles, fondées par des immigrants venus en 1668 et plus tard.

Migration et peuplement

Au fil des ans, les Portugais immigrent au Canada pour les mêmes raisons que les autres groupes de population, y compris des occasions économiques, le chômage dans leur pays d’origine et un désir d’échapper à l’oppression politique (voirImmigration au Canada.)

L’immigration de Portugais, à peine perceptible dans les années 1940 (environ 200 personnes) augmente rapidement après 1953. Il arrive alors des immigrants des archipels des Açores (70 % des Portugais venus au Canada en sont), de Madère et de la partie continentale du pays. Parmi ceux qui sont arrivés au cours des années 1950, un grand nombre ont été envoyés travailler dans les régions rurales et isolées du Canada; cependant, ils ne tardèrent pas à s’établir dans de plus grandes villes. De 1951 à 1957, il en vient 8 115 du Portugal; de 1958 à 1962, 16 731; de 1963 à 1967, 32 473; de 1968 à 1973, 54 199; et en 1984, 869.

Lors du recensement de 2016, 482 610 Canadiens déclarent être d’origine portugaise (264 820 réponses uniques et 217 790 réponses multiples). La plupart des Canadiens portugais habitent en Ontario (324 930), suivi du Québec (69 805) et de la Colombie-Britannique (41 765). La plupart des Portugais vivent dans les centres urbains, même s’il existe quelques concentrations rurales.

Selon le recensement de 2016, 221 540 personnes déclarent avoir le Portugais comme langue maternelle (première langue apprise). Sur ce chiffre, 97 295 vivent à Toronto et 17 130 vivent à Montréal.

Vie sociale et culturelle

Pour la première génération de Portugais, la vie culturelle communautaire est en grande partie liée aux formes de loisirs populaires comme les parties de soccer, les bals, les pique-niques et la musique. Ces activités récréatives sont commanditées par des clubs, en collaboration avec des associations régionales, certaines paroisses ou encore avec des associations politiques portugaises. De nos jours, là où le nombre le permet, de nombreuses écoles et universités du Canada enseignent la culture classique et la langue portugaises après les heures normales de classe.

De nombreux Portugais de la première génération préfèrent participer aux activités en langue portugaise, mais ce n’est pas le cas des jeunes générations éduquées au Canada. Le fait de s’installer dans les villes améliore leur situation économique. La plupart des ouvriers travaillent d’abord dans les fermes ou pour les chemins de fer. Lorsqu’ils déménagent en ville, ils cherchent du travail en entretien ménager, dans la construction et à l’usine. Les femmes sont domestiques, ouvrières du textile ou affectées à la transformation des aliments. Au cours des années 1960, de plus en plus de familles se mettent à ouvrir des boutiques de vêtements ou d’accessoires, des poissonneries, des boulangeries et des restaurants. Ceux qui possèdent une formation secondaire, la minorité, deviennent souvent agents d’immeubles ou de voyages, moniteurs de conduite automobile ou offrent divers services aux membres de leur communauté. À partir des années 1970, la deuxième génération, formée au Canada, compte des enseignants du secondaire, des avocats, des travailleurs sociaux, des ingénieurs et des fonctionnaires. D’autres, plus nombreux encore, sont ouvriers spécialisés ou semi-spécialisés.

Traditionnellement, la plupart des Portugais sont catholiques (voirCatholicisme), mais certains se sont convertis à d’autres confessions chrétiennes, par exemple, aux églises pentecôtiste, baptiste, témoins de Jéhovah et adventiste du septième jour.

Maintien de l’identité ethnique

Les immigrants portugais de première génération ont le souci de conserver leur identité culturelle, leur Portuguesismo, mais leur fidélité à leur localité d’origine est également très forte. Au niveau local, l’insistance sur l’avancement économique individuel et familial, appuyée par les différences de classes basées sur l’éducation et le mode de vie, fait parfois obstacle à une véritable cohésion ethnique. Il se publie plusieurs journaux portugais à Toronto, à Montréal, à Winnipeg et à Vancouver.



Lecture supplémentaire

  • Grace M. Anderson and David Higgs, A Future to Inherit: The Portuguese Communities of Canada (1976).

Liens externes