Pratte

Pratte. Marque de pianos manufacturés à Montréal à compter de 1889. Venu à Montréal vers 1875, Louis-Étienne-Napoléon Pratte, originaire de Princeville, Québec, avait ouvert un magasin de musique et faisait seul le commerce de pianos.

Pratte

Pratte. Marque de pianos manufacturés à Montréal à compter de 1889. Venu à Montréal vers 1875, Louis-Étienne-Napoléon Pratte, originaire de Princeville, Québec, avait ouvert un magasin de musique et faisait seul le commerce de pianos. En 1882, il s'adjoignit pour quelques mois son jeune frère Antonio (Princeville, 1865 - Saint-Célestin de Nicolet, 9 janvier 1943) qui, après avoir étudié la musique avec Dominique Ducharme et Charles-Marie Panneton, se consacra à l'étude de la fabrication des pianos durant un stage à la Dominion Organ and Piano Co. à Bowmanville, Ont. (1882-89). Son frère Évariste (v. 1867 - 1913) l'accompagna et étudia l'accordage. Tous deux allèrent ensuite parfaire leurs connaissances à New York. À partir de 1889, Antonio produisit des pianos auxquels il donna le nom L.-É.-N. Pratte; Évariste s'occupait de la vente, et L.-É.-N. de la publicité. La Compagnie de pianos Pratte / Pratte Piano Company fut officiellement formée en 1895 et acquit aussitôt l'ancienne manufacture d'orgues Cornwall à Huntingdon, Québec; elle fit venir des États-Unis et d'Europe les meilleurs ouvriers. Entre 1894 et 1909, Antonio Pratte obtint plusieurs brevets d'invention des gouvernements canadien, américain et même européens, pour différentes améliorations qu'il apporta au piano droit. En 1896, la maison annonçait avec fierté les noms faisant partie de « l'élite des musiciens et professeurs canadiens qui ont choisi et acheté le piano Pratte de préférence à tous les américains » et ajoutait que ses pianos « possèdent des qualités artistiques qui ne se trouvent dans aucun autre piano américain ou européen. Leur système est tel qu'il assure, en outre des plus rares qualités musicales, le maximum de solidité et de durée pour les climats extrêmes » (L'Art musical, novembre 1896). Victoria Cartier fit entendre le piano Pratte aux Européens lors d'un concert à l'Institut national des jeunes aveugles à Paris en 1898. En 1900, la maison Pratte gagna un Grand prix à l'Exposition universelle de Paris et offrit à sa clientèle le premier piano pneumatique canadien. Fondateur et éditeur-propriétaire de la revue mensuelle L'Art musical (d'octobre 1896 à janvier 1899), L.-É.-N. Pratte mourut en 1911, laissant Antonio à la tête de son établissement. Celui-ci soumit au public en 1912 son premier piano à queue auquel il travaillait depuis 1896 et qui fut présenté lors d'un concert à l'hôtel Ritz-Carlton à Montréal par Victoria Cartier. À la même époque, Pratte produisit un nouveau genre d'harmonium dit « à clavier transpositeur » à l'usage des églises et des chapelles. La Compagnie de pianos Pratte aborda en 1918 la fabrication de phonographes sous le nom de Prattephone Co. En 1926, elle se lia par contrat à la maison J.-Donat Langelier Ltée, laquelle fut à son tour fusionnée à N.G. Valiquette pour devenir Langelier-Valiquette Ltée en 1963.


Lecture supplémentaire

  • 'Le palais de musique de L.E.N. Pratte,' Le Commerce de Montréal et de Québec et leurs industries en 1889 (Montreal 1889)

    Pelletier, Frédéric. 'Le piano Pratte,' La Musique, vol 4, Jan 1922

    Biographies canadiennes-françaises (Montreal 1923)

    Kallmann History of Music in Canada

    Musiciens canadiens

    Roll Back the Years