Rachel Notley

​Rachel Notley, 17e première ministre de l’Alberta (2015-) et chef du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta (2014-), avocate (née le 17 avril 1964 à Edmonton, en Alberta).

Rachel Notley, 17e première ministre de l’Alberta (2015-) et chef du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta (2014-), avocate (née le 17 avril 1964 à Edmonton, en Alberta). En tant qu’avocate, Rachel Notley se spécialise dans les questions liées au droit du travail et exerce en Colombie-Britannique et en Alberta. Fille de Grant Notley, chef du NPD de l’Alberta de 1968 à 1984, elle a gagné sa première élection en 2008 et a été élue chef du parti en 2014. Rachel Notley a conduit son parti à une victoire électorale surprise le 5 mai 2015 en battant les progressistes-conservateurs, le parti qui, au pouvoir depuis 1971, détenait le record de longévité au Canada pour un gouvernement.

Famille et jeunesse

Rachel Notley naît à Edmonton, en Alberta, le 17 avril 1964. Elle est l’aînée des trois enfants de Sandra Wilkinson et de Grant Notley, un pionnier du Nouveau Parti démocratique (NPD). Sa famille déménage dans le nord-ouest de l’Alberta après l’élection de son père comme député provincial de la circonscription de Spirit RiverFairview.

Originaire du Massachusetts, sa mère milite dans le domaine social aux côtés de figures de proue du mouvement protestataire de l’époque comme Abbie Hoffman alors qu’elle vit encore aux États-Unis. Étant allée rendre visite à un ami en Alberta, elle se passionne pour le Nouveau Parti démocratique provincial à peine naissant dans le cadre duquel elle rencontre son futur mari. Rachel Notley a un jour déclaré que sa mère avait eu une influence aussi importante sur sa conscience sociale que son père. En effet, cette dernière prend l’habitude de l’emmener lors de marches de protestation, et ce, avant même qu’elle atteigne l’âge de dix ans.

Grâce à son père, Rachel Notley fait la connaissance d’un certain nombre d’icônes du socialisme canadien, notamment des dirigeants fédéraux du NPD comme Tommy Douglas et Ed Broadbent. Elle se souvient avoir mis son père dans l’embarras lorsqu’adolescente elle a vu ce dernier pour la première fois. Voilà comment elle relate cet épisode : « Je l’ai rencontré lors d’une manifestation quelconque, il a souri, s’est présenté et m’a serré la main, sur quoi je lui ai dit : “Oh, vous avez le même sourire plaqué de politicien que mon père.” C’était réellement épouvantable, non? Je me suis juste comporté comme l’ado odieuse typique de 12-13 ans! »

Elle exaspère son père à plus d’une occasion, l’une des plus mémorables étant peut-être la fois où, étudiante au collège, assistant à l’une de ses réunions à la mairie de Grande Prairie, elle l’y défie verbalement sur la question de l’endettement des étudiants, se plaignant publiquement du fait que, bien que ses parents gagnent trop d’argent pour qu’elle puisse obtenir un prêt étudiant, son père se montre trop pingre pour lui en donner suffisamment afin qu’elle s’achète de quoi manger.

Rachel Notley se souvient en souriant de cette histoire et raconte à cet effet : « Mon père était vraiment en colère contre moi. Tous ses collaborateurs étaient en hyperventilation, réellement morts de rire. Mais, lui était véritablement irrité. Alors, il m’a donné 20 $, ce qui en dit long sur le fait qu’il était vraiment chiche! »

Formation

Rachel Notley passe deux ans dans un collège à Grande Prairie, en Alberta, avant de déménager à Edmonton pour s’inscrire à l’Université de l’Alberta. Le 19 octobre 1984, la jeune étudiante de 20 ans apprend le décès de son père dans un accident d’avion près de Lesser Slave Lake.

Rachel Notley obtient un baccalauréat ès arts en sciences politiques et déménage à Toronto, en Ontario, où elle décroche un diplôme en droit à la faculté de droit Osgoode Hall.

Carrière juridique

Rachel Notley revient à Edmonton, en Alberta, où elle travaille pour l’Alberta Union of Provincial Employees, se spécialisant dans les cas d’indemnisation des travailleurs accidentés du travail. En 1994, elle déménage à Vancouver, en Colombie-Britannique, afin d’intégrer la Health Sciences Association (HSA) de Colombie-Britannique comme agente de santé et de sécurité au travail. Elle prend un congé d’un an pour travailler comme assistante de Ujjal Dosanjh, alors procureur général provincial, sur un certain nombre de dossiers liés à des enjeux comme la sécurité locale, le droit de la famille pour les couples de même sexe et l’amélioration de la façon dont la police et les tribunaux gèrent les situations de violence conjugale. À son retour à la HSA, elle est choisie par le gouvernement de Colombie-Britannique pour participer à la réécriture de la législation provinciale en matière de santé et de sécurité.

En 2002, elle retourne à Edmonton, en Alberta, où son mari a accepté un poste de directeur des communications pour le caucus du Nouveau Parti démocratique (NPD) provincial, qui compte alors deux personnes. Rachel Notley commence à travailler à la pige pour le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public, une coalition syndicale qui suit l’évolution du droit du travail à l’échelon provincial et fédéral.

Elle exerce également, à diverses occasions, des fonctions de commissaire aux appels pour des cas d’indemnisation de travailleurs accidentés du travail, de tutrice à l’Université Athabasca et de chargée de cours à temps partiel en droit des affaires au collège Grant MacEwan. Elle part finalement travailler pour un syndicat infirmier, le United Nurses of Alberta.

Dans une entrevue avec L’Encyclopédie canadienne en juin 2015, Rachel Notley déclare qu’à cette époque, elle évitait de faire de nombreuses heures supplémentaires : « Je faisais toutes ces petites choses parce que je voulais travailler à temps partiel tout en m’occupant de mes deux enfants de trois et un an. »

Carrière politique

Jusqu’en 2006, Rachel Notley joue un rôle actif en politique provinciale en étant bénévole, à plusieurs occasions, pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), sans toutefois être jamais candidate. En 2006, elle décide d’entrer véritablement en politique provinciale en faisant campagne pour prendre la suite de Raj Pannu, ce dernier venant de prendre sa retraite de député NPD de la circonscription d’Edmonton–Strathcona.

Elle est choisie comme candidate du parti par acclamation et remporte le siège lors de l’élection de 2008, Brian Mason et elle étant les deux seuls candidats néo-démocrates à être élus. Le caucus néo-démocrate de deux personnes doit se partager jusqu’à 24 postes du cabinet fantôme. En tant que nouvelle élue, elle devient porte-parole du parti pour les relations avec les Autochtones, pour l’enseignement postsecondaire, pour l’agriculture, pour les services à l’enfance et à la jeunesse, pour la culture, pour l’éducation, pour l’emploi et l’immigration, pour l’environnement, pour la justice, pour les personnes âgées, pour le développement durable des ressources naturelles et pour le tourisme.

Même si elle admet que ses nouvelles fonctions l’ont rendue un peu nerveuse au début, Rachel Notley s’avère rapidement l’une des députées provinciales les plus compétentes toutes orientations politiques confondues. Dans la lignée de la célèbre pingrerie de son père, elle fait également preuve d’une tendance à la modération en matière de dépenses. En 2010, elle dépose si peu de demandes de remboursement de dépenses que sa rémunération totale pour l’année s’élève à 129 857 $, la deuxième plus faible de tous les députés provinciaux.

Rachel Notley explique que, parmi ses activités en tant que députée de l’opposition, il faut notamment retenir ses combats pour l’aide aux sans-abri afin qu’ils conservent leur droit de vote, pour l’établissement de l’indépendance du défenseur des enfants et de la jeunesse et pour forcer le gouvernement à renoncer à un texte législatif qui aurait réduit les prestations de pension destinées aux travailleurs du secteur public.

Lors de l’élection provinciale de 2012, Rachel Notley conserve son siège et le caucus néo-démocrate double ses effectifs pour atteindre quatre députés.

Chef du NPD et élection provinciale de 2015

Le 18 octobre 2014, Rachel Notley devient chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta avec 70 % des votes en battant deux autres candidats.

Le 7 avril 2015, le premier ministre Jim Prentice déclenche l’élection provinciale une année avant le terme de la législature. Il s’agit pour lui de tenter d’obtenir le soutien des Albertains et un mandat pour mettre en œuvre un budget particulièrement austère en réaction à la chute drastique des recettes provinciales due à la baisse des prix mondiaux du pétrole.

Contrairement aux dirigeants du Parti Wildrose et du Parti Libéral, Rachel Notley fait campagne pour gagner l’élection et pas simplement pour former l’opposition officielle. Au début de la campagne électorale, les sondages d’opinion donnent à penser que l’on va assister à une bataille à trois entre les progressistes-conservateurs (PC), Wildrose et le NPD. À mi-campagne, c’est le NPD, dont la campagne est axée sur l’abrogation des restrictions budgétaires mises en œuvre par le gouvernement conservateur dans le domaine de l’éducation, sur la mise en place d’un examen des redevances énergétiques et sur l’augmentation du taux d’imposition des sociétés de deux points de pourcentage, qui est en avance.

Après une performance remarquable de Rachel Notley lors de l’unique débat entre les chefs de parti diffusé à la télévision, l’avance du NPD s’accroît encore dans les sondages. Lors de ce débat, Jim Prentice, le chef du PC, trébuche en essayant de mettre en avant une erreur du NPD dans ses chiffres budgétaires. En s’adressant à Rachel Notley, il déclare : « je sais que les mathématiques sont difficiles », une remarque désinvolte que beaucoup condamnent comme condescendante.

Lors de sa campagne, la chef néo-démocrate affiche un sens de l’humour espiègle qui contribue à mobiliser les électeurs; à un moment, elle utilise des T-shirts à la marque « Notley Crue » (qui s’entend « Notley crew », c’est-à-dire « l’équipe de Notley »), un jeu de mots faisant référence au groupe américain de heavy metal Mötley Crüe. Rachel Notley déclare après la campagne qu’elle a été ravie d’apprendre, à sa grande surprise, que son père Grant, chef du NPD jusqu’à sa mort en 1984, avait lancé un club politique à l’Université de l’Alberta dans les années 1950 surnommé le « Notley’s Motley Crew ».

Première première ministre NPD de l’Alberta

Le soir de l’élection, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta gagne 54 des 89 sièges de députés provinciaux, remportant toutes les circonscriptions à Edmonton, 15 à Calgary et 20 dans d’autres régions de la province. En dépit des prévisions des sondages, la victoire de Rachel Notley et l’élection d’un gouvernement néo-démocrate majoritaire en Alberta laissent les observateurs politiques de toutes les régions du Canada totalement ébahis.

Le Parti Wildrose termine deuxième avec 21 sièges et le Parti Progressiste-Conservateur (PC) rétrograde à la troisième place avec seulement 10 sièges, un total qui tombe immédiatement à 9 lorsque Jim Prentice annonce sa démission. Le Parti Libéral et l’Alberta Party remportent chacun un siège.

Rachel Notley prête serment comme première ministre le 24 mai lors d’une cérémonie en extérieur plutôt festive organisée devant l’édifice de l’Assemblée législative. Au programme de cette cérémonie, on trouve un groupe de musique folklorique, des friandises glacées gratuites et une flotte de camions de nourriture. Des milliers de spectateurs, dont beaucoup ont amené leurs enfants barboter dans le miroir d’eau public pendant les formalités, participent à la fête.

Le nouveau Cabinet prête également serment durant cette cérémonie, un Cabinet qui, en comptant la première ministre, compte seulement 12 ministres, soit la moitié du nombre habituel dans les gouvernements du PC.

Le nouveau gouvernement s’attelle rapidement à la mise en œuvre de son programme, notamment l’augmentation de l’impôt sur le revenu des sociétés de 10 à 12 %, un examen controversé du système de redevances s’appliquant aux industriels de l’énergie et une interdiction des dons politiques pour les entreprises et les syndicats.

Rachel Notley est mariée à Lou Arab, un agent des communications du Syndicat canadien de la fonction publique. Ils ont deux enfants.