Radford, Tom

Radford étudie l'histoire du Canada à l'Université de l'Alberta à la fin des années 1960, mais abandonne à mi-parcours de sa maîtrise pour se consacrer à la réalisation de Ernest Brown, Pioneer Photographer (1974).
Radford étudie l'histoire du Canada à l'Université de l'Alberta à la fin des années 1960, mais abandonne à mi-parcours de sa maîtrise pour se consacrer à la réalisation de Ernest Brown, Pioneer Photographer (1974).



Radford, Tom

 Tom Radford, réalisateur, auteur, producteur (Edmonton, 12 mars 1946). Le désir de tout documenter semble couler dans les veines des membres de la famille de Tom Radford. Sa grand-mère Gertrude Hogg tenait un journal sur les premières années de la famille à Edmonton et son grand-père était éditeur du Edmonton Journal lorsqu'il a gagné le prix Pulitzer en journalisme en 1936. Radford a écrit, produit et dirigé plus de 50 films, des documentaires pour la plupart, portant sur des évènements ou des personnalités de l'histoire de l'Alberta.

Radford étudie l'histoire du Canada à l'Université de l'Alberta à la fin des années 1960, mais abandonne à mi-parcours de sa maîtrise pour se consacrer à la réalisation de Ernest Brown, Pioneer Photographer (1974). Cette décision porte immédiatement fruit : le film gagne le prix du meilleur film pour l'Alberta au Yorkton International Documentary Festival.

En compagnie de ses collègues réalisateurs Anne WHEELER et P.J. Reese, il fonde en 1971 la compagnie de production et de distribution Filmwest Associates. C'est une première dans une province qui, à l'époque, n'est dotée d'aucune infrastructure cinématographique. La compagnie poursuit encore ses activités en tant que distributrice de films éducatifs et indépendants.

Radford manifeste un intérêt pour les communautés délaissées, comme en font foi des réalisations telles que Land (1971), qui présente les grandes plaines vues par des artistes et auteurs autochtones et World's Collide (2005), dans lequel une famille inuit est à la recherche de ses racines perdues. Le regard inflexible qu'il porte dans son deuxième film, Death of a Delta, sur les citoyens de Fort Chipewyan, en Alberta, qui s'opposent à la construction du barrage Bennett, lui vaut un prix au Festival dei Populi à Florence. En 1980, Radford quitte Filmwest pour fonder le Northwest Studio de l'OFFICE NATIONAL DU FILM du Canada à Edmonton, où il est chef de production jusqu'en 1985. Il réalise pendant cette période plus de 20 films, y compris les premières œuvres d'Anne Wheeler et de Gil Cardinal, dont Foster Child, qui remporte un prix Gémeau en 1988.

Radford augmente la cadence au cours des années 1980 et 1990 et aborde une panoplie de sujets, du duo country celtique The Great Western Orchestra (The Buffalo Ground, 1995) jusqu'à Wop May, as pilote de chasse de la Deuxième Guerre mondiale (Distant Skies, 2000) en passant par l'auteur conservateur Grant MacEwan (The Tree Planter, 2001). Son film Life After Hockey (1990), réalisé en collaboration avec le dramaturge Ken Brown, remporte le prix du meilleur film, du meilleur drame et du meilleur réalisateur à l'Alberta Festival Awards, alors que Tickling the Dragon's Tail (1999), un documentaire sur le physicien canadien Louis Slotin, reçoit le prix du meilleur réalisateur au festival de 1999. Le monde de la cinématographie reconnaît ses efforts : Arctic Dreamer (2004) gagne un prix Gémeau pour la meilleure biographie documentaire cette année-là; il s'agit pour Radford de la dixième distinction nationale ou internationale que remporte l'un de ses films.

Tar Sands, The Selling of Alberta, un documentaire réalisé par Radford et Peter RAYMONT pour le SRC, a attiré l'attention internationale quand il est télévisé pour la première fois en 2008. Avec à la narration, Ann-Marie MACDONALD, le film examine le développement rapide des sables bitumineux près de Fort McMurray et les effets conséquents sur la politique ainsi que sur la vie sociale et écologique de la province.

Les photographies de plateau de Radford sont présentées au MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA. Il édite également deux ouvrages : Best of Alberta (1987) et le livre à succès Alberta, A Celebration (1979). Il est le fondateur de l'Institut national des arts de l'écran et associé fondateur de Film Frontiers, de Great North Productions et de Clearwater Media. En 2005, Radford reçoit une commande de la chaîne anglaise de Radio Canada pour la réalisation de Alberta Bound, un regard sur un siècle de musique albertaine mettant l'accent sur des personnalités telles que Wilf Carter, NICKELBACK et k.d. Lang.

L'influence de Radford sur la scène cinématographique provinciale et nationale est notable, à la fois sur le plan artistique et à titre d'exemple pour les réalisateurs travaillant hors du circuit populaire. Son regard révélateur pour les détails a fait connaître des segments inconnus de l'histoire du Canada et des Prairies et ce faisant, il a accumulé une quantité impressionnante de documentation.