Robert Baldwin Ross

Robert « Robbie » Baldwin Ross, journaliste et critique d’art (né le 25 mai 1869 à Tours, en France; décédé le 5 octobre 1918 à Londres, au Royaume-Uni). Robbie Ross est surtout connu pour son association avec le dramaturge Oscar Wilde.

Robert « Robbie » Baldwin Ross, journaliste et critique d’art (né le 25 mai 1869 à Tours, en France; décédé le 5 octobre 1918 à Londres, au Royaume-Uni). Robbie Ross est surtout connu pour son association avec le dramaturge Oscar Wilde.


Enfance

Robert Ross est le benjamin des cinq enfants nés de l’union de John Ross et d’Augusta Elizabeth « Eliza » Baldwin. Son père est un homme politique canadien qui a occupé de nombreux postes importants dans le gouvernement colonial. Robert Ross est également le petit-fils de Robert Baldwin, un réformateur politique canadien qui a été co-premier ministre de la province du Canada. En 1866, la famille Ross s’installe en France. En 1869, John Ross est rappelé au Canada pour occuper le poste de président du Sénat. Sa famille, qui comprend maintenant un tout jeune Robert Ross, le suit bientôt. John Ross meurt en janvier 1871. En avril, Eliza emmène ses enfants à Londres, en Angleterre, où elle croit qu’ils recevront une meilleure éducation. Enfant, Robert Ross est placé sous la tutelle de ses frères Aleck et Jack.

Éducation

Robert Ross fréquente la Sandroyd School, une école préparatoire à Cobham, dans le Surrey, où il était plus doué pour les matières scolaires que pour les sports. Bien que Ross ait obtenu une bourse d’études classiques dans une école secondaire prestigieuse, sa mère décide de lui donner des cours à domicile. Pendant les quatre années suivantes, il suit les cours de sa mère et de professeurs particuliers. Son programme comprend des voyages éducatifs sur le continent européen, où il acquiert une connaissance et une compréhension avancées de l’art. Il devient également un fervent adepte du catholicisme. (Voir aussi Catholicisme au Canada.)

À l’automne 1888, Robert Ross est accepté au King’s College de Cambridge. Là, il écrit pour les publications étudiantes The Gadfly et Granta. Ses articles suscitent toutefois l’hostilité de certains étudiants et membres de la faculté. Un groupe d’étudiants décide même de s’emparer de lui et le jeter dans l’une des fontaines de l’école. Une autre raison potentielle pour cette agression est que l’on soupçonnait Robert Ross d’être homosexuel. (Voir aussi Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada.) À la suite de cet incident, Robert Ross contracte une pneumonie et souffre d’angoisse. Il est furieux que l’administration du collège n’ait pas puni ses agresseurs et abandonne bientôt ses études.

Robert Ross et Oscar Wilde

Les circonstances dans lesquelles Robert Ross a rencontré Oscar Wilde sont contestées, mais la rencontre a probablement eu lieu en 1886. En 1887, Robert Ross est pensionnaire dans la maison londonienne de la famille Wilde. Il est presque certain que la rencontre de Wilde avec Ross a été sa première relation homosexuelle. L’histoire d’amour passionnée entre Robert Ross, 17 ans, et Oscar Wilde, 32 ans, est de courte durée. Néanmoins, elle marque un tournant dans la vie de Wilde. Robert Ross et Oscar Wilde se tournent tous deux vers d’autres relations, notamment la liaison malheureuse de Wilde avec Lord Alfred « Bosie » Douglas. Cependant, les deux hommes restent proches. Robert Ross est en effet fasciné par l’esprit et le talent littéraire de Wilde. Il reste un ami et un confident fidèle de l’auteur jusqu’à la fin de sa vie. Il est également l’ami de Constance, la femme de Wilde, et plus tard, de leurs fils, Cyril et Vyvyan.

Le père de Lord Douglas, le marquis de Queensberry, s’oppose à la relation d’Oscar Wilde avec son fils. Devant leur insistance, le marquis de Queensberry accuse Wilde de s’adonner à des relations sexuelles homosexuelles, ce qui est illégal au Royaume-Uni jusqu’à la fin des années 1960. Face à ces accusations, Oscar Wilde estime qu’il doit poursuivre le marquis pour diffamation. Robert Ross conseille plutôt à Wilde, sans succès, de ne pas engager de poursuites judiciaires. Il ne réussit pas non plus à convaincre Wilde de s’enfuir en France lorsqu’il devient évident que les poursuites judiciaires sont dirigées contre lui. Oscar Wilde est finalement arrêté pour atteinte à la pudeur. Robert Ross retire alors des papiers personnels et des manuscrits de la bibliothèque de son ami pour éviter qu’ils ne soient saisis par le tribunal.

Après l’emprisonnement d’Oscar Wilde, Robert Ross lance une collecte de fonds pour payer les frais de justice et les dettes de faillite de son ami. Il rend également visite à Wilde en prison. Une lettre écrite par Robert Ross lors d’une de ses visites constitue un témoignage de première main sur l’état physique et émotionnel d’Oscar Wilde à cette époque. Robert Ross se trouve également dans la position délicate d’être un intermédiaire entre Oscar Wilde et sa femme Constance, ainsi qu’entre Wilde et Lord Douglas.

Oscar Wilde désigne Robert Ross comme son exécuteur littéraire, ce qui signifie que Robert Ross a pour charge de gérer ses œuvres après sa mort. Lorsque Oscar Wilde est libéré, Robert Ross le rencontre à Dieppe, en France. Là, il l’aide à s’adapter à sa vie d’exil hors de prison, et lui invente le pseudonyme Sebastian Melmoth. Oscar Wilde confie alors à Ross l’exemplaire original de sa lettre émouvante de 50 000 mots adressée à Bosie, que Ross intitule De Profundis. Robert Ross apporte également une critique constructive au poème épique d’Oscar Wilde, The Ballad of Reading Gaol. C’est grâce aux efforts de Robert Ross que cette œuvre est publiée pour la première fois. Après la mort de Constance en avril 1898, Robert Ross s’assure que ses fiduciaires continuent à verser à Oscar Wilde l’allocation qu’elle lui avait prévue.

Robert Ross est présent lorsqu’Oscar Wilde meurt à Paris, le 30 novembre 1900. Il fait venir un prêtre au chevet de Wilde pour qu’il soit accepté dans l’Église catholique romaine. Il organise aussi les modestes funérailles de Wilde et sa première inhumation dans un cimetière peu prestigieux. Il fait ensuite transférer la dépouille au cimetière du Père-Lachaise à Paris, en plus d’y faire ériger une sculpture de Jacob Epstein. (Voir aussi Pratiques funéraires au Canada.)

Robert Ross est en grande partie responsable de la réhabilitation de la réputation d’Oscar Wilde et de la préservation de son héritage littéraire. En tant qu’exécuteur littéraire de Wilde, il contribue à la publication de plusieurs ouvrages, notamment une version expurgée de De Profundis. La version complète, toutefois, ne sera publiée qu’en 1962. Richard Strauss écrira un opéra basé sur la pièce d’Oscar Wilde, Salomé. Un recueil des œuvres de Wilde est également publié. Quelques années après la mort d’Oscar Wilde, sa faillite est effacée. Pendant la majeure partie de la période où il gère la succession de Wilde, Robert Ross subit une vendetta personnelle de la part de Bosie Douglas.

Carrière personnelle et décès

Robert Ross a écrit des nouvelles et des articles pour diverses publications. Il a également écrit une biographie de l’artiste Aubrey Beardsley et un recueil de nouvelles et de critiques déjà publiées intitulé Masques & Phases. Cependant, il est surtout connu professionnellement en tant que critique d’art. Il a en effet été critique d’art pour le Morning Post, ainsi que membre du comité du National Art Collections Fund. Son cercle d’amis comprenait George Bernard Shaw, Thomas Hardy, H. G. Wells, Siegfried Sassoon, Robert Graves et Herbert Asquith.

Robert Ross meurt subitement à son domicile d’une insuffisance cardiaque. En 1950, conformément ses souhaits, on place ses cendres dans une cavité préparée dans le monument de la tombe d’Oscar Wilde. (Voir aussi Pratiques funéraires au Canada.)