Hawkins, Ronnie

Misant sur le succès international de The Band et une brève association personnelle avec l'ex-Beattle John Lennon, Hawkins effectue en 1969-1970 un retour bien annoncé aux États-Unis mais n'obtient qu'un succès mitigé. Il se produit le 25 novembre 1976 au concert d'adieu de The Band à San Francisco.

Ronnie Hawkins
Hawkins est un personnage qui a fait école dans l'histoire de la musique populaire canadienne (avec la permission de Backstage Productions International).

Hawkins, Ronnie

 Ronnie (Ronald) Hawkins. Auteur-compositeur-interprète, organisateur, comédien (Huntsville, Ark., 10 janvier 1935). Pionnier du rock au Canada et, en quelque sorte, le père de nombreux musiciens country importants du pays, Hawkins étudie à l'université et sert dans l'armée américaine. Il commence à effectuer la tournée du circuit des cabarets ontariens en 1958 avec son orchestre américain, les Hawks, se baptisant lui-même « The King of Rockabilly », « Rompin' Ronnie Hawkins » et « The Hawk ». (Le style rockabilly rassemble des éléments empruntés au rock, au blues et à la musique country; Hawkins enregistre cependant parfois dans un pur style country.) En dépit d'un certain succès aux États-Unis avec les disques « Mary Lou » et « 40 Days » en 1959, il demeure au Canada et, en 1961, il est établi à Toronto. La plupart des membres originaux des Hawks sont remplacés par des musiciens ontariens (voir The Band) dans le premier de plusieurs groupes formés par Hawkins au Canada. Pendant les années 1960 et 1970, il joue dans une succession de cabarets de la rue Yonge (surtout le Coq d'or) tout en gérant sa propre Campbell's Tavern à London, Ont.

Misant sur le succès international de The Band et une brève association personnelle avec l'ex-Beattle John Lennon, Hawkins effectue en 1969-1970 un retour bien annoncé aux États-Unis mais n'obtient qu'un succès mitigé. Il se produit le 25 novembre 1976 au concert d'adieu de The Band à San Francisco. Suite à un regain d'intérêt pour le rockabilly, Hawkins donne des spectacles en Belgique et en Hollande en 1980, ainsi qu'en Angleterre en 1982. Au cours de cette dernière tournée, il enregistra l'album The Hawk & Rock, en public au Dingwalls à Londres. Hawkins anime l'émission « Honky Tonk » (1981-1982) au réseau CTV et, les festivités de Nouvel An à la mairie de Toronto. Il fait plusieurs tournées au Canada et se produit à l'Expo 86. Étendant ses activités à la comédie, Hawkins joue de petits rôles dans les films Heaven's Gate (v.f. La porte du Paradis ), Renaldo and Clara, Hello Mary Lou : Prom Night II et Snake Eater (v.f. L'indomptable).

Mentor des musiciens rock canadiens

Plusieurs des orchestres canadiens de Hawkins ainsi que leurs membres connaissent de leur côté des carrières réussies, notamment And Many Others (sous le nom de Crowbar), The Band, Robbie Lane and the Disciples, et (Jim) Atkinson, (Terry) Danko and (Duane) Ford, les guitaristes Terry Bush, Jack DeKeyser, Mike « Pepe » Francis, John Till, Pat Travers et Dom Troiano; les pianistes Richard Bell, Scott Cushnie, David Foster, Larry Gowan et Stan Szelest, les chanteurs King Biscuit Boy, Beverly D'Angelo, David Clayton-Thomas, B.J. Cook, Jackie Gabriel, Tobi Lark, Bob McBride et Jay Smith. Robin, le fils de Hawkins (Toronto, 24 décembre 1964), est souvent son guitariste à partir des années 1980 et sa fille, Leah (30 juillet 1969), est sa chanteuse. Hawkins à la réputation d'exiger de ses musiciens de soutien qu'ils pratiquent souvent et beaucoup. On pense que cette éthique du travail explique l'excellent niveau d'un grand nombre de ses protégés.

Enregistrements

Outre ses albums (voir DISCOGRAPHIE), Hawkins produit de nombreux singles : « Who Do You Love » (1963), considérée comme la version classique de la chanson de Bo Diddley; « Bluebirds Over the Mountain » et « Going to the River » (toutes deux 1965) et « Home from the Forest » de Lightfoot (1967), qui représente un virage vers le style country-folk; « Down in the Alley » (1970) marque un retour au rock and roll flamboyant et plutôt sinistre de ses premiers jours tandis que « (Stuck in) Lodi » est un nouveau retour au style country. Hawkins remporte le prix Juno du meilleur chanteur country 1982. Il apparaît dans le vidéo Tall Tales from the Long Corner (1999) et il gère sa propre maison de disques, Hawk Records.

Carrière après 1990

« The Hawk » fait des tournées et se produit pendant les années 1990, notamment à Cannes, en France (1992), à l'ambassade du Canada à Washington, D.C. (1995) et dans son état natal, l'Arkansas, ainsi qu'en Europe (1990 et 1991) et en Extrême-Orient. Le président américain Bill Clinton, un condisciple musicien de l'Arkansas, invite Hawkins à se produire à sa cérémonie d'entrée en fonction en 1992. Hawkins donne des concerts au Canada pour soutenir la sortie du CD live Let In Rock! (1995), qui atteint le statut d'or. Vivant à l'extérieur de Peterborough (Ont.), il cesse de chanter vers 2002 à cause d'une maladie, mais reprend ses activités l'année suivante.

Honneurs et appréciation

Hawkins, l'une des personnalités du rock les plus colorées, est le sujet de « Silver Cloud Rolls Royce » de Gordon Lightfoot et au cœur d'une légende qu'il a lui-même créée. Son biographe, Peter Goddard, le décrit comme « Elvis, le Père Noël et Robert E. Lee en un seul homme, le parrain du rock'n'roll pour deux générations de musiciens marginaux... Le seul Yankee que les Canadiens revendiquent avec joie comme l'un des leurs ».

Le statut légendaire de « Rompin' Ronnie's » dans l'histoire du rock au Canada est reconnu par son intronisation en 2004 au Panthéon de la musique canadienne. En 1996, il est récompensé par le Walt Grealis Special Achievement Award. Il figure dans Life and Times de la SRC et dans des documentaires de CTV. En 2002, l'étoile de Hawkins est placée sur l'Allée des célébrités du Canada et un concert-hommage est tenu au Massey Hall. Il a gagné le SOCAN Special Achievement Award en 2008. Hawkins est considéré comme le « grand-père du rock'n'roll canadien ».

Discographie

Ronnie Hawkins : 1959; Rou R-25078.

Mr. Dynamo : 1960; Rou R-25102.

Ronnie Hawkins Sings the Songs of Hank Williams : 1960; Rou R-25137.

The Best of Ronnie Hawkins Featuring His [The] Band : 1959-1962; Rou 9045- 42045 (anthologie tirée de The Best of Ronnie Hawkins, Rou R-25255 et Mojo Man, Rou R-25390).

Ronnie Hawkins : v. 1967; Yorkville YVS-33002.

The Hawk in Winter : Poly 2424-121.

Ronnie Hawkins : 1969; Cotillion 9019 et Hawk HSD-9019.

The Hawk : 1970; Cotillion 9039 et GRT 9205-9039.

Rock & Roll Resurrection : 1972; Monument KZ-31330.

The Giant of Rock n' Roll : 1974; Monument KZ-32940.

The Hawk : 1979; U Artists UALA-968.

Legend in His Spare Time : 1981; Quality SV-2092.

The Hawk & Rock : 1982; Trilogy TR-50000.

Making It Again : 1984; Epic PEC-80104.

Hello Again... Mary Lou : (1987); Epic PEC-80127.

Let It Rock! : 1995; Quality 6740.

Still Cruisin' : 2002; Hawk Records 0515.

Bibliographie

Jack BATTEN, « The Rockin' raucous life of Rompin' Ronnie Hawkins », The Canadian (11 déc. 1965).

Kenneth BAGNELL, « The Simple inner graces of Ronnie Hawkins », Globe Magazine (Toronto, 20 mars 1971).

Earl McRAE, « Last boogie in Sturgeon Falls », Canadian Magazine (27 mars 1976).

B. Derek JOHNSON, « The Hawk survives - but can he conquer? », Globe and Mail (Toronto, 25 oct. 1978).

Bruce BLACKADAR, « Flying high : the rock 'n' roll comeback of Rompin' Ronnie Hawkins », The City du Toronto Star (24 juin 1979).

Tom HAWTHORN, « One of fine tales », Globe and Mail (Toronto, 12 juin 1986).

Ronnie HAWKINS et Peter GODDARD, Ronnie Hawkins : Last of the Good Ol' Boys (Toronto 1989).

Ian WALLIS, The Hawk : Ronnie Hawkins and The Hawks (Kingston, Ont. 1996).

Contemporary Canadian Musicians, Issue 2 (Toronto 1998).