Selye, Hans

L'élaboration de sa théorie sur le syndrome général d'adaptation, qui repose sur beaucoup d'expériences faites sur des rats, provoque beaucoup de controverses.

Hans Selye
Les théories de Selye sur le stress ont abouti \u00e0 de nouvelles approches pour la médecine (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/PA-11671).

Selye, Hans

 Hans Selye, endocrinologue, pionnier mondialement célèbre et vulgarisateur des recherches sur le « stress biologique » chez les individus et les groupes (Vienne, Autriche, 26 janv. 1907 -- Montréal, 16 oct. 1982). Après des études à Prague, à Paris et à Rome, Selye est engagé à McGill en 1932. Il devient, en 1945, le premier directeur de l'Institut de médecine et de chirurgie expérimentales à l'U. de Montréal et en dirige les activités jusqu'à sa retraite en 1976. En 1977, il fonde l'International Institute of Stress, dont les bureaux se trouvent dans sa propre maison.

L'élaboration de sa théorie sur le syndrome général d'adaptation, qui repose sur beaucoup d'expériences faites sur des rats, provoque beaucoup de controverses. En résumé, sa théorie propose que tous les stimuli sont des agents stressants qui produisent une réponse générale de « stress » chez la personne affectée. Par la suite, Selye affirme qu'il a été gêné par une connaissance insuffisante de l'anglais et qu'il aurait dû appeler son syndrome le « syndrome de tension ». Pour Selye, « le stress joue un certain rôle dans l'évolution de chaque maladie » et constitue « la réponse non spécifique du corps à tout stimulus qu'il reçoit ». Ce processus, qu'il nomme le syndrome général d'adaptation, est divisé en trois phases : la phase d'alarme, la phase de résistance et la phase d'épuisement. L'incapacité à bien faire face aux agents stressants se manifeste par des « maladies d'adaptation » telles que l'hypertension artérielle, l'ulcère gastrique ou duodénal et divers troubles mentaux. Par la suite, Selye parle de deux types importants de stress : « le stress agréable ou qui fait du bien » (eustress) et « le stress déclencheur de maladie ou déplaisant » (détresse). Auparavant, il flirte également avec l'idée qu'une nation entière pourrait souffrir du syndrome général d'adaptation, dans le cas d'une frustration et d'une insécurité généralisées, qui augmenterait l'incidence de toutes les maladies liées au stress.

Auteur prolifique et conférencier, Selye s'efforce de rendre ses idées accessibles au grand public par des écrits tels que The Stress of Life (1956; éd. rév. 1976), Stress without Distress (1974) et son autobiographie The Stress of My Life (1977; 2e éd. 1979). Il reçoit beaucoup d'honneurs dont une vingtaine de diplômes honoraires et est fait Compagnon de l'Ordre du Canada. En se concentrant trop sur l'aspect biologique, il ignore ou sous-estime l'influence exercée par la psychologie et la culture de la personne sur la physiologie du corps. Son modèle théorique est maintenant remplacé par les modèles « cognitifs » du stress et de la réponse du sujet face à l'agent stressant mis de l'avant par le psychologue Richard Lazarus (U. de Californie, Berkeley) et d'autres.