Sir Alexander Mackenzie (explorateur)

Sir Alexander Mackenzie, commerçant de fourrures et explorateur, est né autour de 1764 près de Stornoway, en Écosse, et est décédé le 12 mars 1820 près de Dunkeld, en Écosse.

Découvertes, terres intérieures de l
Alexander Mackenzie
La célébrité de Mackenzie repose sur les deux voyages qu'il a entrepris jusqu'en Arctique et dans l'océan Pacifique. Gravure de Thomas Lawrence (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-2146).

Sir Alexander Mackenzie, commerçant de fourrures et explorateur, est né autour de 1764 près de Stornoway, en Écosse, et est décédé le 12 mars 1820 près de Dunkeld, en Écosse. Alexander Mackenzie est l’un des plus grands explorateurs du Canada. Lors de deux voyages épiques qu’il a effectués pour la Compagnie du Nord-Ouest en 1789 et en 1793, il a traversé la région sauvage et dense du Nord pour arriver aux océans Arctique et Pacifique. Le premier Européen à traverser l’Amérique du Nord, il a inspiré d’autres aventuriers et commerçants de fourrure, comme la fameuse expédition de Lewis et Clark, financée par l’armée américaine (1804-1806). Le fleuve Mackenzie, nommé en son honneur, est le symbole de son importance en tant que pionnier et commerçant de fourrure dans l’histoire canadienne.

Enfance et début de carrière

Alexander Mackenzie perd sa mère alors qu’il est encore jeune. Devant la dépression économique en Écosse, son père déménage la famille à New York en 1774. Pendant la Révolution américaine (1775-1783), et pour échapper aux dangers qu’elle représente, Alexander Mackenzie reste avec de la famille à Johnstown, dans la vallée Mohawk, avant d’aller à Montréal, où il fréquente l’école en 1778. L’année suivante, il est engagé comme commis dans la petite firme de traite Finlay and Gregory (plus tard, Gregory, MacLeod et compagnie). Il occupe divers postes au cours des prochaines années, et fait preuve d’un talent et d’un véritable amour pour la traite. En tant que partenaire, de 1785 à 1787, il assume la responsabilité du poste de traite à l’Île-à-la-Crosse. Quand sa compagnie fusionne avec la Compagnie du Nord-Ouest, en 1787, Alexander Mackenzie devient partenaire de la nouvelle entreprise et entreprend peu après une série d’expéditions pour ouvrir de nouvelles routes de traite.

Compagnie du Nord-Ouest

Durant l’hiver 1787-1788, la Compagnie du Nord-Ouest affecte Alexander Mackenzie au poste sur la rivière Athabaska en tant que bras droit de Peter Pond, qui a déjà beaucoup exploré la région. Grâce à ses discussions avec les Premières Nations, Peter Pond est convaincu que la rivière Cook (Cook Inlet, en Alaska), qui figure sur l’une des cartes du capitaine Cook, est l’embouchure de la grande rivière qui coule vers l’ouest depuis le Grand lac des Esclaves, et qu’elle fournirait un itinéraire direct vers le Pacifique. Cependant, c’est Alexander Mackenzie qui vérifiera cette théorie de Peter Pond, qui, entraîné dans une suite de controverses, laisse la Compagnie du Nord-Ouest en 1788. Alexander Mackenzie le remplace en tant que chef des opérations. Avec l’aide de son cousin, Roderick Mackenzie, il établit Fort Chipewyan sur la rive sud du lac Athabasca. C’est de là qu’Alexander Mackenzie part l’été suivant pour explorer la route de Peter Pond vers le Pacifique.

Expédition de 1789

Le 3 juin 1789, Alexander Mackenzie quitte Fort Chipewyan pour trouver le Pacifique, accompagné d’un petit groupe de guides et de voyageurs, y compris Nestabeck, le guide chipewyan qui est connu sous le nom d’English Chief. Après avoir affronté des conditions difficiles le long de la rivière des Esclaves et du Grand lac des Esclaves, comme des glaces, du terrain accidenté, des moustiques et des moucherons, ils avancent rapidement sur ce qu’on appellera plus tard le fleuve Mackenzie. Selon la théorie de Peter Pond, ce grand fleuve (le plus grand au Canada) coule vers l’ouest jusqu’au Pacifique. Cependant, il devient vite évident qu’il coule plutôt vers le nord. Alexander Mackenzie descend la rivière jusqu’à l’océan Arctique. Rendu là, son groupe fait demi-tour et retourne à Fort Chipewyan. Ils arrivent le 12 septembre. Pendant plus de trois mois, ils ont parcouru plus de 4 800 km à travers la nature canadienne. Il s’agit d’un accomplissement monumental. Bien que l’expédition contribue à la connaissance géographique du Nord-Ouest, elle reçoit peu de reconnaissance publique, ce qui déçoit Alexander Mackenzie. De plus, il est désenchanté, n’ayant pas ouvert de nouvelles routes de traite pour son entreprise.

Expédition de 1793

Alexander Mackenzie from Canada by land - 22 July 1793

Alexander Mackenzie ne se laisse pas décourager longtemps. Il prévoit une deuxième expédition vers le Pacifique. En octobre 1792, il déménage de Fort Chipewyan à Fort York, un nouveau poste de traite sur la rivière de la Paix (rivière Unjigah). Avec une meilleure connaissance de la géographie de l’Ouest, son groupe quitte le Fort York le 9 mai 1793 et suit la rivière de la Paix, les rivières Parsnip et McGregor. Ils naviguent le fleuve Fraser, qu’Alexander Mackenzie prend pour le Columbia, jusqu’à l’endroit qui sera plus tard Fort Alexandria (un de plusieurs lieux en Colombie-Britannique nommés en son honneur). Les Porteurs locaux lui conseillent de terminer son trajet par voie terrestre. Alexander Mackenzie remonte donc le fleuve Fraser et se dirige vers l’ouest pour arriver, 12 jours et 285 km plus tard, à la gorge Bella Coola. Ensuite, il emprunte des canots des Nuxalks et descend la rivière Bella Coola jusqu’au Pacifique, y arrivant le 22 juillet. Alexander Mackenzie utilise un mélange de graisse et de vermillon pour écrire ces mots mémorables sur une roche : « Alexander Mackenzie, depuis le Canada par voie terrestre, le 22 juillet 1793 ».

S’il était arrivé six semaines plus tôt, il aurait pu rencontrer l’explorateur naval George Vancouver, qui avait remonté la côte et établi le contact avec les Premières Nations, probablement le peuple heiltsuk. C’est peut-être à cause de cette rencontre que les Heiltsuks sont méfiants d’Alexander Mackenzie, mais il gère la situation de façon remarquable et il n’y a pas d’incident de violence. Bientôt, le groupe repart vers le Fort York et effectue sans encombre le trajet, en moins d’un mois. Au total, le groupe a voyagé plus que 3 700 km pour faire l’aller-retour jusqu’au Pacifique. Bien que l’itinéraire trouvé soit trop accidenté pour la traite de fourrures et de biens, l’expédition historique d’Alexander Mackenzie en fait le premier Européen à traverser l’Amérique du Nord au nord du Mexique.

Carrière ultérieure

Après avoir passé l’hiver de 1793-1794 à Fort Chipewyan, Alexander Mackenzie décide de quitter définitivement le Nord-Ouest. Il se dirige donc vers l’est, à Grand Portage, et se rend ensuite au Haut-Canada. En 1794, il explique au lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, John Graves Simcoe, sa vision pour la Compagnie du Nord-Ouest, la Compagnie de la Baie d’Hudson et la Compagnie britannique des Indes orientales : une collaboration dans l’expansion de la traite de fourrures, dans le Nord-Ouest canadien et le long de la côte du Pacifique. Bien que ses idées sur la réorganisation de la traite de fourrures canadienne soient alors rejetées, quelques-unes seront adoptées au XIXe siècle.

Alexander Mackenzie, un partenaire majeur dans la Compagnie du Nord-Ouest, s’établit à Montréal de 1794 à 1799, mais effectue des voyages d’affaires à Grand Portage, à New York et à Philadelphie. En 1799, il rompt les liens avec la Compagnie du Nord-Ouest (en partie à cause du conflit avec Simon McTavish) et embarque pour l’Angleterre. L’année suivante, il rejoint une entreprise rivale, la Compagnie XY, ou Nouvelle Compagnie du Nord-Ouest, qui sera bientôt connue sous le nom « Alexander Mackenzie et compagnie ». En 1801, il publie Voyages from Montreal to the Frozen and Pacific Oceans, œuvre qui lui recueille beaucoup d’attention littéraire et du public.

Alexander Mackenzie est fait chevalier en 1802. Cette même année, il retourne au Canada et aide à négocier la fusion de l’ancienne et de la Nouvelle Compagnie du Nord-Ouest. Après un court séjour dans l’Assemblée législative du Bas-Canada (1804-1808), pendant lequel il réside surtout en Angleterre, il prend sa retraite en Écosse. En 1812, il épouse Geddes Mackenzie, qui n’a que 14 ans. Ils auront une fille et deux fils, mais la santé d’Alexander Mackenzie se détériore. Il meurt en 1820.

Héritage

Mieux connu pour ses voyages aux côtes arctique et pacifique en 1789 et 1793, Alexander Mackenzie est le premier Européen à traverser le continent au nord du Mexique. Bien que ses idées sur la réorganisation de la traite des fourrures soient d’abord rejetées, quelques-unes sont adoptées au XIXe siècle. Un des grands explorateurs de l’histoire canadienne, son héritage comprend le puissant fleuve Mackenzie et plusieurs endroits en Colombie-Britannique, y compris le Fort Alexandria (aujourd’hui un site historique national), la ville de Mackenzie et le parc provincial sir Alexander Mackenzie. Plusieurs écoles canadiennes portent son nom, en son honneur.

Son livre, Voyages from Montreal to the Frozen and Pacific Oceans (1801), inspirera et guidera d’autres explorateurs. Plusieurs éditions en sont publiées, y compris une édition française piratée et deux éditions allemandes. Le président étatsunien Thomas Jefferson présente une édition américaine du livre à Meriwether Lewis, qui l’apportera jusqu’à l’océan Pacifique lors de son expédition célèbre avec William Clark, en 1804-1806.


Lecture supplémentaire

  • W. Kaye Lamb, « Sir Alexander Mackenzie », Dictionnaire biographique du Canada