Susur Lee, chef, restaurateur (né en 1958 à Hong Kong). Susur Lee est un célèbre pionnier de la cuisine chinoise moderne et de la cuisine fusion française et d’Asie du Sud-Est. Il a reçu le prestigieux prix Cinq Diamants de la CAA à Cannes en France. Le magazine Food & Wine de Toronto l’a nommé comme l’un des « dix chefs du millénaire ».

Jeunesse et éducation
Susur Lee est le cadet de six enfants. Il préfère le travail manuel plutôt que l’école. À l’âge de 14 ans, il obtient un emploi dans un restaurant pékinois. Il attribue à la culture culinaire de Hong Kong, comme les dim sum et la cuisine de rue, le fait de lui avoir inspiré sa passion et sa curiosité pour la nourriture. (Voir aussi Mets chinois populaires au Canada.)
Après s’être pris de passion pour les instruments de cuisine et les sons qu’on y entend, Susur Lee commence un stage à l’élégant Peninsula Hotel de Hong Kong à l’âge de 16 ans. Dans cet environnement, il absorbe l’art de la cuisine européenne, et il atteint éventuellement le poste de chef saucier.
Début de carrière
En 1978, Susur Lee émigre à Toronto. Il continue à exercer son métier de cuisinier et à travailler comme chef. En 1983, son projet de retourner à Hong Kong prend une tournure tragique lorsque sa femme, Marilou Covey, qui est partie quelques semaines avant lui, meurt sur le vol Korean Air 007. Cet avion est abattu par un avion de chasse soviétique après avoir enfreint l’espace aérien soviétique.
En 1987, Susur Lee ouvre son premier restaurant, Lotus, à Toronto, où il mélange la cuisine chinoise et ses traditions culinaires avec des techniques européennes. Le menu de dégustation de ce restaurant à douze tables lui vaut très rapidement les éloges des critiques gastronomiques du monde entier, y compris le Zagat qui le qualifie de « génie culinaire ». Après une décennie de critiques élogieuses, Susur Lee ferme le Lotus et il déménage à Singapour pendant trois ans où il travaille comme consultant pour le groupe de restauration Tung Lok.
En 2000, Susur Lee retourne à Toronto et ouvre le restaurant Susur en août 2000. Sa deuxième épouse, la décoratrice d’intérieur Brenda Bent‑Lee, supervise la décoration intérieure du restaurant. Le menu comprend des plats appétissants et inventifs comme le célèbre homard à la truffe noire de Susur Lee, des blancs d’œufs de style Qianpang Xie, des sauces uni (oursin) et des pétoncles séchés croustillants.
Le restaurant attire les gastronomes fortunés et les critiques du monde entier. Au sommet de ses huit ans d’existence, le restaurant Susur figure sur la liste des 50 meilleurs restaurants du monde du Restaurant Magazine, ce qui permet à Susur Lee de se tailler une place parmi les « dix chefs du millénaire » selon le magazine Food & Wine.
En 2004, Susur Lee ouvre le restaurant Lee, un restaurant qui est plus abordable et décontracté.
Conquête internationale
En 2006, Susur Lee devient le deuxième chef canadien à paraitre à l’émission populaire Iron Chef America de la chaine Food Network, ce qui le place à égalité avec le « Iron Chef » Bobby Flay.
En 2008, Susur Lee répond à l’appel des hôteliers mondiaux. Il ferme alors Susur et ouvre Shang dans le nouvel hôtel Thompson LES à New York. En 2009, il ouvre Zentan dans l’hôtel Donovan House à Washington DC. Sa salade de chou de style singapourien est un plat incontournable dans les deux établissements.
La division de Singapour de l’empire de restaurants de Susur Lee, Tung Lok Heen (anciennement Chinois), ouvre en 2010 au Hotel Michael. La même année, Susur Lee participe à l’émission Top Chef: Master de la chaine Bravo TV, lors de laquelle il termine en deuxième place ex aequo à la finale de la saison.
Projets depuis 2011
À Toronto, le Lee Lounge ouvre en 2011, proposant une ambiance décontractée dans le prolongement du restaurant emblématique de Toronto. En 2012, Susur Lee et sa famille ouvrent le restaurant Bent. Ses deux fils aînés, Kai et Levi-Bent Lee, s’occupent de la gestion de l’endroit, tandis que leur père supervise la cuisine et que leur mère, Brenda Bent‑Lee, se charge de la décoration intérieure. Le restaurant Bent ferme ses portes en 2017.
En 2014, Susur Lee est juge à l’émission Chopped Canada, un concours culinaire diffusé sur le réseau de Food Network Canada.
Cette même année, il ouvre Luckee, un restaurant de dim sum de luxe, dans l’hôtel SoHo Metropolitan de Toronto. Son intention d’ouvrir un restaurant dans le club privé China Center New York, situé dans la tour One World Trade Center à New York, est annoncée en 2013, mais ne se concrétise jamais. Le restaurant Luckee ferme ses portes en 2018.
En 2015, Susur Lee collabore avec le célèbre musicien Drake pour ouvrir Fring’s. Le restaurant ferme quelques années plus tard, en 2018.
En date de mars 2026, Susur Lee a deux restaurants dans la région du Grand Toronto; le Lee Restaurant et le Lee Kitchen à l’aéroport Pearson de Toronto.
Activisme et engagement caritatif
En 2013, Susur Lee est le porte-parole de la campagne « My Food My Way » du conseil scolaire du district de Toronto, qui vise à réformer les menus de ses cafétérias. Il amasse des fonds pour la Fondation James Beard et le Centre de toxicomanie et de santé mentale, et il met souvent ses talents au service d’événements caritatifs.
Controverses
Au fil des années, Susur Lee fait l’objet de critiques pour des questions relatives à ses pratiques de travail. En 2007, le Toronto Star rapporte que le ministère du Travail de l’Ontario enquête sur six plaintes de salaires impayés déposées par d’anciens employés des restaurants Susur et Lee. En 2017, CBC News rapporte que les restaurants de Toronto de Susur Lee violent la Loi sur les normes d’emploi de l’Ontario en comptabilisant le coût des erreurs commises par les serveurs et déduisant le montant correspondant de leur pourboire. Un des serveurs déclare que cette pratique de la reconnaissance de dette (IOU ou I owe you) a mené à une culture d’entreprise basée sur l’intimidation et la peur au sein du restaurant. Un porte‑parole du Susur Lee Restaurant Group répond que les déductions servaient à financer les activités du personnel et que la pratique n’est plus en vigueur. Le ministère du Travail de l’Ontario n’enquête pas sur ces dernières plaintes, mais une pétition est ensuite lancée pour demander à Susur Lee de rembourser les sommes retenues.