The Bully Boys

Le livre The Bully Boys (2000) d’Eric Walters est une œuvre de fiction historique pour jeunes adultes. Le livre raconte l’histoire de Tom Roberts, un jeune fermier qui observe et aide le lieutenant James FitzGibbon et ses soldats mercenaires durant la guerre de 1812.



Bataille de Stoney Creek
Les tuniques rouges britanniques sur le champ de bataille de Stoney Creek. Cette bataille de Stoney Creek permit de rendre la péninsule du Niagara aux Britanniques et aux Canadiens et mit un terme aux tentatives américaines de conquérir la région ouest de la province.

Origine

Eric Walters est né à Toronto en 1957. Il écrit son premier roman, Stand Your Ground en 1993, alors qu’il enseigne en 5e année à l’école publique Vista Heights à Mississauga, en Ontario. Perturbé par le manque d’intérêt de ses élèves pour la lecture, il tente de les motiver en écrivant un livre qui dépeint les élèves de sa classe. Eric Walters est membre de l’Ordre du Canada, et il a publié plus de 100 livres depuis 1993, ce qui fait de lui l’un des auteurs les plus prolifiques du Canada.

Eric Walters commence à penser à écrire un livre sur la guerre de 1812 alors qu’il enseigne ce sujet à ses élèves de 7 e année. « Pendant que je lisais un roman sur la guerre à mes élèves, ceux-ci s’endormaient ! », dit-il. « Je n’arrivais pas à croire que rien d’excitant n’avait été écrit sur le sujet alors j’ai écrit Bully Boys. » Il est particulièrement captivé par James FitzGibbon à cause de son rôle de héros patriotique. Eric Walters l’appelle « la plus importante figure de notre histoire ». Il rédige également un livre sur James FitzGibbon, écrivant que « sans lui, il n’y aurait pas de Canada. » Eric Walters estime que la réputation qu’a l’histoire canadienne comme étant ennuyeuse n’est pas méritée. Il veut montrer aux jeunes canadiens à quel point c’est un passé fascinant afin que ceux-ci puissent « aspirer à de grandes choses. »

Eric Walters

Eric Walters au Eden Mills Writers Festival en 2016

(avec la permission de Dan Harasymchuk, Wikimedia Commons)

James FitzGibbon et la bataille de Beaver Dams

Né en 1870 à Glin, dans le comté de Limerick en Irlande, James FitzGibbon est membre du 49e régiment de Foot, le terme contemporain pour infanterie. Il est posté en Amérique du Nord britannique en 1809. Durant la période précédant la guerre de 1812, l’intelligence et l’ingéniosité de James FitzGibbon impressionnent ses officiers supérieurs. Sir Isaac Brock l’aide à gravir les échelons jusqu’au grade de lieutenant. Après que James FitzGibbon ait dirigé une compagnie avec succès lors de la bataille de Stoney Creek, on lui confie la commande de 50 hommes pour une campagne de guérilla ayant comme objectif de faire cesser le pillage causé par les soldats américains. Surnommés les « Green Tigers » et les Bloody Boys », James FitzGibbon et ses hommes ont tant de succès que l’armée américaine envoie près de 500 hommes pour tenter de les arrêter. 

Alors que l’armée américaine se dirige vers l’emplacement de James FitzGibbon à Beaver Dams, la nouvelle d’une attaque imminente parvient aux oreilles de Laura Secord. La jeune fermière marche 30 km de sa maison à Queenston, et traverse les lignes américaines en secret pour avertir James FitzGibbon. Celui-ci envoie plus de 300 guerriers Caughnawaga et 100 guerriers mohawks afin de dresser une embuscade contre les Américains, ce qu’on appelle maintenant la bataille de Beaver Dams. Après trois heures de combat, James FitzGibbon arrive avec ses hommes. Il convainc les Américains de se rendre en affirmant qu’une force britannique plus considérable est cachée à proximité.

James FitzGibbon devient un héros de guerre après cette victoire, ce qui provoque une certaine controverse. Les guerriers autochtones soulignent que ce sont eux qui se sont battus. James FitzGibbon donne son accord. Dans une lettre à un collègue officier, il écrit que les soldats autochtones « ont combattu le détachement américain jusqu’au point de terreur, et la seule part que je revendique est d’avoir pris avantage d’un moment favorable pour offrir aux Américains une protection contre le tomahawk et la hache de guerre. » James FitzGibbon soutient également la pétition échouée de Laura Secord pour obtenir une pension gouvernementale en reconnaissance de son rôle dans la bataille.


Synopsis de l’intrigue

L’histoire de Bully Boys est racontée du point de vue de Tom Roberts, un jeune fils de fermier de 14 ans, qui vit à Queenston, dans le Haut-Canada. Le père de Tom fait partie de la milice qui combat aux côtés des Britanniques lors de la guerre de 1812. Alors qu’il est au village pour ramasser des provisions, Tom aide le lieutenant James FitzGibbon à désarmer deux soldats américains qui tentent de cambrioler le magasin général du village. Tom craint que les soldats le reconnaissent et qu’ils cherchent à se venger, alors il se joint à James FitzGibbon afin d’être sous sa protection.

Les connaissances qu’a Tom du paysage local, en plus des informations qu’il réussit à obtenir de sa parenté américaine, font de lui un guide précieux pour James FitzGibbon et ses hommes. Ceux-ci sont reconnus comme étant les « Green Tigers » en raison de leurs uniformes verts, qui les aident à se camoufler dans les forêts locales. Excité à l’idée de participer à la guerre, Tom se joint à James FitzGibbon lors des raids. Il est directement témoin de la bravoure et de la ruse du lieutenant, notamment lorsque James FitzGibbon se déguise en fermier qui vend du beurre afin de pouvoir espionner le Fort George américain. Le lieutenant apprend ainsi le nombre de troupes qu’ont les Américains, et il répand de fausses informations au sujet des troupes britanniques dans la région. Pendant ce temps, Tom tue un soldat ennemi, une expérience horrifiante qui le laisse déchiré par des sentiments contradictoires.

Après avoir croisé sa mère et appris que son père a été blessé au combat, Tom se lance à sa recherche. Ses recherches lui révèlent davantage d’horreurs de la guerre. Il visite un hôpital de campagne et est bouleversé et attristé par ce qu’il voit. Il réalise qu’il n’est absolument pas préparé à faire face aux répercussions de la guerre. Lorsque Tom retrouve finalement son père, « Pa » le désillusionne de ses idées romanesques. Il décrit les horreurs du champ de bataille et explique qu’il ne déteste pas les Américains, mais qu’il s’est simplement inscrit afin de pouvoir protéger sa famille.     

Plus tard, Tom est présent lors de la rencontre entre Laura Secord et le lieutenant FitzGibbon. Tom assiste à la bataille de Beaver Dams, ainsi qu’au stratagème de James FitzGibbon, qui exhorte les Américains à se rendre. Par la suite, Tom suit James FitzGibbon et est témoin de l’abandon du Fort George. Un an plus tard, James FitzGibbon visite Tom sur sa ferme et lui offre un poste sur une patrouille frontalière. Tom est encore troublé par son expérience de la guerre et lui dit qu’il compte rester à la ferme, « à moins que ces Américains ne reviennent traverser la rivière. »

Monument commémorant la bataille de Beaver Dams, le 24 juin 1813, près de Thorold, en Ontario.

Réception critique

The Bully Boys est un succès commercial, il bénéficie de deux autres éditions publiées et se trouve sur les programmes scolaires à travers le Canada. Il est présélectionné pour le prix Red Maple de 2002, de l’Association des bibliothèques de l’Ontario, voté par les élèves de 7e et 8e années.

Toutefois, les critiques du livre sont mitigées. Quill & Quire, une revue spécialisée sur l’industrie de l’édition canadienne, qualifie le livre « d’histoire d’action simple qui transporte les lecteurs au centre de moments excitants et décisifs » de la guerre de 1812, mais trouve qu’il y a un manque dans la création des personnages, et note « il n’y a que très peu d’évolution des personnages. » Le Canadian Review of Materials attribue trois étoiles sur quatre à l’édition de 2012 du roman, le qualifiant « d’histoire au rythme rapide qui devrait attirer les garçons de dix à quinze ans, et qui pourrait susciter leur intérêt à lire davantage. » Cependant, il est également suggéré que Eric Walters n’a pas capturé adéquatement le rôle qu’ont joué les Premières Nations dans la guerre de 1812 ou dans la bataille de Beaver Dams, plus particulièrement.