Théâtre d’été en français

Théâtre d'été en français. Qu'on l'appelle « théâtre d'été », « théâtre en été » ou « théâtre estival », voici un phénomène unique au Québec, où il s'est répandu à toutes les régions, attirant des centaines de milliers de spectateurs friands de théâtre durant la saison chaude.

Théâtre d'été en français

Théâtre d'été en français. Qu'on l'appelle « théâtre d'été », « théâtre en été » ou « théâtre estival », voici un phénomène unique au Québec, où il s'est répandu à toutes les régions, attirant des centaines de milliers de spectateurs friands de théâtre durant la saison chaude. Autrefois orienté vers le divertissement pur, avec des productions au contenu parfois trivial, aux qualités associées à l'amateurisme, le théâtre d'été a acquis ses lettres de noblesse au fil des décennies grâce à la vision de ses artisans et à l'exigence du public.

Les origines du phénomène semblent remonter à une centaine d'années. Dès 1904, Montréal accueille un événement s'apparentant à un festival de théâtre d'été, alors que trois salles présentent quatre pièces différentes. L'Hôtel Bel-Air de l'Île d'Orléans offre aussi une pièce en juillet 1907. Puis, à Kwolton, le théâtre Brae Manor, associé à l'école du Montreal Repertory Theatre, présente du théâtre en été de 1936 à 1956. En août 1945, l'Équipe, dirigée par Pierre DAGENAIS, considéré comme le premier metteur en scène du Québec, monte une comédie de Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été, dans le site enchanteur des jardins de l'Ermitage, à Montréal. Deux ans plus tard, le producteur Mario Duliani ouvre un théâtre à Laval-sur-le-Lac, alors que les Compagnons de saint Laurent présentent deux pièces de Molière, Les Précieuses ridicules et Le Médecin malgré lui, au Chalet de la Montagne, sur le Mont-Royal, où, par ailleurs, le Mountain Playhouse, fondé en 1934, sera aussi un lieu consacré au théâtre d'été jusqu'à sa démolition en 1962.

Les années 1950 et 1960 voient l'apparition de plusieurs nouvelles scènes en région. Henri Norbert fonde le Théâtre de Sun Valley en 1953. Paul HÉBERT inaugure le Théâtre Chanteclerc de Sainte-Adèle en 1956 avec La Mégère apprivoisée de Shakespeare, puis il fonde l'Estérel à Sainte-Marguerite en 1961 (et, beaucoup plus tard, en 1982, le Théâtre Paul-Hébert à l'Île d'Orléans). Dès 1957, on présente du théâtre en été au Centre d'art de Percé; le Théâtre de la Fenière s'installe dans une grange de Loretteville l'année suivante, puis déménage à l'Ancienne-Lorette; Marjolaine Hébert fonde avec des amis le Théâtre de la Marjolaine, à Eastman, en 1960: on y présente la première comédie musicale canadienne-française, Doux temps des amours de Louis-Georges Carrier et Claude Léveillée, en 1964, puis plusieurs autres œuvres de théâtre musical, dont Les Héros de mon enfance de Michel Tremblay et Sylvain Lelièvre, en 1976.

Les décennies 1970 et 1980 voient un développement exponentiel des théâtres d'été sur tout le territoire québécois: une centaine de compagnies jouent alors dans les granges, les cabanes à sucre et autres lieux champêtres où viennent en nombre résidants et touristes. Mais l'apparition de nombreux festivals d'été dédiés à diverses thématiques ou genres artistiques, au milieu des années 1980, force les théâtres à resserrer leurs critères, en ce qui a trait au choix des pièces et à la qualité des productions. Plusieurs ferment leurs portes, alors que s'atténue le clivage entre le théâtre présenté en été et celui qu'on peut apprécier le reste de l'année. Fortes d'un succès public durable, les compagnies consolident leurs assises. Il n'est pas rare, à présent, de voir un volet théâtre inclus dans les programmations des festivals, y compris de grands festivals montréalais, tel Juste pour rire, et certains théâtres institutionnels (THÉÂTRE DU RIDEAU VERT, THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE...) offrent aussi du théâtre en été.